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Russie

Medvedev existe, il a rencontré son 9/11

Medvedev existe, il a rencontré son 9/11 13 septembre 2008 — Nous nous concentrions hier sur les déclarations de Medvedev (et de Poutine) concernant les préoccupations de la Russie pour la dégradation des relations internationales et la recherche de ce qu’on pourrait désigner comme un « nouvel ordre mondial ». Cette approche était faite à partir des dépêches de l’agence Novosti, qui comportaient en elles-mêmes leur intérêt propre pour les problèmes dont nous nous préoccupons. Un autre éclairage des déclarations de Medvedev vient des correspondants occidentaux à Moscou, notamment britanniques. On retrouve l’idée, très spectaculaire, très « médiatique » surtout à la date proche de l’anniversaire de l’attaque 9/11… 

Poutine, Medvedev et la petite fille qui tient la main de sa maman

Les Russes poussent méthodiquement leur raisonnement sur la situation du monde, comme une sorte de commentaire qu’ils feraient de la crise dont ils sont eux-mêmes un protagoniste essentiel. Cette attitude se retrouve dans deux communications faites par Poutine et Medvedev, hier et aujourd’hui, lors de rencontres des deux dirigeants russes avec le club international de rencontre Valdaï. Ces interventions pourraient s’emboîter l’une dans l’autre, disons comme des poupées russes. Poutine parle de l’Union Européenne et de sa politique extérieure qui n’existe pas, Medvedev de l’ordre international qui est moribond. Ceci n’est pas loin d’expliquer cela. Poutine rencontre donc jeudi le Club Valdaï et dit tout… 

Lavrov en Pologne: maudit soit le BMDE … et soyons amis

Le ministre russe des affaires étrangères russe Lavrov était en Pologne hier, le 11 septembre. Cette visite prévue fin août avait été annulée par le Russe le jour où la Pologne signait avec Rice l’accord d’installation du système BMDE en Pologne, le 20 août. La visite de Lavrov constitue un événement étrange pour celui qui considère la crise géorgienne d’un point de vue abrupt, en noir et blanc, puisqu’on ne peut rêver pays plus antagoniste en apparence que la Pologne et la Russie dans la logique de cette crise. Cela semble évident depuis la signature de l’accord BMDE, qui a été violemment dénoncé par la… 

“Sarah who?” est évidemment “Sarah hawk

Le phénomène Sarah Palin est en train d’être intégré en tant que tel, un phénomène d’enthousiasme complètement inattendu et, surtout, imprévu dans cette ampleur. Si Palin a été sélectionnée soigneusement par les services de communication du GOP (Great Old Party, parti républicain), selon des critères de promotion et de relations publiques et nullement des critères politiques, l’important pour le GOP, pour l’instant, est de gagner, le succès extraordinaire qu’elle a remporté, jusqu’à faire beaucoup d’ombre à McCain, était complètement imprévu parce qu’imprévisible par sa nature même. Il impose une stratégie nouvelle qui n’est pas de tout repos puisque cette stratégie partirait d’une situation où le… 

“Victoire mineure” mais la cacophonie est plus ample

Victoire mineure mais la cacophonie est plus ample 10 septembre 2008 Nous avons pris le temps de reprendre notre souffle. Quatre heures de négociation, cela fatigue. Un journaliste, français et attentif, observait que Sarko donnait, en évoquant son interlocuteur à la conférence de presse, du président Medvedev, après tout, très gaullien, non? Medvedev, assez badin, presque ironique, plutôt souriant, tout cela qui est un comble pour un personnage qui nous avait semblé jusqu’alors balader une allure de mannequin engoncé et plastronné dans des costard à ne pas croire, Medvedev parlait lestement de Nicolas. En général, les commentaires médiatiques ont été discrets, du type bout des… 

Une nouvelle alliance dans le Caucase, avec principalement la Turquie et la Russie?

