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Bloc-Notes

Ils commencent à parler d’une “exit strategy

Extraordinaire audition au Congrès, par le thème choisi : l’examen de la possibilité d’une exit strategy d’Irak pour les forces américaines. Deux douzaines de parlementaires (dont un républicain) menées par le député Lynn Woolsey, Démocrate de Californie, ont examiné cette question le 16 septembre. Paul Dreyfuss, de TomPaine.com, expose les péripéties de cette réunion. Le sénateur Max Cleland, un ancien combattant gravement blessé au Viêt-nam, a résumé l’état d’esprit de cette réunion par ces mots : « We need an exit strategy we choose or it will certainly be chosen for us. » Les auditions ont permis d’apprendre que des contacts avaient été pris par… 

Entre l’Irak et Katrina, les Américains n’hésitent pas

Un important sondage Wall Street Journal/NBC.News montre que les premières tendances populaires après l’ouragan Katrina se confirment et se renforcent. Il s’agit sans aucun doute d’un tournant vers les préoccupations intérieures. Les résultats de ce sondage, qui ont été publiés hier, montrent essentiellement deux points, qui se complètent l’un l’autre : • Les Américains établissent un lien direct entre l’Irak et Katrina, estimant que l’Irak doit payer pour Katrina. Cela implique qu’ils jugent que le gouvernement doit transférer une partie de l’argent consacré à l’Irak à la reconstruction de la zone sinistrée. • Au-delà de l’aspect budgétaire, ce lien a en soi une signification politique… 

Fureur “post-Katrina” de Thomas Friedman, qui plaide pour l’État responsable, régalien et interventionniste

L’article de Thomas Friedman du 15 septembre donne une bonne mesure du mécontentement anti-Bush après Katrina. Friedman est traditionnellement le libéral de service pour assurer aux entreprises diverses de l’administration le vernis d’un soutien soi-disant bipartisan. Il est belliciste, souvent sans la moindre vergogne et avec une argumentation stalinienne de la chose. Pourtant, voici qu’il en a assez. Dans cet article du 15 septembre, Friedman, qui se trouve à Singapour, exalte la responsabilité des autorités de cette ville-État, l’importance du rôle (de l’intervention) du gouvernement, sa vertu interventionniste, etc. C’est une orgie d’argumentation en faveur d’une bonne gouvernance, tout ce dont manque radicalement aujourd’hui l’Amérique… 

Offensive fédérale

Le quotidien USA Today publie une analyse d’AP qui signale une offensive de la bureaucratie fédérale à l’aide des moyens habituels (avis d’experts évidemment indépendants, affirmation péremptoires, ou authoritative, etc.). Il s’agit de nous convaincre que l’usage des troupes fédérales pour les cas de troubles ou de catastrophes intérieures (aux USA) est plus approprié que l’usage d’unités de la Garde Nationale. L’argument employé est que les troupes fédérales sont prêtes à l’intervention tandis que celles de la Garde Nationale ne le sont pas. Le fait qu’on ait glissé dans un discours de GW qu’il s’agissait d’une question intéressante montre que la bureaucratie en a décidé… 

La question de la position de Bush et la question de la psychologie américaine

Dans sa rubrique hebdomadaire sur les événements de Washington, Peter S. Canellos, chef du bureau du Boston Globe à Washington, analyse les réactions du public américain après Katrina. Il s’agit d’une analyse très complète, tenant compte notamment des nombreux sondages publiés après l’ouragan. Il conteste l’appréciation des démocrates selon laquelle Bush est vulnérable sur la question de son comportement face à Katrina et met en évidence qu’il l’est plutôt sur l’Irak et sur la situation extérieure. Le problème pour les démocrates est qu’ils n’ont rien de nouveau à apporter sur la question irakienne et au niveau intérieur. Par contre, Canellos confirme l’effet psychologique important et… 

Le sombre anniversaire vu d’outre-Atlantique

L’éditorial du 12 septembre du Guardian est un texte intéressant à plus d’un égard, qui vaut la lecture. Il donne une vue réaliste sur la situation américaine quatre ans après l’attaque du 11 septembre 2001. La conclusion en est fulgurante: « Bin Laden’s organisation may have been damaged and disrupted since 2001, and his dreadful cause may in many places be in the hands of amateurs, but he could never have dreamed that the world four years after the twin towers would look so favourable to his objectives. » On résumera l’intérêt et l’importance de ce texte avec trois citations. • La guerre contre la… 

