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Bloc-Notes

BRIC à BRICS, le G20 s’effondre…

En mars, l’Afrique du Sud est devenue officiellement le cinquième pays de l’organisation informelle BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), BRIC devenant BRICS par conséquent. Le 15 avril, le BRICS s’est réuni dans la ville chinoise de Sanya, sur l’île de Hainan. Le lendemain se tenait le sommet du G20, peu importe où (à Washington, pardi). Le premier sommet a complètement éclipsé le second. A propos du second (G20), Liam Halligan écrit ces deux simples phrases, dans le Daily Telegraph du 16 avril 2011 : «On Friday, at its latest summit in Washington, the G20 group of nations issued a communiqué. I don’t know why anyone… 

Plus ça change plus c’est la même chose, et pourtant tout a changé

A signaler, un article de Patrick Cockburn, de The Independent, ce 16 avril 2011. Cockburn est, depuis plusieurs semaines, en reportage dans divers pays de la chaîne crisique (Egypte, Bahreïn, Libye, etc.) D’abord, Cockburn fait l’analyse de la situation en Egypte Constat d’un changement, mais d’un changement qui n’empêcherait nullement, au contraire qui semblerait favoriser une sorte de re-moubarakisation dans une autre manière, après quelques changements qu’on jugerait cosmétiques. «Egypt is filled with signs of an unfinished révolution [] Mubarak may have gone, but Egypt is now run by the Supreme Council of the Armed Forces, consisting of 18 generals led by Field Marshal Mohamad… 

Libye: de l’incertitude de l’engagement US à une prospective de grande crise

Tant est grand le désarroi dans les rangs du bloc américaniste-occidentaliste (BAO) pour ce qui concerne l’intervention en Libye qu’un commentateur en est réduit, sans guère de conviction, à juger que l’article commun Cameroun-Obama-Sarkozy publié simultanément dans le New York Times (ou l’International Herald Tribune), le Times de Londres et Le Figaro du 15 avril 2011 (plus dans Al Ayat, présenté comme un quotidien du monde arabe par Le Figaro) nous représente le signe que les USA veulent revernir au premier rang de l’intervention BAO en Libye. Cela est écrit dans le Guardian du 15 avril 2011: «President Obama today signals the return of America… 

Le “triomphe” d’Aljazeera (suite)

Aljazeera, la fameuse chaine télévisée du Qatar, nous informe-t-elle parfaitement sur ce qui se passe à Bahreïn ? Intéressante question, certes, qui en amène une autre, qui est de savoir s’il existe un modèle idéal d’information libre dès lors que cette information évolue, malgré elle ou pas, dans le Système. C’est ce qui est implicite dans cette dépêche d’analyse de Reuters, reprise par RAW Story ce 14 avril 2011. L’analyse donne divers éléments, cite divers analystes, qui permettent d’observer, par exemple, que la couverture des événements de Bahreïn par Aljazeera semble extrêmement modeste, par rapport à la couverture massive que le réseau arabe a donnée… 

Les deux batailles de Washington

On se prépare, à Washington, à une majestueuse bataille, à coups de milliers de $milliards, soit $billions pour nous et $trillion pour les Anglo-Saxons. Parlons donc en $trillion, comme font les commentateurs de la bataille entre le président Obama et les républicains. Dans cette perspective, il s’avère donc que la bataille autour de la fermeture du gouvernement n’était qu’un avant-goût, une sorte de galop d’échauffement. Dans le Guardian du 13 avril 2011, Ewen MacAskill donne les principales informations à propos de cette bataille où Obama intervient avec son propre plan de réductions des dépenses publiques ($4 trillion, soit $4.000 milliards), contre les $6,2 trillion qu’exigent… 

La situation libyenne vue de Doha

La communauté internationale formée ici en un détachement, dit groupe de contact, pour suivre et formater la situation libyenne, s’est réunie hier à Doha, au Qatar. Les échos qu’on en a, à côté de l’habituelle autosatisfaction des communiqués du Système, sont des plus mitigés. Après tout, il y a là une logique de la situation du monde puisque ces échos, dans cette forme mitigée, sont le parfait reflet à la fois de la situation sur le terrain (en Libye) et de la situation internationale générale. Lisons d’abord le Guardian du 13 avril 2011 au soir. L’article tente de montrer un certain optimisme, notamment avec son… 

