Aller au contenu

Bloc-Notes

Airbus est-il un casus belli?

Désormais, l’alarme ne connaît plus aucune nuance parce que l’affaire est une question de vie ou de mort. Les déclarations de Tom Enders, patron d’Airbus, reprise aujourd’hui notamment par le Financial Times, sont sans la moindre nuance: Airbus est menacé de mort, par qui? Par le dollar, bien entendu. On appréciera l’amertume du sel de la situation, qui met en évidence l’absurdité de cette même situation. Le système international est tout entier organisé autour de la piraterie de l’hégémonie US (la position arbitraire du dollar), laquelle menace ce que l’Europe a sans doute de plus puissant par le fait même de son propre affaiblissement dramatique.… 

Exemple de cover-up dans le programme JSF: prototype immobilisé en mai, qui devait revoler en juin puis en août, toujours immobilisé en octobre

Le black-out sélectif pratiqué par Lockheed Martin (LM) sur les problèmes qui ont conduit à un atterrissage d’urgence du prototype du F-35 au début mai, black-out avec la complicité plutôt indifférente du Pentagone, est réalisé d’une façon systématique et arrangé selon les inévitables interférences de l’information. L’opération de désinformation virtualiste est sans précédent pour un programme de cette importance, dont tous les aspects positifs ont toujours été accompagnés d’une publicité tapageuse. Elle est réalisée selon des consignes internes détaillées chez LM, qui fait l’impasse sur l’inévitable publicité de bribes d’informations défavorables échappant au contrôle général de verrouillage de l’information. Le but reste de donner la… 

L’association européenne (sans but lucratif) des amis du JSF n’est pas vraiment à son aise

Les vieux de la vieille, qui ont le souvenir des années dorées de la Guerre froide, se souviennent des grands programmes d’avions de combat US fourgués aux Européens (F-84, F-86, F-104, F-16). Une fois le contrat d’achat signé, une fois le choix fait, tout allait tambours battant sans doute ni états d’âme. Quelle différence avec le JSF Ce programme fabuleux, pharaonique, magique et tellement sexy, il aurait du satisfaire tous les protagonistes une fois les chiffons de papier signés. Le grand événement est que, pas du tout Au contraire, l’angoisse ne cesse de monter et d’étendre son ombre sur le vieux continent (sauf à Paris,… 

Le système BMDE va-t-il être le symbole et la marque de l’anti-américanisme en Europe?

Il est aujourd’hui évident qu’une sérieuse évolution a lieu concernant le système BMDE. En plus et à côté des Russes, mais en ce moment de façon bien plus intense que les Russes, deux nouveaux adversaires du système BMDE (anti-missiles US en Europe) sont apparus. Le Congrès US, avec un argument nouveau, particulièrement inquiétant pour le Pentagone : les missiles BMDE déployés en Europe servent à défendre les USA, pas l’Europe. La réaction du Pentagone a été très vive, montrant par là la sensibilité de la bureaucratie US à un argument qui, juge-t-elle, risquerait de coûter le soutien des Européens au programme. L’information, en deux temps… 

Ah oui, tiens, pourquoi pas le Pakistan?

C’est vrai, l’Iran commence à faire vieux rance. Depuis deux ans et demi qu’on prépare l’attaque par surprise et sans avertissement et qu’elle ne vient toujours pas, on fatigue un peu. Et soudain, Justin Raimundo a réalisé la chose et il en a fait le sujet de son commentaire du jour: «Iran seems to be the Hitler du jour, with all the usual suspects clamoring for a strike at Tehran, and others pointing to Lebanon, Syria, and Somalia as new frontiers in the push to establish an American empire of the Middle East. »I wrote about this last Monday, in Wars to Watch Out For,… 

L’invasion du Pakistan et l’ironie un peu lasse de William Pfaff

Les agitations washingtoniennes concernant la dernière en vogue (ah oui, il s’agit de l’invasion du Pakistan) provoquent désormais l’ironie fatiguée de l’historien. C’est ce qu’il semble apparaître dans la présentation que fait William Pfaff, ce 20 novembre, des deux plans actuellement discutés. (Il se dit que ces projets d’invasion s’appuient sur un certain sérieux ou bénéficient d’un certain crédit. Oui, cela se dit.) Il y a quelque chose comme une ironie un peu lasse dans l’évocation que fait Pfaff d’Alexandre le Grand comme prédécesseur des plans inspirés du général Petraeus en Irak, comme dans l’appréciation qu’il nous donne de l’inévitable plan neocon («[It]possesses the relationship… 

Washington impérial, — ou provincial?