Dieu est vachement utile

Les projets de reconstruction de La Nouvelle Orléans et d’autres villes de la région dévastée comprennent clairement une sorte de nettoyage ethnique en douceur. On a évacué les pauvres, blacks ou pas, on les a dispersés un peu partout, de façon à rendre leur retour sur place difficile, voire impossible. Des sans domicile fixe’ à l’échelle du continent, comme les Okies du Dust Bowl (la sécheresse de l’Oklahoma de 1933-34), avec lesquels la comparaison est faite. Joel Garreau, du Washington Post, a publié un commentaire le 11 septembre, sous le titre « A Sad Truth: Cities Aren’t Forever », où il nous dit : «… 

L’U.S. Army brisée?

Il est assuré que James Carroll est un des chroniqueurs les plus talentueux de la presse libre américaine (non-américaniste), notamment avec sa chronique du Boston Globe. Fils du général qui fonda la Defense Intelligence Agency, Carroll prit le parti inverse en s’opposant à la guerre du Viet-nâm. Carroll fut un prêtre dans la religion catholique. Il a publié plusieurs livres qui comptent dans la pensée politique et morale de ce qu’il reste de l’Amérique. Lisez la formidable interview de Carroll par Tom Engelhardt, publiée sur Antiwar.com le 12 septembre. Le titre annonce la couleur : « The Mosquito and the Hammer. » Ici, nous signalons… 

… Et les USA comme l’URSS?

En effet, poursuivons cette évocation de l’interview de James Carroll en citant le paragraphe suivant la citation présentée précédemment. Carroll poursuit et termine sa prévision sur l’évolution des forces armées américaines, et particulièrement de l’U.S. Army, par ces mots: « You know, in this way, we’re now like the Soviet Union once it collapsed into Russia. When it could no longer pay the salaries of its soldiers, Russia fell back on its nuclear arsenal as its only source of power. In a way the Soviet Union never was, Russia is now a radically nuclear-dependent military power. The Red Army doesn’t really count for much any… 

Dieu protège les “riches”, — “I guess

Un article paru aujourd’hui dans le Guardian nous gratifie de quelques précisions concernant le rôle des mercenaires de Blackwater Inc. à New Orleans. Nous voilà rassurés : ils sont là, surtout, pour protéger les biens des riches qui ont pris la poudre d’escampette à l’heure où il fallait, des incartades inacceptables des pauvres restés sur place. Ces mercenaires sont plusieurs centaines. On trouve parmi eux différentes nationalités, dont des Israéliens. L’un d’eux, interrogé par le Guardian, se nomme Yovi. Yovi a fourni aimablement les précisions qu’il faut. Il nous rapporte notamment qu’il a téléphoné à un de ces riches, il y a quelques jours, pour… 

Le mystère Schröder

Gerhardt Schröder veut-il être réélu? La question se pose bien qu’il soit désormais question qu’il puisse l’être. Il y a, autour de Schröder un cas personnel qui est intéressant. Il illustre bien les murs politiques de l’époque : non pas tant l’éventuelle lassitude ou le goût de l’argent facilement gagné, ou les pressions d’une épouse, ou l’adoption d’une petite fille, toutes choses qui ont existé de tous temps. Il illustre plutôt les caractéristiques de la fonction d’homme politique : débattue selon des critères normaux, sans qu’une idée comme les nécessités de la défense du bien public ou une ambition comme une grande politique nationale soit… 

Katrina est vraiment une guerre: triplez (au moins) tous les coûts annoncés

L’intervention du Pentagone dans la crise-Katrina et l’étrange militarisation de ce qui ne devrait être qu’une opération humanitaire sont en train de faire sentir leurs effets. Les coûts de l’opération et de la reconstruction s’envolent. Parti d’une estimation de $100 milliards, on en est désormais à $200-$300 milliards, soit le coût de quatre ans des deux guerres en cours, en Afghanistan et en Irak. De ce point de vue, le progrès est au rendez-vous, observe Associated Press, relayée par MSNBC, dans tous les cas si l’on compare avec des cas approchants et en gardant à l’esprit que les estimations actuelles sont encore provisoires : «… 

