Aller au contenu

Bloc-Notes

Le mystère Schröder

Gerhardt Schröder veut-il être réélu? La question se pose bien qu’il soit désormais question qu’il puisse l’être. Il y a, autour de Schröder un cas personnel qui est intéressant. Il illustre bien les murs politiques de l’époque : non pas tant l’éventuelle lassitude ou le goût de l’argent facilement gagné, ou les pressions d’une épouse, ou l’adoption d’une petite fille, toutes choses qui ont existé de tous temps. Il illustre plutôt les caractéristiques de la fonction d’homme politique : débattue selon des critères normaux, sans qu’une idée comme les nécessités de la défense du bien public ou une ambition comme une grande politique nationale soit… 

Katrina est vraiment une guerre: triplez (au moins) tous les coûts annoncés

L’intervention du Pentagone dans la crise-Katrina et l’étrange militarisation de ce qui ne devrait être qu’une opération humanitaire sont en train de faire sentir leurs effets. Les coûts de l’opération et de la reconstruction s’envolent. Parti d’une estimation de $100 milliards, on en est désormais à $200-$300 milliards, soit le coût de quatre ans des deux guerres en cours, en Afghanistan et en Irak. De ce point de vue, le progrès est au rendez-vous, observe Associated Press, relayée par MSNBC, dans tous les cas si l’on compare avec des cas approchants et en gardant à l’esprit que les estimations actuelles sont encore provisoires : «… 

Une conclusion post-Katrina : la France avait raison

Une curieuse conséquence de l’ouragan Katrina et des énormes coûts qu’il va occasionner est un changement d’humeur à l’égard de la France dans les milieux financiers occidentaux, notamment anglo-saxons. C’est l’observation du chroniqueur financier John Keegan, aujourd’hui dans The Observer. Keegan évoque au début de sa chronique sa rencontre d’un Américain de La Nouvelle Orléans, en Provence au début août, et l’évocation par cet Américain de l’inévitabilité d’un désastre causé « one of these days » par un ouragan s’abattant sur sa ville. Keegan observe alors: « He was one of many Americans who had opted for Provence rather than risk encountering bombers in London.… 

Blackwater (mercenaires) à New Orleans : au moins pour 6 mois?

Un excellent texte de Jeremy Scahill et Daniela Crespo sur Antiwar.com nous instruit de l’étonnante nouvelle que les mercenaires de Blackwater Inc. se trouvent déployés à New Orleans. Ces hommes sont réputés en Irak pour leur violence, leurs activités douteuses et leur désintérêt complet pour le respect des lois. Leur déploiement dans la zone touchée par l’ouragan accroît encore l’impression d’une transformation de celle-ci en war zone, avec toutes les habitudes les plus sinistres acquises ces dernières années. Les deux journalistes ont rencontré des hommes de Blackwater et les ont interrogés. Dans l’extrait ci-dessous du texte, on note que ces hommes disent être sous contrat… 

Americans are depressed…

Pour la première fois, des résultats de sondages, signalés par Reuters le 9 septembre, montrent que le président américain a souffert dans l’opinion publique à la suite de l’ouragan Katrina. Il s’agit d’un sondage Pew Research Center, avec 67% de réponses jugeant que GW Bush aurait pu faire mieux après Katrina (contre 28% approbateurs). Le pourcentage de soutien à Bush tombe à 40%, avec 4% en moins par rapport à juillet. Plus important, les résultats concernant l’état d’esprit des Américains. « The Pew poll also found a shift in public priorities after Katrina caused a jump in gasoline prices last week, with a majority saying… 

Le monde enchanteur et fantasmagorique de GW: même les Français sont avec lui…

Placé devant l’énigme de Katrina (pourquoi un ouragan contre l’Amérique ? Pourquoi les choses ne s’arrangent-elles d’elles-mêmes ? Etc.), GW a décidé d’en revenir à sa Méthode. Puisque les choses sont si différentes, faisons comme si elles étaient semblables. L’ouragan qui frappe remplace les armes de destruction massive des terroristes? On fera de l’ouragan, par analogie de proximité et de catégorie dans le discours, un ouragan de destruction massive, sous-catégorie des ADM (GW le 6 septembre : « We want to make sure that we can respond properly if there’s a WMD attack or another major storm. »). Encore plus beau dans la construction virtualiste… 

Pourquoi pas Powell ?

