Aller au contenu

Bloc-Notes

Baker apocalyptique: après Paulson et la puissance publique, ce sera le tour du Tout Puissant

Nous suivons régulièrement Gerard Baker, du Times, parce que cet atlantiste notoire, libre-échangiste et pro-américaniste à tous crins, avec de bonnes entrées et une influence certaine, est une référence intéressante pour connaître l’évolution du sentiment dans les milieux dirigeants anglo-saxons. Baker est actuellement aux USA, où il suit la campagne électorale, et, accessoirement (!), la crise du 9/11 financier devenue crise politique. Ce 29 septembre, il fait exceptionnellement deux interventions dans le Times, marquées toutes deux par un intense sentiment d’inquiétude et d’angoisse, proche de la panique. Les titres de ses deux interventions, l’une dans le cadre de sa chronique régulière, l’autre comme commentateur de… 

Le linge sale de la famille

Certains articles commencent à nous donner une bonne appréciation du 9/11 financier, et certaines de ces bonnes appréciations sont également révélatrices de l’état d’esprit de ceux qui nous les donnent, qui sont en général anglo-saxons, qui sont ainsi parties prenantes dans le drame. Ainsi en est-il d’un long article du 28 septembre, du Sunday Times. Il s’agit à la fois d’une longue analyse, avec une foule de détails et de déclarations sur la situation présente, les perspectives, les positions des uns et des autres; en même temps, quelque chose de très exclusif, comme l’on fait quand on lave son linge sale en famille, et Dieu… 

Paulson, les mains jointes et à genoux, implorant Dame Pelosi

La rencontre de la Maison-Blanche, jeudi 25 septembre, entre Bush et des membres de son cabinet (dont Paulson), les deux candidats et les dirigeants du Congrès, est un moment d’Histoire et un moment d’anthologie. Divers organes de presse en rapportent le détail, dont The Times du 27 septembre, avec Gerard Baker, et The Independent du même jour, avec Rupert Cornwell. Les deux textes, fort proches et se recoupant souvent, ce qui en assure le crédit, décrivent en détails cette réunion historique. Cornwell nous donne la substance de la chose avec son premier paragraphe: «It was gripping political drama, and it may yet prove to have… 

Un axe franco-allemand “new look”, – anti-US…

Les réactions franco-allemandes aux événements financiers des USA sont extraordinairement dures. Un article du EUObserver de ce jour met en évidence le parallélisme de ces réactions, ainsi que leur dureté, notamment par la présentation du discours de Toulon de Sarkozy, hier, et de déclarations du ministre allemand des finances Peter Steinbruck, hier également, devant le Parlement allemand. Les déclarations du président français sont aujourd’hui connues. Elles sont particulièrement vigoureuses et ne cessent de troubler ceux qui suivirent l’interprétation donnée à son arrivée au pouvoir, comme celle d’un réformiste acquis au néolibéralisme. Elles sont bien illustrées, notamment par ces quelques phrases impératives: «Une certaine idée de… 

Le chaos politique après le chaos financier: McCain en apprenti sorcier de service

L’Amérique ressemble à une maison qui brûle, devant laquelle se chamaille un certain nombre de capitaines des pompiers. Chacun d’eux, à tout hasard, voudrait bien être vizir à la place du vizir. (Le vizir lui-même, d’ailleurs, a cette ambition.) Ils se chamaillent pour savoir qui prendra la pompe à incendie pour la diriger vers le feu et pouvoir dire en prime time : C’est moi Voyons le détail. Le chaos à Wall Steet engendrant le chaos au Congrès, la campagne présidentielle ne pouvait être en reste. Après tout, nous sommes en démocratie et l’égalité règne. C’est donc le chaos dans la campagne électorale, avec, semble-t-il,… 

Un “Pearl Harbor économique”, – bien vu

Voici enfin une image qui a toute sa force, toute sa réalité, qui nous épargne par bonheur la référence geignarde et auto-compatissante sur 9/11: la crise de Wall Street représentée comme an economic Pearl Harbor. L’image est du milliardaire Warren Buffett, le roi des investissements et grand ami de Bill Gates. Buffett porte l’honneur dont il se passerait bien d’avoir annoncé la crise du crédit dans toute son ampleur. Cet homme avisé, nous dit The Independent aujourd’hui, est inquiet, plus qu’inquiet; si l’on n’adopte pas d’extrême urgence la mesure décidé par l’administration, aussi mal foutue soit-elle, la panique la semaine dernière nous semblera un paradis… 

