Aller au contenu

Russie

La Russie invite la crise afghane dans notre grande crise

Le domaine de la crise géorgienne ne cesse de s’étendre, confirmant sa puissance et son importance, et son caractère de crise centrale. Cette crise centrale affecte désormais directement, ou absorbe la crise afghane, avec des déclarations de l’ambassadeur russe en Afghanistan faites au Times de Londres aujourd’hui. Les Russes n’ont pas perdu de temps : ils mettent directement en cause l’accord d’avril dernier entre la Russie et l’OTAN pour le transit par la Russie de ravitaillements et d’équipements de l’OTAN destinés à l’Afghanistan. «Zamir Kabulov, the Russian Ambassador to Afghanistan, told The Times in an interview that he believed the deal was no longer valid… 

Sébastopol et le goût salée des “mers chaudes”

A côté de la Géorgie, qui serait un baril de poudre, l’Ukraine paraît être une poudrière considérable et bourrée de poudre, qui n’attend qu’une mèche bienveillante. L’arrivée à Sébastopol du croiseur lance-missiles russe Moskva a été une occasion de plus de mesurer cette situation ukrainienne. Le navire fait partie de la Flotte de la Mer Noire, qui a son port d’attache à Sébastopol, ville russe de Crimée rattachée à l’Ukraine par Krouchtchev, qui fait aujourd’hui partie de l’Ukraine dont le président est très hostile à la Russie, qui est peuplée en grande majorité de Russes. L’Ukraine veut que la base navale de Sébastopol soit restituée… 

Pourquoi n’ont-ils pas écrit cet article en 2001? Ou bien en 1991?

Les Américains, ou disons les citoyens américanistes, sont gens surprenants. Ils suscitent, poursuivent, accélèrent avec enthousiasme et sans le moindre frein ni scrupule une politique qu’ils savent pertinemment être déstabilisante, pour soudain s’apercevoir lorsqu’une réaction sérieuse et évidemment prévisible est déclenchée par elle, tout ce qu’ils ont à perdre avec elle. Cela fait donc huit ans, non, mieux, ou pire, cela fait 16 ou 17 ans qu’ils poursuivent la même politique de pression et d’investissement d’influence, de propagande et d’actions de subversion dont les révolutions de couleur sont les meilleurs exemples, contre la Russie. Et puis, aujourd’hui, ou plutôt hier dans cet article de l’International… 

La mèche est-elle allumée?

La mèche est-elle allumée? 22 août 2008 La fureur russe, l’excitation polonaise avec les illusions qui vont avec, l’indifférence bovine des messagers de l’américanisme (oui nous insistons: indifférence, le qualificatif bovine étant pour l’agrément), voilà ce qui caractérise la signature de l’accord du déploiement des anti-missiles en Pologne, dans le cadre du système BMDE. Ajoutons-y l’inattention en général des Européens divers, suffisamment désorientés par la tournure des événements, mais aussi, chez quelques autres plus attentifs, une sourde inquiétude. Le déploiement du système BMDE, dans l’esprit où il s’annonce désormais, c’est-à-dire complètement anti-russe, est porteur d’une déstabilisation majeure, voire de la déstabilisation suprême. Cette fois, les… 

Leçon essentielle de la courte guerre: la centralisation en échec

Le très court conflit entre la Russie et la Géorgie est déjà l’objet de nombreuses analyses. On veut savoir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché. La leçon militaire à grand effet politique est évidente et n’a nul besoin d’être soumis à la verve déstructurante des experts: la puissance militaire russe, si effrayante lorsqu’elle était soviétique et complètement désintégré dans les années 1990, est à nouveau active et efficace. Sur le plan technique, comme toujours dans le cas de l’évaluation d’une guerre, l’affaire est plus complexe. Nous avons choisi de chercher ce qui nous paraît l’essentiel et nous pensons l’avoir trouvé dans… 

Condi et les Tu-95 qui menacent l’Ouest et ses valeurs

Il y a quelque chose de complètement robotisé dans le discours convenu, conformisme passé à la moulinette du virtualisme, de nos dirigeants. Parmi les robotisés, Condi Rice est un grand format, une sorte de robot qui aurait été lobotomisé après avoir été habillé dans les boutiques chics de la 5ème Avenue. Cela tient essentiellement, outre son discours totalement vide comme tout le monde, au fait qu’elle assume une fonction prestigieuse qui n’a plus aucune signification. Le département d’Etat sous son règne est réduit à entériner les exigences du Pentagone et les lubies désormais poignantes, vu la proximité de la retraite, de GW. Cela écrit, il… 

L’OTAN, combien de divisions?