On cherche désespérément à Washington un homme, vertueux, populaire, qui pourrait prendre en charge un poste créé pour l’occasion de coordinateur général des secours et de la reconstruction post-Katrina. On attendrait de lui qu’il désamorce la crise politique en train de prendre des proportions préoccupantes pour GW. Quel homme choisir? Pourquoi pas Colin Powell? Il est vertueux et populaire (et noir de surcroît). Il est d’une droiture exemplaire, tant dans sa vie publique que dans sa vie privée. Par les temps qui courent, c’est une perle rare. On en parle à Washington, comme le précise le site Radar OnLine. « With George W. Bush’s approval… 

…Eh bien, il semble bien que ce soit non

D’autre part, et suivant les informations mentionnées dans notre précédente note, il semble bien que l’on ait déjà la réponse de Powell, un non catégorique. On peut considérer que cette intervention sur CNN de l’ancien secrétaire d’État constitue indirectement une fin de non-recevoir de la proposition éventuelle de diriger une structure fédérale prenant en charge l’effort d’aide et de reconstruction de La Nouvelle Orléans. Outre l’une ou l’autre source US, il y a ci-après ce résumé, en sources internes, de l’intervention de Powell : « L’ancien secrétaire d’Etat américain Colin Powell a admis jeudi que sa présentation en 2003 devant l’Onu sur les armes de… 

Spéculations autour de la war zone

Le site WSWS.org revient sur l’un de ses thèmes favoris, qui est l’activisme des structures militaires US aux Etats-Unis mêmes, à propos de la transformation de New Orleans en zone de guerre. D’une part, le site note que les délais dans l’intervention humanitaire ont été dus à la préparation d’une intervention qui s’apparente à une opération militaire d’investissement de la zone, où sont aujourd’hui rassemblés 65.000 hommes : « It is becoming increasingly apparent that the disastrous delay in providing aid to the city’s beleaguered citizens was in large part a matter of waiting until this massive military force was ready to deploy. » Les… 

Ah, là-dessus, un attentat terroriste aux USA arrangerait bien des choses

Joseph P. Diaferia, développe sur le site OnLine Journal la thèse de la possibilité d’un attentat de type terrorisme synthétique (terrorisme fabriqué, ou encore : provocation, manipulation, etc). Il faut dire que, vu les ennuis de GW et à l’occasion du quatrième anniversaire du 11 septembre, cela ferait assez bien dans le paysage. Gratuite et un peu parano, la thèse de Diaferia? A propos de paranoïa, à laquelle la presse sérieuse est prompte à se référer dès qu’un journaliste semi-dissident évoque la possibilité de montages, il faudrait mesurer son usage par les dirigeants sérieux du monde occidental, américanistes pour commencer, dans les quatre dernières années.… 

L’ONU part en guerre contre Washington en dénonçant les USA-Tiers-Monde

L’ONU vient de publier un rapport sur la pauvreté dans le monde avec une section consacrée aux États-Unis qui est une dénonciation dévastatrice de la situation sociale dans ce pays. Le rapport met clairement en évidence ce que la catastrophe de l’ouragan Katrina illustre de façon dramatique: à nombre d’égards, et notamment au niveau de sa population la plus démunie, les USA sont au niveau du Tiers-Monde. The Independent, qui commente cette publication aujourd’hui, fait cette remarque : « Claims that the New Orleans floods have laid bare a growing racial and economic divide in the US have, until now, been rejected by the American… 

Welcome to New Orleans, USA, chers amis européens

Une des caractéristiques (sans surprise) de la crise US de l’ouragan Katrina est la mauvaise volonté mise par les autorités officielles américanistes pour faciliter l’accès de l’aide internationale aux victimes. Toute sornette sur la démocratie américaniste mise de côté pour la bonne santé de nos esprits, on observera que c’est une situation assez proche de celle qu’on expérimentait du temps de l’URSS, lorsqu’un tel cas se présentait. On connaît les difficultés qu’ont connu des avions français acheminant de l’aide vers La Nouvelle Orléans, attendant plusieurs jours en Guadeloupe l’autorisation de rejoindre les USA, et finalement détournés loin de la zone de dévastation (on allait écrire… 

