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Quelle fin (rapide) pour le soi disant empire américaniste?

L’idée que la crise financière, le 9/11 financier de ce mois de septembre 2008, est plus qu’un phénomène financier commence à se répandre. Elle rejoint notre analyse selon laquelle le 9/11 financier n’est qu’une crise sectorielle, dépendant d’une crise systémique centrale et, par conséquent, inscrite dans la logique métahistorique d’autres crises sectorielles (son lien avec la crise géopolitique géorgienne, notamment par le biais des conséquences sur la situation européenne), nourrissant d’autres crises sectorielles, voire s’élargissant à elles, comme c’est le cas avec son élargissement à la crise politique washingtonienne. D’où notre intérêt pour cet article de John Gray, auteur de Black Mass: Apocalyptic Religion and… 

Baker apocalyptique: après Paulson et la puissance publique, ce sera le tour du Tout Puissant

Nous suivons régulièrement Gerard Baker, du Times, parce que cet atlantiste notoire, libre-échangiste et pro-américaniste à tous crins, avec de bonnes entrées et une influence certaine, est une référence intéressante pour connaître l’évolution du sentiment dans les milieux dirigeants anglo-saxons. Baker est actuellement aux USA, où il suit la campagne électorale, et, accessoirement (!), la crise du 9/11 financier devenue crise politique. Ce 29 septembre, il fait exceptionnellement deux interventions dans le Times, marquées toutes deux par un intense sentiment d’inquiétude et d’angoisse, proche de la panique. Les titres de ses deux interventions, l’une dans le cadre de sa chronique régulière, l’autre comme commentateur de… 

Badaboum, les masques tombent

Badaboum, les masques tombent 27 septembre 2008 La crise a explosé, proche de semer la panique. La puissance publique, découvrant qu’elle existe encore, a réagi, créant et confirmant ce que le professeur Roubini (pas Houdini), surnommé Dr. Doom parce qu’il avait prédit le désastre, qualifiait ainsi le 18 septembre: «With the nationalisation of Fannie and Freddie, comrades Bush, Paulson and Bernanke started transforming the US into the USSRA (United Socialist State Republic of America).» Puis la crise s’est transformée en ajoutant à ses agitations initiales l’embourbement catastrophique du monde politique washingtonien. Le 25 septembre est venue, du côté français et du côté allemand, une déclaration… 

Paulson, les mains jointes et à genoux, implorant Dame Pelosi

Paulson, les mains jointes et à genoux, implorant Dame Pelosi La rencontre de la Maison-Blanche, jeudi 25 septembre, entre Bush et des membres de son cabinet (dont Paulson), les deux candidats et les dirigeants du Congrès, est un moment d’Histoire et un moment d’anthologie. Divers organes de presse en rapportent le détail, dont The Times du 27 septembre, avec Gerard Baker, et The Independent du même jour, avec Rupert Cornwell. Les deux textes, fort proches et se recoupant souvent, ce qui en assure le crédit, décrivent en détails cette réunion historique. Cornwell nous donne la substance de la chose avec son premier paragraphe: «It was… 

Un axe franco-allemand “new look”, – anti-US…

Les réactions franco-allemandes aux événements financiers des USA sont extraordinairement dures. Un article du EUObserver de ce jour met en évidence le parallélisme de ces réactions, ainsi que leur dureté, notamment par la présentation du discours de Toulon de Sarkozy, hier, et de déclarations du ministre allemand des finances Peter Steinbruck, hier également, devant le Parlement allemand. Les déclarations du président français sont aujourd’hui connues. Elles sont particulièrement vigoureuses et ne cessent de troubler ceux qui suivirent l’interprétation donnée à son arrivée au pouvoir, comme celle d’un réformiste acquis au néolibéralisme. Elles sont bien illustrées, notamment par ces quelques phrases impératives: «Une certaine idée de… 

De Wall Street à l’ONU

De Wall Street à l’ONU 26 septembre 2008 Il est vrai que la session annuelle de l’ONU a paru bien pâle, en sensation médiatique et en importance des événements, à côté des événements de la crise financière puis politique courant de Wall Street à Washington. Il n’en reste pas moins que la chose a, justement à cause des liens qu’on peut établir avec la crise de Wall Street-Washington, une importance complémentaire très intéressante. Effectivement, cette crise de Wall Street-Washington fut extraordinairement présente à la tribune des Nations-Unies, ce qui montre certes que les speechwriters se sont adaptés aux circonstances avec brio, mais surtout que les… 

La colère ou la peur?

