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Bloc-Notes

Le verrou polonais va-t-il sauter?

La nouvelle majorité en Pologne va certainement introduire de notables changements dans divers domaines, dont ceux de la sécurité nationale et de politique extérieure. Ce devrait être le cas notamment pour les relations de la Pologne avec la Russie, que le prochain nouveau gouvernement polonais devrait tenter d’améliorer; même ambition symétrique, d’autre part, pour les relations de la Pologne avec l’Allemagne et, d’une façon plus générale, les relations de la Pologne avec les autres pays de l’UE. Des sources européennes estiment que ces deux ambitions pourraient se marier d’une façon constructive et avantageuse pour la Pologne, en renversant la politique des jumeaux Kaczynski: au lieu… 

Contrastes, USA…

Il est difficile de trouver coïncidence (?) plus appropriée, qu’entre le discours d’un Cheney quasiment hallucinée, dimanche, et l’interview du président du comité des chefs d’état-major (Joint Chief of Staff), l’amiral Mullen qui vient de prendre ses fonctions. Cheney, qu’on pourrait décrire avec des éclairs dans les yeux, semble effectivement sur le bord de l’apoplexie à l’idée de pouvoir attaquer l’Iran. Mullen, lui, freine comme font tous les gens au Pentagone, du secrétaire à la défense Gates aux divers amiraux et généraux. Jim Lobe rapporte et décrit, aujourd’hui, l’intervention de Cheney, qui représente un sommet de l’offensive rhétorique de l’administration (It’s rhetoric, stupid, selon GW).… 

A la poursuite de l’imbroglio des anti-missiles en Europe (BMDE) augmenté (notamment) de l’Iran et du Kosovo

La question des anti-missiles US en Europe, ABM pour les Russes, désormais BMDE (Ballistic Missile Defense in Europe) pour les USA, devient une étrange charade liée à l’imbroglio du pouvoir à Washington, avec l’aide d’une éventuelle habileté russe et l’enthousiasme éventuellement soulagé des Européens. On a déjà eu des échos d’une première péripétie, où Washington-USA démentait brutalement Bruxelles-USA, en démentant d’une façon indirecte assez brutale les propos du secrétaire d’Etat adjoint aux affaires européennes Freid. Mais l’on constate la présence depuis samedi, sur le site de l’International Herald Tribune, d’un texte de Judy Dempsey datant du 20 octobre (donc, après les démentis), reprenant toute l’affaire… 

De la “politique profonde” et du COG

La question du secret, de l’illégalité, du clandestin, constitue dans le cas des USA un problème fascinant. Pour tenter de bien apprécier le phénomène et ne pas verser dans des explications fictives sinon fictionnelles qui risquent de discréditer l’ensemble de la démarche, il est absolument nécessaire de se munir d’yeux différents de ceux que nous utilisons pour observer les affaires européennes. Hier, nous parlions de la question du COG (« Continuity Of Government« ), de la « deep politics » selon l’historien Peter Dale Scott. Nous nous référions également à un article de James Mann dans The Atlantic Monthly. Pour plus de facilité, nous mettons cet article en ligne… 

Et six ans après, la catastrophe continue…

Tout de même, lire cet avis dit par le général britannique qui fut en charge de la préparation et de la planification de l’après-guerre en Irak, en coordination constante avec les Américains :«There is still no coherent national campaign plan for the so-called global war on terror which is, after all, where this all started, nor seemingly sufficient resources overall to have any real effect.» Cela nous est dit aujourd’hui, 21 octobre 2007, alors que cette guerre, leur guerre, la Longue Guerre, le choc des civilisations est commencée depuis six ans. Ils n’ont toujours pas de plan pour cette guerre. Ils n’ont pas assez de… 

Hillary et le dilemme démocrate

Personne ne met en cause, à Washington D.C., le destin de Hillary Clinton, promise à la désignation démocrate, promise à la victoire en novembre 2008. Pour les démocrates sérieux, pour les caciques du parti, pour les commentateurs informés, pour les milieux politiques en général, Hillary est inévitable. Cela rend d’autant plus aigu le problème de ce qu’on nommerait son impopularité paradoxale, et du problème qui est posé au parti démocrate. Ce qu’écrivait Time Magazine il y a un peu plus d’un an reste valable: «The prospect of a Hillary for President campaign has put much of the Democratic establishment in a bind. The early line… 

