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Bloc-Notes

L’opportune visite de Sarko en Irak

Parfois, le temps et la chronologie font bien les choses. Le président français Sarkozy se rend, en visite-surprise, en Irak, le 10 février. Flons-flons sous haute sécurité, embrassades et enthousiasme des discours, et serments d’une amitié sans fin, disons, comme au temps de Chirac-Saddam? Voici un extrait de la chose, du Figaro du même 10 février: «Le président Sarkozy a affirmé que la France est aux côtés de l’Irak et salue ses efforts. Elle soutient son ancrage démocratique, sa réappropriation progressive de la souveraineté, sa réconciliation nationale et sa reconstruction, a affirmé une source de la présidence française présente à Bagdad. »Nous souhaitons collaborer sur… 

La crise, de l’économie à l’Histoire

Le jeu de la sémantique autour de la crise et pour interpréter la dimension de la crise semble accueillir un élément nouveau. Cet aspect sémantique nous paraît très important, comme nous le signalons déjà, aujourd’hui, dans cette même rubrique. La sémantique oriente la perception, d’une façon extrêmement puissante dans une époque fondamentalement définie par la communication. L’élément nouveau est l’Histoire, c’est-à-dire la référence historique qui n’est plus définie par un événement perçue comme essentiellement économique (dito, la Grande Dépression, d’ailleurs perçue à tort comme événement essentiellement économique, à notre sens). C’est Sarkozy qui a ouvert cette dimension en parlant, jeudi dernier, de la pire crise… 

Dépression et protectionnisme

Une des grandes affaires sémantiques de la période est de savoir qui osera ou oserait dire le mot terrible, the D-word disent les Anglo-Saxons, dépression. Certains le disent par inadvertance, comme une sorte de lapsus linguae révélateur. Quelques-uns commencent à le dire de façon consciente et volontaire. DSK, en tant que directeur du FMI, a franchi le pas. (D’une façon générale, après s’être essayé courant 2008 à l’exercice du tout va bien, le pire est derrière nous, Strauss-Khan est passé dans le camp des pessimistes, dont on se dit une fois de plus qu’il s’agit d’optimistes bie informés. Il a été l’un des premiers à… 

Holbrooke face à l’Afghanistan: un accablement significatif

Ceci représente sans doute une certaine surprise. La prestation de Richard Holbrooke à la Wehrkunde de Munich ce week-end, a été, d’un certain point de vue, assez inattendue. Le ton employé par l’envoyé spécial de l’administration Obama au Pakistan et en Afghanistan a été assez différent de ce qu’on pouvait attendre d’un homme réputé pour sa brutalité et sa propension à bousculer les autres, spécialement ses alliés. Au lieu d’employer une rhétorique volontariste destiner à fustiger les alliés pour leur manque de coopération, Holbrooke s’est montré plutôt avec une certaine réserve de ce point de vue, s’employant surtout à des lamentations sur la situation en… 

Une victoire à la Pyrrhus encore incertaine…

L’accord du Sénat qu’a obtenu Obama dans la nuit de vendredi à samedi pour son plan de stimulation fixé à $780 milliards sera voté sans doute cette semaine, avec l’aide d’un Ted Kennedy qui souffre d’une tumeur au cerveau et a essuyé une attaque cérébrale il y a quinze jours, et qui devrait être tiré de son lit pour venir voter. Le vote du Sénat présente une étrange perspective pour le président. Rarement victoire d’un président démocrate sur un programme aussi sensible aura été accueillie avec autant de fureur à l’intérieur de son propre parti, et du côté de ses partisans en général. Encore cette… 

Possibles réductions du premier budget DoD d’Obama: JSF et BMDE

On sait que les enjeux du budget de la défense US, des répartitions budgétaires, des possibles réductions, sont considérables pour de multiples raisons, du domaine économique au domaine politique. Le site Bloomberg.com a mis en ligne le 6 février des indications précises portant sur divers programmes du Pentagone. L’analyse s’appuie sur la version du budget qui est de considérer qu’il y a une réduction de 10% des crédits pour le Pentagone (année FY2010) par rapport aux demandes du Pentagone. («The White House has given the Pentagon a limit of $527 billion for next year, excluding war spending, according to four defense or government officials. That’s… 

