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Bloc-Notes

Non, vraiment, 2006 n’est pas 1994

Le tsunami démocrate de 2006 interrompt une période de domination républicaine du Congrès. Cette domination avait commencé avec les élections mid-term de 1994, qui virent à l’inverse un tsunami républicain. Nous voulons mettre en évidence la différence extraordinaire de climat. Au contraire de la pièce que jouent les démocrates 2006, en 1994 les républicains firent la conquête du Congrès en affirmant un esprit absolu de conquête : Vae Victis. Les Républicains, menés par Gingrich (Speaker élu de la Chambre), affirmèrent aussitôt leur intention de se battre impitoyablement contre Clinton, de tenter de le détruire. C’était le contraire exact d’un bipartisme renouvelé affirmé depuis le 8… 

Un “nouveau départ” — vers quoi ?

La nomination de Robert Gates à la place de Donald Rumsfeld au Pentagone est présentée comme un nouveau départ, a fresh start, ou encore a fresh perspective. Tout le monde s’accorde là-dessus, semble-t-il, et cela est considéré comme très rafraîchissant. Mais départ vers où? Perspectives de quoi ? Le sens commun, notamment des Européens si prompts à prendre leurs désirs américains pour des réalités américanistes, semble dire : vers un désengagement, un ralentissement de la guerre. Le site WSWS.org, dans une excellente analyse de cette crise née le 7 novembre, cite longuement l’accueil fait à la nomination de Gates par certains leaders du Congrès. Le… 

La Hollande, le JSF et le 22 novembre

On connaît le cas hollandais dans la question du programme JSF : un gouvernement minoritaire pressé de signer le MoU que propose Lockheed Martin, des élections le 22 novembre et une Cour des Comptes hollandaise qui vient d’avertir que le programme JSF est hautement incertain. L’intention du gouvernement est, ou était c’est selon, de signer le MoU dans l’urgence vu son importance mais comme s’il s’agissait d’une affaire courante (curieuse contradiction), avant le 22 novembre. Il est en effet très possible qu’une majorité de centre-gauche, autour du PvDA social-démocrate, sorte des élections ; il s’agirait alors d’un gouvernement nettement défavorable au JSF, ce qui compliquerait… 

Vivement un syndrome irakien

L’Irak est plus que jamais le cur et le moteur de la crise politique washingtonienne. L’expert réputé des questions stratégiques Andrew J. Bacevich s’attache aux très récentes interventions des néo-conservateurs et juge qu’elles annoncent un débat dévastateur à Washington pour la recherche des responsables de la catastrophe irakienne. Son texte, paru dans le Los Angeles Times le 7 novembre, montre un singulier pessimisme. Bacevich argumente que ce déchirement du débat sur l’Irak qui s’ouvre et le traumatisme qui va l’accompagner sont une excellente chose parce que cela pourrait empêcher une autre aventure (on pense évidemment à l’Iran). C’est la signification, notamment, de cette phrase :… 

Les symptômes de la crise

Des échantillonnages de votants américains ont été interrogés sur les raisons de leurs votes par plusieurs instituts et organisations. Il y a au moins deux signes puissants qui témoignent de la profondeur de la crise américaniste, se manifestant comme d’habitude par l’opposition entre le centre (Washington) et le pays. Les sondages et enquêtes ont été réalisés par CNN et un résumé en a été publié ce matin. Le premier point est que les principales raisons des votes sont nationales et non locales. L’Amérique n’a pas voté provincial, contrairement à ce qu’annonçait l’analyse du petit prince BHL reflétant à cet égard le sentiment général, elle a… 

Le petit prince germanopratin des lieux communs

Quelle mouche hexagonale et parisienne a piqué le sérieux et britannique Times de Londres de demander à Bernard-Henri Levy, dit BHL, de commenter les élections du 7 novembre aux USA ? Peut-être parce qu’ils ont confondu BHL (American Vertigo) avec Henry Miller (Air Conditionned Nightmare) ou avec Jack Kerouac (On the Road)? Peut-être parce que BHL s’est fait passer pour le petit prince de Galles et qu’on ne refuse rien à l’héritier du trône ? Ce texte du 7 novembre, «A vote to send tremors around the world» , peut être comparé à l’Almanach Vermot du jour parce qu’il rassemble, avec une minutie remarquable, avec… 

