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Bloc-Notes

La Navy-Hamlet : “to get or not to get the JSF”

L’U.S. Navy est engagée dans un grand mélodrame, ou bien est-ce une tragédie shakespearienne, à propos du JSF. Elle entend bien n’être accusée en aucune façon d’entretenir contre le programme une vindicte quelconque. Elle place donc son problème au vu et au su de tout le monde, en ajoutant mezzo voce qu’il ne tient qu’au JSF de s’arranger pour satisfaire la Navy en suscitant pour lui-même un considérable effet de promotion, en accélérant son entrée en service. C’est ajouter le chantage à la calomnie. Le 7 avril (accès payant), Defense News nous présente le problème «The U.S. Navy is mulling proposals to bridge a strike… 

L’OTAN entre baby-sitting et infantilisme

Parmi les très nombreuses réactions sur le sommet de Bucarest, nous signalons une série de quatre sur le site de The National Interest du 4 avril. Successivement, Nikolas K. Gvosdev, Ted Galen Carpenter, Anatol Lieven et Charles A. Kupchan. Nikolas K. Gvosdev est plutôt optimiste (malgré des réserves) sur les résultats du sommet, concluant ceci: «[A]ll in all, a good summit meetingand an important step in revitalizing transatlantic ties». Cet optimisme retenu est tout de même un bel effort pour continuer à prendre au sérieux la politique occidentale. Il nous semble malheureusement peu convaincant et destiné à se perdre dans les futures frasques otaniennes. Kupchan… 

Le Danemark et la Norvège se regroupent pour envisager de dire “non” au JSF

Dans les années 1974-75 que nous avons bien connues, nous autres vénérables journalistes, des petits pays de l’OTAN s’étaient regroupés pour acheter ensemble un avion de combat. Ce fut le F-16, commandé conjointement par la Norvège, le Danemark, la Hollande et la Belgique (dans l’ordre, du Nord au Sud). Aujourd’hui, on assiste à l’ébauche d’un processus peut-être inverse. Deux de ces quatre pays, qui cherchent un successeur au F-16, la Norvège et le Danemark, se sont regroupés pour former plusieurs comités communs d’évaluation du JSF (des Cost Review Committees, ou CRCs), dans une procédure qui pourrait aboutir à un refus de commande du JSF alors… 

Lockheed Martin commence à s’intéresser à la réalité du JSF

Jusqu’ici, Lockheed Martin (LM) a tenu une position virtualiste impeccable sur le prix du JSF en affirmant que les données initiales (prix autour de $40-$45 millions l’exemplaire) seraient respectées. Pour la première fois, avec l’article de Defense News concernant la position du Danemark, signalé dans cette même rubrique aujourd’hui, une position officielle de LM admet que le prix du JSF sera sans doute plus élevé que prévu («The final unit price may be higher than originally quoted») Le passage en question, toujours débordant de confiance par ailleurs et expliquant que cette possible augmentation sera très largement compensée par les multiples vertus d’économie du fonctionnement de… 

Un phénomène impressionnant du complexe militaro-industriel: l’évolution des coûts des systèmes

Un des aspects les plus spectaculaires et aussi les plus mystérieux du complexe militaro-industriel (CMI) US, c’est l’évolution des coûts des armements depuis que le CMI est établi comme structure active et dominante de la vie politique et de la puissance US. C’est-à-dire que la référence de 1945 (ou 1941-45) peut être en général prise comme valeur extrême de départ de comparaison. Dans CounterPunch du 1er avril, Winslow T. Wheeler, du Center for Defense Information et ancien expert du Congrès pour les questions budgétaires de l’armement, publie un article sur cette question. Il donne une précision intéressante qui est le multiple officiellement mis au point… 

Brown, l’OTAN et Poutine (et Sarko-Merkel, éventuellement)

Les Britanniques sont face à un problème complexe. Brown est placé face à au moins trois exigences, qui peuvent paraître difficiles à concilier par les temps qui courent. Maintenir de bonnes relations avec les USA, comme toujours, relations spéciales qui ne le seraient plus tout à fait mais qui doivent tout de même le rester un peu… Tout faire pour conserver l’OTAN en bon état de marche. Cette préoccupation renvoie moins au lien avec les USA qu’au poids supplémentaire que l’OTAN, où ils sont formidablement implantés, donne aux Britanniques dans l’ensemble transatlantique. Rétablir des relations acceptables, tant du Royaume-Uni lui-même que de l’Europe, avec la… 

