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Bloc-Notes

Une impitoyable bataille intérieure

L’excellent bulletin quotidien du Progress Report fait une analyse d’un aspect important de la situation politique à Washington, dans son édition du 5 février. Il s’agit de la lenteur de la confirmation de certaines nominations de l’administration Obama aux postes de direction, dans ce cas celle de la nouvelle secrétaire au travail Hilda Solis, nommée le 19 décembre 2008 et qui a du attendre le 5 février un vote de la commission sénatoriale sur son cas. C’est l’exemple d’une intense guérilla fondée sur l’hostilité idéologique (Solis est une progressiste), de la part des républicains des commissions concernées, à l’aide de manuvres procédurières, de manuvres d’obstruction,… 

Le peuple, my God! On l’avait oublié, celui-là

Effectivement, la chose pourrait devenir honorable, parmi les événements de la crise; c’est pourquoi, poursuivant notre amende mémorable, nous ne manquons plus de signaler l’extension désormais significative du mécontentement populaire au Royaume-Uni, avec grèves diverses et particulièrement discourtoises, encore mieux ou pire que dans la rétrograde et vulgaire France, au grand dam de Sir Peter Madelson, l’un des plus dignes représentants de l’aristocratie libre-échangiste. Voilà même que les ouvriers parlent de troubles («We’re going to see civil unrest in this country. It’s already started. It will grow unless things are sorted»); de solidarité dans la lutte («Ian Smith, 55, a welder who was on strike… 

Qui est en dépression? Le monde ou Brown?

«It was a gaffe. And that’s official», écrit Philip Webster, Political Editor du Times, cet après-midi sur le site du quotidien, à propos d’une remarque du Premier ministre Gordon Brown aux Communes, tout à l’heure, littéralement, quasiment en temps réel. (Par ailleurs, le journal étudie, à propos de cet incident, quelques-uns des méandres de la vaste pensée du PM britannique aux prises avec le mot dépression.) Une gaffe? What gaffe [en français dans le texte]? Il semblerait que ce soit d’avoir dit ce qu’il pense vraiment. Bref, la vérité selon Gordon Brown. Voici le moment fatal où le PM britannique se laisse emporter à dire… 

Dommage, Hillary n’est pas à la Maison-Blanche

Il est assez possible que les Britanniques n’aiment pas vraiment Obama. Il est probable qu’ils ne l’aiment pas parce qu’ils ne savent pas par quel bout le prendre, parce qu’ils ignorent de quel bois il se chauffe, parce qu’ils se demandent si c’est du lard ou du cochon Du coup, ils n’ont plus l’impression de manipuler l’Amérique à leur guise, comme ils se l’imaginent faire depuis qu’ils ont établi cette ligne politique d’alignement sur les USA, depuis 1941-1944, avec renouvellement d’intensité après la crise de Suez et l’éviction d’Antony Eden. Divers articles dans la presse londonienne saluent la rencontre du secrétaire au Foreign Affairs David… 

Petraeus versus Obama

Après les premiers jours de l’installation dynamique de l’administration Obama commencent à apparaître les premières rumeurs concernant des batailles internes. On fait grand cas de l’article de Gareth Porter, publié sur le site CounterPunch le 2 février 2009, qui expose les détails d’un affrontement feutré entre le nouveau président et le général Petraeus, l’homme du surge, ancien commandant en Irak et chef aujourd’hui du grand commandement Central Command. Porther est un enquêteur réputé, avec d’excellentes sources chez les militaires, qui lui ont permis notamment de détailler, il y a deux ans, l’affrontement autour d’une possible attaque contre l’Iran. Porther explique comment Petraeus a reçu, avec… 

Le triste état de la “République de Californie”

Le triste état de la « République de Californie » Au sein des Etats de l’Union, l’Etat de Californie occupe une place à part à cause de sa taille, de sa puissance, de ses références mythiques diverses accolées à des réalités économiques (l’industrie du cinéma, l’industrie aéronautique ou ce qu’il en reste). Ajoutons, pour faire bon poids, ou bon muscle: et à cause de son gouverneur éventuellement, l’ancien acteur Arnold Schwarzenegger. Cette singularité se poursuit avec la situation économique de l’Etat, très mauvaise et, par conséquent, remarquable par contraste avec la puissance de l’Etat. Le gouvernement de l’Etat, notamment, est dans un triste état. Les remboursements d’impôts… 