Nous ne nous avancerons pas trop pour tenter de donner une analyse claire de la situation dans le Caucase. Nous n’avons certainement pas les capacités de le faire et nous avons de toutes les façons quelques doutes qu’on puisse y parvenir d’une façon satisfaisante dans les conditions présentes. Nous rapportons l’information ci-dessous plutôt dans l’intention de montrer combien des facteurs régionaux importants peuvent donner un éclairage différent de la situation générale créée par la crise géorgienne et ses suites, et combien le rôle de certains pays peut recéler, sinon de surprises, du moins de positions ambiguës par rapport à la vision conventionnelle, et donc occidentale,… 

Le songe ukrainien de TGA et de l’Occident libéral-interventionniste

L’un des grands inspirateurs du libéralisme interventionniste occidental et transatlantique (les liberal hawks dans le jargon anglo-américaniste), cette doctrine qui triompha avec Tony Blair durant les jours heureux (pour ces gens-là) de la guerre du Kosovo, c’est l’intellectuel britannique Timothy Garton-Ash, disons toujours TGA pour faire bref. Dans le Guardian du 4 septembre 2008, TGA nous donne une tribune tourmentée où il décompte les blessures du libéralisme interventionniste après l’affaire géorgienne suivant le reste et décrète qu’il faut désormais toujours plus de libéralisme et toujours plus d’interventionnisme mais en beaucoup plus discret, par la force des choses, qui pourrait bien être celle des chars russes.… 

La crise se précise

La crise se précise 8 septembre 2008 — Depuis le sommet de Bruxelles, la crise a changé de forme. On a noté (Bloc Notes, le 5 septembre) l’activisme soudain des pays-membres de l’UE qui ont soutenu le plus fermement la tendance majoritaire affirmée par ce sommet de la recherche d’une entente avec la Russie. L’Italie et l’Autriche, la Belgique, même la Pologne ont été mentionnés, et bien entendu la France qui est à la tête de l’UE pour la période. Cet activisme est une marque certaine de l’engagement des diverses diplomaties concernées pour la recherche d’une entente avec la Russie. Les signes sont suffisamment nombreux… 

De la médiocrité des origines de la crise

De la médiocrité des origines de la crise 5 septembre 2008 — Il devrait apparaître évident à tout esprit normalement critique et normalement informé que l’OTAN est aujourd’hui une « machine de guerre » américaniste anti-russe, destinée à encercler la Russie et à exercer une pression grandissante sur ce pays. Elle l’est principalement au travers de la dynamique d’élargissement, que les Américains aimeraient voir poussée au moins jusqu’à la Géorgie et l’Ukraine. Sans doute, sans aucun doute l’OTAN l’est-elle aujourd’hui, cette « machine de guerre » anti-russe. Cela admis, les mêmes esprits en tirent la conclusion évidente, sinon rationnelle, qu’il en est ainsi depuis l’origine, que l’élargissement de l’OTAN… 

Retombées et opportunités du sommet de Bruxelles

Le sommet de Bruxelles a introduit, pour nombre de participants, un esprit différent correspondant à la troisième phase de la crise que nous décrivions dans notre F&C du 2 septembre. Il s’agit de la sortie de la phase de la rhétorique d’affrontement qui a présidé à la politique (ou la non-politique) occidentale dans la crise géorgienne à partir du 17-18 août. Le sommet de Bruxelles a montré qu’une large majorité des pays de l’UE approuvait une politique tendant à tenter de relancer une politique de concertation et de négociation avec la Russie. Parmi ces pays, on trouve notamment l’Italie et l’Autriche. Ces deux pays ont… 

L’“Ouest”, combien de vieux chars démodés?

Les leçons militaires du conflit de la Géorgie sont diverses et incertaines, tant il est difficile de parfaitement ajuster le facteur de la qualité et de l’efficacité des forces militaires à l’autre facteur des résultats politiques obtenus, tant aussi il apparaît que la crise de Géorgie, qui a commencé par une guerre avec toutes ses caractéristiques, est effectivement d’abord une crise dont l’un des composants est une guerre, chronologiquement le premier de ses composants mais ni le plus important, ni le plus décisif. Par contre, cette guerre a permis de fixer certaines références nouvelles. Ce qu’a montré avant toute chose la guerre de Géorgie, ce… 

Une incertitude de plus: les rapports entre l’armée russe et le Kremlin

La situation en Géorgie, du point de vue militaire russe, dépend également d’un facteur extrêmement important et qui apparaît selon diverses informations plutôt incertain: les relations entre l’armée russe et la direction politique à Moscou. Un article du Financial Times du 1er septembre donne des indications sur une situation qui serait loin d’être claire à cet égard. Brièvement dit, il apparaîtrait possible que l’armée russe ait sa propre politique, plus dure que les consignes du pouvoir politique, ou, dans tous les cas, l’ait eu par instant, notamment au moment de l’annonce du cessez-le-feu (le 12 août). Cette circonstance expliquerait évidemment, au moins en partie, la… 