Une conclusion post-Katrina : la France avait raison

Une curieuse conséquence de l’ouragan Katrina et des énormes coûts qu’il va occasionner est un changement d’humeur à l’égard de la France dans les milieux financiers occidentaux, notamment anglo-saxons. C’est l’observation du chroniqueur financier John Keegan, aujourd’hui dans The Observer. Keegan évoque au début de sa chronique sa rencontre d’un Américain de La Nouvelle Orléans, en Provence au début août, et l’évocation par cet Américain de l’inévitabilité d’un désastre causé « one of these days » par un ouragan s’abattant sur sa ville. Keegan observe alors: « He was one of many Americans who had opted for Provence rather than risk encountering bombers in London.… 

Blackwater (mercenaires) à New Orleans : au moins pour 6 mois?

Un excellent texte de Jeremy Scahill et Daniela Crespo sur Antiwar.com nous instruit de l’étonnante nouvelle que les mercenaires de Blackwater Inc. se trouvent déployés à New Orleans. Ces hommes sont réputés en Irak pour leur violence, leurs activités douteuses et leur désintérêt complet pour le respect des lois. Leur déploiement dans la zone touchée par l’ouragan accroît encore l’impression d’une transformation de celle-ci en war zone, avec toutes les habitudes les plus sinistres acquises ces dernières années. Les deux journalistes ont rencontré des hommes de Blackwater et les ont interrogés. Dans l’extrait ci-dessous du texte, on note que ces hommes disent être sous contrat… 

Americans are depressed…

Pour la première fois, des résultats de sondages, signalés par Reuters le 9 septembre, montrent que le président américain a souffert dans l’opinion publique à la suite de l’ouragan Katrina. Il s’agit d’un sondage Pew Research Center, avec 67% de réponses jugeant que GW Bush aurait pu faire mieux après Katrina (contre 28% approbateurs). Le pourcentage de soutien à Bush tombe à 40%, avec 4% en moins par rapport à juillet. Plus important, les résultats concernant l’état d’esprit des Américains. « The Pew poll also found a shift in public priorities after Katrina caused a jump in gasoline prices last week, with a majority saying… 

Le monde enchanteur et fantasmagorique de GW: même les Français sont avec lui…

Placé devant l’énigme de Katrina (pourquoi un ouragan contre l’Amérique ? Pourquoi les choses ne s’arrangent-elles d’elles-mêmes ? Etc.), GW a décidé d’en revenir à sa Méthode. Puisque les choses sont si différentes, faisons comme si elles étaient semblables. L’ouragan qui frappe remplace les armes de destruction massive des terroristes? On fera de l’ouragan, par analogie de proximité et de catégorie dans le discours, un ouragan de destruction massive, sous-catégorie des ADM (GW le 6 septembre : « We want to make sure that we can respond properly if there’s a WMD attack or another major storm. »). Encore plus beau dans la construction virtualiste… 

Pourquoi pas Powell ?

On cherche désespérément à Washington un homme, vertueux, populaire, qui pourrait prendre en charge un poste créé pour l’occasion de coordinateur général des secours et de la reconstruction post-Katrina. On attendrait de lui qu’il désamorce la crise politique en train de prendre des proportions préoccupantes pour GW. Quel homme choisir? Pourquoi pas Colin Powell? Il est vertueux et populaire (et noir de surcroît). Il est d’une droiture exemplaire, tant dans sa vie publique que dans sa vie privée. Par les temps qui courent, c’est une perle rare. On en parle à Washington, comme le précise le site Radar OnLine. « With George W. Bush’s approval… 

…Eh bien, il semble bien que ce soit non

D’autre part, et suivant les informations mentionnées dans notre précédente note, il semble bien que l’on ait déjà la réponse de Powell, un non catégorique. On peut considérer que cette intervention sur CNN de l’ancien secrétaire d’État constitue indirectement une fin de non-recevoir de la proposition éventuelle de diriger une structure fédérale prenant en charge l’effort d’aide et de reconstruction de La Nouvelle Orléans. Outre l’une ou l’autre source US, il y a ci-après ce résumé, en sources internes, de l’intervention de Powell : « L’ancien secrétaire d’Etat américain Colin Powell a admis jeudi que sa présentation en 2003 devant l’Onu sur les armes de… 

