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Times

Chute finale confirmée par le FT

Chute finale confirmée par le FT 16 février 2007 Nous l’avions raté et notre honte est à mesure, difficilement bue. Ce que nous avions raté est ceci : désormais, la chute de l’Empire est actée, indubitable, incontournable. Après Davos (Garton-Ash & compagnie), voici le Financial Times et son oraison funèbre. Il s’agit de l’article America finds its hands tied by new rivals, de Daniel Dombey, publié le 12 février. Le FT nous dit que la perspective est particulièrement alarmante, et même au-delà. Lecteur, laissez toute espérance à cette porte. C’est à l’enterrement de l’empire du monde que vous convie le FT. (L’édition papier va, dans… Chute finale confirmée par le FT

Lecture(s) de Poutine

Lecture(s) de Poutine 15 février 2007 — Il faut apprécier la thèse : le discours de Poutine à Munich nous aurait réservé le privilège de découvrir le hideux visage d’un nouveau vilain. Le loup s’était jusqu’alors déguisé en mère-grand, et nous autres, pauvres petits chaperons rouges pas assez regroupés autour du chaperon rouge-en-chef, qui allions nous y laisser prendre. Le loup s’est montré à visage découvert. Vade retro, Satanas, nous avons l’Iran à attaquer. Voilà l’argument principal d’un des columnists attitré du Times, Gerard Baker, présenté dans ses fonctions comme « US Editor« , — ce qui doit signifier : Editor délégué par les USA, non? Non… Lecture(s) de Poutine

La presse américaniste “de référence” retrouve sa vertu de conformisme

Il est vrai que depuis qu’il est question de preuves des vilenies iraniennes en Irak, donc qu’il est question de nous refaire le coup de l’Irak, la presse US de référence change de ton. Elle semble abandonner bien vite ces attitudes critiques qu’il lui sembla devoir adopter après le 7 novembre 2006 et l’expression de la colère populaire, pour se réfugier dans l’habituel suivisme conformiste des bonnes nouvelles données par l’autorité suprême. (Quelle meilleure bonne nouvelle que d’apprendre que les Iraniens sont bien ces crapules qui méritent qu’on les attaque?) Greg Mitchell, de Editor & Publisher, nous le signale dès le 11 février, à propos… La presse américaniste “de référence” retrouve sa vertu de conformisme

Iran : Chirac a-t-il changé la donne?

Iran : Chirac a-t-il changé la donne? 5 février 2007 — Pour avoir les réactions de fond sur la « performance » de Chirac, tenons nous-en aux Anglo-Saxons, qui connaissent la musique. • L’article du Financial Times du 2 février est un classique « pour rappel ». C’est l’habituel monument d’hypocrisie pateline, tenant pour acquise la responsabilité de la nature des choses dans ce qui est implicitement constaté comme une « sottise » monumentale, qui est l’affirmation chiraquienne qu’ »on peut bien vivre avec un Iran nucléaire », laquelle affirmation n’est d’ailleurs absolument pas pesée ni débattue. C’est de la belle ouvrage : le propos est à mettre au compte de son mauvais… Iran : Chirac a-t-il changé la donne?

“Nous sommes tous Américains”, y compris Lady Macbeth

La déclaration officielle de candidature d’Hillary Clinton a permis de remettre en perspective la situation politique aux USA, du côté démocrate. Hillary reste la favorite et la locomotive de l’élection. Cela permet également de mesurer les opinions et les réactions à son propos. Le commentaire de Gerald Baker, aujourd’hui dans le Times de Londres, vaut le détour. Hillary y est présentée comme la Lady Macbeth américaine, ce qui n’est pas extrêmement amène. Baker est une plume typique : extraordinairement pro-américaniste, pro-Bush, libre-échangiste, etc., il fait figure d’atlantiste extrémiste dans les colonnes du Times. Son appréciation de Hillary Clinton est du plus haut intérêt. «There are… “Nous sommes tous Américains”, y compris Lady Macbeth

Les scandaleux Chinois tueurs de satellites et leur utilité en général

Tollé occidental et général, c’est-à-dire essentiellement anglo-saxon, après la destruction par les Chinois d’un de leurs propres satellites. Le tollé a commencé par les Américains, puis les copains ont suivi (Blair of course, les Australiens du néo-conservateur Howard, les Japonais). Le Guardian nous expose le flot d’indignation venu des principaux centres producteurs de vertu de la planète (la Maison-Blanche, Downing Street, Canberra en Australie, etc.). Il ajoute un bémol, tout de même «China faced a barrage of international condemnation from London to Canberra yesterday after it was revealed that it had launched a missile attack on an ageing weather satellite, a test that threatened to… Les scandaleux Chinois tueurs de satellites et leur utilité en général

Le New York Times exige-t-il que le Congrès fasse son “coup d’Etat” ?