Le JSF, ou le “tout” en marche vers le “rien”

C’est avec un certain agacement que les publications de l’Air Force Association (AFA), le principal lobby de l’USAF, continuent à régulièrement égrener l’annonce de nouveaux délais de mise en uvre opérationnelle du programme JSF. Lockheed Martin ne cesse de faire l’important en annonçant que le programme d’essais en vol accélère, que les essais s’accumulent, etc., mais l’agacement de l’AFA est autrement significatif du climat qui entoure l’évolution du programme, dans le chef de son principal utilisateur, l’USAF, dont l’AFA est dans ce cas le représentant officieux. En effet, les délais ne cessent de s’ajouter aux délais. Nous sommes donc dans ce cas, déjà vu au… 

Fukushima: situation désespérée mais pas si grave que ça

Résumons : on nous annonce que la catastrophe nucléaire de Fukushima passe au niveau 7, niveau maxi, type-Tchernobyl, ce qui signifie qu’on peut effectivement parler de catastrophe. Par ailleurs, exactement à l’instant où l’on dit cela, l’on dit que, non, la situation n’est pas du tout si mauvaise que cela, d’ailleurs en pleine amélioration, ou bien n’importe quoi du style, bref terriblement meilleure qu’à Tchernobyl. Par conséquent, on a haussé la pseudo-semi-maxi catastrophe de Fukushima au niveau de Tchernobyl, peut-être et sans doute rétrospectivement imaginons-nous parce que nous n’y comprenons rien, parce que maintenant, tout va bien, et que faire de Fukushima l’équivalent de Tchernobyl… 

Borchgrave, l’Egypte et le nombre 11

Comme on l’a vu à plusieurs reprises sur ce site à l’occasion de l’une ou l’autre de ses interventions qui nous conduisirent à quelques précisions à son propos, le commentateur de UPI Arnaud de Borchgrave ne dédaigne pas les hypothèses audacieuses. Il ne dédaigne pas non plus les références catastrophistes ou ésotériques, et il le prouve une fois de plus, ce 11 avril 2011, avec ces références en style de clin d’il ésotérique ou symbolique, au nombre 11, de fort mauvaise réputation, tout cela à la date qui va bien du 11 avril 2011 « Take the last two digits of the year in which… 

BHO, les Noirs et 2012

Dans la stratégie de réélection de l’habile BHO, les Noirs, pardon, la communauté africaine-américaine, sont perçus comme quasiment un électorat captif. Il ne doit pas faire de doute qu’ils voteront en masse pour le président africain-américain. Mais est-ce bien sûr ? N’est-ce pas faire une analyse empreinte de racisme que de préjuger qu’on votera pour un candidat à cause de la couleur de sa peau et sans autre considération, alors que l’élection de 2008 de BHO est censée nous avoir prouvé que, dans l’American Dream version postmodernisée, le racisme n’a plus sa place ? Nous avons donné un petit écho à une déclaration du professeur… 

Le GAO et le JSF : imperturbablement critique

Le Government Accounting Office, équivalent US de la Cour des Comptes, vient de publier son rapport annuel sur le Joint Strike Fighter (JSF). Le temps nous a habitués à considérer ce document comme imperturbablement crique du programme JSF, que le GAO suit à la trace depuis des années. Pour autant, la critique est très généralement fondée et se trouve vérifiée par les faits ; la chose est clairement affirmée, justement dans ce rapport d’avril 2011 (disponible en version pdf depuis le 6 avril 2011). Bill Sweetman, qui consacre un article au rapport du GAO ce 8 avril 2011, note effectivement que le GAO ne doit… 

Problème stratégique du jour : s’excuser ou pas ?

Grande agitation autour, respectivement, des rebelles anti-Kadhafi en Libye, des chars à terre et des friendly fires, de l’OTAN et de sa stratégie, des capitales occidentales et de la question des excuses En bref : deuxième friendly fire en une semaine de l’OTAN contre des anti-Kadhafi, des morts (13), un refus de présenter des excuses de l’amiral britannique qui est commandant en second de l’opération OTAN en Libye, grande émotion et grande agitation des politiques à Londres et à Bruxelles (siège de l’OTAN), grande agitation et grande amertume du côté des anti-Kadhafi. Parmi d’autres, le Daily Telegraph du 9 avril 2011 rend assez bien compte… 

…Mais la souris swingue-t-elle un peu trop à son aise ?

