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Le Pentagone en panne sèche au cœur du cyclone

Le Pentagone en panne sèche au cur du cyclone 11 septembre 2008 On a l’anniversaire qu’on peut Pour le Pentagone, ce sera plutôt le 10 septembre que 9/11. Le 10 septembre 2001, Donald Rumsfeld prononçait ce discours mémorable où il désignait l’adversaire principal des USA et, par conséquent, du Pentagone, un ennemi plus dangereux que n’avait été l’Union Soviétique, évidemment plus dangereux que la narrative concernant l’attentat du lendemain, qui allait bercer nos curs attendris et remplir nos colonnes d’imprécations vertueuses: «The topic today is an adversary that poses a threat, a serious threat, to the security of the United States of America. This adversary… 

“Victoire mineure” mais la cacophonie est plus ample

Victoire mineure mais la cacophonie est plus ample 10 septembre 2008 Nous avons pris le temps de reprendre notre souffle. Quatre heures de négociation, cela fatigue. Un journaliste, français et attentif, observait que Sarko donnait, en évoquant son interlocuteur à la conférence de presse, du président Medvedev, après tout, très gaullien, non? Medvedev, assez badin, presque ironique, plutôt souriant, tout cela qui est un comble pour un personnage qui nous avait semblé jusqu’alors balader une allure de mannequin engoncé et plastronné dans des costard à ne pas croire, Medvedev parlait lestement de Nicolas. En général, les commentaires médiatiques ont été discrets, du type bout des… 

Notes autour de la crise

Notes autour de la crise Ce texte a une forme inhabituelle. C’est plutôt une sorte de bric-à-brac qu’une Analyse mais il a sans aucun doute un fil conducteur, peut-être mêmes plusieurs, ce qui montre peut-être une ubiquité sympathique. Il est bien entendu relié à la grande crise qui remplit nos ondes depuis le 7 août d’une part, il est suscité ou inspiré dans certaines de ses parties par certaines réactions de nos lecteurs d’autre part. Nous ne voulons pas être systématique, c’est-à-dire nous lier à une formule qui pourrait devenir une obligation ou une prison, ou bien une prison parce qu’une obligation. Aussi gardons-nous toute… 

Retombées et opportunités du sommet de Bruxelles

Le sommet de Bruxelles a introduit, pour nombre de participants, un esprit différent correspondant à la troisième phase de la crise que nous décrivions dans notre F&C du 2 septembre. Il s’agit de la sortie de la phase de la rhétorique d’affrontement qui a présidé à la politique (ou la non-politique) occidentale dans la crise géorgienne à partir du 17-18 août. Le sommet de Bruxelles a montré qu’une large majorité des pays de l’UE approuvait une politique tendant à tenter de relancer une politique de concertation et de négociation avec la Russie. Parmi ces pays, on trouve notamment l’Italie et l’Autriche. Ces deux pays ont… 

Nous allons libérer l’Ukraine! Certes, mais qui en Ukraine allons-nous libérer?

En d’autres mots: l’Ouest, d’un seul mouvement, se lève pour prendre l’Ukraine dans son sein, dans l’OTAN, dans l’UE, dans tout ce que vous voulez, dans le Manchester United ou le dans le Standard de Liège puisqu’on y est, pourvu qu’il échappe, ce beau pays, aux griffes de Moscou! Mais quelle Ukraine? Celle du président Ioutchenko, bien sûr, l’homme de la révolution oranger, l’homo democraticus par excellence selon l’Ouest? Le problème est qu’aujourd’hui même, lorsque le président Ioutchenko convoque l’habituel conseil des ministres du mercredi, 11 des 12 ministres du gouvernement de la sémillante Première ministre Tymochenko boycottent la réunion, et Ioutchenko fait à conseil… 

Crise, troisième phase

Crise, troisième phase 2 septembre 2008 L’Europe s’est réunie hier à Bruxelles et cette réunion ne fut pas inutile. L’Europe s’y est montrée à la fois suffisamment divisée et suffisamment contrainte à un arrangement entre ses membres pour nous signaler que la situation est grave et qu’on commence à mesurer la chose. L’espèce d’unité qu’a montrée l’Europe hier n’est pas un signe de santé mais un signe de l’extrême gravité de la situation, telle qu’elle est de plus en plus nettement perçue par les Européens. Le désarroi schizophrénique a laissé place à une anxiété sous-jacente qui est la mesure de cette situation. Cette rencontre marque… 