Crash de l’incompétence et conséquences de l’irresponsabilité

Voici un avis intéressant sur le Forum de Davos, cru 2009. Il concerne les USA et leur leadership, et l’effondrement catastrophique de leur leadership, doit-on dire. C’est l’avis d’un William Pfaff furieux, qui rapporte l’impression d’un Américain à Davos, contemplant, effaré, les ruines de la réputation et de la stature des Etats-Unis d’Amérique. (Ce 1er févriers 2009, sur le site WilliamPfaff.com.) «The American participants in this year’s World Economic Forum in Davos have been the first to confront the full international blowback to the U.S.-created world economic crisis. The crisis has devastated America’s reputation for intellectual innovation and practice in global finance, its business leadership,… 

On s’occupe du Pentagone: réductions budgétaires et le BMDE la tête sur le billot

Diverses déclarations en cette fin de semaine font penser que l’administration Obama est sur le point d’annoncer des réductions budgétaires importantes. Cette fois, il semble bien que la crise est en train de parler durement et d’imposer des restrictions. Les pourcentages annoncés tournent autour de 10% du budget FY2010 présenté par l’administration Bush, et qui va être restructuré pour être présenté au Congrès en avril (avec deux mois de retard). Ces 10% impliquent une somme autour de $55 milliards. La chose est notamment annoncée par FOXNews le 30 janvier, avec la précision que les premières mesures pourraient être annoncées dès lundi 1er février: «The Obama… 

Boutiquiers négociant autour de l’incendie du Titanic en cours de naufrage

Tout semble se dérouler selon le plan prévu, sans surprise excessive, selon les us et coutumes de l’Etat de droit et du système dit check & balance. Comme tout brave petit boutiquier de l’Empire, selon l’aimable mot d’un de nos lecteurs, nous nous attardons moins aux ors et aux pompes des inaugurations, moins aux caractéristiques ethnico-culturelles des uns et des autres, moins aux montages fulgurants et postmodernes, et très humains, de notre passé et de notre avenir, pour plus et mieux nous attacher aux comptes sonnants et trébuchants. C’est ainsi que raisonne l’Empire, dito le Titanic postmoderne: comme un tiroir-caisse. Ainsi le malheureux président Obama… 

Happy apocalypse”, ou le savoir-vivre/survivre de l’apocalypse selon le Guardian

Disons que c’est un signe symbolique mais un puissant signe des temps. (C’est de cette façon que nous considérons l’article qui nous intéresse, comme un signe, et nullement par rapport au contenu de l’article dans les mesures ou l’attitude qu’il préconise.) Il s’agit d’un quotidien de grand tirage et de réputation excellente, le Guardian de Londres. Il publie un article de Tanya Gold, ce 29 janvier 2009, sous le titre: «Life after the apocalypse», ou, si vous voulez, et selon que votre humeur est très sombre ou roborative dans cette perceptive apocalyptique, comme c’est le cas de le dire, le savoir-survivre après l’apocalypse ou le… 

Moscou, le BMDE et la “fenêtre d’opportunité” d’Obama

Il est manifeste que les Russes croient avoir avec Obama, dans cette période du début de l’administration dans tous les cas, une bonne opportunité, sinon d’arrangements immédiats, du moins d’une détente ouvrant l’opportunité d’arrangements. Pour les Russes, outre les divers signes indicateurs d’une certaine prudence dans le camp Obama vis-à-vis du BMDE depuis l’élection d’Obama, la volonté officiellement affirmée de l’administration Obama de parler avec l’Iran constitue un autre volet d’une appréciation positive, du sens d’une opportunité à saisir. Une poussée US d’une détente avec l’Iran ouvre la perspective de discréditer complètement l’argument officiel du déploiement du BMDE (anti-missiles) en Europe, en Pologne et en… 

La confiance en miettes et Dieu en crise

Les nouvelles statistiques concernant cette précieuse vertu de la psychologie qu’est la confiance sont très mauvaises en janvier. C’est le cas des consommateurs aux USA, référence particulièrement essentielle pour l’économie de cette puissance, basée essentiellement sur l’allant de la consommation. Reuters, notamment, donne aujourd’hui des indications sur l’affaiblissement de la confiance, en janvier 2009 par rapport à décembre 2008 où elle n’était pourtant guère brillante. «Consumer confidence plumbed historic lows in January and home prices fell at a record pace in November, data showed on Tuesday, highlighting a rapidly deteriorating economy. Mounting job losses as the year-long recession deepens are piling misery on consumers already… 

