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Bloc-Notes

Zakaria au chevet du malade

Fareed Zakaria, Américain d’origine indienne, est un membre éminent de l’establishment washingtonien, tendance dite réaliste et portant haut et fort un internationalisme de conviction qui prend en général bien des liberté avec lui-même lorsqu’il s’agit de son application dans la politique étrangère US. Zakaria est aussi un adepte inconditionnel du libre-échangisme et du capitalisme néolibéral qui projette et impose l’américanisme hors de ses frontières sous l’étiquette de globalisation. Enfin, Zakaria possède une grande influence au travers de ses diverses positions dans le monde médiatique, autant comme directeur de la rédaction de Newsweek, comme consultant de CNN, comme collaborateur régulier de Foreing Policy, l’organe du Council… 

Le monstre au cœur du système, qui dévore l’intérieur de nous-mêmes

C’est vrai qu’il y avait un an hier, le Dow Jones était à plus de 14.000 points et l’on sait ce qui lui est arrivé, hier encore, une fois de plus, comme chaque jours depuis sept jours consécutifs. («During the past seven sessions, the Dow has lost 2,271 points, or 20.1 percent. Since hitting an all-time high of 14,164.53 one year ago Thursday, the Dow has lost 39.4 percent».) Maggie Lake, la spécialiste boursière de CNN.News, était, ce jour-là à Wall Street, dans un état d’esprit bien particulier. Car enfin, pourquoi, oui pourquoi cet effondrement continue? On a toujours envie d’avoir de nouvelles explications. Sur… 

L’U.S. Navy fait-elle partie du complot anti-JSF?

Manifestement, l’U.S. Navy ne croit pas que le JSF est un chasseur universel, suffisant pour rencontrer ses besoins en matière d’avion de combat embarqué dans les trois ou quatre décennies à venir. Des déclarations du Chief of Naval Operations, l’amiral Gary Roughead, faites à Navy Times et à Defense News, montrent que la Nacvy entend bien disposer de deux types d’avion de combat, y compris après le retrait des actuels Hornet et Super Hortnet (F/A-18 et F/A-18E). C’est le type de situation que détestent les croisés du programme JSF, car ce programme est bâti sur l’idée qu’il n’y a pas d’alternative à lui-même (ou TINA:… 

Ils ont “socialisé” la City

Le sacré vieux mister de La Palisse dirait, l’allure sentencieuse: Nécessité fait loi. Les Britanniques se réveillent, se frottent les yeux et n’en croient pas leurs yeux. «Gordon Brown and Alistair Darling have done what their Labour forebears could only dream of doing: they have socialised the City», écrit le Guardian ce matin, parlant des vieux travaillistes traditionnels qui accusaient le capitalisme de la finance folle. On a déjà eu quelques échos de l’événement hier dans cette même rubrique. Aujourd’hui, on prend la mesure de l’événement, du point de vue britannique, du point de vue de l’orientation fondamentale du Royaume-Uni; du point de vue de… 

L’Europe à petits pas de géant dans la tempête

Au milieu de l’annonce d’un plan colossal de survie du secteur bancaire, accompagné de propositions pour des actions au niveau européen essentiellement, mondial dans la perspective, le Premier ministre britannique Gordon Brown glisse ce matin: «This is not a time for conventional thinking or outdated dogma but for the fresh and innovative intervention that gets to the heart of the problem.» Quel est le outdated dogma? Quel est le dogme dont parle Brown, sinon celui qui mène depuis près d’un quart de siècle l’économie mondiale, au pas de course, jusqu’à la catastrophe de l’automne 2008? Et d’où vient ce dogme? Brown parle de plus en… 

Trop peu, trop tard, et le rouge est mis

La dégradation continue, à une allure accélérée, à un rythme significatif. Le premier constat est le changement de discours, après un bref entretemps de 3 jours du côté US, un week-end disons, depuis le vote du plan Paulson, où les commentateurs US et appointés se tournaient vers l’Europe pour la sermonner en donnant les USA en exemple comme ayant pris les mesures nécessaires. Wall Street était hier à 9.447 points, ayant perdu 508 points dans la journée, troisième chute consécutive depuis le vote de la Chambre. Conclusion évidente: quoi qu’il en soit de ce qu’on fera des $700 milliards, le plan n’a produit aucun effet,… 