L’OTAN, combien de divisions? 20 août 2008 — Selon des sources bienveillantes, le sommet de mardi de l’OTAN fut un succès. L’abondance fut sans aucun doute médiatique, avec près de 300 journalistes « du monde entier ». On trouva une unité de bon aloi et les échanges furent courtois et consensuels, y compris en session à huis clos. Les délégations étaient réduites, montrant qu’il s’agissait de dire vite des choses tonitruantes mais sans conséquences considérables malgré les apparences du communiqué. Pour la première fois depuis très, très longtemps, il n’y avait pas de représentant européen, qui est normalement le Haut Représentant Solana. Plus qu’une intrigue anti-européenne, nous… 

Crise interceptée: le BMDE marche

Crise interceptée: le BMDE marche 18 août 2008 — La signature-express d’un « accord préliminaire » entre les Etats-Unis et la Pologne le 14 août, concernant le stationnement de missiles anti-missiles (système BMDE), peut être interprétée comme une réaction-éclair du système face à l’invasion de la Géorgie. La chose pourrait paraître complètement inattendue, ou imprévue, et après tout ce fut le cas car c’était la logique même, et nous dirions même la sagesse, de prévoir le retardement ou l’abandon du système – certes, logique et sagesse hors du théâtre de la folie où évoluent les affaires du monde. Qu’on en juge par ceci, sous la plume de… 

La singulière position de la Turquie

La singulière position de la Turquie Après tout, la Turquie est proche des épicentres de violence et de déstabilisation: proche de l’Irak, proche de l’Iran, pas si loin de la Géorgie et de la Russie… Proche des Etats-Unis, par le portefeuille sinon par le cœur et, après tout, membre de l’OTAN autant que candidate controversée à l’entrée dans l’UE. Pour compléter ce tableau objectif plein d’ambiguïté, il y a la position de la Turquie durant cette crise de la Géorgie. • Le 13 août, alors que la crise russo-géorgienne entrait dans sa phase d’élargissement, le Premier ministre Erdogan était en visite à Moscou et prodiguait… 

L’“Ouest” en déroute

L’Ouest en déroute 10 août 2008 Les Occidentaux s’agitent, mais un peu dans tous les sens, en observant certaines limites, en alternant des semi-condamnations et des offres pressantes de médiation, ceci et cela mesurant leur impuissance. Depuis le 8 août l’Ouest observe avec stupéfaction ce monstre qu’est la guerre géorgienne, accouché par 17 années d’une politique (occidentale) qui semblerait avoir été conçue exactement pour susciter de tels points d’affrontement. Désormais, la question que se posent les Occidentaux est de savoir où s’arrêteront les Russes. A première vue, il semble que la Russie n’est pas exactement inclinée aux concessions ou à la modération. Cette perspective était… 

L’ombre du Kosovo

La société d’analyse US Stratfor est intéressante à suivre dans la question du conflit d’Ossétie du Sud. Alors que son orientation est en général clairement américaniste, que son outil d’analyse est essentiellement géopolitique, Stratfor a aussi une appréciation originale par rapport au courant de la pensée US de l’importance de l’esprit national. On a lu l’analyse que George Friedman fait du rôle de Soljenitsyne, qui est extrêmement originale et subtile pour une psychologie américaniste. Vis-à-vis de la Russie, Stratfor a depuis longtemps une appréciation historique: la Russie est une vieille nation et une grande puissance, et ceci expliquant en partie cela; elle ne peut accepter… 

Entre “sympathie” et “frustration”, un dilemme à la mesure de la politique occidentaliste

Parmi les experts consultés, l’avis de Jonathan Eyal, directeur des études au Royal United Services Institute (RUSI), est intéressant dans la mesure où il résume bien la position dominante à l’Ouest, fortement influencée par les Anglo-Saxons. Il s’agit de la position dominante simplement par absence d’alternative, parce qu’aucune alternative ne s’est révélée à l’Ouest. La France et l’Allemagne sont principalement fautives à cet égard, qui sont les deux seuls pays qui auraient pu, ces dernières années, formuler et appliquer effectivement une telle alternative politique. Même le couple Chirac-Schroëder (avant Chirac-Merkel et Sarkozy-Merkel) n’a pas pu établir cette alternative, s’il a prétendu suivre une politique recherchant… 