Spéculations autour de la war zone

Le site WSWS.org revient sur l’un de ses thèmes favoris, qui est l’activisme des structures militaires US aux Etats-Unis mêmes, à propos de la transformation de New Orleans en zone de guerre. D’une part, le site note que les délais dans l’intervention humanitaire ont été dus à la préparation d’une intervention qui s’apparente à une opération militaire d’investissement de la zone, où sont aujourd’hui rassemblés 65.000 hommes : « It is becoming increasingly apparent that the disastrous delay in providing aid to the city’s beleaguered citizens was in large part a matter of waiting until this massive military force was ready to deploy. » Les… 

Ah, là-dessus, un attentat terroriste aux USA arrangerait bien des choses

Joseph P. Diaferia, développe sur le site OnLine Journal la thèse de la possibilité d’un attentat de type terrorisme synthétique (terrorisme fabriqué, ou encore : provocation, manipulation, etc). Il faut dire que, vu les ennuis de GW et à l’occasion du quatrième anniversaire du 11 septembre, cela ferait assez bien dans le paysage. Gratuite et un peu parano, la thèse de Diaferia? A propos de paranoïa, à laquelle la presse sérieuse est prompte à se référer dès qu’un journaliste semi-dissident évoque la possibilité de montages, il faudrait mesurer son usage par les dirigeants sérieux du monde occidental, américanistes pour commencer, dans les quatre dernières années.… 

L’ONU part en guerre contre Washington en dénonçant les USA-Tiers-Monde

L’ONU vient de publier un rapport sur la pauvreté dans le monde avec une section consacrée aux États-Unis qui est une dénonciation dévastatrice de la situation sociale dans ce pays. Le rapport met clairement en évidence ce que la catastrophe de l’ouragan Katrina illustre de façon dramatique: à nombre d’égards, et notamment au niveau de sa population la plus démunie, les USA sont au niveau du Tiers-Monde. The Independent, qui commente cette publication aujourd’hui, fait cette remarque : « Claims that the New Orleans floods have laid bare a growing racial and economic divide in the US have, until now, been rejected by the American… 

Welcome to New Orleans, USA, chers amis européens

Une des caractéristiques (sans surprise) de la crise US de l’ouragan Katrina est la mauvaise volonté mise par les autorités officielles américanistes pour faciliter l’accès de l’aide internationale aux victimes. Toute sornette sur la démocratie américaniste mise de côté pour la bonne santé de nos esprits, on observera que c’est une situation assez proche de celle qu’on expérimentait du temps de l’URSS, lorsqu’un tel cas se présentait. On connaît les difficultés qu’ont connu des avions français acheminant de l’aide vers La Nouvelle Orléans, attendant plusieurs jours en Guadeloupe l’autorisation de rejoindre les USA, et finalement détournés loin de la zone de dévastation (on allait écrire… 

La presse US à boulets rouges…

Pour compléter le compte-rendu de la conférence de presse de la Maison-Blanche, le 6 septembre, voici ceci, de James Cafferty, de CNN, le 6 septembre 2005 (Mr. Brown est le chef de la FEMA, l’organisation fédérale de secours aux catastrophes): « Why are we talking about the blame game there are thousands of people dead because government officials failed to do what they’re supposed to be doing. That’s criminal behavior. I mean, that’s no game. There are poeple dead in the city of New Orelans and up and down the gulf coast because people charged with seeing to their welfare failed to do that. I… 

Katrina évidemment (au moins) aussi cher que l’Irak

Un tel événement doit avoir toutes les mesures de l’exceptionnel : on annonce donc d’ores et déjà que Katrina et ses suites seront au moins aussi chers que l’Irak. A l’évaluation initiale de $100 milliards dont un quart serait payé par les assurances, tend à se substituer une évaluation de $80-$100 milliards en argent public, en plus de l’intervention des assurances. Cela se situe au niveau du coût d’un an de guerre en Irak. Ces évaluations sont générales et théoriques. Elles devraient enfler, comme c’est l’habitude avec la bureaucratie américaniste. Les conditions naturelles et industrielles de La Nouvelle Orléans constituent un handicap supplémentaire qui devrait…