Aller au contenu

Bloc-Notes

La Hollande, le JSF et la signature du MoU

Aujourd’hui 14 novembre, le DMO (Directeur de l’Armement néerlandais) devrait signer le MoU du deuxième palier de l’engagement dans le JSF (MoU dit Production Sustainment and Follow-on Development [PSFD]). C’est ce que rapporte la Lettre d’Information TTU en date du 8 novembre 2006. Le texte reste néanmoins très prudent, comme il convient, signalant que cette prudence elle-même est le reflet de l’attitude officielle néerlandaise. «Ce MoU devrait permettre […] Devrait seulement car, de l’aveu même d’un porte-parole du min.def’, les élections générales du 22 novembre pourraient bousculer la donne, si le succès attendu d’une coalition centre-gauche alliée au PVDA (socialiste) se confirmait. Ces partis ont… La Hollande, le JSF et la signature du MoU

Une évaluation du coût global du système anti-missiles US

Le centre d’étude CDI (Center for Defense Information) a calculé à partir des projections du Congressional Budget Office (CBO) les perspectives de coût du réseau anti-missiles US. Actuellement, ce coût (comprenant certains composants qui ne sont pas repris dans le programme spécifique) est évalué autour de $10 milliards par an. Utilisant les données du CBO, le CDI estime qu’il atteindra $15 à $18 milliards par an en 2016, année du sommet de l’activité budgétaire du programme. «In a new report by the Congressional Budget Office (CBO) that looks at military spending between now and 2024, total investment costs for missile defense are expected to hit… Une évaluation du coût global du système anti-missiles US

Un conseil : n’espérez pas trop des démocrates sur le commerce et la crise climatique

Le chef des services économiques du Guardian, Larry Elliott, publie un article des plus intéressants dans les éditions de ce jour du quotidien. Elliott s’élève contre les espoirs soulevés en Europe par l’arrivée d’une majorité démocrate au Congrès, notamment dans deux domaines : Le commerce, et notamment les négociations multilatérales du Doha Round. On espérerait que l’arrivée des démocrates débloquerait indirectement et a contrario (en convainquant Bush de faire immédiatement des concessions pour aboutir à un accord, avant l’installation du nouveau Congrès) ces négociations, ce qui empêcherait le blocage de la globalisation. Les démocrates seraient perçus comme beaucoup plus favorables à la protection de l’environnement… Un conseil : n’espérez pas trop des démocrates sur le commerce et la crise climatique

Iran : comment stopper l’attaque ?

Les élections du 7 novembre bouleversent nombre des données sur les problèmes et crises qui secouent Washington depuis le 11 septembre 2001. L’une des questions dont personne ne parle beaucoup, qui est pourtant l’une des plus importantes : peut-il y avoir encore une attaque contre l’Iran ? Daniel Ellsberg, fameux au début des années 1970 pour avoir rendu public l’énorme dossier sur la guerre du Viet-nâm (The Pentagon Papers) est persuadé que le risque existe. Interviewé par Amy Goodman, de Democracy Now!, le 10 novembre, Ellsberg s’explique après que Amy Goodman ait exposé l’hypothèse d’une procédure d’impeachment contre le couple Bush-Cheney : «AMY GOODMAN: We’re… Iran : comment stopper l’attaque ?

… Mais ne pas oublier Hillary Hawk et les démocrates bellicistes

Après avoir lu l’éventuelle tactique que pourraient utiliser des adversaires d’une possible attaque contre l’Iran, d’après les propositions de Daniel Ellsberg, il faut ajouter un aspect important qui est le comportement des démocrates. Ellsberg ne dissimule d’ailleurs pas, sans l’aborder vraiment, le fait qu’il n’est nullement assuré que les démocrates soient hostiles à une attaque. Hier, dans un article déjà évoqué ici, William Pfaff termine sa réflexion où il note l’hostilité des Européens à la politique américaniste en observant ceci : «But the distrust seems mutual, even in unexpected places. Senator Hillary Rodham Clinton now is attacking President George W. Bush for outsourcing American Iran… … Mais ne pas oublier Hillary Hawk et les démocrates bellicistes

Les élections du 7 novembre ont posé crûment l’énorme problème des présidentielles de 2008

On trouve une très complète analyse des résultats des élections du 7 novembre, avec une approche très critique de la position de l’establishment, sur le site WSWS.org ce 11 novembre. L’extrait ci-dessous montre bien l’extraordinaire différence de sentiment sur la guerre en Irak entre les électeurs et les élus, particulièrement entre les électeurs et les démocrates qui sont censés représenter et exprimer ce sentiment au travers de leur victoire. «Exit polling on election day confirmed that the central issue in the minds of voters was the war in Iraq, which is opposed by sizeable majorities in every region of the country. Public opinion is far… Les élections du 7 novembre ont posé crûment l’énorme problème des présidentielles de 2008