Description d’une crise à peine dissimulée par un sommet de l’OTAN

Le compte-rendu éclairé et bien informé des circonstances qui ont conduit au sommet de Bucarest se trouve notamment dans un texte du 4 avril du site WSWS.org. La description concerne particulièrement l’affrontement entre les USA et l’Allemagne sur la question de l’élargissement à l’Ukraine et à la Géorgie, et la défaite US. On lira ce texte comme complément bienvenu de notre F&C de ce jour. «At this week’s NATO summit in the Romanian capital of Bucharest, US President George W. Bush has faced concerted European opposition to his plans for a further eastward expansion of the alliance. Only a last minute compromise allowed the American… 

Questions sur une guerre à $3.000 milliards

Nous avons développé un intérêt particulier pour le lien négatif établi par Joseph Stiglitz et Linda Bilmes dans leur livre The Three Trillion Dollar War entre le coût de la guerre en Irak et la situation économique (crise) aux USA. Le site de McClatchy Newspapers a installé une rubrique Ask a Question entre le 1er et le 15 avril, ouverte à ses lecteurs pour des questions adressées à Stiglitz-Bilmes. Cette rubrique permet d’obtenir d’intéressantes précisions sur divers aspects du travail des deux économistes sur le coût de la guerre. Nous avons choisi trois questions et leurs réponses, en date du 4 avril, portant spécifiquement sur… 

Le Congrès et son train de sénateur

Plusieurs articles ou analyses attirent notre attention sur une étude qui vient d’être publiée, le 3 avril, par CapitalEye, la Lettre d’information du Center for Responsive Politics, sur les intérêts des parlementaires US dans les industries de défense. L’étude est présentée notamment par AP, par l’International Herald Tribune du 3 avril, et commentée également par Justin Raimondo, sur Antiwar.com ce 4 avril. Le texte texte original présentant le rapport met en évidence plusieurs points intéressants: les investissements (actions) des parlementaires dans les industries de défense et leurs satellites (volume totale de $195,5 millions); la position des démocrates, qu’on a tendance à percevoir comme anti-guerres, surpassant… 

Un moral de circonstance

Depuis le début des années 1990, le New York Times et CBS News se sont réunis pour sonder régulièrement le moral des citoyens des USA quant à l’orientation suivie par le pays, notamment en matière économique. (Cette initiative avait été prise pour l’intérêt de mesurer ce facteur psychologique, alors qu’une crise sévère touchait les USA après le crash boursier de 1987.) L’édition 2008 vient d’être rendue publique et pulvérise tous les records malheureux. L’article d’aujourd’hui du New York Times qui nous informe là-dessus annonce que 81% des Américains estiment que le pays est dans la mauvaise voie (on the wrong track) Peut-être encore plus significatif… 

Subrepticement, les anti-missiles de Bucarest

Le volumineux texte qui couronne le sommet de l’OTAN de Bucarest contient un article sur les anti-missiles. Il s’agit de l’article 37 du communiqué final. Voici la chose. «37. La prolifération des missiles balistiques représente une menace croissante pour les forces, le territoire, et la population des pays de l’Alliance. La défense antimissile s’inscrit dans le cadre d’une réponse plus large visant à contrer cette menace. Nous reconnaissons donc la contribution substantielle que le projet d’implantation en Europe de moyens de défense antimissile des états-Unis apporte à la protection des Alliés contre les missiles balistiques à longue portée. Nous analysons actuellement les moyens d’associer cette… 

L’OTAN, comme monstre bureaucratique auto-suffisant

Cette très rapide analyse de l’OTAN dans le contexte évasif du sommet de Bucarest, de Alexander Khramchikhin, chef des analyses à l’Institut des Analyses Politiques et Militaires de Moscou, est très intéressante d’abord par son introduction. En quelques phrases, elle résume bien l’actuelle position, l’actuelle irréalité stratégique et militaire complète de l’OTAN, qui poursuit une évolution conforme à ses seules normes et à ses seuls impératifs. Cette analyse est reproduite dans une dépêche reprise par UPI le 2 avril. Le début suffit à notre bonheur. «NATO is expected to open its doors to Croatia, Macedonia and Albania at its summit this week in Bucharest, Romania.… 

La marche vers l’Est : une stratégie neocon-McCain (+ Lockheed Martin) pour former une Mafia nommée OTAN