Crise, troisième phase

Crise, troisième phase 2 septembre 2008 L’Europe s’est réunie hier à Bruxelles et cette réunion ne fut pas inutile. L’Europe s’y est montrée à la fois suffisamment divisée et suffisamment contrainte à un arrangement entre ses membres pour nous signaler que la situation est grave et qu’on commence à mesurer la chose. L’espèce d’unité qu’a montrée l’Europe hier n’est pas un signe de santé mais un signe de l’extrême gravité de la situation, telle qu’elle est de plus en plus nettement perçue par les Européens. Le désarroi schizophrénique a laissé place à une anxiété sous-jacente qui est la mesure de cette situation. Cette rencontre marque… 

La Géorgie agite déjà nos théoriciens et nos experts de l’armement

On dit dans les milieux proches de l’OTAN que la réunion des ministres de la défense des pays de l’OTAN, les 18 et 19 septembre à Londres, devrait prendre une orientation nouvelle par rapport aux prévisions initiales qui cantonnaient cette réunion à un débat d’idées. La crise géorgienne et l’intervention russe sont passées par là. L’évolution possible serait qu’on pourrait plutôt commencer à se tourner, ou en tout cas débattre de la possibilité de se tourner vers un travail de defense planning, un nouvel effort de planification portant sur l’évolution des forces dans les pays de l’OTAN dans la perspective de développer une infrastructure de… 

La contre-attaque médiatique de la Russie

Au milieu de la semaine dernière, une source à l’OTAN nous disait son étonnement: «C’est fascinant, c’est complètement nouveau Les Russes sont désormais partout dans les médias occidentaux, Medvedev, Poutine, Rogozine, à toutes les TV, sur CNN, sur la BBC, sur la chaîne ARD allemande. L’armée russe a même institué une conférence de presse quotidienne et son porte-parole est très bon, très sérieux, très ouvert. C’est vraiment une nouveauté.» La chose est vraiment apparue de manière éclatante avec la longue interview de Poutine à la CNN, réalisée le 27 août (texte en ligne le 29 août) au cours de laquelle il a accusé les Américains… 

L’énigme, suite fortissimo

L’énigme, suite fortissimo 30 août 2008 Pourquoi la Russie a-t-elle reconnu l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud? La décision a surpris considérablement les autres acteurs de la crise et n’a pas eu encore d’explication complète et satisfaisante, tant s’en faut. Les hypothèses s’échangent donc avec vivacité. Ce ne sont pas elles précisément qui nous intéressent, mais le prolongement de la réflexion qui les accompagneraient éventuellement. Dans ce cas, nous demandons à nos lecteurs de placer cette réflexion intuitive, ou post-intuitive dans la logique, ou dans le prolongement de notre texte du 26 août. Ce texte mentionnait la reconnaissance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, mais… 

L’“isolement” de Douchanbé

C’est en effet à Douchanbé, capitale du Tadjikistan, que l’Organisation de Coopération de Changhaï (officiellement SCO en anglais) a tenu un sommet qui était important pour la Russie. Cette organisation allait-elle soutenir, comme la Russie devait sans doute l’espérer, l’action russe dans la crise géorgienne? On allait pouvoir faire le point sur l’isolement de la Russie. Les médias occidentaux furent prompts pour annoncer un revers sérieux de la Russie parce que le communiqué du sommet n’annonçait pas un soutien à toute l’action russe, particulièrement la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. (Cette simple phrase de CNN.News, dans un texte du 28… 

En Mer Noire, Mullen à la barre

Des déclarations de l’amiral Mullen, le président du Joint Chiefs of Staff, évidemment directement proche de l’U.S. Navy de par son origine, confirment que, comme à l’accoutumé de ces dernières années, les militaires US sont extrêmement prudents. Cette prise de position concerne la situation dans la Mer Noire, où la Navy est impliquée au premier chef. Une dépêche Reuters du 28 août rapporte des déclarations de Mullen. D’abord, pour ce qui concerne la situation en Mer Noire : «Adm. Mike Mullen, chairman of the Joint Chiefs of Staff, also said Russian and U.S. military officials were working carefully to coordinate the movements of their navies… 

Qui est isolé, et comment?