Sarkozy, le discours de Saint-Etienne et le problème des présidentielles de 2007

Il y a étrangement une certaine similitude entre les présidentielles françaises de 2007 et les présidentielles de 2008 Etrangement, non ; logiquement plutôt. Et, pour cette fois et contrairement à la légende tenace, les Français sont en avance sur les Américains. Cette similitude est dans la contradiction évoquée plus haut pour les Américains. La contradiction n’a rien d’original puisqu’elle oppose électeurs et candidats sur un sujet fondamental. L’originalité est dans la clarté de l’exposé du problème, avec cette opposition clairement identifiable et placée au centre de la tactique électorale. Le discours de Saint-Etienne de Nicolas Sarkozy, le 9 novembre, illustre cette situation. Selon la recension… Sarkozy, le discours de Saint-Etienne et le problème des présidentielles de 2007

Comment les chiffres nous disent l’extrême vertu démocratique et pro-américaniste de la Commission européenne

Avec l’arrivée de Barroso, la Commission européenne est devenue virtuose du langage de la vertu. L’amour de la commission Barroso pour la démocratie est quelque chose qui laisse pantois, et nous rassure certes ; son amour, également pour l’accord entre les institutions et le public, conséquence de la passion précédente, est une des autres préoccupations affectives et intellectuelles de la Commission Barroso, et un autre motif d’espérance pour nos âmes trop souvent désorientées. Par conséquent, l’article de William Pfaff, ce matin dans l’International Herald Tribune, doit nous préoccuper grandement. Parce que Pfaff est une source de très grande qualité et puis parce que, en l’occurrence,… Comment les chiffres nous disent l’extrême vertu démocratique et pro-américaniste de la Commission européenne

Bolton, bye bye

L’étonnant et exotique John Bolton, survivant de la race en voie d’extinction des néo-conservateurs, actuel ci-devant ambassadeur des USA aux Nations-Unies, a toutes les chances (?) de devoir quitter son poste au 1er janvier 2007. Le Congrès démocrate (janvier 2007) n’en veut pas et les démocrates feront tout pour bloquer sa confirmation d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, même les républicains ne sont pas unanimement pour sa confirmation. Ainsi que le note The Independent : «The beleaguered George Bush looks certain to lose another senior appointment his controversial envoy to the United Nations, John Bolton. »The administration’s only real hope of reconfirming Ambassador Bolton… Bolton, bye bye

Non, vraiment, 2006 n’est pas 1994

Le tsunami démocrate de 2006 interrompt une période de domination républicaine du Congrès. Cette domination avait commencé avec les élections mid-term de 1994, qui virent à l’inverse un tsunami républicain. Nous voulons mettre en évidence la différence extraordinaire de climat. Au contraire de la pièce que jouent les démocrates 2006, en 1994 les républicains firent la conquête du Congrès en affirmant un esprit absolu de conquête : Vae Victis. Les Républicains, menés par Gingrich (Speaker élu de la Chambre), affirmèrent aussitôt leur intention de se battre impitoyablement contre Clinton, de tenter de le détruire. C’était le contraire exact d’un bipartisme renouvelé affirmé depuis le 8… Non, vraiment, 2006 n’est pas 1994

Un “nouveau départ” — vers quoi ?

La nomination de Robert Gates à la place de Donald Rumsfeld au Pentagone est présentée comme un nouveau départ, a fresh start, ou encore a fresh perspective. Tout le monde s’accorde là-dessus, semble-t-il, et cela est considéré comme très rafraîchissant. Mais départ vers où? Perspectives de quoi ? Le sens commun, notamment des Européens si prompts à prendre leurs désirs américains pour des réalités américanistes, semble dire : vers un désengagement, un ralentissement de la guerre. Le site WSWS.org, dans une excellente analyse de cette crise née le 7 novembre, cite longuement l’accueil fait à la nomination de Gates par certains leaders du Congrès. Le… Un “nouveau départ” — vers quoi ?