John Brown est un ancien officier du Foreign Service, c’est-à-dire un fonctionnaire du département d’Etat formé à l’école diplomatique US. Il démissionna peu avant l’attaque de l’Irak, pour protester contre cette guerre. Depuis, il observe et commente la scène diplomatique de Washington, avec une précision critique extrêmement fine de la décadence de la diplomatie US. Concernant la guerre en Irak et le comportement de certains des acteurs principaux autour de GW Bush, il écrit, mettant en évidence le caractère fondamentalement et pathétiquement dérisoire de cette aventure, malgré toutes les pompeuses explications qu’on s’empresse de lui donner: «Had Rice and Powell been capable of a global… 

Les F-15 interdits de vol: semi-montage… mais dans quel sens?

L’information doit aujourd’hui se déplacer à égale distance entre la probable réalité et les possibles nécessités du lobbying et des relations publiques, surtout à Washington, surtout au Pentagone. Ces constats nous ramènent à l’affaire des F-15 suspendus de vol et à la crise de l’USAF. Un article d’Aviation Week & Space Technology du 12 novembre, donne un éclairage ambigu sur cette affaire. D’abord, on note que les conséquences de cette mesure ont été considérables. Près de 700 F-15 de l’USAF ont été interdits de vol. La même mesure a été prise dans divers pays qui utilisent le F-15, notamment le Japon et Israël. Des F-15… 

Fallon en porte-à-faux

L’exercice biannuel Bright Star a lieu tous les deux ans en Egypte et coordonne dans des manoeuvres grandioses l’action des forces de pays arabes amis (principalement l’Egypte) et les forces US de Central Command. L’amiral Fallon, désormais une star lui-même, dirigeait les manuvres. Il a fait des déclarations politiques caractérisées cette fois, au contraire de son habitude, par une fermeté très affirmée à l’encontre de l’Iran. Il a dénoncé le comportement de l’Iran et a exprimé l’idée, particulièrement révélatrice, que cette attitude n’était pas d’une grande aide pour la réduction des tensions dans la région. Extraits de armytimes.com, dépêche AP du 19 novembre «Speaking at… 

Le retrait d’Afghanistan est-il en train de devenir une option?

Rétrospectivement, on pourrait penser que l’arrivée de Gordon Brown au pouvoir à Londres représente un tournant pour la situation en Afghanistan. C’est l’idée qui flotte autour de cette remarque, dans un article significatif du Financial Times du 18 novembre: «In the UK, a review of Afghan strategy has followed Gordon Brown’s takeover as prime minister from Tony Blair in June. The outcome represents, officials say, a scaling back of Blairite ambitions to help Afghans create a stable, prosperous and democratic future. It supports exploring, under Afghan leadership, reconciliation with members of insurgent groups.» Il est évident que l’actuelle campagne de l’OTAN en Afghanistan ne se… 

La passion-fric du croisé passionné, – passionnément

Il faut bien vivre, y compris les croisés, les believers. Tony Blair est l’homme qui nous dit avec passion «I believed in it. I believed in it then, I believe in it now.» ; l’homme qui se raconte et se vit comme le croisé d’une bataille ultime de la civilisatioon («The enemy that we are fighting I am afraid has learnt . . . that our stomach for this fight is limited and I believe they think they can wait us out.»). C’est aussi le parfait organisateur de sa vie post-Downing Street, dont on dit qu’il pourrait bien ramasser autant d’argent que Bill Clinton a… 

Clin d’œil sur l’“industrie de la conférence”

Nous nous doutions que cette sorte d’entreprise existait mais point que cela irait jusqu’à être nommé industrie de la conférence (lecture industry). Mais quoi, manque de réflexe américaniste et postmoderniste. Cela existe, et même depuis 1979, et la ruche laborieuse, le centre de cette industrie se nomme Washington Speaker Bureau (WSB), et vous saurez tout en allant sur son site. Vous saurez qu’il y a, dans le catalogue de WSB, les grands formats à plus de $15.000 la conférence, et ceux qui traînent, les seconds couteaux à moins de $15.000. Vous saurez que les plus demandés actuellement, dans la catégorie + $15.000 évidemment, sont: John… 

“Non, rien de rien…”, il ne regrette rien

Tony Blair n’est pas un poodle (un caniche), comme on l’accuse d’être vis-à-vis des USA. Tony Blair n’est pas un pro-américaniste servile. Cet homme a cru, il croit et il croira, et son alliance avec l’Amérique fut une alliance entre croisés postmodernes où la foi commune écarte toute idée de calcul et de servilité. Sur les écrans où d’aventure on brancherait la BBC, on verra une série consacré aux Années Blair (The Blair Years, premier épisode sur BBC-1, dimanche à 22H15). L’on sera convaincu de cette psychologie de Tony Blair. Le Times a recueilli les bonnes paroles, comme on dit les bonnes feuilles, de ces… 

