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Bloc-Notes

Un bon tableau du débat fondamental qui s’ouvre en Amérique

La chronique du jour de Justin Raimundo vaut d’être lue parce qu’elle embrasse bien le débat qui est en train d’embraser l’Amérique. Raimundo présente assez justement la position de ses archi-adversaires, les néo-conservateurs, qui se montrent également très critiques de l’administration. Le titre de la chronique (« Katrina and the End of Illusions The storm passes or has it only just begun? ») restitue bien l’atmosphère que dépeint le texte. La sensation générale est qu’une nouvelle époque s’ouvre, l’ère post-Katrina. Elle est caractérisée par des inconnus, des incertitudes et un sentiment général de grand malaise, renversant complètement le sentiment initial qui avait suivi l’attaque du… 

A nos lecteurs : Katrina, pas Kristina !

Demande d’excuses générales de la part de dedefensa.org, à nos lecteurs. Comme le fait justement remarquer notre lecteur Fred (faute corrigée après son intervention, dont nous le remercions), il nous arrive bien (trop) souvent de confondre et d’écrire Kristina pour Katrina. Sans doute freudien, ou bien un vieil amour pas encore oublié. Des excuses aussi pour Katrina. Que l’ouragan Force-5 n’y voit aucune mauvaise intention, il n’y en a pas. Mis en ligne le 7 septembre 2005 à 09H46

La Nouvelle Orléans, war zone

Curieux autant qu’étrange L’opération de sauvetage de La Nouvelle Orléans, entamée avec la lenteur qu’on sait, transforme la ville sinistrée en une zone de guerre où la compassion et l’efficacité restent assez rares. Le Monde, rapportant le 6 septembre les étonnements d’une équipe de la BBC, observe : « Le spectacle est particulièrement incongru dans le quartier français de La Nouvelle-Orléans, reconnaissable à ses élégants balcons en fer forgé. Ces soldats sont censés faire fuir les pillards, mais le quartier français a été totalement calme depuis notre arrivée ici, poursuit le journaliste [de la BBC]. Il y a désormais 60.000 soldats et gardes nationaux déployés… 

En attendant le Big One à Frisco

Dans une chronique incendiaire pour le Financial Times du 5 septembre, sous le titre de « Tragic costs of Bush’s Iraq obsession », l’expert américain Michael Lind nous rappelle ceci : « In early 2001, shortly after President George W.Bush was inaugurated and before 9/11, the Federal Emergency Management Agency warned of the three most devastating disasters that could strike the US: a terrorist attack on New York City, a hurricane flooding New Orleans and a San Francisco earthquake. The Bush administration was focused on its priority: Iraq. » Les deux premières prévisions se sont réalisées, sans qu’aucune préparation pour les prévenir ou en atténuer… 

Officiel : New Orleans est (de loin) le deuxième front de l’Empire

Avec 50.000 hommes déployés dans la région, New Orleans et ses environs (les deux États de la Louisiane et du Mississipi) sont, et de loin, devenus le deuxième théâtre d’opération des forces armées américaines. Ce contingent devrait être encore renforcé ces prochains jours. D’autre part, un contingent d’une dizaine d’unités navales, dont le porte-avions d’attaque Harry-Truman, croise au large des côtes. Le Herald Sun de Melbourne, Australie, détaille les mesures prises par le Pentagone à partir d’une interview de l’amiral Keating, commandant le Northern Command (commandement nouvellement créé du territoire des USA). « Nnumber of US military forces in storm-ravaged Gulf Coast states has swelled… 

En dire trop ou pas assez, c’est reculer devant la question essentielle

L’article de Jonathan Freedland dans le Guardian de ce matin est peut-être très exemplaire des blocages du jugement des Européens sur la situation américaine. Il est d’autant plus exemplaire qu’il vient d’un commentateur britannique qui, d’habitude, n’a pas froid aux yeux lorsqu’il s’agit de juger l’Amérique. Effectivement, Freedland n’a pas froid aux yeux lorsqu’il détaille l’état de l’Amérique. Par ailleurs, si la chose était audacieuse il y a trois ans elle est commune aujourd’hui : tout le monde commence à comprendre ou à envisager, même si avec réticence et à contrecoeur, que l’Amérique n’est qu’une hyperpuissance de carton-pâte, qu’elle est caractérisée par des faiblesses et… 

