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Bloc-Notes

De quelle OTAN parlent-ils ?

Quelle bien étrange situation où tout le monde joue à la fois son rôle et un rôle à contre-emploi, avec les USA en position de leader traditionnel, actuellement en mode-turbo de désengagement, à la fois de la crise libyenne et de ce rôle de leader. Quel est l’enjeu central ? L’OTAN certes, mais de quelle OTAN s’agit-il ? Ou bien, posons la question sous une autre forme : se peut-il que nous soyons au milieu du gué qui détermine un changement d’époque, et qu’ils ne s’aperçoivent de rien ? Oui, il se pourrait bien Depuis trois ou quatre jours qu’ils débattent à propos du commandement… 

De “nos alliés d’Al Qaïda” à “la guerre la plus stupide” ?

Effectivement, question posée avec réponse déjà prête par Alexander Cockburn, éditeur et rédacteur en chef de CounterPunch (et frère de Patrick, de The Independent), à propos de l’affaire libyenne : «The war on Libya now being waged by the US, Britain and France must surely rank as one of the stupidest martial enterprises, smaller in scale to be sure, since Napoleon took it into his head to invade Russia in 1812…» (C’est notamment sur le site de CounterPunch, le 25-27 mars 2011.) Cockburn détaille toute la progression de l’affaire, selon sa perception et son interprétation, dans une réalité qui laisse place à l’interprétation, qui la… 

Quelques précisions de “notre allié Al Qaïda”

Il se trouve, de la façon la plus démocratique du monde après tout, que l’on reçoit de nouvelles informations sur notre allié Al Qaïda dans le contexte de la crise libyenne. Nous avions signalé sa présence le 19 mars 2011. Ce 25 mars 2011, dans le même Daily Telegraph déjà cité dans la nouvelle précédente, nous pouvons lire diverses précisions sur le même sujet, rapportées par Praveen Swami. La source initiale est une interview du chef rebelle libyen Abdel-Harim Al-Hasadi, donnée au journal italien du Il Sole 24 Ore. Al Hasadi était déjà cité le 19 mars. Le texte de Swani, relativement bref, confirme tout… 

Rand : il y aura sans doute un Paul en 2012

Rand Paul, nouveau sénateur républicain du Kentucky et fils de Ron Paul, a déclaré qu’il y aurait sans doute un Paul dans la campagne électorale pour les présidentielles US de 2012. Rand Paul précise que la seule certitude est qu’en cas de candidature de son père, lui-même ne sera en aucun cas candidat. Ron Paul, dans une autre déclaration, laisse effectivement envisager la possibilité de sa candidature, notamment en raison de la situation actuelle des USA. Sur Huffington.post le 24 mars 2011. «Ron Paul, a U.S. representative from Texas, unsuccessfully sought the Republican nomination in 2008. Now Rand Paul, the junior Kentucky senator and tea… 

Eschatologisation (suite) : la crise du JSF aussi

L’eschatologisation des crises, dont nous parlons dans ce même Bloc-Notes ce même 25 mars 2011, est un phénomène que nous jugeons être d’une tendance générale. C’est un phénomène directement lié à la crise centrale du Système et à la contraction du temps (temps crisique) qui l’accompagne. Il n’y a donc nulle surprise à ce qu’il touche aussi la crise du JSF. C’est à propos d’un article d’Aviation Week & Space Technology du 22 mars 2011 que nous proposons cette remarque. Cet article fait un tour des pays non-US engagés dans le programme JSF et observe l’humeur, dans tous ces pays, concernant le prix du JSF,… 

L’eschatologisation de la crise libyenne : le cas russe

La crise libyenne a été l’occasion de la mise en évidence très publique d’un désaccord bruyant entre le président Medvedev et son Premier ministre Poutine. La surprise vient beaucoup moins du désaccord que de l’expression publique de ce désaccord et de l’affirmation de ce désaccord, notamment du côté de Medvedev dont on jugeait en général qu’il était de caractère faible, et plutôt incliné à faire taire ses propres opinions pour rester aligné sur celui, Poutine, qui aurait été son mentor et son inspirateur, sinon son manipulateur. Dans un texte publié le 24 mars 2011 sur Novosti, Hugo Natowicz s’attache à cette querelle publique et sonore… 