Les “neocons” qui se bousculent au portillon

Ou bien Vanity Fair a été trop loin et trop vite et les neocons ont été doublés, ou bien les neocons ont été trop loin et trop vite pour retourner leurs vestes. Ou bien tout cela a une odeur de confusion et de manoeuvre hâtive, comme on fait aujourd’hui à Washington. Les neocons ont commencé à sauter du navire qui coule mais ils s’y raccrochent un instant, après avoir vu le visage absolument atterré et furieux de Dick Cheney à Meet the Press, lorsque Stephanopoulos l’a interrogé sur l’article de Vanity Fair. Après la publication de la bombe de Vanity Fair le 3 novembre, les… 

Si ce n’est l’Iran, ce sera l’Ecosse

Les Américains continuent leur grande campagne de re-stabilisation et de remise en ordre général, avec l’habileté redoutable qui les caractérise, la main de velours dans un gant de fer, le sens des nuances et de la souveraineté d’autrui. Résultat : l’Ecosse est avertie. Si les projets d’attaque contre l’Iran laissent un créneau, l’Ecosse y aura droit, si elle vote l’indépendance. Tout cela est contenu en filigrane dans une interview de la nouvelle consul des USA à Edinburgh, Lisa Vickers. Elle s’interroge sur les réelles possibilités d’indépendance de l’Ecosse, notamment à la lumière de la très possible victoire du parti indépendantiste SNP aux élections de l’année… 

Une pendaison de circonstance, — l’“October Surprise” en novembre, l’avant-veille du 7…

L’Histoire dira si la direction politique occidentale et américaniste nos élites comme on dit dans les talk show du Commerce aura réussi, par action de repoussoir et par dégoût bien tempéré de ceux qui observent leurs agitations, à faire du Diable-Saddam un martyr. C’est bien possible, avec le timing comme ils disent dans les War Rooms de la com’ de l’annonce du verdict de la justice irakienne. Car, voyez-vous, d’ici demain et jusqu’à demain soir, on espère bien que le bon peuple yankee gobera l’idée que cet artefact d’Epinal de l’imagination postmoderniste (la justice irakienne) existe vraiment. Pourvu qu’il la gobe d’ici le 7 au… 

Quelques notes sur le dégoût : lisez Tom Engelhardt

Si l’Amérique a bien des reproches à se faire, l’Europe, elle, en a également son lot, et notamment celui de manquer de commentateurs libres du calibre de quelques dissidents américains. Tom Engelhardt est de ceux-là. Lisez donc sa chronique sur Antiwar.com de ce jour. Engelhardt décortique le montage général qui fait que la décision de la condamnation à mort de Saddam (pardon, le verdict du procès de Saddam) tombe avec un bruit tonitruant le 5 novembre, deux jours avant le 7 (oui oui, c’est mathématique et chronologique), alors qu’un juge irakien un peu primesautier avait d’abord prévu l’annonce pour le 16 octobre. On s’était aperçu,… 

Les élections du dégoût ressenti à propos du rien

S’il faut choisir à cet instant un article, dans tous les cas pour ce jour d’aujourd’hui, qui rende compte de la réalité du dégoût qui marque l’esprit inconscient de la vie politique américaniste et, d’une façon plus générale, de la pratique de la démocratie en Occident, lisez celui de Rupert Cornwell de The Independent, aujourd’hui. Vous aurez le goût du dégoût et la mesure du vide où ont sombré toutes nos grandes idées. Ce sont les élections de l’absence de sens de notre civilisation. Non seulement y a-t-il une impression de fin de régime (Cornwell emploie l’expression in French in the text, à l’anglaise) à… 

Psychanalyse rapide de Jospin et du rôle du Président

Une des rares bonnes émissions de talk show politique en France est l’émission Ca se dispute, sur I-Télé (chaque vendredi à 11H30, repassant le samedi et le dimanche). Présentation de Victor Robert, avec Nicolas Domenach, de Marianne, et Eric Zemmour, du Figaro. Cette fois (le 3 novembre), ils ont notamment parlé de Jospin. Zemour rapportait cette confidence de Jospin à un proche, selon laquelle «Jospin disait qu’il avait bien plus de pouvoirs comme Premier ministre qu’il n’en aurait jamais s’il était président». Là-dessus, Robert enchaîne en rapportant qu’il avait fait in illo tempore la dernière interview (avant sa mort) de Mireille Jospin, la mère de… 