Dès qu’on a envisagé l’hypothèse d’une Allemagne qui envisagerait d’en prendre à son aise, pour se rapprocher de la Russie et proposer une médiation en Libye (Le chat est fatigué, les souris swinguent, ce même 6 avril 2011), des bruits viennent nous signaler que certains jugent que la souris swingue un peu trop à son aise. Ecoutons ces bruits. Le 6 avril 2011, Ulrich Rippert, sur le site WSWS.org, fait une analyse éventuellement prospective du sort du ministre allemand des affaires étrangères Guido Westerwelle, principal responsable de l’abstention de l’Allemagne à l’ONU et de la politique allemande vis-à-vis de la Libye, ce même Westerwelle dont… 

Le chat est fatigué, les souris swinguent

Effectivement, on en prend à son aise C’est le cas lorsque des experts allemands et russes discutent, sans doute avec un laisser-faire officiel et intéressé, et tombent d’accord pour suggérer que la Russie et l’Allemagne pourraient faire équipe commune et proposer une médiation pour faire la paix en Libye. L’idée est rapportée le 5 avril 2011 par Novosti, qui rappelle, comme en passant, que l’Allemagne s’est abstenue de voter la résolution 1973 de l’ONU (celle sur laquelle s’est goulûment précipitée la France de Sarko pour lancer ses Rafale en Libye), aux côtés de la Russie, de la Chine et du Brésil, trois pays du bloc… 

“Faisons dissuasion commune” dit un ministre UK aux Français

En fait, Nick Harvey est le ministre des forces armées au ministère de la défense britannique, le n°2 du ministre conservateur Liam Fiox et le représentant des Libéraux-Démocrates au ministère de la défense. Il n’empêche, il s’agit d’un personnage officiel, occupant une haute fonction dans la hiérarchie gouvernementale britannique. Son intervention concrète auprès de la France pour étudier, déjà dans le détail concret d’une discussion avec des experts français, un système de dissuasion nucléaire commune pour les deux pays a toutes les allures d’un événement, dans tous les cas, tout semblerait l’indiquer. L’article du 1er avril 2011 dans le Guardian s’appuie sur une interview de… 

Exit, les “relations spéciales” Egypte-Israël

Quelques déclarations du ministre égyptien des affaires étrangères mesurent combien la révolution égyptienne aura d’abord des effets sur la politique étrangère de ce pays ; singulièrement, sur ses relations avec Israël, qui ne seront plus, qui ne sont plus du tout spéciales comme elles l’étaient du temps de Moubarak. Quant à l’Iran, ce n’est plus du tout le pestiféré selon la narrative américaniste-occidentaliste… UPI donne un rapide résumé de ces déclarations, ce 3 avril 2011. «Egyptian Foreign Minister Nabil el-Araby said Israel upheld its peace agreement with Egypt but has yet to meet the Palestinians’ requests for peace. El-Araby made the comment on Egyptian television… 

La Libye est-elle une “crise bouffe” ?

Patrick Cockburn a incontestablement trouvé l’incontestable avantage de la crise libyenne : la vitesse avec laquelle sont atteintes et dépassées les phases de dégradation qui mirent plusieurs années à se manifester, dans des circonstances similaires pour le fonctionnement du Système, en Afghanistan et en Irak «One advantage of Libya is that the failings became obvious quickly. Never has mission creep crept so fast. The failings of local allies are more obvious more quickly in Libya than they were in Baghdad or Kabul. The difficulty in breaking the military stalemate opens the door to a ceasefire agreement and a resort to political and economic pressure to… 

La crise de Fukushima devient structurelle

La caractéristique de la crise de l’usine nucléaire de Fukushima est l’incertitude initiale de sa gravité, au travers de la variation de sa perception, des interférences constantes et souvent intéressées des évaluations dans tous les sens, par conséquent le temps nécessaire pour fixer dans notre perception sa gravité, son importance, sa durée. Il y eut d’abord une alerte générale très intense, suivi d’une brutale disparition de cette alarme en conjonction avec le paroxysme de la crise libyenne. Nous sommes maintenant dans une troisième phase de la perception qui est celle d’une évaluation plus fouillée, ponctuée par des aveux d’impuissance et divers échecs, sur place, pour… 