La colère ou la peur? 25 septembre 2008 Relevons ces divers échanges entre Paulson, Bernanke & compagnie devant le Congrès, mercredi après-midi, leur impuissance à convaincre les parlementaires sur l’instant, la bataille qui se livre entre des appréciations divergentes mais toutes entières structurées autour de l’attitude psychologique du citoyen des USA, également électeur, précisément dans cette année des élections présidentielles et de renouvellement d’une partie du Congrès. (Les gros bras savent parfaitement de quoi ils retournent, comme nous en informe un lecteur ce 25 septembre sur le Forum, citant Bernanke qui répond à une question sur des formules alternatives du plan Paulson, par exemple son… 

Too big to fail”?

Too big to fail? 25 septembre 2008 Nous allons tenter de donner une explication dynamique, de type structurel, au phénomène qui touche (notamment) les titans de Wall Street, sans référence à la comptabilité, à la finance, etc. Nous allons tenter d’envisager ce phénomène dans le contexte de l’évolution des USA, de l’évolution de la puissance américaniste, des spécificités de l’américanisme, dans le cadre général de l’évolution de notre civilisation devenue de type technologique. Cette recherche très rapide s’appuie sur la conviction qu’il existe des forces collectives affectant des structures similaires, à côté de forces répondant à des mécanismes sectoriels. Le point de départ est l’expression… 

Le chaos politique après le chaos financier: McCain en apprenti sorcier de service

L’Amérique ressemble à une maison qui brûle, devant laquelle se chamaille un certain nombre de capitaines des pompiers. Chacun d’eux, à tout hasard, voudrait bien être vizir à la place du vizir. (Le vizir lui-même, d’ailleurs, a cette ambition.) Ils se chamaillent pour savoir qui prendra la pompe à incendie pour la diriger vers le feu et pouvoir dire en prime time : C’est moi Voyons le détail. Le chaos à Wall Steet engendrant le chaos au Congrès, la campagne présidentielle ne pouvait être en reste. Après tout, nous sommes en démocratie et l’égalité règne. C’est donc le chaos dans la campagne électorale, avec, semble-t-il,… 

Un “Pearl Harbor économique”, – bien vu

Voici enfin une image qui a toute sa force, toute sa réalité, qui nous épargne par bonheur la référence geignarde et auto-compatissante sur 9/11: la crise de Wall Street représentée comme an economic Pearl Harbor. L’image est du milliardaire Warren Buffett, le roi des investissements et grand ami de Bill Gates. Buffett porte l’honneur dont il se passerait bien d’avoir annoncé la crise du crédit dans toute son ampleur. Cet homme avisé, nous dit The Independent aujourd’hui, est inquiet, plus qu’inquiet; si l’on n’adopte pas d’extrême urgence la mesure décidé par l’administration, aussi mal foutue soit-elle, la panique la semaine dernière nous semblera un paradis… 

La crise racontée aux enfants sages de l’américanisme

Voici une pure et émouvante narrative de la crise, celle-ci racontée aux enfants sages, une fable scintillante de mille feux, comme une étoile à une branche d’un sapin de Noël, non, plutôt tout au sommet du sapin de Noël. En la lisant, nous avons les yeux pleins d’étoiles, 50 ou 51 pour être précis, si l’on compte les derniers ralliements extérieurs. Car cette crise n’est pas une catastrophe, non, c’est une renaissance, et qui était bien nécessaire, et l’on croirait enfin que tout a été calculé, machine, contrôlé pour en arriver à ce coup de génie, ce formidable plan de $700 milliards qu’on va glisser,… 

Les habits divers de la crise

Les habits divers de la crise 24 septembre 2008 C’est un moment intéressant: la crise financière va-t-elle, sans être résolue bien sûr, se transformer en crise politique, ou, plutôt, s’élargir à la crise politique? Le plan de sauvetage de l’administration GW Bush, qui doit être entériné par le Congrès, se heurte à une forte opposition des démocrates en même temps qu’à une fort mauvaise humeur des républicains. On a pu mesurer cela lors des auditions de Paulson (secrétaire au trésor) et de Bernanke (président de la Federal Reserve) au Congrès, mardi après-midi. Le climat est tendu, avec manifestement un transfert de cette tension du seul… 

Le gouvernement US est-il menacé?