Tout ça, c’est de la faute à Wolfowitz

Puisque nous sommes dans la saison des aveux et des Neo Culpa, une autre longue précision d’un autre acteur incertain du drame irakien. Ahmed Chalabi, qui vit fastueusement à Londres et que les néo-conservateurs destinaient à prendre en main les destinées de l’Irak libéré et démocratique, règle ses comptes en douceur. Il a choisi un objectif : son ami Wolfowitz, cause de l’échec selon lui. Extraits d’un article massif du New York Times Magazine : «The real culprit in all this is Wolfowitz, Chalabi says, referring to his erstwhile backer, the former deputy secretary of defense, Paul Wolfowitz. They chickened out. The Pentagon guys chickened… 

Nouvelle évaluation du coût de la guerre par Bilmes-Stigiltz : cette fois, plus de $2.000 milliards

Deux économistes, Linda Bilmes et le Prix Nobel Joseph E. Stiglitz, avaient publié en janvier de cette année une évaluation projetée du coût total de la guerre en Irak qui devait dépasser les $1.000 milliards pour approcher les $2.000 milliards. L’évaluation paraissait alors considérable mais pourtant pas vraiment surprenante. On a en effet depuis trois ans en Irak l’impression d’un amoncellement extraordinaire d’argent gaspillé, essentiellement à cause du mode de fonctionnement de la machine de guerre américaniste et des méthodes massives de guerre. Les conséquences directes et indirectes son évidemment considérables et doivent être prises en compte. Dans le numéro de décembre de la Milken… 

Et si l’Irak était la Chapelle Sixtine en cours de finition ?

C’est, selon Julian Borger du Guardian, et on le suit volontiers «one of the most extraordinary attempts by the US military leadership to put a positive spin on the worsening violence». Bien sûr, il s’agit de la situation en Irak, comparée à une uvre d’art en cours d’élaboration. Brièvement présentée par un Borger au souffle coupé et à la plume qui lui tombe des mains, la déclaration est, en effet, extraordinaire. Elle ne demande aucun commentaire. Sa simple existence mesure une fois de plus, mais spectaculairement dans ce cas, le degré de désarroi et de ridicule auquel les Américains officiels sont parvenus dans leur mission… 

Kim leur est décidément plus sympathique que GW, c’est une affaire entendue

Le sondage dont le Guardian publie aujourd’hui les extraits constitue un choc certainement impressionnant. Trouver chez les Britanniques, les Canadiens, les Israéliens et les Mexicains des majorités parfois fortes qui condamnent la dangerosité de la politique US ou estiment GW Bush plus dangereux que le Nord-Coréen Kim ou l’Iranien Ahmadinejad (seul le mythique Ben Laden est plus craint que GW Bush), tout cela représente un phénomène vraiment d’une très grande force. (Les pays choisis ont une très grande force politique et psychologique pour les USA : les deux plus proches alliés et les deux voisins des USA.) Même si Israël reste le moins radicalisé des… 

Richard Perle critique sévère de l’administration GW

Surprise et marque de la confusion qui règne chez les républicains à l’approche de l’échéance électorale du 7 novembre. Richard Perle a pris une position très critique de l’administration GW Bush, se contentant d’épargner le président lui-même. La prise de position de Perle reflète également un désordre au sein même des rangs des néo-conservateurs, certains continuant à soutenir l’administration GW Bush. Perle se situe dans un courant neo-con qui attaque depuis longtemps le secrétaire à la défense Rumsfeld mais il porte cette critique bien au-delà, en englobant la structure de l’administration et la bureaucratie. Al Kamen, dans le Washington Post, présente ces prises de position… 

Hunter adversaire de McCain comme candidat à la désignation républicaine en 2008

L’industrie de défense US a un problème : qui arroser en 2008 ? Comme il se doit, l’industrie de défense soutient le candidat républicain. Mais que se passe-t-il lorsque les deux candidats à la candidature républicaine les plus crédibles s’avèrent être des candidats faucons sur les matières de défense et pourtant parfois agaçants pour les bonnes affaires du complexe ? Le problème a deux noms : Duncan Hunter, qui veut être candidat à la désignation républicaine, contre John McCain, qui l’est déjà peu ou prou, malgré quelques hésitations. Les deux hommes occupent des places prépondérantes au Congrès (dans les deux cas, Chambre et Sénat commission… 