La souris du mois d’août

La souris du mois d’août 9 août 2008 D’une façon générale, il ne fait guère de doute, dans les appréciations des uns et des autres, que la Géorgie a déclenché le conflit en Ossétie du Sud. Cette reconnaissance, à l’Ouest, est contrainte ou gênée, parfois furieuse ou simplement réaliste, mais elle est surtout inévitable. Qui plus est, l’appréciation de l’action géorgienne n’est pas vraiment laudative, du point de vue froidement réaliste. On donne ici l’analyse du Times, ce jour, parce qu’elle nous semble bien révélatrice. Le Times est loin d’être défavorable à la Géorgie, sa ligne éditoriale est animée d’une hargne anti-russe exemplaire pour les… 

Une “guerre” de circonstance

Rigolards, les journalistes russes en poste à Bruxelles ne cessent de clamer que, tiens, comme ça tombe bien, déclencher une attaque le jour où tout le monde a les yeux tournés vers Pékin et les Jeux Olympiques…. Ils parlent des accrochages puis des combats d’hier soir et d’aujourd’hui, entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud, puis avec les Russes probablement, qui se sont aggravés durant toute cette journée du 8 août. L’affrontement devient-il une guerre de circonstance, et la guerre va-t-elle perdre ses guillemets pour devenir un conflit pur et simple? A Moscou, le chef de la commission sur la sécurité de la Douma, Vladimir… 

La non-escale de Bruxelles

On l’a vu et on l’a dit, le voyage de Barack Obama dans le reste du monde (ROW) n’était pas vraiment calibré pour des projets d’information et de délibération politiques. Une appréciation politique de ce voyage inspire donc diverses critiques. Ce fut le cas le 16 juillet, lorsque Steve Clemons, de The Washington Note, s’étonnait que Obama n’ait pas songé à faire une escale à Bruxelles. «I’m worried. While some have become distracted by a silly discussion inside Germany on whether Obama should speak at the Brandenburg Gate in Berlin and whether he should defer to Angela Merkel, most seem to have forgotten that Obama’s… 

Comme au bon vieux temps…

Comme au bon vieux temps 24 juillet 2008 Est-ce qu’on fleure le parfum enivrant de la crise stratégique, la vraie de vraie? L’affaire des bombardiers russes (à capacité nucléaire) effectuant éventuellement des déploiements temporaires à Cuba provoque quelque agitation à Washington. On a vu hier une première réaction officielle, celle du nouveau chef d’état-major de l’USAF. Hier encore, Martin Sieff, de UPI, évoque cette réaction et, d’une façon plus générale, le climat à Washington devant cette possibilité. Il résume de cette façon les tenants et aboutissants de cette affaire, et la mesure où elle pourrait être pris avec sérieux par Washington. «Nevertheless, the very possibility… 

L’USAF, Cuba et les F-22

Les événements sont parfois bien à propos. Il y a deux jours, le 21 juillet, les Russes font dire plus ou moins discrètement qu’ils pourraient déployer, disons selon des assignations temporaires ou lors de missions en aller-retour, des bombardiers à Cuba. Il s’agit notamment de Tu-95 subsoniques et de Tu-160 supersoniques. Explication? Un retour ironique de la crise des anti-missiles en Europe («While they are stationing missile-defense shields in Poland and the Czech Republic, our jets of far-distance strategic aviation land in Cuba, a high-ranked source said in the interview with Izvestia.») Donc, événement à propos, avec le passage du nouveau chef d’état-major de l’USAF,… 

La Géorgie ne cesse de nous inquiéter…

Dans les chancelleries occidentales mais également américanistes, il ne fait aucun doute que l’inquiétude devant l’évolution de la situation entre la Géorgie et la Russie ne cesse de grandir. «Il y a une crainte générale qu’un conflit éclate cet été, les Russes sont terriblement sérieux dans cette affaire et ils considèrent qu’on atteint le seuil de l’inacceptable», dit-on et ne cesse-t-on de répéter dans des milieux européens de haut niveau. Du côté US, on n’en est pas moins inquiet de la situation en Géorgie, ce qui est une chose relativement nouvelle. Les sources européennes en question rappellent la déclaration de l’ambassadrice US à l’OTAN Victoria… 