On peut être sûr que l’article publié par le New York Times et repris par l’International Herald Tribune ce jour («Congress must help Bush pick up the pieces in Iraq»), dans la rubrique Op/Ed, sans signature, mais représentant évidemment l’opinion du journal (« Unlike Bush’s views on the American military presence in Iraq, our views have evolved as the evident realities on the ground have changed», etc.), on peut être sûr que cet article représente un événement dans l’histoire de ce qui est aujourd’hui la crise fondamentale du système américaniste. Il s’agit d’une incitation sans ambages à une action décisive du Congrès contre le président.… Le New York Times exige-t-il que le Congrès fasse son “coup d’Etat” ?

De moment de vérité en moment de vérité…

De moment de vérité en moment de vérité 15 janvier 2007 Comme tout bon journaliste dissident, comme tout chroniqueur pressé d’en arriver à l’essentiel, nous employons souvent des expressions définitives. Cette fois est une occasion qui vaut de s’arrêter. Nous pensons avec la plus ferme conviction que l’une ou l’autre de ces expressions à sa place, ici et maintenant, moment de vérité, par exemple. Nous tenons cet article du New York Times (NYT), d’ores et déjà signalé par ailleurs sur ce site, comme un moment de vérité. Il ne provoque pas des événements historiques ni n’annonce des bouleversements violents immédiats, des émeutes, une insurrection, une… De moment de vérité en moment de vérité…

Le déchirement britannique, — as usual , et encore plus qu’as usual, — jusqu’à leur Cronstadt…

Comme d’habitude, les Britanniques essuient les plâtres de leur alignement inconditionnel sur GW Bush et l’Amérique, Blair-style. Le site WSWS.org relève ce jour les gémissements et autres plaintes de la presse britannique : «The reaction of much of the media to the announcement was open despair. Though the decision had been trailed for weeks, this did not lessen its impact and the recognition of just how bad the situation now faced by Britain has become.» Particulièrement marquant à cet égard, voici un article d’un des chroniqueurs du Times de Londres, Matthew Parris. Il décrit son doute absolument existentiel («Yes, America’s my friend. Or is it?… Le déchirement britannique, — as usual , et encore plus qu’as usual, — jusqu’à leur Cronstadt…

Le “surge” en Irak est terriblement impopulaire chez les éditorialistes US

C’est peut-être une première dans la grande presse US : les six éditorialistes du New York Times (Brooks, Krugman, Friedman, Dowd, Kristof et Rich) sont d’accord sur un grand dossier brûlant de politique extérieure. Ils sont tous contre le renforcement (surge) du contingent US en Irak, tel que GW Bush devrait l’annoncer mercredi. D’habitude, leurs différences idéologiques les séparent nettement, et ce fut notamment toujours le cas pour les questions autour de l’Irak. Les divers cas cités prennent position contre le renforcement pour des raisons diverses et même parfois inverses : certains parce qu’ils sont contre tout renforcement, certains parce que, selon eux, le renforcement… Le “surge” en Irak est terriblement impopulaire chez les éditorialistes US

Yamamah? La City n’apprécie pas vraiment

En un sens, le monde financier n’a pas beaucoup de goût pour les arguments de sécurité nationale et autres babioles à-la-Blair. On parle de ce qui a été avancé pour justifier l’abandon de l’enquête du SFO sur la corruption dans le cadre des contrats Yamamah avec l’Arabie. La City rechigne diablement. Le Financial Times signale, dans ses éditions d’aujourd’hui, une deuxième protestation d’un groupe financier fameux après la décision suscitée par le Premier ministre Tony Blair d’abandonner l’enquête du SFO dans l’affaire Yamamah. «Mark Anson, chief executive of Hermes [the UK’s biggest pension fund], which manages the BT Pension Scheme, on Friday wrote to Tony… Yamamah? La City n’apprécie pas vraiment

Un conte de Noël du “Times”

Un conte de Noël du Times 21 décembre 2006 Commençons sérieusement. Ce texte doit être lu avec profit en se référant à l’autre Faits & Commentaires, d’aujourd’hui, concernant une aventure typiquement américaniste. Cette référence mesure la torture à laquelle est soumis, aujourd’hui toujours, l’engagement pro-américaniste, qui doit continuer à se justifier, à ses propres yeux, par une appréciation rationnelle et évidemment élogieuse du phénomène américaniste. Etre pro-américaniste, aujourd’hui? Ce texte mesure le calvaire intellectuel que cela implique. Par ailleurs, il mesure également la tragédie de la pensée occidentale, lorsqu’elle s’est effectivement enfermée dans ce sophisme jusqu’à n’en plus pouvoir sortir sous peine de perdre tout… Un conte de Noël du “Times”