La Hollande, le JSF et le 22 novembre

On connaît le cas hollandais dans la question du programme JSF : un gouvernement minoritaire pressé de signer le MoU que propose Lockheed Martin, des élections le 22 novembre et une Cour des Comptes hollandaise qui vient d’avertir que le programme JSF est hautement incertain. L’intention du gouvernement est, ou était c’est selon, de signer le MoU dans l’urgence vu son importance mais comme s’il s’agissait d’une affaire courante (curieuse contradiction), avant le 22 novembre. Il est en effet très possible qu’une majorité de centre-gauche, autour du PvDA social-démocrate, sorte des élections ; il s’agirait alors d’un gouvernement nettement défavorable au JSF, ce qui compliquerait… La Hollande, le JSF et le 22 novembre

Vivement un syndrome irakien

L’Irak est plus que jamais le cur et le moteur de la crise politique washingtonienne. L’expert réputé des questions stratégiques Andrew J. Bacevich s’attache aux très récentes interventions des néo-conservateurs et juge qu’elles annoncent un débat dévastateur à Washington pour la recherche des responsables de la catastrophe irakienne. Son texte, paru dans le Los Angeles Times le 7 novembre, montre un singulier pessimisme. Bacevich argumente que ce déchirement du débat sur l’Irak qui s’ouvre et le traumatisme qui va l’accompagner sont une excellente chose parce que cela pourrait empêcher une autre aventure (on pense évidemment à l’Iran). C’est la signification, notamment, de cette phrase :… Vivement un syndrome irakien

Les symptômes de la crise

Des échantillonnages de votants américains ont été interrogés sur les raisons de leurs votes par plusieurs instituts et organisations. Il y a au moins deux signes puissants qui témoignent de la profondeur de la crise américaniste, se manifestant comme d’habitude par l’opposition entre le centre (Washington) et le pays. Les sondages et enquêtes ont été réalisés par CNN et un résumé en a été publié ce matin. Le premier point est que les principales raisons des votes sont nationales et non locales. L’Amérique n’a pas voté provincial, contrairement à ce qu’annonçait l’analyse du petit prince BHL reflétant à cet égard le sentiment général, elle a… Les symptômes de la crise

Le petit prince germanopratin des lieux communs

Quelle mouche hexagonale et parisienne a piqué le sérieux et britannique Times de Londres de demander à Bernard-Henri Levy, dit BHL, de commenter les élections du 7 novembre aux USA ? Peut-être parce qu’ils ont confondu BHL (American Vertigo) avec Henry Miller (Air Conditionned Nightmare) ou avec Jack Kerouac (On the Road)? Peut-être parce que BHL s’est fait passer pour le petit prince de Galles et qu’on ne refuse rien à l’héritier du trône ? Ce texte du 7 novembre, «A vote to send tremors around the world» , peut être comparé à l’Almanach Vermot du jour parce qu’il rassemble, avec une minutie remarquable, avec… Le petit prince germanopratin des lieux communs

Les “neocons” qui se bousculent au portillon

Ou bien Vanity Fair a été trop loin et trop vite et les neocons ont été doublés, ou bien les neocons ont été trop loin et trop vite pour retourner leurs vestes. Ou bien tout cela a une odeur de confusion et de manoeuvre hâtive, comme on fait aujourd’hui à Washington. Les neocons ont commencé à sauter du navire qui coule mais ils s’y raccrochent un instant, après avoir vu le visage absolument atterré et furieux de Dick Cheney à Meet the Press, lorsque Stephanopoulos l’a interrogé sur l’article de Vanity Fair. Après la publication de la bombe de Vanity Fair le 3 novembre, les… Les “neocons” qui se bousculent au portillon

Si ce n’est l’Iran, ce sera l’Ecosse

Les Américains continuent leur grande campagne de re-stabilisation et de remise en ordre général, avec l’habileté redoutable qui les caractérise, la main de velours dans un gant de fer, le sens des nuances et de la souveraineté d’autrui. Résultat : l’Ecosse est avertie. Si les projets d’attaque contre l’Iran laissent un créneau, l’Ecosse y aura droit, si elle vote l’indépendance. Tout cela est contenu en filigrane dans une interview de la nouvelle consul des USA à Edinburgh, Lisa Vickers. Elle s’interroge sur les réelles possibilités d’indépendance de l’Ecosse, notamment à la lumière de la très possible victoire du parti indépendantiste SNP aux élections de l’année… Si ce n’est l’Iran, ce sera l’Ecosse

Une pendaison de circonstance, — l’“October Surprise” en novembre, l’avant-veille du 7…

L’Histoire dira si la direction politique occidentale et américaniste nos élites comme on dit dans les talk show du Commerce aura réussi, par action de repoussoir et par dégoût bien tempéré de ceux qui observent leurs agitations, à faire du Diable-Saddam un martyr. C’est bien possible, avec le timing comme ils disent dans les War Rooms de la com’ de l’annonce du verdict de la justice irakienne. Car, voyez-vous, d’ici demain et jusqu’à demain soir, on espère bien que le bon peuple yankee gobera l’idée que cet artefact d’Epinal de l’imagination postmoderniste (la justice irakienne) existe vraiment. Pourvu qu’il la gobe d’ici le 7 au… Une pendaison de circonstance, — l’“October Surprise” en novembre, l’avant-veille du 7…