La presse US à boulets rouges…

Pour compléter le compte-rendu de la conférence de presse de la Maison-Blanche, le 6 septembre, voici ceci, de James Cafferty, de CNN, le 6 septembre 2005 (Mr. Brown est le chef de la FEMA, l’organisation fédérale de secours aux catastrophes): « Why are we talking about the blame game there are thousands of people dead because government officials failed to do what they’re supposed to be doing. That’s criminal behavior. I mean, that’s no game. There are poeple dead in the city of New Orelans and up and down the gulf coast because people charged with seeing to their welfare failed to do that. I… 

Katrina évidemment (au moins) aussi cher que l’Irak

Un tel événement doit avoir toutes les mesures de l’exceptionnel : on annonce donc d’ores et déjà que Katrina et ses suites seront au moins aussi chers que l’Irak. A l’évaluation initiale de $100 milliards dont un quart serait payé par les assurances, tend à se substituer une évaluation de $80-$100 milliards en argent public, en plus de l’intervention des assurances. Cela se situe au niveau du coût d’un an de guerre en Irak. Ces évaluations sont générales et théoriques. Elles devraient enfler, comme c’est l’habitude avec la bureaucratie américaniste. Les conditions naturelles et industrielles de La Nouvelle Orléans constituent un handicap supplémentaire qui devrait… 

Un bon tableau du débat fondamental qui s’ouvre en Amérique

La chronique du jour de Justin Raimundo vaut d’être lue parce qu’elle embrasse bien le débat qui est en train d’embraser l’Amérique. Raimundo présente assez justement la position de ses archi-adversaires, les néo-conservateurs, qui se montrent également très critiques de l’administration. Le titre de la chronique (« Katrina and the End of Illusions The storm passes or has it only just begun? ») restitue bien l’atmosphère que dépeint le texte. La sensation générale est qu’une nouvelle époque s’ouvre, l’ère post-Katrina. Elle est caractérisée par des inconnus, des incertitudes et un sentiment général de grand malaise, renversant complètement le sentiment initial qui avait suivi l’attaque du… 

A nos lecteurs : Katrina, pas Kristina !

Demande d’excuses générales de la part de dedefensa.org, à nos lecteurs. Comme le fait justement remarquer notre lecteur Fred (faute corrigée après son intervention, dont nous le remercions), il nous arrive bien (trop) souvent de confondre et d’écrire Kristina pour Katrina. Sans doute freudien, ou bien un vieil amour pas encore oublié. Des excuses aussi pour Katrina. Que l’ouragan Force-5 n’y voit aucune mauvaise intention, il n’y en a pas. Mis en ligne le 7 septembre 2005 à 09H46

La Nouvelle Orléans, war zone

Curieux autant qu’étrange L’opération de sauvetage de La Nouvelle Orléans, entamée avec la lenteur qu’on sait, transforme la ville sinistrée en une zone de guerre où la compassion et l’efficacité restent assez rares. Le Monde, rapportant le 6 septembre les étonnements d’une équipe de la BBC, observe : « Le spectacle est particulièrement incongru dans le quartier français de La Nouvelle-Orléans, reconnaissable à ses élégants balcons en fer forgé. Ces soldats sont censés faire fuir les pillards, mais le quartier français a été totalement calme depuis notre arrivée ici, poursuit le journaliste [de la BBC]. Il y a désormais 60.000 soldats et gardes nationaux déployés… 

En attendant le Big One à Frisco

Dans une chronique incendiaire pour le Financial Times du 5 septembre, sous le titre de « Tragic costs of Bush’s Iraq obsession », l’expert américain Michael Lind nous rappelle ceci : « In early 2001, shortly after President George W.Bush was inaugurated and before 9/11, the Federal Emergency Management Agency warned of the three most devastating disasters that could strike the US: a terrorist attack on New York City, a hurricane flooding New Orleans and a San Francisco earthquake. The Bush administration was focused on its priority: Iraq. » Les deux premières prévisions se sont réalisées, sans qu’aucune préparation pour les prévenir ou en atténuer… 