La G4G (involontaire) du “fou de Libye” : déstructurer l’Ouest

Où se livre donc désormais l’essentiel de la bataille de la crise libyenne ? Aujourd’hui, nous dirions beaucoup plus à Evere, dans la banlieue de Bruxelles, au siège de l’OTAN, que dans les sables divers de la Libye. On parle bien entendu des querelles sur le commandement et le contrôle de l’opération Dawn Odyssey, selon le nom de code US qui fait l’unanimité empressée des membres de l’alliance, des querelles impliquant la France, la Turquie, les USA, le Royaume-Uni, les autres à titres divers, l’OTAN certes, avec l’ONU et l’UE en arrière plan ; ah, accessoirement, il est aussi question de la Libye. Malgré les… 

La Libye, l’OTAN, la Turquie et le cas de la France

Hier, il semble qu’il y a eu des progrès sur la résolution du problème de la direction et du contrôle des opérations du bloc américaniste-occidentaliste (BAO) en Libye. Deux mesures ont été proposées, promises à être entérinées : la constitution d’un comité ad hoc regroupant les principaux pays impliqués dans cette crise, pays membres de l’OTAN ou non membres de l’OTAN, pour assurer la direction politique de l’opération ; l’appel aux capacités opérationnelles d’organisation de l’OTAN pour mener l’aspect militaire de l’opération. Selon la présentation qui en est faite et l’interprétation qu’on en donne, il s’agit d’une victoire de l’OTAN ou d’une victoire de deux… 

Leur morale qui les enchaîne

Les dirigeants politiques du bloc américaniste-occidentaliste (BAO), engagés dans l’expédition libyenne, dans les conditions qu’on sait, se trouvent constamment dans l’obligation de justifier moralement cet engagement. L’argument moral n’est pas qu’un maquillage sans importance qu’on peut laisser de côté une fois qu’il a servi en une circonstance pressante, loin de là. On ne dit pas qu’il n’est pas faux, hypocrite, trompeur, etc. ; il est peut-être tout cela, quoique ces affirmations doivent être analysées de plus près, et il est sans doute aussi accompagné d’une part de conviction ; mais, surtout, il est d’une extrême importance politique, dans une époque où la communication (système de… 

Le désordre du Système et leurs grandes ambitions

La coalition a-t-elle un commandement ? Et d’ailleurs, s’agit-il d’une coalition, ou bien d’un simple appendice d’un commandement US, ou bien d’une entreprise franco-britannique plutôt appuyée sur l’UE ? Ou bien, plutôt, d’une excroissance de l’OTAN sous impulsion franco-britannique ? Bruxelles2, le 21 mars 2011, nous donne quelques précisions sur les discussions en cours, leurs orientations, leurs impasses diverses, leur désordre en un mot. D’une façon générale, le parti américaniste est furieux, et, pour une fois, on le comprend. Il voudrait transmettre aux Européens le commandement de l’opération Dawn Odyssey (le nom de code qu’il a donné à l’aventure libyenne), dont il a hérité temporairement,… 

…Et l’exposé fataliste de Tisdall

En complet contraste avec l’exposé de l’ancien ministre français des affaires étrangères Védrine (voir notre Bloc-Notes précédent, du 21 mars 2011 également), voici celui du commentateur britannique Simon Tisdall (le Guardian du 20 mars 2011). Nous ne voulons certainement pas établir une comparaison de compétition entre les deux appréciations, qui aboutirait nécessairement à un verdict idéologique où il y aurait anathème avec opprobre terroriste d’un côté, acquittement avec félicitations du jury de l’autre. Il nous importe, de façon beaucoup plus simple, sinon primaire (qui vient en premier, ou primauté de l’évidence de l’appréciation intellectuelle, qui n’implique ni jugement ni verdict), d’apprécier ce qui nous semble… 

L’exposé magistral de Hubert Védrine

… Nous prenons le mot « magistral » dans son sens précis, quasiment universitaire (« qui est relatif au maître », « qui est donné par un maître »), pour signifier qu’il s’agit d’un exposé d’une impeccable logique, superbement argumenté, construit avec rigueur et équilibre, dessiné comme un « jardin à la française ». Jusque là, tout va bien. Puis on en arrive à la réalité. Il s’agit de deux interviews que donne l’ancien ministre français des affaires étrangères Hubert Védrine, souvent qualifié, et à très juste titre sans aucun doute, de « l’un des meilleurs ministres des affaires étrangères français de la Vème République » avec Juppé et Couve de Murville. Les interviews sont… 