Quelques notes sur le dégoût : lisez Tom Engelhardt

Si l’Amérique a bien des reproches à se faire, l’Europe, elle, en a également son lot, et notamment celui de manquer de commentateurs libres du calibre de quelques dissidents américains. Tom Engelhardt est de ceux-là. Lisez donc sa chronique sur Antiwar.com de ce jour. Engelhardt décortique le montage général qui fait que la décision de la condamnation à mort de Saddam (pardon, le verdict du procès de Saddam) tombe avec un bruit tonitruant le 5 novembre, deux jours avant le 7 (oui oui, c’est mathématique et chronologique), alors qu’un juge irakien un peu primesautier avait d’abord prévu l’annonce pour le 16 octobre. On s’était aperçu,… Quelques notes sur le dégoût : lisez Tom Engelhardt

Les élections du dégoût ressenti à propos du rien

S’il faut choisir à cet instant un article, dans tous les cas pour ce jour d’aujourd’hui, qui rende compte de la réalité du dégoût qui marque l’esprit inconscient de la vie politique américaniste et, d’une façon plus générale, de la pratique de la démocratie en Occident, lisez celui de Rupert Cornwell de The Independent, aujourd’hui. Vous aurez le goût du dégoût et la mesure du vide où ont sombré toutes nos grandes idées. Ce sont les élections de l’absence de sens de notre civilisation. Non seulement y a-t-il une impression de fin de régime (Cornwell emploie l’expression in French in the text, à l’anglaise) à… Les élections du dégoût ressenti à propos du rien

Psychanalyse rapide de Jospin et du rôle du Président

Une des rares bonnes émissions de talk show politique en France est l’émission Ca se dispute, sur I-Télé (chaque vendredi à 11H30, repassant le samedi et le dimanche). Présentation de Victor Robert, avec Nicolas Domenach, de Marianne, et Eric Zemmour, du Figaro. Cette fois (le 3 novembre), ils ont notamment parlé de Jospin. Zemour rapportait cette confidence de Jospin à un proche, selon laquelle «Jospin disait qu’il avait bien plus de pouvoirs comme Premier ministre qu’il n’en aurait jamais s’il était président». Là-dessus, Robert enchaîne en rapportant qu’il avait fait in illo tempore la dernière interview (avant sa mort) de Mireille Jospin, la mère de… Psychanalyse rapide de Jospin et du rôle du Président

Tout ça, c’est de la faute à Wolfowitz

Puisque nous sommes dans la saison des aveux et des Neo Culpa, une autre longue précision d’un autre acteur incertain du drame irakien. Ahmed Chalabi, qui vit fastueusement à Londres et que les néo-conservateurs destinaient à prendre en main les destinées de l’Irak libéré et démocratique, règle ses comptes en douceur. Il a choisi un objectif : son ami Wolfowitz, cause de l’échec selon lui. Extraits d’un article massif du New York Times Magazine : «The real culprit in all this is Wolfowitz, Chalabi says, referring to his erstwhile backer, the former deputy secretary of defense, Paul Wolfowitz. They chickened out. The Pentagon guys chickened… Tout ça, c’est de la faute à Wolfowitz

Nouvelle évaluation du coût de la guerre par Bilmes-Stigiltz : cette fois, plus de $2.000 milliards

Deux économistes, Linda Bilmes et le Prix Nobel Joseph E. Stiglitz, avaient publié en janvier de cette année une évaluation projetée du coût total de la guerre en Irak qui devait dépasser les $1.000 milliards pour approcher les $2.000 milliards. L’évaluation paraissait alors considérable mais pourtant pas vraiment surprenante. On a en effet depuis trois ans en Irak l’impression d’un amoncellement extraordinaire d’argent gaspillé, essentiellement à cause du mode de fonctionnement de la machine de guerre américaniste et des méthodes massives de guerre. Les conséquences directes et indirectes son évidemment considérables et doivent être prises en compte. Dans le numéro de décembre de la Milken… Nouvelle évaluation du coût de la guerre par Bilmes-Stigiltz : cette fois, plus de $2.000 milliards

Et si l’Irak était la Chapelle Sixtine en cours de finition ?

C’est, selon Julian Borger du Guardian, et on le suit volontiers «one of the most extraordinary attempts by the US military leadership to put a positive spin on the worsening violence». Bien sûr, il s’agit de la situation en Irak, comparée à une uvre d’art en cours d’élaboration. Brièvement présentée par un Borger au souffle coupé et à la plume qui lui tombe des mains, la déclaration est, en effet, extraordinaire. Elle ne demande aucun commentaire. Sa simple existence mesure une fois de plus, mais spectaculairement dans ce cas, le degré de désarroi et de ridicule auquel les Américains officiels sont parvenus dans leur mission… Et si l’Irak était la Chapelle Sixtine en cours de finition ?