La crise racontée aux enfants sages de l’américanisme

Voici une pure et émouvante narrative de la crise, celle-ci racontée aux enfants sages, une fable scintillante de mille feux, comme une étoile à une branche d’un sapin de Noël, non, plutôt tout au sommet du sapin de Noël. En la lisant, nous avons les yeux pleins d’étoiles, 50 ou 51 pour être précis, si l’on compte les derniers ralliements extérieurs. Car cette crise n’est pas une catastrophe, non, c’est une renaissance, et qui était bien nécessaire, et l’on croirait enfin que tout a été calculé, machine, contrôlé pour en arriver à ce coup de génie, ce formidable plan de $700 milliards qu’on va glisser,… 

Choisissez votre Ennemi et je vous dirais si vous méritez de me lire

Nous allions en balade sur le site du Financial Times et nous tombâmes sur ce texte du 22 septembre nous annonçant que les Européens voient Moscou comme une menace contre la sécurité. Nous parcourons le texte, y trouvant le commentaire d’un sondage sur la perception des Européens et des Américains (quel pays vous paraît le plus menaçant?, etc.). Il est ici question des réponses des Européens principalement. Grand cas est fait par le FT, sinon cas principal voire exclusif, de cette appréciation selon laquelle la Russie est considérée comme une menace par 2% des Européens interrogés en juillet, 4% en août et 17% en septembre,… 

Le gouvernement US est-il menacé?

David Walker est un homme sérieux. Directeur du GAO jusqu’en avril dernier, il est notamment fameux pour avoir comparé, dans une intervention en août 2007 les USA à l’empire romain, circa décadence et chute. L’article qu’il publie aujourd’hui dans le Financial Times est d’un particulier intérêt. On retiendra les deux premiers paragraphes de son analyse, parce que cet expert de la comptabilité fiscale et budgétaire, qui ne manque pas de donner une dimension politique à ses appréciations, y pose implicitement la question suprême et que la chose est bien suffisante En un mot, tout est dans son analogie: on disait que AIG, Bear Stearns, Fannie… 

Wall Street, une situation parfaite de crise eschatologique

Les nouvelles de Wall Street et de Washington, hier en fin de journée, n’étaient pas du tout excellente. Il n’y avait plus rien de l’euphorie nerveuse du 19 septembre, jour où fut annoncé le gifgantesque sauvetage (bailout, terme qui tend à devenir générique pour ce cas) de $700 milliards en argent du contribuable du système financier au bord de l’effondrement à cause de ces excès en marge de toute légalité régulatrice de la puissance publique. Le New York Stock Exchange de Wall Street a connu une chute importante, comme le décrit le Times de Londres ce matin (3% de pertes pour le Dow Jones, ce… 

Cette seule Nation sous le regard de Dieu

Le caractère religieux de la perception américaniste du monde, ce caractère si fort qu’il exerce probablement une forte influence sur la psychologie américaniste elle-même, joue à plein dans l’affrontement avec la Russie. Il joue d’autant plus que les USA, en état d’infériorité sur ce théâtre et dans une phase notable d’affaiblissement, ont peu de moyens concrets à opposer à la Russie. Les USA conservent leur attitude manichéenne, religieuse, et s’appuient d’autant plus sur elle pour fonder leur violente critique anti-russe, critique de plus en plus violente du point de vue dialectique, d’autant plus violente qu’elle s’éloigne de la réalité de la politique. (Malgré cet éloignement… 

Le pessimisme comme façon d’être

Après le ouf de soulagement de vendredi 19 septembre, suite à la décision de l’administration US de mobiliser des fonds considérables pour éponger les créances pourries, avec la détente, le rebond, etc., qui ont suivi, il était intéressant d’avoir une idée du sentiment du public aux USA. Nous avons choisi un poste de vote d’internautes important, sur le site de CNN.News. Nous avons donc voté (nous ne vous dirons pas dans quel sens) à 19H00 ce jour, 12H00 aux USA, et avons eu accès aux résultats du vote à ce moment. Le vote portait sur 7676 réponses, ce qui est un chiffre significatif, et il… 