La promesse de Gates

Déposant devant le Congrès avec l’amiral Mullen, président du Joint Chiefs of Staff, le secrétaire à la défense a fait dans le cours des échanges questions-réponses une déclaration symboliquement dramatique : l’affirmation qu’il n’y aurait pas de troupes régulières US terrestres en Libye tant que je serai en charge de ma fonction Selon McClatchy Newspapers, le 31 mars 2011>D> : «Gates and Adm. Mike Mullen, the chairman of the Joint Chiefs of Staff, were unable to say how long the operation would persist. But they made it clear that the United States was pulling back to a supporting role in which it would jam Gadhafi’s… 

La capitulation de la raison humaine

Les événements de la crise libyenne, qui est peut-être une guerre, qui sait ? sont loin d’avoir la pureté cristalline du manichéisme qu’affectionne notre pensée, ou plutôt notre raison, plongée dans le désordre barbare des contradictions imposées par un Système en crise terminale et auquel cette raison semble avoir tout sacrifié. Sans aucun doute a-t-elle sacrifié, cette raison, sa raison d’être et sa fonction fondamentale qui est de tenter d’établir une mesure du monde, en acceptant de conduire à son terme une telle soumission. Il existe un cas précis démontrant cette situation, avec la crise libyenne qui est peut-être une guerre. Il s’agit de la… 

Varsovie-Paris-Washington, en passant par la Libye

Nous nous arrêtons à un article d’opinion très récent, paru dans le Washington Post et sur le site Slate.com, le même 28 mars 2011. Il est signé d’Anne Appelbaum et concerne le comportement, les manuvres, les arrière-pensées, ou les pensées tout court (et toutes courtes), de Sarkozy, durant les préliminaires et le début de la guerre contre la Libye du colonel Kadhafi. Observons d’abord qu’Appelbaum, historienne et journaliste d’opinion, issue d’une famille très aisée de Washington D.C. (sa mère fut administratrice du Musée d’Art Corcoran, à Washington), Prix Pulitzer en 2003 pour son uvre maîtresse sur le Goulag, est une personnalité du plus haut intérêt.… 

La Libye et l’inéluctable engrenage du Système

La machinerie est désormais en marche et l’on ne voit pas quelle force au monde pourrait arrêter sa puissante poussée. Une audition au Congrès US de l’amiral Stavridis, commandant en chef suprême des forces de l’OTAN (SACEUR), notamment, en a apporté la démonstration D’habitude souriant et plein d’une bonhommie qui marque son habileté diplomatique, Stavridis paraissait, durant cette audition, plutôt gêné et contraint. Il faut reconnaître que quelques phrases, dites ici et là, n’ouvrent pas des perspectives enthousiasmante pour les gens de la coalition, de la communauté internationale ou du bloc américaniste-occidentaliste (BAO), qui cherchent cette formule miracle qui leur éviterait, tout en obtenant politiquement… 

Désordre et confusion dans la basse-cour neocon

Il n’y a rien de plus significatif du désordre et de la confusion libyennes que la déchirure qui semble de plus en plus irrémédiable, qui divise les néo-conservateurs US et apparentés. Deux articles, parus le même jour, mettent en évidence ce conflit intéressant, sinon étonnant, appuyé sur un fond d’accord/de désaccord avec Israël. • Le 28 mars 2011, le site TalkingPointMemo signale un séminaire tenu ce même jour par l’American Enterprise Institute, temple du mouvement néo-conservateur, où l’on applaudit quasiment sans réserve à la politique du président Obama en Libye. Nombre de grands noms du mouvement étaient présents, dont Tom Donnelly et Paul Wolfowitz «At… 

Ce que vous ne pouvez étouffer, embrassez-le…

Cette construction analogique est suggérée par le Racine de Britannicus («J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer.», Acte 4 Scène 3). Elle est fort d’actualité aujourd’hui, marquant ainsi l’extraordinaire confusion suscitée par l’intervention en Libye, la difficulté pour les uns et les autres de tenir une position cohérente, l’incertitude des références, etc. C’est donc avec la référence de Racine, qui en vaut beaucoup d’autres à cet égard, que nous allons proposer une analyse déjà esquissée ici et là, à propos de ce qui nous semble être un débat sous-jacent en France. L’argument de départ, ici, est un article de Jean-Pierre Chevènement, assez inhabituel nous semble-t-il…