Le nouveau Congrès US : Hyde s’en va, ITAR reste

La réglementation ITAR (International Trade in Arms Regulations) offre un point de contentieux central des relations transatlantiques. ITAR paralyse l’essentiel de nombre de coopérations transatlantiques à cause de la main-mise impliquée par cette réglementation sur les transferts de technologies à partir des USA. (Le cas des Britanniques, ces alliés privilégiés, est notablement intéressant.) Elle constitue également un grave sujet de discorde entre USA et Europe par le droit qu’elle donne aux USA d’intervenir dans la vente de systèmes d’arme comprenant des composants américanistes. (Les Européens n’ont évidemment pas envisagé une seule seconde une loi réciproque, qui leur permettrait de contrôler la vente de tout système… 

Hillary tire un bord et change de cap

Hillary Clinton change son fusil d’épaule. L’ex-First Lady soupçonnée pendant les années Clinton (Bill) de gauchisme (à peine) rentré par une droite radicale, avait viré vers une position ultra-dure, presque néo-conservatrice, en devenant une liberal hawk ces deux dernières années (plus de troupes en Irak, à l’assaut de l’Iran s’il le faut, etc.). Elle amorce un nouveau tournant C’est-à-dire, qu’en fait d’amorcer, le tournant est bel et bien pris et il est radical dans le sens de la modération Ainsi nous en informe Jim Lobe ce 1er novembre : «In a major policy address, Sen. Hillary Clinton Tuesday called for a sea change in U.S.… 

Les Polonais se demandent ce qu’ils iront faire en Afghanistan

D’ici à février 2007, la Pologne excellent élève de l’OTAN et des Américains déploiera un peu plus de mille soldats en Afghanistan. L’opération durera un an et lui coûtera quelques 300 millions de zlotys (75 M EUR). Qu’en pensent les Polonais ? 76% des Polonais sont opposés à l’envoi de leurs soldats en Afghanistan, 16% y sont favorables, selon un sondage publié mardi et réalisé par l’institut CBOS du 6 au 9 octobre auprès de 999 Polonais adultes. 47% des personnes interrogées déclarent une ferme opposition à cette mission ; 29% y sont plutôt opposés. 4% y sont décidément favorables et 12% plutôt favorables. Le… 

Le lobby sioniste US plus que jamais terroriste et de plus en plus nerveux

Le lobby sioniste aux USA est plus que jamais actif, avec des actions relevant des pressions terroristes habituelles (terreur intellectuelle, s’entend, bien dans sa manière), notamment et particulièrement contre des juifs antisionistes ou critiques des politiques US et israélienne. Cet activisme marque une nervosité grandissante de ce groupe, par ailleurs de plus en plus mis en question. Un excellent texte d’analyse de WSWS.org détaille aujourd’hui ce phénomène. Il expose notamment le cas de Tony Judt, qui a récemment pris des positions très critiques des libéraux pro-guerre (liberal hawks). «Tony Judt, a noted historian and the director of New York University’s Remarque Institute, was to have… 

Le JSF, création du virtualisme, disponible dans la réalité en 2018…

Quelques nouvelles d’Australie concernant le débat sur l’achat du JSF nous éclairent un peu plus sur le caractère et les réalités de ce programme. Nous en extrairons deux détails révélateurs, certainement avant d’y revenir. La source est le site Defense Industry Daily (DID) qui met en ligne aujourd’hui un article récent, publié par l’Australia Defence Association, de l’Air Vice-Marshal Peter Criss, à la retraite depuis 2002 et qui fut Air Commander Australia à partir de 1999. Criss mène campagne depuis quelques mois contre le choix du JSF, qu’il juge stratégiquement absurde pour l’Australie. Il ne s’agit certainement pas d’une position anti-américaniste puisque Criss est partisan… 

Octobre 2006 en Irak: plus de 100 GI’s tués

Aujourd’hui, les forces américaines en Irak ont eu deux tués supplémentaires, atteignant 103 tués pour le mois d’octobre. C’est l’une des plus fortes pertes statistiques (par mois) depuis l’invasion du printemps 2003, et un chiffre symbolique (plus de 100 tués) frappant. L’agence Associated Press détaille cette situation statistique dans une dépêche aujourd’hui: «October 2006 is already the fourth deadliest month for American troops since the war began in March 2003. The other highest monthly death tolls were 107 in January 2005; at least 135 in April 2004, and 137 in November 2004.» La situation en Irak en constante dégradation est caractérisée par le paradoxe d’un…