La coalition et l’ombre de BHO-Hamlet

Hier, à la Commission européenne, c’est-à-dire dans les couloirs nombreux et très longs, on se félicitait de l’incomparable habileté de la partie américaniste dans cette affaire d’intervention en Libye. Ainsi va l’interprétation qui procurait des gloussements de plaisir : les interventions anti-interventionnistes du secrétaire à la défense Robert Gates constituaient une manuvre d’une suprême habileté pour contenir les pressions anti-guerres des Chinois et des Russes, alors qu’on préparait l’intervention, dont les boys seraient évidemment. Gates aurait donc joué à être l’opposant qu’il ne serait finalement pas, à cette opération contre la Libye avec participation US. Il est toujours surprenant de mesurer l’extrême ignorance de ce… 

Contre le “fou de Libye”, avec notre allié al Qaïda…

Possible partenaire intéressant de la coalition of the willing (en français texto), démocratique et anti-Kadhafi, réunie ce jour à Paris, mais partenaire pourtant pas invité : al Qaïda soi-même. Ainsi nous le précise Richard Spencer, du Daily Telegraph, ce 18 mars 2011. Spencer donne nombre de détails précis et convaincants, qui ne feront sans doute l’objet d’aucune publicité excessive dans nos chancelleries. BHL, qui a momentanément égaré le numéro de téléphone de l’ambassade israélienne, s’interroge quelques secondes sur la signification de cette étrange expression, al Qaïda, puis il passe aux petits fours. Le court texte de Spencer mérite d’être cité de façon substantielle. On remarquera… 

Psychologie d’un vote de l’ONU

Commentant avec sa verve coutumière le vote de l’ONU (hier soir) autorisant certaines formes d’intervention armée contre la Libye («un acte flagrant de colonialisme», précise-t-il), Kadhafi a annoncé dans une interview à la TV portugaise que puisque le monde était fou, il le serait également, et au jeu du on verra qui sera le plus fou, on ne peut pas ne pas considérer qu’il a de solides arguments : «If the world gets crazy with us, we will get crazy too. We will respond. We will make their lives hell because they are making our lives hell. They will never have peace.» Ainsi Kadhafi nous… 

A l’OTAN, la Turquie maîtresse du jeu

Aujourd’hui, un pays est l’objet de toutes les attentions à l’OTAN, et c’est la Turquie. Cette situation, partout perceptible dans les entretiens de couloir, dans les tractations bureaucratiques, etc., est la rançon de l’extraordinaire mélange de désarroi, d’impuissance et d’illusions caractérisant les positions des pays américanistes-occidentalistes, USA au premier rang, contrastant avec la politique turque qui se ménage des ouvertures dans toutes les directions, n’est entravée par aucune alliance contre nature ou idéologique, apprécie la situation d’un point de vue à la fois réaliste et équilibrée Aujourd’hui, la Turquie est sans doute le pays le plus gaulliste de l’ensemble atlantico-euro-moyen-oriental, à la fois par sa… 

Signification de la “référence Tchernobyl”

Bien entendu, la référence de la catastrophe de Tchernobyl (avril 1986, en Ukraine alors partie de l’URSS) est dans tous les esprits avec la catastrophe japonaise. (Le 16 mars 2011, dans le Daily Telegraph : «Japan nuclear plant: Just 48 hours to avoid another Chernobyl».) Mais il s’agit d’une référence technique sur l’éventuelle comparaison des deux catastrophes. Ce qu’on mentionne peu, c’est qu’en plus d’être la plus grande catastrophe nucléaire (civile) de l’histoire, Tchernobyl fut aussi, et d’abord chronologiquement, et avec des suites considérables, une catastrophe politique pour le pouvoir soviétique et un événement considérable pour la politique de réforme radicale de Gorbatchev qu’il faut… 

Du catastrophisme à l’intuition haute

Le gouvernement japonais fut parfait dans ses premières manifestations, le 11 mars 2011. Il hérite d’un demi-siècle de régime libéral sous influence américaniste, de démocratie de la corruption, tant vénale que psychologique, d’alignement sans broncher sur les lignes du Système ; lui-même, ce gouvernement, ne peut être qu’égal à ses devanciers, que digne du legs qu’il a reçu, c’est-à-dire indigne en l’occurrence Par conséquent et après ce bon début, il apparaît aujourd’hui, alors qu’il est dépassé par l’ampleur de ce qu’il faut bien nommer une catastrophe, au risque d’être soupçonné de sacrifier au catastrophisme qui fait vendre, qu’il se trouve de plus en plus totalement… 