La haine du temps présent, parfaitement autorisée, à l’état brut et pathologique

Le Net nous révèle, c’est-à-dire qu’il révèle les moeurs de notre temps historique. Qu’il soit béni pour cela et qu’il continue dans sa course révélatrice. Il révèle chaque jour que la haine n’est pas cantonnée à ce qui est officiellement qualifié de discours de haine par le système, à partir de sujets très minutieusement sélectionnés pour être démonisés sans risque. (On parle ici de la dénonciation du discours de haine venu évidemment du passé. La dénonciation de l’Ennemi pulvérisé depuis plus d’un demi-siècle permet en toute sécurité d’affirmer la nécessité du système.) La chronique de ce matin de Justin Raimundo sur Antiwar.com nous fait rentrer… 

Oups! Aurions-nous eu raison à l’insu de notre plein gré?

L’article du Los Angeles Times du 3 septembre apporte une lumière nouvelle sur le départ de Joseph E. Schmitz du Pentagone. Nous en avions rendu compte, sur la foi d’un article incolore de Defense News, en laissant, nous semble-t-il, percer ici et là tout le mauvais esprit qui nous caractérise. L’article du Los Angeles Times justifie a posteriori ce mauvais esprit. Peut-être est-ce que les grands esprits se rencontrent. (La différence de ton et d’information entre les deux articles, Defense News et le Los Angeles Times, est révélatrice. Cela mesure la relativité de l’information. Le moins qu’on puisse dire est que Defense News, qui dispose… 

Panique générale: GW est convié par ses conseillers à s’apercevoir qu’il se passe quelque chose

Le New York Times du 4 septembre signale que la Maison Blanche commence à se douter de quelque chose. La consigne semble être parvenue à GW, samedi, qu’il est temps de prendre les choses au sérieux. En conséquence, GW ne doit plus plaisanter ni faire des jeux de mots stupides. Il doit prendre l’air grave. Il doit parler selon le modèle certifié type-9/11. Il s’exécute. « In a sign of the mounting anxiety at the White House, Mr. Bush made a rare Saturday appearance in the Rose Garden before live television cameras to announce that he was dispatching additional active-duty troops to the Gulf Coast.… 

Panique générale : les blacks parlent aussi

Puisqu’un lecteur a eu l’amabilité de nous signaler le texte (ajouté à l’intervention de manu kodeck, du 3 septembre 2005), nous nous précipitons dessus. Il s’agit de l’intervention (non programmée) du rappeur Kanye West. (Cela ne se fait pas mais il faut bien le dire : Kanye West est black.) Dans le Washington Post du même 3 septembre, on trouve le récit détaillé, et assez ironique, de l’incident ; et l’indication sans le moindre doute que la panique est générale dans les grands médias mainstream où il faut rendre compte de la catastrophe, la déplorer hautement sans paraître trouver à y redire, critiquer Bush sans… 

L’objet du délit

Pour clore le sujet, voici, citée d’après la transcription du Washington Post du 3 septembre, l’intervention de Kanye West, aux côtés de (et en même temps que) le présentateur Bill Myers, complètement paniqué. (…) « Myers: The landscape of the city has changed dramatically, tragically and perhaps irreversibly. There is now over 25 feet of water where there was once city streets and thriving neighborhoods. » (Myers throws to West, who looked extremely nervous in his super-preppy designer rugby shirt and white pants, which is not like the arrogant West and which, in retrospect, should have been a tip-off.) » West: I hate the way… 

Un état d’esprit révolutionnaire

Certes, Norman Solomon n’est pas un journaliste ni un auteur de l’establishment. Il est pourtant, à la tête de l’organisation FAIR respectée et crainte des médias mainstream, un dissident établi qui peut prétendre représenter certaines valeurs américaines. Outre ce qu’elle vaut par elle-même, son opinion représente une opinion établie du spectre politique américain. Son article d’aujourd’hui n’en est, par conséquent, que plus significatif. A peine entre les lignes, et par instants de façon ouverte, c’est un appel à la rébellion ouverte : « It’s time to end the impunity of President George W. Bush. () But it’s up to us to create maximum pressure for… 