David Walker est un homme sérieux. Directeur du GAO jusqu’en avril dernier, il est notamment fameux pour avoir comparé, dans une intervention en août 2007 les USA à l’empire romain, circa décadence et chute. L’article qu’il publie aujourd’hui dans le Financial Times est d’un particulier intérêt. On retiendra les deux premiers paragraphes de son analyse, parce que cet expert de la comptabilité fiscale et budgétaire, qui ne manque pas de donner une dimension politique à ses appréciations, y pose implicitement la question suprême et que la chose est bien suffisante En un mot, tout est dans son analogie: on disait que AIG, Bear Stearns, Fannie… 

Wall Street, une situation parfaite de crise eschatologique

Les nouvelles de Wall Street et de Washington, hier en fin de journée, n’étaient pas du tout excellente. Il n’y avait plus rien de l’euphorie nerveuse du 19 septembre, jour où fut annoncé le gifgantesque sauvetage (bailout, terme qui tend à devenir générique pour ce cas) de $700 milliards en argent du contribuable du système financier au bord de l’effondrement à cause de ces excès en marge de toute légalité régulatrice de la puissance publique. Le New York Stock Exchange de Wall Street a connu une chute importante, comme le décrit le Times de Londres ce matin (3% de pertes pour le Dow Jones, ce… 

Le pessimisme comme façon d’être

Après le ouf de soulagement de vendredi 19 septembre, suite à la décision de l’administration US de mobiliser des fonds considérables pour éponger les créances pourries, avec la détente, le rebond, etc., qui ont suivi, il était intéressant d’avoir une idée du sentiment du public aux USA. Nous avons choisi un poste de vote d’internautes important, sur le site de CNN.News. Nous avons donc voté (nous ne vous dirons pas dans quel sens) à 19H00 ce jour, 12H00 aux USA, et avons eu accès aux résultats du vote à ce moment. Le vote portait sur 7676 réponses, ce qui est un chiffre significatif, et il… 

La fable des termites et des conduites pourries

La fable des termites et des conduites pourries Nous avons attendu que la crise financière en ait temporairement fini avec nos nerfs pour proposer en lecture ce texte de Charlie Cook, du National Journal, mis en ligne le 2 septembre sur Government Executive.com, sous le titre finalement très rythmé de Trouble, trouble, trouble. Ce texte constitue une sorte de feuille de route des problèmes intérieurs innombrables qui attendent le prochain président des USA. Un aspect intéressant de cette feuille de route est, après tout, que cette même crise financière illustrant la crise immobilière et la crise du crédit n’y apparaît que presque comme un post-scriptum… 

Notes autour de l’apocalypse

Notes autour de l’apocalypse Pour ces quelques notes sur la semaine de crise du 15 septembre 2008, commençons par une observations qui nous renvoie aux temps bénis où l’on croyait encore au socialisme, moins anachroniques qu’on pourrait croire, après tout. Ministre du commerce dans le gouvernement bolchévique, le frère de Kroupskaïa, femme de Vladimir Illitch Oulianov, dit Lénine, disait en 1918 de son beau-frère : «Volodia est très intelligent, mais c’est surprenant le nombre de sottises qu’il peut dire». Ainsi en est-il en général, dans notre modernité, de l’intelligence en place, reconnue et bénie. Ainsi en est-il de nombre de commentaires sur la crise, après… 

Verdun, ou la répétition générale

Extrait des « âmes de Verdun » Nous donnons ci-dessous un extrait du dernier chapitre de la dernière (sixième) partie du texte de l’album photographique Les âmes de Verdun. (Nous proposons ce livre en vente, sur le site edde.eu.) L’album , qui fait 280 pages et est illustré d’une centaine de photographies de Bernard Plossu et Michel Castermans, comprend un texte de Philippe Grasset avec une introduction et six Parties : • Introductions: « Voyages à Verdun, 2006-2007«  • Premier Partie: « Visions et horizons de l’Ossuaire« . • Deuxième Partie: « Hommes et orages de ferraille« . • Troisième Partie: « Sur le chemin de Froideterre« . • Quatrième Partie: « D’une mémoire l’autre« .… 