Le sens de la crise

On notera combien l’éditorial du New York Times du 13 décembre, repris ce même jour par l’International Herald Tribune, donne une sensation très forte, à la fois que les USA (Washington) sont en crise, et que cette crise est très pressante. Accessoirement, on a la déploration d’un gouvernement qui temporise, en fait qui manuvre pour écarter les recommandations de la commission Baker (ISG). Mais cette critique, même si elle semble s’adresser à l’administration et à GW, concerne toutes les magouilles et les manoeuvres qui caractérisent comme jamais Washington, où l’on magouille et manuvre, aujourd’hui, comme l’on danse sur un volcan. (Voyez par exemple ce commentaire… Le sens de la crise

Est-il donc si difficile de dire : “nous avons perdu” ?

Habitués à l’hypocrisie structurelle de la politique anglo-saxonne (y compris la branche américaniste, cela va de soi), souvent relayée par la presse officielle, saluons avec d’autant plus de respect le commentaire de Matthew Parris dans le Times de Londres du 9 décembre. Le titre illustre l’état d’esprit de l’auteur, que nous essayons pour une fois de rendre en bon français : «Je devrais applaudir le rapport Baker. Alors, pourquoi est-ce qu’il me rend malade?» Cette chronique ne dissimule rien des formidables hypocrisies de la politique US-UK en Irak. Elle ne dissimule rien de la formidable hypocrisie du rapport Baker qui prétend rejeter la responsabilité de… Est-il donc si difficile de dire : “nous avons perdu” ?

La fureur post-impériale de Zbigniew Brzezinski

Certains esprits mal intentionnés vont jusqu’à avancer que l’article publié par Zbigniew Brzezinski dans le Financial Times du 5 décembre reflète également une certaine frustration de cet expert prestigieux (conseiller de sécurité nationale du président Carter, 1977-81), devenu vieux sage entre temps, de n’avoir pas été choisi pour faire partie de l’Iraq Study Group (ISG) de James Baker. Il faut dire que Zbig n’est pas spécialement tendre pour l’exercice de style de l’ISG (noter la remarque de la fin de cette citation): «a lengthy compromise statement reflecting a typical, middle-of-the-road consensus among an elite Washington "focus group", composed of esteemed individuals not handicapped by much… La fureur post-impériale de Zbigniew Brzezinski

Litvinenko, Poutine et le dilemme de la droite atlantiste

On trouve un très intéressant commentaire dans le Times de Londres de ce matin, sous la plume de Tim Hames. Le thème en est cette affaire Litvinenko (sous-titré : Poutine coupable), l’humeur en est passablement agacée. «Were it not that a man has died, the Litvinenko affair might be viewed as the most extraordinarily effective publicity campaign for the new James Bond movie. It has everything that once made 007 so successful. There are a host of shady spies, unseen masterminds in the background and a mystery poison that has led to luxury hotels, a fleet of aircraft and even an entire football stadium being… Litvinenko, Poutine et le dilemme de la droite atlantiste

Les tristes vérités des “special relationships

Les tristes vérités des « special relationships«  30 novembre 2006 — Décidément, le Royaume-Uni nous intéresse, dans toutes ses facettes multiples, — mais particulièrement dans sa bataille contre l’insupportable réalité, comme on peut le voir aujourd’hui, dans des domaines différents, pour « Yamamah » comme pour le « docteur Miracle ». Cette fois, il s’agit de la sortie d’un fonctionnaire-universitaire du département d’Etat (qui va quitter son poste prochainement, dit-on, et on comprend bien pourquoi) ; il s’agit aussi, notamment, des contorsions si émouvantes des vénérables éditorialistes (Times et Daily Telegraph) de Fleet Street. Voici toute l’affaire résumée : • Kendall Myers, présenté comme « a senior State Department analyst« , universitaire… Les tristes vérités des “special relationships

Les Anglais raffolent de l’idée d’une présidente française

La presse britannique, y compris la plus sérieuse comme le Sunday Times de Londres, raffole de l’idée d’avoir une femme présidente de l’autre côté du Chanel. Cela rendrait peut-être les Français supportables, vu que ce qu’ils ont de plus précieux ce sont les vins, les bijoux et les femmes. Après avoir encensé Ségolène, le Times se penche sur le cas MAM (la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie), à qui il trouve bien des vertus. L’appréciation britannique nous laisse croire que, dans cette occurrence extrêmement féminine, Sarko commence à faire un peu has been. «The choice of an extremely popular woman to represent the French… Les Anglais raffolent de l’idée d’une présidente française