Le charme étrange de La Nouvelle Orléans s’en est allé…

La Nouvelle Orléans, ou New Orleans, l’une des villes américaines qui portent le plus les traces de la France du passé et où s’y rencontrent les traditions du jazz, où le racisme y est bien moins présent que dans le reste du Sud, tout cela donne à La Nouvelle Orléans un charme étrange, ou bien faut-il écrire : donnait? Ce n’est pas le moindre signe du Ciel, et le plus étrange, que la catastrophe ait frappé cette ville, mais qu’elle l’ait frappée pour pouvoir mieux dénoncer l’imposture historique du système qui règne sur l’immense pays. Comme si La Nouvelle Orléans était aussi bien une victime… 

Enfin, ils sont augmentés

Le système étant caricature de tout, c’est-à-dire d’abord de lui-même, tout est donc possible. La perception faith-based marchant à fond, il est devenu impossible pour le système de mesurer sa propre indignité, son indécence et, au bout du compte, son ridicule en exposant en pleine lumière la grossièreté de ses pratiques. Pour ce cas, il s’agit des traitements des dirigeants (CEO) des entreprises de défense américaines (du complexe militaro-industriel), qui ont augmenté d’une façon exponentielle depuis le 11 septembre 2001. Defense News observe, sobrement il faut en convenir, dans un article consacré à la question, le 30 août, que « Chief executives at top U.S.… 

Des “revolving doors” un peu trop bien huilées

En français, l’expression américaine revolving doors (portes tournantes) se traduit à peu près par renvoi d’ascenseur. C’est une des techniques les plus au point dans le complexe militaro-industriel: le passage des officiels, civils ou militaires, de la fonction publique au privé (et l’inverse). Cela garantit qu’on sera attentif aux amis dans l’une ou l’autre position. Cela assure solidité et pérennité au système, tant que le système reste dans une philosophie de fonctionnement raisonnable et pas trop voyante. Le dernier cas est exemplaire et illustratif, et peut-être significatif justement du dérèglement du système, lorsqu’on ne prend plus de gants… Joseph Schmitz, le watchdog du Pentagone depuis… 

GW et “Katrina” vus par Sidney Blumenthal

Dans un superbe article du Guardian aujourd’hui, le chroniqueur Sidney Blumenthal, ancien de l’administration Clinton, nous trace quelques perspectives essentielles sur la responsabilité de l’administration GW dans le désastre qui suit Katrina. Tout y est : impréparation, corruption, désintérêt pour les structures sociales et géographiques, etc. Le spectacle de La Nouvelle Orléans, c’est le spectacle du gouvernement le plus scandaleusement incompétent et inexistant du monde. Même dans les gouvernements des pays d’Afrique, réputés pour la chose et dont nous dénonçons les turpitudes, on trouverait plus de sens de responsabilité et d’humanité. Voici le début et la fin de l’article de Blumenthal dont le reste résume… 

De New Orleans-2005 à Atlanta-1996

Le désordre US et l’incompétence américaniste face à la catastrophe de Katrina et la suite prennent un peu de court nos plus subtils spécialistes en américanisme, ceux qui sont bien sûr conquis d’avance. Ainsi, dans Le Figaro du 1er septembre, Pierre Rousselin signe un édito titré « L’Amérique prise au piège », qui constate et déplore ces malheureuses conditions. Seule la chute nous intéresse, qui est la suivante : « Le plus étonnant, à ce stade, est que l’on ignore, dans un pays aussi moderne que les Etats-Unis, l’ampleur des dégâts, quarante-huit heures après les faits. » Certains ont donc la mémoire si terriblement courte… 

La colère majestueuse et significative du New York Times

Deux éditos coup sur coup, le même jour, coulés dans le feu grondant d’une sainte colère : le New York Times retrouve la verve et la vertu accusatrice d’autres temps. Les deux textes sont majestueux, l’un réclamant un vrai chef pour une nation frappée de plein fouet par l’ouragan et ses suites (Waiting for a Leadership), l’autre pointant un doigt accusateur contre l’inégalité qui gangrène l’Amérique (Inequality in America). Les deux textes ne traitent pas du même sujet mais, par l’esprit de fureur retrouvée qui les anime, ils renvoient à la même crise fondamentale qui secoue depuis quelques jours, à ciel ouvert et à cieux… 