La crise a tué le diktat

La crise a tué le diktat 20 septembre 2008 Six jours qui ébranlèrent le monde, pour paraphraser le titre fameux; «A week that shook the system to its core», a choisi aujourd’hui le Financial Times. Et puis, sans aucun doute, aussitôt, la sensation que les choses pourraient être, en vérité, qu’elles sont comme si rien n’était fini «As markets rallied on Friday morning, there was fresh support from the US Treasury with a $50bn temporary insurance scheme for money market funds. Even so, not everyone is convinced the crisis has hit rock bottom yet. »The crisis is far from over, the government action will buy… 

FDR, au secours

FDR, au secours 18 septembre 2008 Roger Cohen est un dur de dur de la plume, dans les colonnes de l’International Herald Tribune, un pur guerrier de l’américanisme qui ne déteste pas de faire la leçon à tout le monde, aux autres, à la France rétrograde, à la Russie non-démocratique. Aujourd’hui, le temps n’est plus aux leçons à faire aux autres mais, paraît-il, aux leçons pour soi-même. Ainsi en est-il de son article du 17 septembre intitulé «The king is dead». Certes, le roi est mort, et nous lisons d’abord son oraison funèbre D’abord, appel au groupe Coldplay, britannique (cela sauve l’esprit anglo-saxon, non?) et… 

On ne fait rien pour l’instant parce que «no one knows what to do»

Le sauvetage d’AIG par l’administration GW Bush, en bon français on dit : nationalisaton, répand à la fois l’incertitude et la colère dans les rangs de l’establishment washingtonien. Personne n’a rien vu venir, tout le monde s’interroge sur les conditions de l’intervention et les diverses responsabilités. Certains, chez les républicains, au Congrès, sont furieux de cette initiative, comme le rapporte CNN.News dans une analyse, ce 17 septembre : «Once again the Fed has put the taxpayers on the hook for billions of dollars to bail out an institution that put greed ahead of responsibility and used their good name to take risky bets that did… 

Panique chic à bord

Dans un sens très technique et avec mesure, avec la raideur et la sûreté de soi qui caractérise sa plume, le Financial Times nous dit, sans doute sans le vouloir ni le savoir, que le monde qu’il a tant servi, que l’esprit même de ce que Churchill nommait au début du XXème siècle l’anglo-saxonisme est en train de suivre la pente d’un effondrement peut-être fatal avec la courbe abyssale de Wall Street. Il prononce le décès d’une culture, d’une conception du monde où le terme de bien public n’avait plus aucun sens, où le culte de l’individualisme comme vertu cardinale, la puissance du profit comme… 

La “bonne gouvernance” de l’UE en recul, sinon en crise

On connaît le grand cas que fait l’UE de ce qu’elle estime être la vertu même de l’Europe; qui a nom, cette expression fameuse et quelque peu prétentieuse en même temps que domestique, de bonne gouvernance. L’un des aspects essentiels de cette bonne gouvernance, qui en principe proscrit l’emploi de la force sauf lorsque c’est pour le bon motif, et l’on sait que certains s’y retrouvent, c’est le moralisme que représente la révérence absolue, quasiment de l’ordre du réflexe conditionné, pour l’expression magique des droits de l’homme. Eh bien, les droits de l’homme version-UE sont en crise. Un rapport du Council of Foreign Affairs in… 

La crise, crescendo et fortissimo

La crise, crescendo et fortissimo La crise financière US entre dans une nouvelle phase, crescendo et fortissimo, avec la situation de l’effondrement de la banque institutionnelle de Wall Street (fondée en 1850 par les trois frères) Lehman Brothers. Après l’échec des négociations pour une reprise, le climat ce matin annonçait une faillite qui est déjà, avant même d’exister, retentissante. L’élément nouveau de la crise à cette étape, après de multiples étapes précédentes, c’est le retrait du jeu du gouvernement US, refusant désormais de prendre à son compte le renflouement des divers effondrements de l’institution financière US. C’est ainsi que Jeremy Walters qualifie cette situation ce…