La fable des termites et des conduites pourries

Nous avons attendu que la crise financière en ait temporairement fini avec nos nerfs pour proposer en lecture ce texte de Charlie Cook, du National Journal, mis en ligne le 2 septembre sur Government Executive.com, sous le titre finalement très rythmé de Trouble, trouble, trouble. Ce texte constitue une sorte de feuille de route des problèmes intérieurs innombrables qui attendent le prochain président des USA. Un aspect intéressant de cette feuille de route est, après tout, que cette même crise financière illustrant la crise immobilière et la crise du crédit n’y apparaît que presque comme un post-scriptum («The list of national woes wouldn’t be complete… 

Précisions sur FDR et la Grande Dépression

D’une façon qui confirme le grand intérêt porté actuellement à FDR et à son action durant la Grande Dépression, le site WSWS.org répond (le 19 septembre) sur un ton extrêmement offensif à une chronique du journaliste libéral (progressiste selon le sens US) Bob Herbert dans le New York Times du 9 septembre. Herbert se lamentait à propos de cette situation où les libéraux (progressistes) US ne parviennent pas à développer leurs arguments politiques et à faire suivre la politique concernée contre l’esprit dominant de l’ultra-conservatisme aux USA. Des éléments de l’histoire économique US, particulièrement la grande Dépression et l’action de Franklin Delano Roosevelt (FDR), sont… 

En passant près de l’apocalypse

En effet, comment justifier de ce que nous affichions fougueusement un jour avant les grandes décisions d’intervention de l’administration GW Bush, le 18 septembre, «On ne fait rien pour l’instant parce que no one knows what to do», en regard de ce qui s’est passé le lendemain? Il y a de nombreuses explications possibles dans cette apparente contradiction, de nombreuses explications techniques, de nombreuses explications tactiques, voire des explications du type camouflage Nous leur préférons une hypothèse qui est celle de l’explication par la nature même de la chose: soudain la béance de l’effondrement possible sinon probable leur est apparue et ils ont décidé, vite,… 

La modération de Gates devient une politique exprimant les contradictions du CMI

Le secrétaire à la défense Robert Gates est décidément un étonnant oiseau dans le contexte de l’administration GW Bush et de la radicalisation systématique, au niveau dialectique, qu’on observe dans cette administration et dans l’establishment washingtonien en général, par ailleurs, cette radicalisation signe convaincant de la paralysie de l’action des USA qu’on observe également. Gates a, on le sait, déjà fait des siennes à propos de l’Iran. Il s’avère à cet égard, selon des sources US de la communauté de sécurité nationale particulièrement dignes de foi, que son intervention, en même temps que celle de l’amiral Mullen, président du JCS, a été décisive pour casser… 

Une perception prudentissime de l’Article 5

Le secrétaire à la défense Gates est en voyage. Après l’Irak et l’Afghanistan, il s’est rendu à Londres pour une réunion des ministres de la défense de l’OTAN. En Afghanistan, avant son départ, il a dit quelques mots à des journalistes, dont le New York Times du 19 septembre se fait l’écho. On retrouve dans les interventions de Gates, notamment sur la Russie et la crise géorgienne, sa modération désormais légendaire. Pour notre propos précisément, un passage nous intéresse particulièrement, venu d’un contact du journaliste Thom Shanker avec un « officiel du département de la défense » durant ces rencontres et déplacements. Cela concerne l’Article 5 de… 

Le sénateur Hagel avait averti Rice des dangers de l’indépendance du Kosovo – jamais eu de réponse

Le sénateur républicain Chuck Hagel est l’un des rares parlementaires US connu pour son honorabilité et sa compétence en matière de politique extérieure. Le 6 février 2008, Hagel avait pris la plume et officiellement écrit à Rice, avec copie pour les directeurs du NSC et de la CIA. Il y disait ses très graves inquiétudes pour l’indépendance sur le point d’être donnée au Kosovo, pour les conséquences de cet acte sur les relations avec la Russie, pour les crises qui pourraient en résulter. In fine, c’était annoncer la crise géorgienne. Dans The Steve Washington Note, Steve Clemons, proche de Hagel, publie le 18 septembre un… 

Comment expliquer la “politique” britannique dans la crise géorgienne?