Le débat sur la sécurité européenne, le “triple langage” et l’absence des USA

Prenons le cas de la Géorgie. La situation entre la Russie et la Géorgie est aujourd’hui décrite dans les milieux européens institutionnalisés, comme «très intense, au bord de la confrontation. C’est un des plus graves points de crise aujourd’hui en Europe, qui peut conduire à une confrontation au niveau européen et de l’OTAN». L’analyse faite en interne de cette crise dans ces milieux est à deux niveaux, correspondants au phénomène du triple langage que nous avons tenté de définir, c’est-à-dire, à côté du langage de la réalité (premier langage), en plus d’une censure du conformisme totalitaire de la bureaucratie et de l’establishment vers le public… 

Narrative US : l’URSS défaite en 1989 comme l’Allemagne en 1945

Narrative : l’URSS défaite en 1989 comme l’Allemagne en 1945 L’explication de la politique russe des USA est un vaste sujet qui a surtout à voir avec la psychologie. Nous avons offert l’explication de la « déception » US du comportement de la Russie vis-à-vis de la consigne démocratique selon les conceptions américanistes, – tout cela, du point de vue américaniste et conformément à la psychologie américaniste. Le professeur Stephen F. Cohen (dans l’International Herald Tribune du 1er juillet) offre une autre explication, que nous voyons aisément comme complémentaire de la « déception ». Le sujet de son article n’est pas cette explication, mais l’explication vient comme argument du… 

Question revisitée à la lumière des événements pétroliers: qui a gagné la Guerre froide?

L’universitaire Michael Klare, spécialiste des questions d’énergie, analyse sur le site TomDispatch.com, ce 8 mai, la question de la dépendance du pétrole des USA, et plus encore la question de la puissance et de la souveraineté des USA à cette lumière. Evidemment, cette analyse est encore plus pertinente à l’heure de la montée des prix du pétrole, comme le signale Tom Engelhardt qui présente le texte de Klare sur son site : «A barrel of crude broke another barrier Wednesday $123 on international markets, and the talk is now of the sort of superspike in pricing (only yesterday unimaginable) that might break the $200 a… 

La Géorgie et les incohérences américanistes

La destruction d’un drone, ou UAV (Unmanned Aerial Vehicle) de reconnaissance géorgien par la chasse russe met en évidence la politique chaotique et irresponsable des USA vis-à-vis de la Géorgie, et par voie de conséquence, vis-à-vis de la polémique de l’élargissement de l’OTAN à la Géorgie (et à l’Ukraine) qui est un grave ferment de division de l’Alliance. L’UAV, construit par les Israéliens, a été fourni à la Géorgie par les USA, spécifiquement par le Pentagone. Bien entendu, il était contrôlé et manié par des équipes US installées en Géorgie, lors de cette mission au-dessus de l’Abkhazie, une province indépendantiste de la Géorgie soutenue par… 

Victoire par l’Afghanistan

Une question qui restera longtemps dans les esprits des divers analystes de la question, tant les interprétations varient: qui l’a emporté au(x) sommet(s) de Bucarest? D’ailleurs, dans quelle arène? A l’intérieur de l’OTAN? Entre l’OTAN et la Russie? Entre Russes et Américains? Voici une réponse intéressante parmi d’autres, car il y a plusieurs réponses à cette question d’une vastitude équivalente à celle du (des) sommet(s) en question. C’est celle de M K Bhadrakumar, ancien diplomate indien devenu chroniqueur notamment pour Atimes.com; sa réponse dans une chronique qu’il a publiée le 8 avril. M K Bhadrakumar reprend l’argument qu’il avait développé dans un précédent article en… 

Les mauvaises rencontres de Renegade

Pourquoi le Secret Service, chargé aux USA de la sécurité des dirigeants politiques, a-t-il baptisé le sénateur Barack Obama, dont il assure évidemment la protection, du nom-code de Renegade (renégat)? Ou bien n’y a-t-il aucune raison de poser une telle question? Un nom-code a-t-il une signification ou n’en a-t-il pas? (Desert Storm pour la première Guerre du Golfe, commencée le 17 janvier 1991? Iraqi Freedom, pour l’attaque de l’Irak le 19 mars 2003?) Nous avions remarqué la chose dans notre Bloc Notes du 26 février. Pour rappel, il s’agissait d’un passage comme par inadvertance dans un article du New York Times du 25 février. Nous…