Le troisième larron

Le troisième larron 1er septembre 2008 Obama a été désigné candidat dans une atmosphère de liesse trop arrangée pour restituer la densité et la qualité de la fièvre de la campagne des primaires. Signe de la chose, cette convention ne lui apporté aucun avantage dans les sondages. Le candidat démocrate est entré dans l’arène, définitivement peut-être, au prix de ce que la représentation médiatique et la perception de sa première campagne avaient laissé penser être son authenticité. (On sait les conditions de cette transformation: virage vers le centre, qui est aux USA un centre extrémiste, adoption de toutes les thèses conformes du système et ainsi… 

Désarroi schizophrénique

Désarroi schizophrénique 29 août 2008 L’UE se réunit lundi, sous la présidence de la France. Les Français, sous la direction de Sarkozy, sont, comme les autres Européens, embourbés dans le marigot de la montée aux extrêmes. La France, présidente de l’UE, qui avait entamé cette crise dans une certaine improvisation créatrice, en est désormais réduite à envisager de refuser de prendre des initiatives pour le sommet, dans tous les cas pour ce jour (hier après-midi à Bruxelles, à la réunion ministérielle préparatoire du sommet), parce que dans le climat actuel prendre l’initiative reviendrait à proposer des sanctions contre la Russie. Une fois cela mis en… 

Qui est isolé, et comment?

Qui est isolé, et comment? 28 août 2008 Un des enjeux de la crise géorgienne semble être, dans l’esprit des divers acteurs, le facteur de l’isolement. Qui est isolé? L’Ouest ou la Russie? L’Ouest, dans tous les cas ses diverses directions politiques, agit comme à l’accoutumée; il se congratule lui-même en observant son apparente unité d’appréciation de la crise, il se baptise communauté internationale, il juge qu’il exprime l’indignation internationale et conclut évidemment que la Russie est isolée. La Russie argumente d’une façon plus nuancée: d’une part, elle affirme qu’elle ne craindrait pas un isolement éventuel, de la même façon qu’elle affirme ne pas craindre… 

L’énigme russe

L’énigme russe 26 août 2008 Que font les Russes en Géorgie? Ils se sont retirés, mais pas vraiment complètement puisqu’ils semblent devoir conserver une présence dans la zone du port de Poti, point stratégique naval (la Flotte de la Mer Noire y avait des droits d’escale jusqu’en 1998); l’on débat sur l’ampleur des diverses zones de sécurité ou autres. Il a semblé et continue à sembler, depuis les deux semaines qui nous séparent de l’acceptation du cessez-le-feu, que les Russes s’accommodent assez bien de provoquer des réactions hostiles du côté occidental (Europe et USA), voire même qu’ils n’hésitent pas une seconde à les susciter. Poursuivent-ils… 

Du Sud au Nord, la crise bascule

Du Sud au Nord, la crise bascule 25 août 2008 Décidément, l’affaire géorgienne apparaît d’une importance considérable. Rien ni personne dans le monde des autorités politiques, notamment en Occident, ne semble capable d’en prendre la mesure, a fortiori d’envisager une initiative ou l’autre qui puisse relancer la marche des choses vers une matière plus constructive. Effectivement, comme l’écrivait d’une plume angoissé le Britannique Michael Binyon du Times (le 16 août), la crise n’évolue nullement comme font d’habitude les crises lorsqu’on est parvenu à les contenir sur le terrain et sa tension reste plus que jamais active et proliférante («This conflict threatens to trigger a struggle… 

Lire et relire Pfaff, de toute urgence

Il est trop rare de découvrir un texte court, percutant, irradiant la culture et la connaissance de l’histoire du monde, pour résister au plaisir de revenir à celui de William Pfaff, du 19 août, déjà cité hier dans notre texte sur l’OTAN, combien de divisions ?. Il est si rare de trouver en si peu de lignes, magnifiquement présenté en allant au cur de la chose, avec les références historiques imparables qui importent, une présentation aussi juste de la dérisoire et considérable catastrophe qu’est la crise géorgienne pour la politique occidentale. Pfaff fait un historique impeccable, d’une part de l’attitude de l’Ouest vis-à-vis de la… 

L’OTAN, combien de divisions?