Qui est isolé, et comment? 28 août 2008 Un des enjeux de la crise géorgienne semble être, dans l’esprit des divers acteurs, le facteur de l’isolement. Qui est isolé? L’Ouest ou la Russie? L’Ouest, dans tous les cas ses diverses directions politiques, agit comme à l’accoutumée; il se congratule lui-même en observant son apparente unité d’appréciation de la crise, il se baptise communauté internationale, il juge qu’il exprime l’indignation internationale et conclut évidemment que la Russie est isolée. La Russie argumente d’une façon plus nuancée: d’une part, elle affirme qu’elle ne craindrait pas un isolement éventuel, de la même façon qu’elle affirme ne pas craindre… 

Du roi Abdallah de Jordanie au SS-26, l’arme secrète des Russes

Du roi Abdallah de Jordanie au SS-26, l’arme secrète des Russes Une caractéristique de la politique russe dans la crise actuelle est la diversité de ses axes d’offensive et l’exploitation rapide de ces axes. Cela conduit souvent à une situation où les Occidentaux sont pris par surprise, où sont exploités des domaines inattendus pour ces mêmes Occidentaux. La question de l’exportation des armements est un domaine où les Russes se montrent très actifs, et d’une façon visible, depuis trois semaines. Les Occidentaux et surtout les USA, très actifs dans le domaine depuis longtemps, particulièrement depuis la fin de la Guerre froide, avaient pris depuis cette… 

Courte réflexion anglo-saxonne sur la politique russe

La reconnaissance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud par la Russie représente un choc de plus pour l’Occident, qui ne cesse d’empiler les chocs subis du fait de la politique russe. Quelques heures après le vote unanime du Parlement russe en faveur de cette reconnaissance, les commentaires étaient unanimes pour estimer que la direction russe ne se presserait pas pour suivre son Parlement, que cette demande de reconnaissance représenterait un atout dans une négociation internationale avec la menace d’éventuellement y souscrire (voir l’avis relayé hier d’un expert russe présenté par le Guardian: «One analyst said it was unlikely that the Kremlin would unilaterally recognise… 

L’énigme russe

L’énigme russe 26 août 2008 Que font les Russes en Géorgie? Ils se sont retirés, mais pas vraiment complètement puisqu’ils semblent devoir conserver une présence dans la zone du port de Poti, point stratégique naval (la Flotte de la Mer Noire y avait des droits d’escale jusqu’en 1998); l’on débat sur l’ampleur des diverses zones de sécurité ou autres. Il a semblé et continue à sembler, depuis les deux semaines qui nous séparent de l’acceptation du cessez-le-feu, que les Russes s’accommodent assez bien de provoquer des réactions hostiles du côté occidental (Europe et USA), voire même qu’ils n’hésitent pas une seconde à les susciter. Poursuivent-ils… 

La Russie invite la crise afghane dans notre grande crise

Le domaine de la crise géorgienne ne cesse de s’étendre, confirmant sa puissance et son importance, et son caractère de crise centrale. Cette crise centrale affecte désormais directement, ou absorbe la crise afghane, avec des déclarations de l’ambassadeur russe en Afghanistan faites au Times de Londres aujourd’hui. Les Russes n’ont pas perdu de temps : ils mettent directement en cause l’accord d’avril dernier entre la Russie et l’OTAN pour le transit par la Russie de ravitaillements et d’équipements de l’OTAN destinés à l’Afghanistan. «Zamir Kabulov, the Russian Ambassador to Afghanistan, told The Times in an interview that he believed the deal was no longer valid… 

Sébastopol et le goût salée des “mers chaudes”

A côté de la Géorgie, qui serait un baril de poudre, l’Ukraine paraît être une poudrière considérable et bourrée de poudre, qui n’attend qu’une mèche bienveillante. L’arrivée à Sébastopol du croiseur lance-missiles russe Moskva a été une occasion de plus de mesurer cette situation ukrainienne. Le navire fait partie de la Flotte de la Mer Noire, qui a son port d’attache à Sébastopol, ville russe de Crimée rattachée à l’Ukraine par Krouchtchev, qui fait aujourd’hui partie de l’Ukraine dont le président est très hostile à la Russie, qui est peuplée en grande majorité de Russes. L’Ukraine veut que la base navale de Sébastopol soit restituée…