L’Ouest et l’Ouest font leurs comptes, sous le regard de la Russie

La conférence annuelle sur la sécurité transatlantique, dite de la Wehrkunde, à Munich, a une singulière importance cette année, cela, affirmé par avance. L’affirmation est sans audace excessive et se suffit à elle-même, à la lumière des déchirements extraordinaires qui secouent les relations internationales, particulièrement depuis la crise géorgienne d’août 2008 et la crise financière de septembre 2008. A part les réunions ministérielles OTAN de la fin 2008, avec une administration US sur le départ et donc sans le moindre intérêt, c’est la première rencontre informelle mais de très haut niveau entre alliés transatlantiques dans le domaine de la sécurité depuis ces divers événements bouleversants.… 

Sarko est-il populaire en Angleterre?

Les milieux officiels britanniques, et la presse officielle d’une façon générale, n’ont pas du tout apprécié les déclarations du président français Sarkozy de jeudi soir. Le passage où Sarkozy met en cause la politique britannique de lutte contre la crise (politique de réduction de la TVA), notamment et particulièrement, a été ressenti comme un coup de Trafalgar, mais pas dans le sens historique qu’on sait. Tous les journaux londoniens embrayent sur l’affaire. Mais on dirait plutôt que cela est fait sur un ton mi-figue mi-raisin. Il y a l’habituelle réaction anti-française pour cette sorte de circonstances mais adoucie par la volonté de ne pas trop… 

Une impitoyable bataille intérieure

L’excellent bulletin quotidien du Progress Report fait une analyse d’un aspect important de la situation politique à Washington, dans son édition du 5 février. Il s’agit de la lenteur de la confirmation de certaines nominations de l’administration Obama aux postes de direction, dans ce cas celle de la nouvelle secrétaire au travail Hilda Solis, nommée le 19 décembre 2008 et qui a du attendre le 5 février un vote de la commission sénatoriale sur son cas. C’est l’exemple d’une intense guérilla fondée sur l’hostilité idéologique (Solis est une progressiste), de la part des républicains des commissions concernées, à l’aide de manuvres procédurières, de manuvres d’obstruction,… 

Le peuple, my God! On l’avait oublié, celui-là

Effectivement, la chose pourrait devenir honorable, parmi les événements de la crise; c’est pourquoi, poursuivant notre amende mémorable, nous ne manquons plus de signaler l’extension désormais significative du mécontentement populaire au Royaume-Uni, avec grèves diverses et particulièrement discourtoises, encore mieux ou pire que dans la rétrograde et vulgaire France, au grand dam de Sir Peter Madelson, l’un des plus dignes représentants de l’aristocratie libre-échangiste. Voilà même que les ouvriers parlent de troubles («We’re going to see civil unrest in this country. It’s already started. It will grow unless things are sorted»); de solidarité dans la lutte («Ian Smith, 55, a welder who was on strike… 

Qui est en dépression? Le monde ou Brown?

«It was a gaffe. And that’s official», écrit Philip Webster, Political Editor du Times, cet après-midi sur le site du quotidien, à propos d’une remarque du Premier ministre Gordon Brown aux Communes, tout à l’heure, littéralement, quasiment en temps réel. (Par ailleurs, le journal étudie, à propos de cet incident, quelques-uns des méandres de la vaste pensée du PM britannique aux prises avec le mot dépression.) Une gaffe? What gaffe [en français dans le texte]? Il semblerait que ce soit d’avoir dit ce qu’il pense vraiment. Bref, la vérité selon Gordon Brown. Voici le moment fatal où le PM britannique se laisse emporter à dire… 

Dommage, Hillary n’est pas à la Maison-Blanche

Il est assez possible que les Britanniques n’aiment pas vraiment Obama. Il est probable qu’ils ne l’aiment pas parce qu’ils ne savent pas par quel bout le prendre, parce qu’ils ignorent de quel bois il se chauffe, parce qu’ils se demandent si c’est du lard ou du cochon Du coup, ils n’ont plus l’impression de manipuler l’Amérique à leur guise, comme ils se l’imaginent faire depuis qu’ils ont établi cette ligne politique d’alignement sur les USA, depuis 1941-1944, avec renouvellement d’intensité après la crise de Suez et l’éviction d’Antony Eden. Divers articles dans la presse londonienne saluent la rencontre du secrétaire au Foreign Affairs David… 