Bahrein et un Pentagone sans avertissement…

Si l’on analyse et commente l’invasion paraît-il amicale du Bahrein par l’Arabie, il vient naturellement sous la plume que le gouvernement US, et, particulièrement, le Pentagone, étaient non seulement avertis mais avaient donné, plus ou moins contraints, peut-être, leur accord à l’opération. C’est ce que nous avions supposé nous-mêmes, plus par habitude que par l’effet d’une réflexion approfondie sur un aspect du sujet qui était de toutes les façons accessoire par rapport au point de vue choisi pour traiter ce sujet dans cette occurrence de l’analyse référencée. Finalement, il semble bien qu’il n’en ait rien été. On retrouve la trace de cette affirmation, notamment dans… 

L’Arabie envahit Bahrein, très, très vite

Les forces saoudiennes sont entrées hier dans le royaume de Bahrein, à l’appel de la direction du royaume, du type monarchie absolue. L’intervention était donc annoncée et elle a eu lieu comme prévu, dans la petite île abritant Bahrein et reliée directement à l’Arabie. Les forces saoudiennes comptent un millier d’hommes, des blindés divers (entre 150 et 200), et sont accompagnés de quelques détachements des autres pays du CCG (Conseil de Coopération du Golfe), tels les EAU, le Koweït, Qatar, Oman, de façon à présenter l’opération comme collective, et répondant aux impératifs de sécurité du principal organisme de sécurité de la région. On sait bien… 

Japon, d’une crise l’autre

En un temps extrêmement court, ce qu’on peut décrire d’une façon générale mais inappropriée comme la crise japonaise, est passé, pour ce qui est de l’essentiel et de la perception qu’on en a, du domaine naturel (tremblement de terre et tsunami) au domaine humain, avec les conséquences de la catastrophe sur le complexe nucléaire de production d’énergie. S’il y a des liens évidents et brutaux de cause à effet entre ce qu’on doit désormais distinguer comme deux événements, la question nucléaire constitue effectivement une véritable seconde crise, enchaînant presque immédiatement sur la première, celle de la catastrophe naturelle. Cela apparaît clairement depuis le prolongement dramatique,… 

Le triomphe d’Aljazeera

Dans une chronique qu’il développe à propos d’un séjour à Doha, pour le 6ème Forum Annuel de Aljazeera, Steve Clemons nous fait part sans la moindre restriction de toute l’admiration, voire la fascination qu’il éprouve pour cette chaîne d’information arabe. (Voir le 12 mars 2011, sur son site The Washington Note.) Clemons écrit son texte pour souligner, sur la fin, un moment d’une intense émotion lorsqu’on apprend la mort en Libye d’un membre de l’équipe d’Aljazeera, Ali Hassaon Al Jaber, abattu au cours d’un affrontement, émotion qu’il distingue si puissante chez Wadah Khanfar, le directeur général de l’information télévisée sur Aljazerra, qui présidait le Forum.… 

dde.crisis victime d’un accident collatéral

Ce court message s’adresse à ceux de nos lecteurs qui s’intéressent à dde.crisis, pour leur signaler, en leur demandant de bien vouloir nous en excuser, un retard dans la mise en ligne du numéro du 10 mars 2011 (ils s’en étaient déjà aperçu, sans doute). Il s’agit d’un accident technique indépendant de notre volonté mais tout à fait dépendant de notre maladresse, dans la manipulation des textes et mises en pages. Brièvement dit, il s’agit de la perte d’une partie du texte du numéro (de la rubrique dedefensa), qui nous oblige à récrire cette partie. Nous aurons donc un retard de quelques jours, avec le… 

Manning, Ellsberg, BHO et le Système…

Depuis quelques jours, le cas du soldat Bradley Manning, plus ou moins (?) soupçonné d’être la source de WikiLeaks pour les fuites massives de documents officiels US en 2010, est très fortement d’actualité. Il a été déterminé que le traitement qui lui est imposé dans sa prison de Quantico est inhumain et peut être assimilé à une torture passive (dans le jargon CIA : une no-touch torture), de façon à miner sa résistance psychologique et obtenir qu’il implique Julian Assange. Cette situation est devenue officielle et la chose, cette pratique de la torture par des organismes sous la direction du département de la défense, est…