L’OTAN, combien de divisions? 20 août 2008 — Selon des sources bienveillantes, le sommet de mardi de l’OTAN fut un succès. L’abondance fut sans aucun doute médiatique, avec près de 300 journalistes « du monde entier ». On trouva une unité de bon aloi et les échanges furent courtois et consensuels, y compris en session à huis clos. Les délégations étaient réduites, montrant qu’il s’agissait de dire vite des choses tonitruantes mais sans conséquences considérables malgré les apparences du communiqué. Pour la première fois depuis très, très longtemps, il n’y avait pas de représentant européen, qui est normalement le Haut Représentant Solana. Plus qu’une intrigue anti-européenne, nous… 

Analyse de la culpabilité US dans la crise géorgienne

C’est également aux USA qu’on trouve, comme autant de traces précieuses, les analyses les plus complètes et les plus rigoureuses de la culpabilité US dans l’actuelle crise géorgienne. Culpabilité US, c’est le titre de l’analyse, excellente en tous points, que donne Steve Clemons le 9 août sur son site The Washington Note. Il lie justement cette crise à l’affaire de l’indépendance du Kosovo, et à la façon dont certaines propositions russes de compromis furent écartées sans le moindre ménagement par la partie US: «Georgia-Russia Clash: American Culpability and the Kosovo Connection» La parole à Steve Clemons, qui nous donne une note d’analyse dont pourraient s’inspirer… 

On insiste : le pétrole à $200 le baril d’ici 5-10 ans

On insiste : le pétrole à $200 le baril d’ici 5-10 ans Alors que la baisse du prix du pétrole dans ces deux dernières semaines a introduit une sorte de sentiment d’euphorie en laissant penser que la crise du prix du pétrole est passée, et que la « crise » n’était d’ailleurs pas une vraie crise, un prestigieux institut britannique publie un rapport avertissant que la perspective d’un baril de pétrole s’établissant structurellement autour de $200 est très probable d’ici 5-10 ans. Il s’agit du RIUS, institut célèbre pour ses séminaires dits « de Chatam House ». Le rapport est nommé « The Coming Oil Supply Crunch » et il est… 

Dogfight pas furtif du tout

Dogfight pas furtif du tout 6 août 2008 — La « décapitation » de l’USAF a laissé des traces. La chose ne passe pas si aisément et la matière rechigne. Il ne s’agit pas d’une simple mauvaise humeur mais de la poursuite de certaines querelles et affrontements qui furent ou/et sont à la base de l’intervention de Gates du 5 juin. Nous nous attachons à deux aspects de ces remous post-« décapitation », avec des points complémentaires pour détailler le paysage. • La confirmation par la commission des forces armées du Sénat de la nouvelle équipe (un nouveau chef d’état-major, un nouveau ministre) n’a pas été comme sur des… 

Evidences cachées, contradictoires et irrésistibles

Evidences cachées, contradictoires et irrésistibles 4 août 2008 — Nous rassemblons quelques éléments pour poursuivre une réflexion générale, plus ou moins visible dans la succession de nos analyses, sur la situation du « système » et sur les possibilités de changement. • Citons d’abord un lecteur, en commentaire de notre F&C du 30 juillet, sur le complexe militaro-industriel US et sur Robert Gates. Ce lecteur nous conseille de relire Peter Dale Scott (The Road to 9/11) et de nous référer au COG, – ou « Continuity Of Government« . Notre lecteur avance l’hypothèse que Gates fait partie du COG et que, partant, il ne peut être un réformiste pouvant… 

Lugubre anniversaire

On célèbre ces jours-ci le premier anniversaire de la crise financière du monde et l’on en est encore tout ébahi. C’est ce qui caractérise effectivement, en plus des détails techniques, le premier texte, publié ce 3 août, d’une série d’articles que le Financial Times(FT) consacre à cette célébration. Un an déjà et, plus que jamais, les couleurs de l’incertitude jusqu’à l’angoisse irrépressible, où tout cela s’arrêtera-t-il? à la lumière d’une crise que toutes les autorités et sommités authoritative ne virent pas un instant venir, même si Hiroshi Nakaso se doutait de quelque chose («Just over a year ago, Hiroshi Nakaso, a senior official at the… 