Mystères de la “politique profonde” et du COG

Bien plus que 9/11 et ce qui a suivi 9/11, le domaine historique américaniste le plus intéressant à explorer est la tendance, – structurelle, semble-t-il, – qui se développa au sein de la direction américaniste à partir du début des années 1980 et façonna la structure de cette direction pour lui permettre de se transformer comme elle l’a fait à partir du 11 septembre 2001. Il ne s’agit certainement pas d’un événement à court terme, ni d’un événement à réduire aux jacasseries publicitaires des néo-conservateurs depuis 1992 (Wolfowitz et son plan d’hégémonie mondiale) et 1996 (mise en place du groupe dit New American Century« ). La… 

L’assassinat réussi de POTUS le 19 octobre 2007

Nous avons vu hier le documentaire-fiction du Britannique Gabriel Range, Death of a President, sur la chaîne belge Be TV. Il s’agit d’une fiction sur l’assassinat du président des Etats-Unis (POTUS, ou President Of The United States) George Walker Bush, le 19 octobre 2007 à Chicago. Le document a été réalisé en 2006, avec des documents d’archives, des montages, mélange de personnages vrais dans d’autres situations et d’acteurs. En général, l’accueil aux USA a été gêné ou indigné, et un boycott partiel a été organisé. Après avoir reçu un prix au festival de Toronto en septembre 2006, le document a été présenté plutôt d’une façon… 

Pour mémoire, la chronique des contacts USA-Iran depuis 15 ans

Dans la querelle USA-Iran, il est bon d’avoir à l’esprit, ou disons en mémoire, les relations entre les USA et l’Iran de ces 10-15 dernières années. Depuis la fin de l’administration Bush-père (très partisane d’un dialogue), c’est une suite ininterrompue de rebuffades, d’erreurs, d’inattentions, essentiellement US vis-à-vis des Iraniens. On retrouve dans l’approche favorisée aussi bien par l’administration Clinton que par l’administration Bush-fils, la propension US à ne tenir aucun compte de la souveraineté nationale des autres en décrétant par avance qui, dans une direction étrangère, est digne d’être consulté et qui ne l’est pas. Nous empruntons à une chronique de Steve Clemons, sur son… 

En rhétorique, je vous le dis, ce sera la World War III

Le 6 octobre dernier, Seymour Hersh avait un entretien-conférence avec son rédacteur en chef du New Yorker au cours de festivités organisées par cette fameuse publication new-yorkaise. La discussion roulait sur les questions de sécurité nationale, l’Iran, Bush bien entendu. C’est à propos du président que Hersh fit une remarque intéressante. Pour lui, Bush n’utilise pas les mots selon leurs sens précis et dans toutes leurs implications mais comme un moyen commode (a convenient mean) pour des buts divers, un bon mot ou une plaisanterie, terminer plus rapidement une phrase dont on ignore où elle vous mène, éviter une question à une conférence de presse,… 

Hésitations et contradictions US dans la crise des anti-missiles en Europe qui se mélange à la crise iranienne

Mercredi à Bruxelles, à l’OTAN, le secrétaire d’Etat adjoint US pour les affaires européennes Fried avait laissé entendre que les USA pourraient revoir leur plan de déploiement d’anti-missiles US (ABM) en Europe si l’Iran abandonnait ses projets de nucléaire militaire (ses projets d’enrichissement d’uranium). Hier, démenti: on avait mal compris Fried, semble-t-il Mais démenti complet? Il est possible, mais pas du tout clarifié, que le démenti aille même au-delà, jusqu’à une offre que Gates et Rice (ou Gates sans Rice?) aurait faite à Poutine. Curieuse cacophonie. Mercredi, Fried disait, selon une dépèche AFP du 18 octobre qui nous résume toute l’affaire: «The shield is intended… 

Bienvenu, 9/11

La chronique de la confirmation de l’opportunité de l’attaque du 11 septembre 2001 ne cesse de se renforcer. C’est le cas ici, avec les déclarations d’un spécialiste de droit constitutionnel au-dessus de tout soupçon, le professeur Turley, de l’université Georges Washington. Il était interrogé le 15 octobre, lors de l’émission Countdown Monday, du redoutable (pour l’équipe Bush) Keith Olbermann, de CNBC. RAW Story rapporte la chose le 16 octobre. »This administration was seeking a massive expansion of presidential power and national security powers before 9/11. 9/11 was highly convenient in that case, George Washington University law professor Jonathan Turley told Keith Olbermann on Countdown Monday… 