A quoi correspond cette poussée vers l’Est, nettement anti-russe, de l’OTAN? Certains parlent d’un legs de GW Bush pour sa présidence, ce qui ne mange pas de pain vu les miettes éparses de la chose. Il faut bien dire quelque chose qui sonne bien aux plumes des correspondants de presse. Justin Raimondo développe aujourd’hui, sur Antiwar.com, une thèse un peu plus élaborée, où il voit dans cette stratégie une stratégie préparatrice d’une présidence McCain (en cas de victoire du candidat républicain). On sait déjà la russophobie intense de McCain, dont l’une des premières propositions de pacification des rapports USA-Europe serait d’exclure la Russie du G-8… 

Mais qu’allaient-ils donc faire à Bassorah?

La crise à allure de quasi-guerre civile de Bassorah (puis dans d’autres points en Irak), commencée le 25 mars, s’est achevée, dans tous les cas temporairement, le week-end dernier. La crise s’avère être une victoire substantielle de celui qu’on jugeait pouvoir liquider rapidement, le chiite radical Al Sadr, et s’achève sur une interruption des combats négociés par les Iraniens. Pendant ce temps, le gouvernement régulier irakien, secondé par la fameuse coalition, a vu s’écrouler tous ses espoirs de régler rapidement la question, après avoir obtenu un soutien emphatique du président des Etats-Unis. Il y a dans ces événements une sorte d’archétype des erreurs et de… 

L’Afghanistan et le “parler vrai” on/off the record

On parle assez tristement en ce moment des perspectives que nous ménage l’Afghanistan. Le vénérable Frank Carlucci, vieux routier de la CIA des années congolaises (circa 1960, autour de la liquidation de Lumumba) reconverti dans le conglomérat Carlyle, ou ce qu’il en reste, s’est exclamé en martelant ses mots d’un dentier allègre: «Je me fous que cela prenne encore 10 ou 20 ans, mais nous ne pouvons nous permettre de laisser tomber l’Afghanistan», sous-entendu mais dit explicitement: parce que l’OTAN y laisserait sa peau. C’est Arnaud de Borchgrave qui nous en instruit, à partir d’un séminaire auquel il a assisté, dans une analyse pour UPI… 

Face à la crise systémique, le conformisme systémique imposé par le virtualisme

La vigueur initiale de la campagne présidentielle US s’abîme de façon régulière dans une confusion partisane. Du côté démocrate, c’est un affrontement fratricide entre Clinton et Obama, qui porte essentiellement sur des sujets de polémique évitant systématiquement la substance des problèmes innombrables qui affectent les USA. Du côté républicain, McCain navigue à partir de positions personnelles qui sont suspectées par une partie importante de l’électorat républicain, pour tenter de rassembler cet électorat, selon des programmes fourre-tout où l’extrémisme conformiste de sécurité nationale côtoie l’alignement également conformiste sur les lignes classiques du parti. Un point d’une particulière importance, dont nous avons tous les jours l’écho bruyant,… 

Le “modèle britannique” qui nous séduit tant, décrit par un historien des idées, – ou l’extrême de notre crise identitaire

A Londres, le président Sarkozy, qui n’en est pas à une contorsions du langage et de l’idée près, a célébré l’entente formidable (Sarko-Gordon Brown) en célébrant le modèle britannique dont il a affirmé qu’il était un de ses guides et un de ses objectifs. Parallèlement à sa visite mais certainement sans intention de nuire, The Spectator publie le 26 mars un essai de l’auteur de théâtre et l’historien des idées David Selbourne, décrivant l’état de crise profonde où se trouve plongé le Royaume-Uni, le modèle britannique en question. En fait, Selbourne dépeint la crise des démocraties occidentales et du système libéral, dont effectivement le Royaume-Uni… 

Candide et la crise

L’un dans l’autre, sur quelque sujet que ce soit, Tom Engelhardt, sur son site TomDispatch.com, nous présente une vue des choses singulière de bon sens, que ce soit par ses propres textes ou en commentaire d’introduction de ses invités, eux-mêmes toujours d’excellent niveau. Ce commentateur met en évidence combien l’existence des réseaux d’information et de commentaire d’Internet constitue aujourd’hui un apport vital pour la compréhension du monde Voici donc la vision de la crise économique US par Tom Engelhardt, le regard de Candide. On la trouve sur son site, à la date du 27 mars. «No one was prepared for the storm when it hit.… 