Officiel : New Orleans est (de loin) le deuxième front de l’Empire

Avec 50.000 hommes déployés dans la région, New Orleans et ses environs (les deux États de la Louisiane et du Mississipi) sont, et de loin, devenus le deuxième théâtre d’opération des forces armées américaines. Ce contingent devrait être encore renforcé ces prochains jours. D’autre part, un contingent d’une dizaine d’unités navales, dont le porte-avions d’attaque Harry-Truman, croise au large des côtes. Le Herald Sun de Melbourne, Australie, détaille les mesures prises par le Pentagone à partir d’une interview de l’amiral Keating, commandant le Northern Command (commandement nouvellement créé du territoire des USA). « Nnumber of US military forces in storm-ravaged Gulf Coast states has swelled… 

En dire trop ou pas assez, c’est reculer devant la question essentielle

L’article de Jonathan Freedland dans le Guardian de ce matin est peut-être très exemplaire des blocages du jugement des Européens sur la situation américaine. Il est d’autant plus exemplaire qu’il vient d’un commentateur britannique qui, d’habitude, n’a pas froid aux yeux lorsqu’il s’agit de juger l’Amérique. Effectivement, Freedland n’a pas froid aux yeux lorsqu’il détaille l’état de l’Amérique. Par ailleurs, si la chose était audacieuse il y a trois ans elle est commune aujourd’hui : tout le monde commence à comprendre ou à envisager, même si avec réticence et à contrecoeur, que l’Amérique n’est qu’une hyperpuissance de carton-pâte, qu’elle est caractérisée par des faiblesses et… 

La haine du temps présent, parfaitement autorisée, à l’état brut et pathologique

Le Net nous révèle, c’est-à-dire qu’il révèle les moeurs de notre temps historique. Qu’il soit béni pour cela et qu’il continue dans sa course révélatrice. Il révèle chaque jour que la haine n’est pas cantonnée à ce qui est officiellement qualifié de discours de haine par le système, à partir de sujets très minutieusement sélectionnés pour être démonisés sans risque. (On parle ici de la dénonciation du discours de haine venu évidemment du passé. La dénonciation de l’Ennemi pulvérisé depuis plus d’un demi-siècle permet en toute sécurité d’affirmer la nécessité du système.) La chronique de ce matin de Justin Raimundo sur Antiwar.com nous fait rentrer… 

Oups! Aurions-nous eu raison à l’insu de notre plein gré?

L’article du Los Angeles Times du 3 septembre apporte une lumière nouvelle sur le départ de Joseph E. Schmitz du Pentagone. Nous en avions rendu compte, sur la foi d’un article incolore de Defense News, en laissant, nous semble-t-il, percer ici et là tout le mauvais esprit qui nous caractérise. L’article du Los Angeles Times justifie a posteriori ce mauvais esprit. Peut-être est-ce que les grands esprits se rencontrent. (La différence de ton et d’information entre les deux articles, Defense News et le Los Angeles Times, est révélatrice. Cela mesure la relativité de l’information. Le moins qu’on puisse dire est que Defense News, qui dispose… 

Panique générale: GW est convié par ses conseillers à s’apercevoir qu’il se passe quelque chose

Le New York Times du 4 septembre signale que la Maison Blanche commence à se douter de quelque chose. La consigne semble être parvenue à GW, samedi, qu’il est temps de prendre les choses au sérieux. En conséquence, GW ne doit plus plaisanter ni faire des jeux de mots stupides. Il doit prendre l’air grave. Il doit parler selon le modèle certifié type-9/11. Il s’exécute. « In a sign of the mounting anxiety at the White House, Mr. Bush made a rare Saturday appearance in the Rose Garden before live television cameras to announce that he was dispatching additional active-duty troops to the Gulf Coast.… 

Panique générale : les blacks parlent aussi

Puisqu’un lecteur a eu l’amabilité de nous signaler le texte (ajouté à l’intervention de manu kodeck, du 3 septembre 2005), nous nous précipitons dessus. Il s’agit de l’intervention (non programmée) du rappeur Kanye West. (Cela ne se fait pas mais il faut bien le dire : Kanye West est black.) Dans le Washington Post du même 3 septembre, on trouve le récit détaillé, et assez ironique, de l’incident ; et l’indication sans le moindre doute que la panique est générale dans les grands médias mainstream où il faut rendre compte de la catastrophe, la déplorer hautement sans paraître trouver à y redire, critiquer Bush sans…