Comment écraser la crise? Exactement comme on a écrasé la terreur, avec le même succès

Chacun a sa formule pour redresser très vite le monde déboussolé par la terrible crise financière. Des Américains divers ont la leur, surtout quand ils sont américanistes et quand ils savent manier le système à leur avantage. Cela devient alors inénarrable, mais méritant tout de même d’être narré. Ainsi en est-il de la solution proposée par Michael Bloomberg, maire de New York, pour se débarrasser de cette crise maléfique qui ne fait pas marcher les affaires, à New York City. Cela se lit le 7 octobre dans The Independent, cela ne se mouche nullement du pied, cela est présenté comme un vaste dessein et cela… 

60% des Américains croient à une dépression

L’état d’esprit des Américains est extrêmement pessimiste, selon un sondage CNN.News qui recoupe un sentiment général déjà persistant et en aggravation régulière depuis le printemps dernier. Plus encore, ce pessimisme se fixe sur le terme de dépression, terrible pour les Américains qui ont tous à la mémoire la Grande Dépression. Un texte de CNN.News, publié le 6 octobre, détaille de cette façon les conditions et les résultats du sondage: «Nearly six out of ten Americans believe another economic depression is likely, according to a poll released Monday. The CNN/Opinion Research Corp. poll, which surveyed more than 1,000 Americans over the weekend, cited common measures of… 

FDR, au secours, – suite et sans fin

Parmi les divers cris de détresse qu’engendre la crise globalisée qu’a déclenchée le système, puisqu’il s’avère ainsi que la globalisation existe, se signalent ceux qui renvoient à notre Saint à tous. Il s’avère également, autre confirmation, que la popularité de Saint-FDR est si grande, presque autant qu’elle le fut aux sombres jours de 1932-1933. Cette fois, c’est un vieux de la vieille du conservatisme libre-échangiste britannique, un pilier du Times, William Rees-Mogg, qui en appelle aux mânes fameuses dans sa chronique du 6 octobre, cette fois pour prier humblement pour que Barack Obama veuillent bien s’en charger et s’en faire l’écho. L’idée de Rees-Mogg est… 

Mandelson, ou la loyauté sans préavis

L’ex-Commissaire au Commerce de la Commission européenne Peter Mandelson est parti à Londres, rejoindre ses premières amours. Il a quitté son poste la paix dans l’âme, paraît-il, parce que mission accomplie (selon ses propres mots). Il est parti avec un préavis à l’image de notre monde, disons quelques jours (trois? quatre? cinq?), sans rien préparer, sans avertir des choses fondamentales, c’est-à-dire sans préavis. Le voilà prêt à affronter et à terrasser de nouveaux démons au côté de son meilleur ennemi, le premier ministre Gordon Brown. Mission accomplie, en anglo-américain, cela se dit Mission accomplished. Cela sollicite notre souvenir. C’est ce que nous avait clamé GW… 

Leur religion en lambeaux, leur Foi pulvérisée

La crise a ceci de bon, dans une époque où la place de l’information et la force de sa diffusion sont considérables, qu’elle agite les esprits et qu’elle délie les langues. La police de la pensée a beaucoup d’hésitation ces derniers temps, d’autant qu’elle est soumise elle-même à bien des incertitudes. La crise ayant frappé d’abord le Saint Office (Wall Street) et son bureau de surveillance de la Foi (la City), le doute est au cur du fruit et l’amertume se fait partout sentir, et la colère éclate. Ainsi du magnifique article de Madeleine Bunting, ce matin dans le Guardian, qui fait le procès de… 

Soyons sérieux maintenant, le Pentagone voudrait plus d’argent pour survivre

Il s’agit maintenant de revenir aux choses sérieuses. La crise, le bailout, le gaspillage, le blocage systémique du Pentagone, toute cette sorte de choses mérite d’être mis en perspective, c’est-à-dire sur le côté, pour laisser un peu d’air, revenir aux choses sérieuses et sauver le Pentagone de la famine. Cela signifie une augmentation de 13,5%, soit $57 milliards, pour le prochain budget (FY2010) du Pentagone. C’est Bloomberg.News du 2 octobre, recoupé par Danger Room du 3 octobre, qui annonce la nouvelle de la demande d’augmentation de son budget par le Pentagone. Ce n’est d’ailleurs pas une vraie nouvelle. La chose est supputée depuis quelques mois… 