Le petit prince germanopratin des lieux communs

Quelle mouche hexagonale et parisienne a piqué le sérieux et britannique Times de Londres de demander à Bernard-Henri Levy, dit BHL, de commenter les élections du 7 novembre aux USA ? Peut-être parce qu’ils ont confondu BHL (American Vertigo) avec Henry Miller (Air Conditionned Nightmare) ou avec Jack Kerouac (On the Road)? Peut-être parce que BHL s’est fait passer pour le petit prince de Galles et qu’on ne refuse rien à l’héritier du trône ? Ce texte du 7 novembre, «A vote to send tremors around the world» , peut être comparé à l’Almanach Vermot du jour parce qu’il rassemble, avec une minutie remarquable, avec… Le petit prince germanopratin des lieux communs

La critique de la “juste cause” montre le bout de son nez

La critique de la juste cause montre le bout de son nez 1er novembre 2006 Jusqu’ici, nous avons vu les aspects spectaculaires et mobilisateurs du rapport Stern sur la crise climatique. Un texte du Times aujourd’hui, assez discret comme il faut l’être devant une cause bruyamment célébrée, effleure courtement mais précisément l’argument inverse. Il mérite qu’on s’y attarde pour bien comprendre la puissance des forces retardatrices du système, leur arsenal politique, leur signification ; pour bien comprendre les conditions et les fondements de la bataille à venir, qui sera féroce. On passe ci-après en revue les différents arguments soulevés. La cause sera-t-elle populaire auprès des… La critique de la “juste cause” montre le bout de son nez

«Personne ne veut dire l’amère vérité…»

Le New York Times soutint la guerre contre l’Irak. Il lui trouva toutes les vertus, celles de la force comme celles de la civilisation. Il arrangea pour cela les nouvelles, la vérité et les perspectives. A l’occasion de l’Irak, le New York Times nous montra jusqu’où pouvait aller dans la mise en scène d’une réalité factice le porte-drapeau proclamé et auto-proclamé du libéralisme de l’esprit habillé du sérieux du professionnalisme qui caractérise l’auto-description de la sphère anglo-saxonne de notre civilisation. Le New York Times, avec sa réputation, est l’une des premières victimes de cette catastrophe historique qui se nomme l’Irak et ce n’est pas la… «Personne ne veut dire l’amère vérité…»

Les voies impénétrables du cheminement de l’information

Les temps sont durs pour l’information. Elle chemine parfois suivant des voies dont le dessein est (à première vue) impénétrable. En voici un exemple. Aujourd’hui, le New York Times publie un article annonçant que Rumsfeld autorisera l’U.S. Army (et aussi l’USAF et la Navy) à plaider directement son budget devant l’Office of Management & Budget de la Maison-Blanche. Voici le début du texte du New York Times : «Defense Secretary Donald H. Rumsfeld is allowing the Army to approach White House budget officials by itself to argue for substantial increases in resources, a significant divergence from initial plans by Mr. Rumsfeld and his inner circle… Les voies impénétrables du cheminement de l’information

Les “nouveaux” Européens sont-ils si heureux de l’être? Détrompez-vous…

Les Britanniques sont délicieux. Le ton moqueur et ricanant du Times dans son article de ce jour sur les malheurs nombreux des pays de l’ancienne Europe de l’Est devenus membres de l’UE semblerait venir d’un adversaire de toujours de cet élargissement (du type nous vous l’avions bien dit). Au contraire, les Britanniques en furent les principaux partisans parce que, pensaient-ils, la cohésion des nouveaux membres et leur orientation atlantiste assureraient à la fois le triomphe du marché libre et la défaite d’une Europe politique au profit d’eux-mêmes. L’élargissement devait voir le triomphe de l’ancienne Europe de l’Est et, par conséquent, par ricochet dirait-on, celui de… Les “nouveaux” Européens sont-ils si heureux de l’être? Détrompez-vous…

Cinq ans plus tard, question sur 9/11: comment peuvent-ils se poser encore cette question ?

Le 5ème anniversaire de l’attaque du 11 septembre 2001, déjà largement entamé dans les médias, révèle cette année un état d’esprit interrogatif, incertain, évidemment bien à l’image du temps historique que nous vivons. Une séquence nous a particulièrement fascinés pour ce qu’elle exprime d’incapacité fondamentale, de la part du côté US, à seulement comprendre la réalité de la situation. Après ces cinq années depuis 2001 et avec tout ce qui a précédé à cette lumière désormais, toutes choses que devrait connaître un ancien parlementaire aussi chevronné que Lee Hamilton (ancien président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants), la question que… Cinq ans plus tard, question sur 9/11: comment peuvent-ils se poser encore cette question ?