GW l’isolationniste

Francis Fukuyama, fameux pour nous avoir annoncé en 1989 la fin de l’Histoire, analyse (ce jour dans l’International Herald Tribune) les possibilités d’orientation de la politique extérieure US dans les deux prochaines années. Il identifie correctement l’invasion de l’Irak comme une entreprise isolationniste, en ce sens qu’elle fut lancée hors du concert international qui avait soutenu jusqu’alors la politique internationaliste des USA. Pour cela, GW s’appuya sur une alliance incertaine : celle des nationalistes jacksoniens (type-Rumsfeld) qui prône une politique isolationniste agressive, avec les néo-conservateurs, qui fournirent le corpus idéologique à l’entreprise en lui donnant une teinte néo-wilsonienne au travers d’une dialectique qui pouvait passer… 

… Mais GW est-il vraiment isolationniste?

Nous vivons dans un monde de contradictions, surtout le monde américaniste. Après la démonstration de Fukuyama, viennent les récriminations qui vont loin, qui disent en fait le contraire de Fukuyama. Il y a un déluge de critiques portant sur la faiblesse des effectifs de la Garde Nationale pour lutter contre les effets de Katrina. On peut mentionner un article de Paul Craig Robert et un autre de Norman Solomon. Tous disent la même chose : mais que fait donc la Garde en Irak alors qu’on a besoin d’elle dans le Mississipi et en Louisiane? Bonne question et question éminemment isolationniste. Si GW l’était au sens… 

“Katrina” jusqu’au global warming

Sur le blog du Guardian, dans les éditions d’aujourd’hui, Mark Tran, business editor à la rédaction de ce même Guardian, donne un commentaire sur l’aspect économique le plus large qui accompagne le cyclone Katrina. Sa rapide réflexion va de la question du prix du pétrole jusqu’à la question du lien entre Katrina et le global warming. Nos lecteurs retrouveront des références à la plupart des textes déjà publiés sur cet aspect de la question, et déjà référencés dans nos commentaires. (Notamment, le texte de Rhein et celui de Gelbspan.) Il y a aussi la référence à Daniel Yergin, auteur de The Prize: The Epic Quest… 

Pourquoi Tony soutient GW

Dans le texte que l’ancien ministre travailliste Tony Benn publiait hier dans le Guardian sur les projets de GW Bush d’attaque contre l’Iran, il y a un passage très intéressant sur les liens entre Londres et Washington, par conséquent sur la nécessité de soutien des Américains où se trouve Tony Blair. Rien de vraiment nouveau mais une confirmation précise puisque Tony Benn parle là en sa qualité d’ancien ministre de l’Énergie, donc chargé des questions nucléaires : « That may be the position now, and I fear that if a US attack does take place, the prime minister will give it his full support. And… 

Le tsunami du global warming

L’article de Roll Gelbspan, du Boston Globe, repris aujourd’hui par l’International Herald Tribune est l’un des premiers du genre. Le premier paragraphe de son article nous dit tout : « The hurricane that struck Louisiana and Mississippi on Monday was nicknamed Katrina by the National Weather Service. Its real name is global warming. » L’hypothèse de la connexion de cause à effet entre une catastrophe naturelle et le phénomène du global warming a été faite très rapidement pour Katrina, dans le cas de Gelbspan avant même que le cyclone ait rendu tous ses effets dévastateurs qu’on commence à mesurer aujourd’hui. Pour le tsunami de décembre… 

Où est passée la Garde?

Les secours et les mesures de protection dans les États du Mississipi et de Louisiane pour l’ouragan Katrina ont beaucoup souffert et souffrent des effectifs réduits de la Garde Nationale dans ces deux États. La raison de cette situation est simple et elle a un nom : l’Irak, où les forces américaines s’appuient de façon importante sur les réserves et la Garde Nationale. L’agence Associated Press analyse rapidement la question, observant notamment : « Some 6,000 National Guard personnel in Louisiana and Mississippi who would be available to help deal with the aftermath of Hurricane Katrina are in Iraq, highlighting the changing role of America’s…