Un vote de résignation acheté par une corruption massive

L’atmosphère et les commentaires accompagnant le vote hier de la Chambre des Représentants US en faveur du plan Paulson, après son refus historique du 29 septembre, mesurent le décalage extraordinaire de la direction politique américaniste face à la crise. Krugman avait bien entendu raison: «The House will probably vote Friday on the latest version of the $700 billion bailout plan – originally the Paulson plan, then the Paulson-Dodd-Frank plan, and now, I guess, the Paulson-Dodd-Frank-Pork plan (it’s been larded up since the House rejected it on Monday). I hope that it passes, simply because we’re in the middle of a financial panic, and another no… 

Le mépris désenchanté de Krugman et la question du temps

Le chroniqueur de New York Times et professeur d’économie Paul Krugman nous donne une chronique qui synthétise bien la crise financière en lui donnant la dimension qui lui sied, qui est sa dimension politique par défaut, par l’absence de pouvoir, d’autorité. Son titre est «A leadership vacuum» (le 3 octobre dans l’International Herald Tribune), et il dit déjà beaucoup du propos. Le ton est celui du mépris désenchanté, pour cette direction politique impuissante, médiocre, impréparée en tout, qui n’a rien vu venir et qui a improvisé avec des bouts de ficelles et des centaines de $milliards un plan mirobolant dont nul ne sait comment il… 

Avec Obama, Gates succèdera à Gates au Pentagone

L’un des plus proches conseillers de Barack Obama pour les questions de sécurité nationale, Richard Danzig, un ancien secrétaire à l’U.S. Navy de l’administration Clinton, a rencontré les journalistes et commenté divers aspects des idées de sécurité nationale qui prévalent dans l’entourage d’Obama. Un autre point a été abordé, plus politique, qui concerne l’actuel secrétaire à la défense Robert Gates. Les déclarations de Danzig renforcent l’impression déjà forte, jusqu’à la quasi-certitude, que Gates est, au sein de l’équipe Obama, choisi pour se succéder à lui-même au Pentagone, et qu’il y a pratiquement accord avec Gates là-dessus.. L’AFP donne, le 2 octobre, un compte-rendu notamment des… 

Une autre leçon (une de plus) de la Grande Dépression

On le sait maintenant, et nous nous inscrivons complètement dans cette appréciation, l’importance de la référence de la Grande Dépression des années 1930 pour accompagner notre appréciation de la crise. La hantise, plutôt que la mémoire, en est la marque essentielle; les titres des textes qui rappellent la grande catastrophe des années 1930 font grand usage du mot. C’est le cas d’un universitaire britannique, de l’université du Sussex, Clive Webb, qui nous fait une description très intéressante de la Grande Dépression, sous le titre «Haunted by History», dans le Guardian d’aujourd’hui. Il y a de nombreux passages et détails intéressants dans ce texte, y compris… 

Même en attendant le KC-45, l’Air Force est bloquée

…Même ce franc supporter de l’USAF qu’est l’analyste Loren B. Thompson s’inquiète désormais sérieusement, avec cette dernière péripétie dans l’étonnante aventure du programme de ravitailleur en vol KC-45. Thompson est cité par Reuters le 1er octobre : «This is the latest indication that something really basic has gone wrong with the Air Force acquisition system. It’s one thing to foul up a major program, but it’s another thing to foul up multiple programs in a brief period of time.» Que se passe-t-il? Comme l’on sait, le programme KC-45 est aujourd’hui renvoyé à la future administration et peut-être très loin dans le temps, après de multiples… 

Combien de guerres, combien de défaites? Deux, trois, quatre?