Tous comptes faits, l’Iran est de plus en plus sympa

Il n’est plus vraiment question de taper sur l’Iran, même si la question traditionnelle amène la réponse traditionnelle, mais sur un mode extrêmement pianissimo («Mullen said the Obama administration has still not taken the military option against Iran off the table, but said I believe it’s got to be a last resort»). Il s’agit effectivement de l’amiral Mullen, président du Joint Chief of Staff (JCS), déclarant que l’Iran pourrait très bien travailler avec les USA et l’OTAN en Afghanistan, contre les talibans et assimilés. Mullen nomme cela a regional approach. L’expression est nuancée, l’heure est à la coopération. L’AFP donne quelques indications, reprises par Defense… 

Le “Grand Jeu”, ou pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué

Certes, l’administration Obama a choisi de déplacer le pion Afghanistan, d’accentuer son effort dans le cur de cette crise. Non seulement trouve-t-on sur cette voie spéculative l’interrogation de la capacité des USA à faire évoluer cette crise, même au travers de cet effort et particulièrement par le biais de cet effort, mais on observe également que cette orientation représente elle-même l’apport d’une considérable capacité détonante de plusieurs autres développements contradictoires de l’effort US. Tout cela, sans surprise excessive. L’excellent M K Bhadrakumar, ancien diplomate indien devenu commentateur, et l’un des meilleurs des affaires de la région caucasienne et du sous-continent indien, nous livre un aperçu… 

La “révolution des ménagères” triomphe et la crise devient politique

Le constat est vite fait: la crise a eu sa première tête politique («The global economic crisis claimed its first government yesterday», écrit le Times de ce matin). L’Islande est l’une des principales victimes de la crise, presqu’une victime parfaite, parce que ce pays était devenu une sorte de laboratoire surréaliste de l’économie globalisée et du turbo-capitalisme, avant d’être le premier frappé, et le plus profondément, et, par conséquent, le premier où sa direction politique s’effondre. Il s’agissait d’une véritable expérience du chaos créateur cher au capitalisme hyper de ces dernières années. L’expérience est achevée en une courbe parfaite, avec le chaos conservé effectivement, et… 

Absents et tourments à Davos

Il faut que les événements soient pressants à Washington pour qu’un dirigeant du calibre de Lawrence Summers, conseiller économique du nouveau président des USA, décommande sa venue à Davos, pour la fameuse conférence annuelle où nous avons tous coutume de nous retrouver. (Cette année, c’est à partir d’après-demain.) La nouvelle est annoncée fort discrètement en général, à l’image de la non-annonce officielle, par le Financial Times d’aujourd’hui, qui parle essentiellement des réductions de participants (un peu comme on dit réduction de personnel) dans les délégations des ex-grandes banques d’affaires de Wall Street; elle est annoncée brièvement mais en mettant l’accent sur la signification de la… 

L’Afghanistan et les contradictions d’Obama…

L’expression de changement dans la continuité est une spécialité bien politique (et bien française, d’ailleurs: Giscard l’avait employée en 1974, Sarkozy au début 2007). Elle indique qu’on voudrait ou devrait changer complètement une politique sans trop le paraitre; ou bien qu’on devrait montrer à la fois le visage du changement et le visage de la continuité et qu’on ne le peut pas complètement pour aucun des deux; qu’on espère changer tout de même et que cela se voit; qu’on espère également être perçu comme maintenant une politique et ainsi de suite Comme on s’en doute, cette situation contradictoire et potentiellement très déstabilisante de politique générale… 

USSA 2009, rapide état des lieux socialistes

La blague est courante mais elle n’a jamais eu autant d’actualité. Après les harassantes et vertigineuses manuvres de l’automne dernier, avec les manuvres courantes et les très prochaines manuvres à venir, elles aussi courantes et vertigineuses, les USA (United States of America) s’installent fermement comme de gigantesques USSA (United Socialist States of America). Dans une rapide chronique du 23 janvier, Robert Reich fait un aussi rapide mais éloquent bilan de l’intervention du gouvernement dans l’économie US, «The federal government that is, you and I and every other taxpayer». Le gouvernement US est aujourd’hui propriétaire d’une part considérable de l’économie US, avec ses interventions dans l’industrie… 