Comme au bon vieux temps…

Comme au bon vieux temps 24 juillet 2008 Est-ce qu’on fleure le parfum enivrant de la crise stratégique, la vraie de vraie? L’affaire des bombardiers russes (à capacité nucléaire) effectuant éventuellement des déploiements temporaires à Cuba provoque quelque agitation à Washington. On a vu hier une première réaction officielle, celle du nouveau chef d’état-major de l’USAF. Hier encore, Martin Sieff, de UPI, évoque cette réaction et, d’une façon plus générale, le climat à Washington devant cette possibilité. Il résume de cette façon les tenants et aboutissants de cette affaire, et la mesure où elle pourrait être pris avec sérieux par Washington. «Nevertheless, the very possibility… 

La fureur discrète de Ambrose Evans-Pritchard

Ambrose Evans-Pritchard, l’un des commentateurs financiers et économiques de la place de Londres les plus écoutés, est furieux même si la chose est discrète. On le comprend à lire son dernier commentaire, «The global economy is at the point of maximum danger », dans le Daily Telegraph du 21 juillet. Si ce commentaire est une revue générale de la situation financière et économique du monde, dans le sens qu’on devine puisque la comparaison est faite avec l’été de 1931 qui précède la plongée dans la Grande Dépression, il est manifeste qu’il est plutôt écrit pour s’adresser aux actuels dirigeants politico-économiques du système. Cette remarque nous… 

Mi-temps de réflexion

Mi-temps de réflexion 21 juillet 2008 Le week end fut moins agité que le précédent (tempête autour de Fannie Mae et Freddie Mac). Ce fut aussi une sorte de mi-temps de réflexion, pour tenter de tirer quelques enseignements plus détachés des tempêtes qui se succèdent. Détachés, certes, pour la distance prise avec l’événement, mais certes pas du tout pour l’état de l’esprit. On choisit au moins trois textes nourrissant cette appréciation et reflétant cet état de l’esprit, de différentes façons et de différents points de vue. Un texte de The Independent du 20 juillet sur la crise de Fannie Mae et Freddie Mac, les terribles… 

Al Gore, intégrateur des crises systémiques, – et future vedette de l’équipe Obama?

La célébrité de l’ancien VP de Clinton Al Gore, devenu notamment Prix Nobel pour sa lutte contre la crise climatique, s’est imposée comme un fort argument contre lui, à côté de l’efficacité qu’elle lui a donné dans sa croisade contre la crise climatique. Par définition, la raison qui domine le Progrès et entend lui donner une vertu d’apparence de désintérêt pour la gloire publique, est en général sévère pour Gore. On n’aime pas la vulgarisation, dans les milieux experts, pour les raisins de la vertu et aussi, tout de même, parce qu’elle risque d’éclairer crûment les erreurs fondamentales qu’on débusque dans ces milieux, voire la… 

La crise pulvérise l’American Dream

La crise pulvérise l’American Dream 18 juillet 2008 Quelle est la valeur américaniste suprême? Une expression la résume parce qu’elle comporte tous les éléments, on dirait tout le bric-à-brac de la psychologie américaniste : the American way of life. Le 27 septembre 2001, le secrétaire à la défense Rumsfeld, voulant galvaniser la population dans la bataille suprême contre la Terreur (on ne disait encore que contre le terrorisme), n’avait trouvé que cette référence : «The American way of life is threatened [] We have no choice: either to change the way we live, which is unacceptable; or to change the way that they live. And… 

Boeing et Airbus piquent dans la crise

L’aviation civile de transport touchée de plein fouet par la crise, tel est le verdict principal avant même le procès, au Salon aéronautique de Farnborough qui s’ouvre aujourd’hui. La tradition des grands salons aéronautiques de ces dernières années est brisée. Il n’y aura pas la folle compétition habituelle des commandes gargantuesques entre Boeing et Airbus, parce qu’il semble bien qu’il n’y aura guère de commandes gargantuesques. La seule attendue pour l’instant est un marché de $20 milliard pour Etihad, compagnie de l’émirat d’Abou Dhabi. Farnborough est le premier salon de la Grande Crise, avec cette annonce par le Times d’aujourd’hui d’une prévision de l’effondrement des…