Gates et sa forte différence

Plus que jamais, le secrétaire à la défense Robert Gates apparaît comme la force principale de modération au sein de l’administration GW. Jim Lobe rapporte et commente, le 17 octobre, la performance de Robert Gates devant le JINSA (Jewish Institute for National Security Affairs), l’organisation juive US la plus proche des néo-conservateurs, qualifiée justement par Lobe de ultra-hawkish. Gates était invité par le JINSA et a parlé de la situation au Moyen-Orient, particulièrement de l’Iran. Lobe analyse le discours en fonction de l’audience et trouve toutes les raisons de confirmer l’approche modérée de Gates sur ces questions. L’analyse est précise, assez fine, répondant à une… 

Popularité de Ron Paul, l’homme qui “ne joue pas le jeu”

La chaîne TV CNBC avait organisé un sondage auprès de ses téléspectateurs après le débat du 9 octobre entre les candidats républicains. Le présentateur John Harwood a expliqué les circonstances d’un incident intéressant à l’ancien parlementaire (Chambre des Représentants) Joe Scarborough, le 16 octobre (selon RAW Story du 16 octobre). Le sondage marqua une formidable supériorité de Ron Paul, à tel point que cela parut suspect et qu’on décida d’interrompre l’opération. Harwood : «Ron Paul dominated the debate, and some of my colleagues at CNBC thought that there was something wrong with that and they took the poll down. I want to tell you, my… 

…Et panique face à la “menace Ron Paul”

A partir de la même circonstance (commentaires de Harwood avec l’ancien parlementaire Joe Scarborough sur un sondage favorable à Ron Paul dans un émission CNBC) que nous avons signalée plus haut, nous détachons un extrait (la conclusion) de la dépêche RAW Story qui en rend compte, qui nous paraît intéressant d’une manière spécifique. Le dernier paragraphe nous dit ceci: «Scarborough further noted that if Paul were to run for president as an independent, it would be really bad news for the Republicans. He then seemed to think better of his earlier remark about Paul’s colleagues considering him crazy, concluding, He’s an extremely impressive man, he’s… 

Poutine à Téhéran: la Russie maître du jeu

La visite de Poutine à Téhéran, pour une réunion des pays de la Caspienne, a montré combien la Russie domine aujourd’hui la crise iranienne (voir notre F&C du 19 septembre). Poutine maîtrise parfaitement le jeu de la Russie. Cette expression est employée ici comme une analogie de l’expression le jeu de la France employée par Philippe de Saint-Robert pour décrire la diplomatie gaulliste; elle montre combien c’est la Russie qui a aujourd’hui une diplomatie gaullienne, pas la France qui préfère l’inspiration nourrie aux cocktails de Saint-Germain-des-Près de son ministre des affaires étrangères. Poutine a déclaré nettement qu’une opération militaire contre l’Iran était inacceptable. L’avertissement s’adresse… 

On (Poutine) en parle: changement US possible sur les anti-missiles

Lors du retour de la délégation US de Moscou, après les conversations sur les anti-missiles US en Europe, des rumeurs laissaient entendre la possibilité d’un gel du processus de déploiement des anti-missiles US. A Téhéran, le 16 octobre (selon Novosti), le président russe a laissé entendre, à son tour, qu’il semblait se passer quelque chose du côté US. «Nos récents contacts avec nos partenaires américains montrent qu’une certaine modification de leurs vues est également possible, nous poursuivrons notre dialogue, a indiqué le président russe dans un entretien accordé aux journalistes iraniens. »D’après le président russe, le dialogue avec les partenaires américains et européens avance avec… 

Ça grogne dans les rangs et l’on parle de coup d’Etat à Fort Leavenworth

Le malaise des militaires US est aujourd’hui une rubrique majeure de la crise générale de l’américanisme. On ne s’en cache plus et le virus touche désormais les rangs intermédiaires du corps des officiers de l’U.S. Army. Ainsi en apparaît-il à la lecture d’un excellent article du New York Times du 14 octobre. Il s’agit d’une visite à Fort Leavenworth, où se trouve l’Ecole du Corps des Officiers de l’U.S. Army. Si tout est intéressant dans cet article, on s’arrêtera surtout à ce fait prodigieux pour qui connaît l’état d’esprit formaliste de l’armée US d’une discussion à propos de la possibilité pour les généraux de bloquer… 

Mon Dieu, mon Dieu, que faire, que faire de notre victoire de destruction massive?