Nous cultivons une particulière attention à la position britannique pour la crise géorgienne, essentiellement à cause de son caractère inattendu et peu explicable. On s’en est aperçu, notamment à l’occasion d’un Bloc-Notes, où nous convoquions même Tocqueville pour avoir une meilleure appréciation des caractères généraux de la politique britannique. Nous avons eu l’esprit éveillé par la conclusion d’un texte de Mark Ames (auteur de Going Postal: Rage, Murder and Rebellion From Reagan’s Workplaces, de Clinton’s Columbine and Beyond (Soft Skull), de The eXile: Sex, Drugs and Libel in the New Russia), publié dans The Nation, en date du 15 septembre 2008. L’article concerne la position… 

On ne fait rien pour l’instant parce que «no one knows what to do»

Le sauvetage d’AIG par l’administration GW Bush, en bon français on dit : nationalisaton, répand à la fois l’incertitude et la colère dans les rangs de l’establishment washingtonien. Personne n’a rien vu venir, tout le monde s’interroge sur les conditions de l’intervention et les diverses responsabilités. Certains, chez les républicains, au Congrès, sont furieux de cette initiative, comme le rapporte CNN.News dans une analyse, ce 17 septembre : «Once again the Fed has put the taxpayers on the hook for billions of dollars to bail out an institution that put greed ahead of responsibility and used their good name to take risky bets that did… 

Rumeurs polonaises, ou un écho de la non-Guerre froide

Il y a beaucoup de réunions en ce moment dans les pays autour du front, c’est-à-dire les pays directement concernés par la crise géorgienne. C’est notamment le cas en Pologne. Les réunions, séminaires, etc., réunissent souvent des gens qu’on n’imagineraient pas voir ensemble selon les normes impliquées par nos vitupérations sur la nouvelle Guerre froide, en l’absence d’autres qu’on imaginerait au contraire très présents si l’on s’en tenait à la logique de ces mêmes vitupérations dont ils sont coutumiers. A partir de certaines confidences, plus chaleureuses que secrètes d’ailleurs puisque ces réunions ne charrient guère de secrets d’Etat, nous mentionnons quelques points sur les attitudes,… 

Panique chic à bord

Dans un sens très technique et avec mesure, avec la raideur et la sûreté de soi qui caractérise sa plume, le Financial Times nous dit, sans doute sans le vouloir ni le savoir, que le monde qu’il a tant servi, que l’esprit même de ce que Churchill nommait au début du XXème siècle l’anglo-saxonisme est en train de suivre la pente d’un effondrement peut-être fatal avec la courbe abyssale de Wall Street. Il prononce le décès d’une culture, d’une conception du monde où le terme de bien public n’avait plus aucun sens, où le culte de l’individualisme comme vertu cardinale, la puissance du profit comme… 

Hypothèse ukrainiennes: “coup d’Etat” pour “coup d’Etat”

La situation ukrainienne évolue rapidement vers la confusion, alors que la coalition au pouvoir a officiellement cessé d’exister (hier), mettant un terme, temporaire ou pas, à la difficile alliance reproduisant le schéma de la révolution orange. Les indications contradictoires ne manquent pas, entre la possibilité de nouvelles élections, la formation d’un gouvernement entre Timochenko et le parti des régions pro-russes, et le démenti d’une telle alliance assorti de la possibilité de reconstituer le bloc orange. Mais la plus intéressante des hypothèses concerne la possibilité d’actions extra-constitutionnelles. Au début septembre, le président pro-US et pro-OTAN Iouchtchenko avait dénoncé comme un coup d’Etat «constitutionnel et politique» les… 

Finalement, le verdict est assez simple : la Géorgie n’entrera pas dans l’OTAN

Il est bon que la réflexion puisse parfois prendre du champ pour retrouver des pensées simples et fortes, et fortes parce que simples. L’article de William Pfaff du 16 septembre pourrait être décrit comme un coup de poing sur la table. Il s’adresse à l’OTAN, après la comédie effectivement grotesque de la réunion de l’OTAN à Tbilissi du début de la semaine. Il demande à l’OTAN de cesser de jouer cette comédie d’une alliance rouleuse d’épaules, qui hausse le menton, qui prend des allures martiales et fronce les sourcils en désignant les Russes du doigt et en serrant contre elle l’excellent et héroïque Saakachvili. Une…