Petraeus versus Obama

Après les premiers jours de l’installation dynamique de l’administration Obama commencent à apparaître les premières rumeurs concernant des batailles internes. On fait grand cas de l’article de Gareth Porter, publié sur le site CounterPunch le 2 février 2009, qui expose les détails d’un affrontement feutré entre le nouveau président et le général Petraeus, l’homme du surge, ancien commandant en Irak et chef aujourd’hui du grand commandement Central Command. Porther est un enquêteur réputé, avec d’excellentes sources chez les militaires, qui lui ont permis notamment de détailler, il y a deux ans, l’affrontement autour d’une possible attaque contre l’Iran. Porther explique comment Petraeus a reçu, avec… 

Le triste état de la “République de Californie”

Au sein des Etats de l’Union, l’Etat de Californie occupe une place à part à cause de sa taille, de sa puissance, de ses références mythiques diverses accolées à des réalités économiques (l’industrie du cinéma, l’industrie aéronautique ou ce qu’il en reste). Ajoutons, pour faire bon poids, ou bon muscle: et à cause de son gouverneur éventuellement, l’ancien acteur Arnold Schwarzenegger. Cette singularité se poursuit avec la situation économique de l’Etat, très mauvaise et, par conséquent, remarquable par contraste avec la puissance de l’Etat. Le gouvernement de l’Etat, notamment, est dans un triste état. Les remboursements d’impôts attendus pour la fin janvier sont repoussés d’un… 

Crash de l’incompétence et conséquences de l’irresponsabilité

Voici un avis intéressant sur le Forum de Davos, cru 2009. Il concerne les USA et leur leadership, et l’effondrement catastrophique de leur leadership, doit-on dire. C’est l’avis d’un William Pfaff furieux, qui rapporte l’impression d’un Américain à Davos, contemplant, effaré, les ruines de la réputation et de la stature des Etats-Unis d’Amérique. (Ce 1er févriers 2009, sur le site WilliamPfaff.com.) «The American participants in this year’s World Economic Forum in Davos have been the first to confront the full international blowback to the U.S.-created world economic crisis. The crisis has devastated America’s reputation for intellectual innovation and practice in global finance, its business leadership,… 

On s’occupe du Pentagone: réductions budgétaires et le BMDE la tête sur le billot

Diverses déclarations en cette fin de semaine font penser que l’administration Obama est sur le point d’annoncer des réductions budgétaires importantes. Cette fois, il semble bien que la crise est en train de parler durement et d’imposer des restrictions. Les pourcentages annoncés tournent autour de 10% du budget FY2010 présenté par l’administration Bush, et qui va être restructuré pour être présenté au Congrès en avril (avec deux mois de retard). Ces 10% impliquent une somme autour de $55 milliards. La chose est notamment annoncée par FOXNews le 30 janvier, avec la précision que les premières mesures pourraient être annoncées dès lundi 1er février: «The Obama… 

Boutiquiers négociant autour de l’incendie du Titanic en cours de naufrage

Tout semble se dérouler selon le plan prévu, sans surprise excessive, selon les us et coutumes de l’Etat de droit et du système dit check & balance. Comme tout brave petit boutiquier de l’Empire, selon l’aimable mot d’un de nos lecteurs, nous nous attardons moins aux ors et aux pompes des inaugurations, moins aux caractéristiques ethnico-culturelles des uns et des autres, moins aux montages fulgurants et postmodernes, et très humains, de notre passé et de notre avenir, pour plus et mieux nous attacher aux comptes sonnants et trébuchants. C’est ainsi que raisonne l’Empire, dito le Titanic postmoderne: comme un tiroir-caisse. Ainsi le malheureux président Obama… 

“Happy apocalypse”, ou le savoir-vivre/survivre de l’apocalypse selon le Guardian

Disons que c’est un signe symbolique mais un puissant signe des temps. (C’est de cette façon que nous considérons l’article qui nous intéresse, comme un signe, et nullement par rapport au contenu de l’article dans les mesures ou l’attitude qu’il préconise.) Il s’agit d’un quotidien de grand tirage et de réputation excellente, le Guardian de Londres. Il publie un article de Tanya Gold, ce 29 janvier 2009, sous le titre: «Life after the apocalypse», ou, si vous voulez, et selon que votre humeur est très sombre ou roborative dans cette perceptive apocalyptique, comme c’est le cas de le dire, le savoir-survivre après l’apocalypse ou le… 