Plaignez donc les pauvres généraux US en Irak, et aussi les services de communication de la Maison-Blanche et tout le reste, America the Beautiful, Wall Street et American Dream, Hollywood et John Wayne. Bon, c’est sûr, la victoire est acquise en Irak; étourdissante, achevée, complète Al Qaida est volatilisé (quoique, certains pondèrent la chose, incroyablement modestes et réalistes: non non, Al Qaida est démoli à 60%-70%, n’exagérons rien, ah, les braves gens, ce souci de la précision, cette humilité dans le décompte). C’est ce que nous raconte, parce que nous avons été bien sages, le Daily Telegraph du jour, dans un contexte qui décrit les… 

La politique russe de l’Allemagne: le vide, comme partout à l’Ouest

L’Allemagne connaît aujourd’hui de délicats problèmes en matière de politique extérieure, mais plutôt d’une façon exemplaire de la position occidentale en général que spécifiquement. Après l’Afghanistan, voyons les rapports avec la Russie, au moment où, aujourd’hui, Merkel rencontre Poutine. Les mêmes caractères apparaissent: une paralysie complète entre des exigences contradictoires, avec, notamment, le mélange des nécessités stratégiques et l’arrogance occidentale en matière de politique moralisatrice (droits de l’homme, démocratie et tout le toutim). Un article de l’International Herald Tribune nous fait aujourd’hui un tableau consternant de la chose. «As Chancellor Angela Merkel of Germany and President Vladimir Putin of Russia hold official talks Monday in… 

Suite des contradictions allemandes avec, en ligne de mire, la perspective du Kosovo

Il s’agit un peu d’une saison allemande, d’un inventaire de politique extérieure, qui nous vaut de poursuivre le tableau des contradictions paralysantes de la politique extérieure de l’Allemagne. En plus de l’Afghanistan et de la paralysie de sa politique russe, l’Allemagne dispose d’autres domaines marqués des mêmes caractères consternants. La question des anti-missiles abordée par les USA et la Russie il y a trois jours ne cesse d’embarrasser les Allemands. Alors qu’ils voient leur politique russe bloquée, et la solidarité occidentale basée sur la moralisation du type droits de l’homme les obliger à suivre en général les vagues consignes washingtoniennes, ils se trouvent en désaccord… 

Comment, avec l’aide de son âme, Poutine, ancien “brillant officier du KGB”, avait réussi à “retourner” GW…

L’activité est grande, aujourd’hui, dans les centres d’analyse occidentaux, pour déterminer ce qui n’a pas marché avec Poutine. (Puisqu’il s’avère, à vrai dire, que la politique occidentale vis-à-vis de Poutine n’est pas une réussite.) En marge de leur visite moscovite, les Américains se sont activés à faire le compte. Triste décompte. On a une bonne analyse de ce débat dans une dépêche de McClatchy Newspapers, en date du 12 octobre ; une analyse qui, nous dit-on, reflète bien le courant auto-critique qui parcourt actuellement les milieux de sécurité nationale de Washington. Le rapport McClatchy Newspapers est intéressant parce qu’il nous expose les modalités des erreurs… 

Méandres washingtoniens de la crise Turquie-USA

La crise actuelle entre la Turquie et les USA est certainement d’une grande importance, mais pas nécessairement quelques-unes de ses causes. Certains ont pu s’interroger, notamment, à propos de l’intervention du Congrès dans l’affaire arménienne, au plus mauvais moment possible pour le déroulement de cette crise. Sur son site Informed Comment, Juan Cole donne, le 12 octobre, une analyse détaillée de la crise qu’on peut consulter avec profit. Juan Cole est un excellent spécialiste des questions politiques et stratégiqsues du Moyen-Orient, d’autant plus intéressant qu’il n’est pas lié à un des réseaux d’expertise de Washington. Quant à l’aspect le plus intrigant et le plus polémique,… 

Le maillon faible de l’Alliance neocon en Afghanistan

Il semble qu’il faille prendre très au sérieux la question de la présence allemande en Afghanistan. La prolongation d’un an du stationnement du contingent allemand en Afghanistan, au sein de l’ISAF, a été votée le 12 octobre par le Bundestag. Ce vote ne témoigne en rien de la situation réelle. La situation intérieure de la politique d’engagement allemand en Afghanistan est de plus en plus précaire. Un article de l’hebdomadaire néo-conservateur Weekly Standard de ce même 12 octobre est un signe révélateur. Il est écrit par Ulf Gartzke, collaborateur du journal, expert et économiste de la Hanns-Seidel-Foundation, et homme de liaison entre la CSU d’Angela…