Le JSF attaqué par la vérité officielle des prix, circa-Obama (et GAO)

Un document du 22 janvier 2009, publié par le Government Printing Office (GAO) et répercuté par le Pentagone le même jour (le 23 janvier), passe en revue, d’une façon succincte, les divers problèmes de coût et de gestion du Pentagone. Ce document est à usage explicite de l’administration Obama et annonce des rapports détaillés du GAO sur certains sujets plus précis. Dans le résumé publié hier et répercuté par le Pentagone (ce qui est un signe intéressant), on trouve un passage consacré au programme JSF spécifiquement. Les nouvelles ne sont pas bonnes, notamment parce qu’il y a une nouvelle officielle de taille. «The Joint Strike… 

Comptes et mécomptes de l’attaque de Gaza

Il y a à peine une semaine encore, le monde résonnait des bombes lancées sur Gaza et de l’indignation suscitée par ce fracas et ses effets. Aujourd’hui, la crise de Gaza a disparu de nos préoccupations. Certains s’en inquiéteraient pour clamer à l’impunité systématiquement recommencée d’Israël dans cette sorte d’entreprise. Nous ne croyons pas que c’est cet enseignement qui doive être retenu. Dans ce cas d’une situation internationale chaotique, où l’absence de respect des règles résulte plus de ce désordre que de calculs prétendument habiles et d’influences bien utilisées (même si les uns et l’autre existent), l’impunité n’a plus guère de force politique, qui est… 

Mystère de la situation de la crise et perte de contrôle des autorités

Alors que le nouveau président Obama prêtait serment, Tom Engelhardt, de TomDispatch.com, s’est arrêté, ce même 20 janvier, sur la situation de la crise (la grande crise centrale, la crise financière et économique etc.). Il s’y est arrêté notamment parce qu’il a relevé deux phrases lors de la dernière conférence de presse du président Bush (GW l’a nommée «the ultimate exit interview»), sur ce que l’ancien président savait de la situation économique lorsque la crise a éclaté en septembre 2008. «In fact, our last president in that remarkable final news conference of his (the ultimate exit interview, he called it) in which he swanned around,… 

La réponse de l’Histoire au système: la chute des “marchés” et l’ombre de GDII

Tout cela apparaîtrait comme réglé par une mécanique fort bien huilée, effrayante et terrible. Le fait est que le keynésianisme inaugural, même cela, ne marche plus. Le jour où Obama était inauguré, avec un formidable battage de tous les réseaux de communication du système, avec des commentateurs patentés par camions, répétant tous le même catéchisme trempé au miel de nos valeurs postmodernes, commentaires extraordinairement inconsistants et surréalistes pour les circonstances réelles, le marché, le sacro-saint marché enregistrait une chute qu’en d’autres temps on aurait presque qualifiée d’effondrement. C’est une étrange et effrayante occurrence contradictoire de nos espérances générales, comme une réponse terrible de l’Histoire au… 

Notes (en bloc) sur l’avenir du JSF

Le programme JSF entame une nouvelle époque. Lockheed Martin (LM) compte le revendre (to resell JSF), comme si, d’une certaine façon, il n’avait pas été encore vendu. L’administration Obama commence à s’emparer de l’affaire. Le JSF triomphera-t-il? Dans une très intéressante note de ce jour (avec la prévision également intéressante que 2009 sera une année Rafale, ce qui ne peut évidemment que nous réjouir), un lecteur nous dit ne pas partager notre prévision selon laquelle le JSF ne sera pas un succès. Nous n’avons jamais écrit cela, nous refusant d’ailleurs à toute spéculation dans un cadre normal de vente et d’exportation des armements, parce que… 

La Russie (et l’Europe), premier enjeu d’Obama

Nous sommes alternativement en accord et en désaccord avec les analyses de George Friedman, de Stratfor.com, selon les sujets, selon le mode de traitement des sujets, voire selon l’humeur des choses. Cette fois, ce serait plutôt un accord, sur le sujet du premier grand enjeu de politique extérieure de BHO, le nouveau président US. «Obama Enters the Great Game», nous dit Friedman ce 19 janvier 2009. Le thème est une question: mises à part les surprises, sur quoi on ne peut par définition supputer, quel est le premier grand dossier qui attend BHO à la Maison Blanche? La réponse est : la Russie, mise à…