Moscou, le BMDE et la “fenêtre d’opportunité” d’Obama

Il est manifeste que les Russes croient avoir avec Obama, dans cette période du début de l’administration dans tous les cas, une bonne opportunité, sinon d’arrangements immédiats, du moins d’une détente ouvrant l’opportunité d’arrangements. Pour les Russes, outre les divers signes indicateurs d’une certaine prudence dans le camp Obama vis-à-vis du BMDE depuis l’élection d’Obama, la volonté officiellement affirmée de l’administration Obama de parler avec l’Iran constitue un autre volet d’une appréciation positive, du sens d’une opportunité à saisir. Une poussée US d’une détente avec l’Iran ouvre la perspective de discréditer complètement l’argument officiel du déploiement du BMDE (anti-missiles) en Europe, en Pologne et en… 

La confiance en miettes et Dieu en crise

Les nouvelles statistiques concernant cette précieuse vertu de la psychologie qu’est la confiance sont très mauvaises en janvier. C’est le cas des consommateurs aux USA, référence particulièrement essentielle pour l’économie de cette puissance, basée essentiellement sur l’allant de la consommation. Reuters, notamment, donne aujourd’hui des indications sur l’affaiblissement de la confiance, en janvier 2009 par rapport à décembre 2008 où elle n’était pourtant guère brillante. «Consumer confidence plumbed historic lows in January and home prices fell at a record pace in November, data showed on Tuesday, highlighting a rapidly deteriorating economy. Mounting job losses as the year-long recession deepens are piling misery on consumers already… 

Tous comptes faits, l’Iran est de plus en plus sympa

Il n’est plus vraiment question de taper sur l’Iran, même si la question traditionnelle amène la réponse traditionnelle, mais sur un mode extrêmement pianissimo («Mullen said the Obama administration has still not taken the military option against Iran off the table, but said I believe it’s got to be a last resort»). Il s’agit effectivement de l’amiral Mullen, président du Joint Chief of Staff (JCS), déclarant que l’Iran pourrait très bien travailler avec les USA et l’OTAN en Afghanistan, contre les talibans et assimilés. Mullen nomme cela a regional approach. L’expression est nuancée, l’heure est à la coopération. L’AFP donne quelques indications, reprises par Defense… 

Le “Grand Jeu”, ou pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué

Certes, l’administration Obama a choisi de déplacer le pion Afghanistan, d’accentuer son effort dans le cur de cette crise. Non seulement trouve-t-on sur cette voie spéculative l’interrogation de la capacité des USA à faire évoluer cette crise, même au travers de cet effort et particulièrement par le biais de cet effort, mais on observe également que cette orientation représente elle-même l’apport d’une considérable capacité détonante de plusieurs autres développements contradictoires de l’effort US. Tout cela, sans surprise excessive. L’excellent M K Bhadrakumar, ancien diplomate indien devenu commentateur, et l’un des meilleurs des affaires de la région caucasienne et du sous-continent indien, nous livre un aperçu… 

La “révolution des ménagères” triomphe et la crise devient politique

Le constat est vite fait: la crise a eu sa première tête politique («The global economic crisis claimed its first government yesterday», écrit le Times de ce matin). L’Islande est l’une des principales victimes de la crise, presqu’une victime parfaite, parce que ce pays était devenu une sorte de laboratoire surréaliste de l’économie globalisée et du turbo-capitalisme, avant d’être le premier frappé, et le plus profondément, et, par conséquent, le premier où sa direction politique s’effondre. Il s’agissait d’une véritable expérience du chaos créateur cher au capitalisme hyper de ces dernières années. L’expérience est achevée en une courbe parfaite, avec le chaos conservé effectivement, et… 

Absents et tourments à Davos

Il faut que les événements soient pressants à Washington pour qu’un dirigeant du calibre de Lawrence Summers, conseiller économique du nouveau président des USA, décommande sa venue à Davos, pour la fameuse conférence annuelle où nous avons tous coutume de nous retrouver. (Cette année, c’est à partir d’après-demain.) La nouvelle est annoncée fort discrètement en général, à l’image de la non-annonce officielle, par le Financial Times d’aujourd’hui, qui parle essentiellement des réductions de participants (un peu comme on dit réduction de personnel) dans les délégations des ex-grandes banques d’affaires de Wall Street; elle est annoncée brièvement mais en mettant l’accent sur la signification de la…