La trêve est finie, le pire a triomphé

Depuis trois jours, un nouveau courant de violence se répand en Irak, ajoutant une nouvelle dimension à cette guerre. Pour William S. Lind, le 27 mars sur SpaceWar.News (UPI), c’est la fin de la trêve (lull) «Most wars move not at a steady pace but in a series of fits and starts. For about half a year, we have been enjoying something of a lull in the war in Iraq. Anything that reduces casualties is to be welcomed. But the bulletins’ claims that the downward trend in violence will continue should be seen more as political vaporing than military analysis. Events begin to suggest that… 

Les douceurs de GW pour Sarko, son presque-“meilleur allié”

La France meilleure alliée des USA? La possible Grande Nouvelle a encore été évoquée dans une interview de GW Bush par le Times de Londres, dans un article publié aujourd’hui. La chose était évoquée en même temps que la question de savoir si l’Angleterre est encore ou n’est plus l’alliée au traitement privilégié qu’elle avait coutume d’être. Grande interrogation à ce propos. Le débat, grotesque comme tout ce qu’il y a autour de cette question d’image de communication sans la moindre substance (sinon les liens de servilité automatiques des Britanniques vis-à-vis des USA établis du temps de la Deuxième Guerre mondiale et de la Guerre… 

Enfin! Qu’est-ce que les Iraniens attendent pour nous aider avant qu’on les bombarde?

Le cloisonnement des procédures, des jugements, des intérêts et fondamentalement des psychologies, est un phénomène avec des effets quotidiens, dans le côtoiement et les rapports logiques des nouvelles, des plus intéressants. Il s’agit de nos amis US, de loin les plus performants dans ce sport du cloisonnement qui représente finalement l’aspect bureaucratique de l’irresponsabilité de la psychologie américaniste. Dans une dépêche AFP relayée par RAW Story le 26 mars, on apprend que le porte-parole des forces armées US à Bagdad adorerait que les Iraniens, enfin conscient de leur statut international respectable et respecté de tous, de leur position internationalement reconnu comme chacun sait puisqu’ils ont… 

Ainsi ce jour fut-il le jour de la Fin des Temps

Les commentaires de plus en plus affirmatifs se multiplient désormais, pour nous dire l’Histoire telle que nous l’avons vue se dérouler sous nos yeux. Il s’agit précisément de ce 14 mars 2008, le jour où Bernanke mit la main à la poche pour sauver Bear Stearns et marquer la fin de l’illusion capitaliste et libre-échangiste d’un monde sans régulation, sans interventionnisme, sans chose publique pour empêcher le marché de tourner en rond, seul, sans entrave ni interférence. Ainsi en est-il, d’une façon assez solennelle, du prestigieux commentateur Martin Wolf, du Financial Times, dans cet article du 25 mars, qui écrit effectivement comme un historien entamant… 

La jubilation de l’idéologue qui vous l’avait bien dit

Revenons-en à notre ami Gerard Baker, du Times, grand connaisseur de l’Amérique, des affaires économiques et des vertus capitalistiques, du libre-échange et du marché qui se débrouille tout seul. Grand admirateur de tout cela, également. Baker jubile, ce 25 mars, parce qu’il est positivement admiratif de l’action de la Fed (rachat de Bear Sterans, par JP Morgan interposé, par filouterie interposée d’actions incroyablement dévaluées et depuis réévaluées, et d’une ligne de crédit de $30 milliards de bel et bon argent du contribuable). Pour Baker, qui exulte, l’action de la Fed paraît presque churchillienne. En voilà des qui ont des cojones, ce n’est pas comme les… 

Le choix du KC-45 de l’USAF et la base industrielle US

La critique contre le choix (Northrop Grumman et EADS) de l’USAF pour son programme KC-45 se précise et devient plus sophistiquée. Un exemple de cette évolution se trouve dans l’analyse de Martin Sieff pour UPI, du 24 mars. L’intérêt de cette analyse est qu’elle déborde largement la question du programme KC-45, voire de Boeing versus Northrtop Grumman/EADS, pour embrasser la question plus fondamentale de la base industrielle US. Sieff démarre d’un argument favorable au choix fait par l’USAF, selon lequel il ne serait pas mauvais que les Européens, ces grands alliés naturels des USA, aient eux aussi des capacités de production de systèmes stratégiques globaux.…