Avec un sarcasme désenchanté, William S. Lind envisage une hypothèse stratégique concernant la situation US dans l’arc de crise, avec les engagements US effectifs en Irak et en Afghanistan, et les engagements possibles au Pakistan et en Iran. Son hypothèse, exposée aujourd’hui sur Antiwar.com, s’appuie sur l’analogie allemande des deux guerres mondiales, avec les deux fronts, à l’Est et à l’Ouest. «One way to look at the wars in Iraq and Afghanistan is to see them as one war with two fronts. Germany fought two-front wars twice in the 20th century, and it was almost able to prevail because it had the advantage of interior… 

La situation économique russe : l’analyse de Sapir

L’économiste et historien français Jacques Sapir donne son appréciation de l’état et des perspectives de l’économie russe dans le contexte de la crise financière. Jusqu’à la phase actuelle, le circuit financier russe avait été peu touché par les soubresauts en cours depuis août 2007 ; la situation a changé depuis deux mois. D’une façon générale, Sapir estime que «la Russie est certainement l’économie la mieux placée pour résister à la tempête financière actuelle» L’analyse est publiée par l’agence Novosti, le 29 septembre. «La croissance de la Russie ne dépend pas des marchés financiers internationaux. Le système bancaire russe n’a pas été impliqué dans la spéculation… 

Strauss-Khan, comme Patton, la vitesse en moins

Parmi la myriade de pressions sur Washington pour que le plan Paulson soit adopté, celle de Dominique Strauss-Khan, directeur du FMI. Selon le Guardian d’aujourd’hui, relayant Reuters, DSK exhorte Washington à agir, selon le principe d’un de ses plus fameux généraux, George S.Patton. «The International Monetary Fund has added to the growing pressure on the US Congress to approve the Wall Street bail-out, as stockmarkets rose on optimism that a deal will be hammered out this week. »Dominique Strauss-Kahn, managing director of the IMF, warned last night that the US must take urgent steps to protect its economy from the ongoing financial crisis. We’re right… 

Poutine se paye le système US

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine attaque sans ménagement le système US pour ses très grandes difficultés dans sa tentative de contrôler la crise financière. Poutine fait directement allusion au vote négatif de la Chambre (contre le plan Paulson), qui a constitué un freinage notable de la tentative US de contrôler la crise, en même temps qu’un accroissement du désordre à Washinton. Cette déclaration est reproduite par Novosti ce 1er octobre; elle est également reprise sur le site de Times.online ce même 1er octobre, avec, il faut le noter comme une information intéressante sur l’état d’esprit des analystes pertinents d’outre-Manche, la fameuse photo de Poutine… 

Le diable est dans la communication

Un facteur fondamental mais particulièrement incontrôlable et difficile à évaluer dans la crise américaniste (finance et politique), c’est le rôle de la communication électronique privée, du citoyens vers les diverses autorités. CNN.News donne, le 30 septembre, des indications chiffrées considérables à propos d’un événement, le vote de la Chambre des Représentants sur le plan de sauvetage Paulson. Il s’agit d’un exemple que nous qualifierions d’objectif (non partisan), puisqu’il concerne la consultation du projet de loi sur lequel la Chambre s’est prononcée (vote négatif). Il donne une idée essentiellement du volume que peut atteindre le trafic électronique à propos d’un événement dans cette crise, il mesure… 

Finalement, un vote “anti-système”?

Hors de toute considérations juridiques, législatives et de mécanisme politique, en nous en tenant à l’esprit de la chose, nous aurions tendance à juger le vote de la Chambre des Représentants du 29 septembre comme un événement sans précédent et d’une importance considérable per se, outre le désordre supplémentaire qu’il a introduit dans la situation financière mondiale. Cette observation justifie et explique notre remarque, dans notre Faits & Commentaires de ce ce jour : «Nous autres, à dedefensa.org avons été stupéfaits par le vote de la Chambre des Représentants US hier.» Au Congrès, certes, la Chambre est l’assemblée « la plus proche » du peuple, ou disons… 

Quelle fin (rapide) pour le soi disant empire américaniste?

L’idée que la crise financière, le 9/11 financier de ce mois de septembre 2008, est plus qu’un phénomène financier commence à se répandre. Elle rejoint notre analyse selon laquelle le 9/11 financier n’est qu’une crise sectorielle, dépendant d’une crise systémique centrale et, par conséquent, inscrite dans la logique métahistorique d’autres crises sectorielles (son lien avec la crise géopolitique géorgienne, notamment par le biais des conséquences sur la situation européenne), nourrissant d’autres crises sectorielles, voire s’élargissant à elles, comme c’est le cas avec son élargissement à la crise politique washingtonienne. D’où notre intérêt pour cet article de John Gray, auteur de Black Mass: Apocalyptic Religion and…