Affreuse nouvelle : le dollar n’est plus à la mode

Or, c’est une mode qui dure depuis près d’un siècle. C’est lors de l’entre-deux guerres, notamment par la vogue commençante des films hollywoodiens (leur exportation explosa dans les années 1920) qui portaient le mythe du dollar, et parallèlement par l’établissement de la puissance financière des USA face à des puissance européennes épuisées par la Grande Guerre, que la mode du dollar comme mythe de la richesse s’imposa dans les psychologies. Les deux causes se justifiaient l’une l’autre: la mode et le mythe étaient justifiés par la puissance, tandis que la puissance était magnifiée par la mode et le mythe, donnant sa sa légitimité à l’hégémonie… 

Il y en a même (aux USA) pour se réjouir de la crise du dollar

Certains analystes US ne sont pas mécontents de la crise du dollar. Ils en font une analyse géopolitique et estiment que cette crise forcera les USA à renoncer à leurs engagements militaro-stratégiques dans le monde. C’est un raisonnement quasiment ron-paulien (Ron Paul, dénonciateur et adversaire de l’hégémonie du dollar). Il apparaît essentiellement dans la conclusion de l’analyse développée par Edward A. Olsen, professeur des affaires de sécurité nationale à la Naval Postgraduate School à Monterey, en Californie, dans un article mis en ligne le 16 novembre, sur Antiwar.com. Selon ses conceptions, Olsen apparaît proche des tendances libertariennes. Son raisonnement conduit à proposer une sorte d’isolationnisme… 

Musharraf, comme le Shah? – c’est si tentant

C’est à nouveau, c’est toujours le temps des analogies, comme si l’Histoire recommençait sans que nous en ayons rien appris après tout. Aux premières lueurs de la crise pakistanaise entrée dans son paroxysme, nous nous sommes rappelés de l’arc de crise cher à Brzezinski dans les années 1978-1980. Une nouvelle analogie fait florès, de la même époque, subsidiaire à la précédente mais bien plus précise, et bien peu encourageante pour le brav’ général Musharraf et pour la politique occidentale/américaniste: l’analogie du Shah. Deux auteurs choisissent cette analogie, pour commenter la situation pakistanaise et, surtout, pour caractériser l’aveuglement extraordinairement persistant de la politique extérieure US. Le… 

Moscou fourbit ses Iskander, – un peu, beaucoup…

Moscou fourbit ses Iskander, un peu, beaucoup Un général russe, le général Vladimir Zaritsky qui commande les unités de missiles de l’armée de terre russe, a déclaré que des missiles sol-sol à courte portée Iskander (SS-26) pourraient être déployés en Belarus si les USA, la Pologne et la Tchéquie poursuivent dans leur intention supposée de déployer des éléments de la BMDE sur les territoires des deux pays européens. La nouvelle est présentée aujourd’hui par le Daily Telegraph (le déploiement en Belarus est présenté comme un deuxième possible point de déploiement du Iskander). «Russia threatened to site short-range nuclear missiles in a second location on the… 

Les Américains ne se rendent pas compte de ce qui est en train d’arriver à leur dollar

C’est l’automne du gouffre sombre pour le dollar, mais la chose n’a pas vraiment l’air de préoccuper Washington, ses augures et ses stratèges. Comme le reste, comme la guerre, comme la puissance sans fin des USA, les américanistes vivent comme si rien ne devait jamais changer. C’est de ce point de vue que Hamish McRae aborde la question du dollar, dans The Independent du 14 novembre. Il explique ainsi ce qui lui paraît être le fond du problème psychologique: «I don’t think Americans get it. I don’t think they realise quite how serious the collapse of the dollar is for the global economy, nor the… 

Dr. Paul, ou la campagne en charentaises contre le cœur du système

Ron Paul est un sacré numéro. En un seul jour (le lundi 5 novembre), il vient de ramasser $4,2 millions de donations spontanées, ce qui représente un record absolu pour ce type d’opération sur Internet. Il approche à grands pas de son objectif financier pour pouvoir lancer sa campagne des primaires. Il veut $12 millions pour le 31 décembre et il se trouvait, hier à 16H46 (heure de Washington) à $8.122.609,23 (pour suivre la progression, et même y participer si vous voulez, allez sur le site de Ron Paul, le total de la somme étant monté à $8.134.412,65 le même jour, hier, à 22H59). Les… 

La guerre-vertigo

Savoir si la guerre en Irak se poursuit, si c’est une victoire à la Petraeus, une cessation des combats fautes de combattants, une défaite par le vide, une guerre dissimulée derrière l’absence d’activité des journalistes les plus libres du monde, qui peut savoir et qui s’y intéresse encore? La guerre en Irak semble s’être enfouie dans le grand trou noir qu’elle était devenue, comme une poche qu’on retourne. La bataille se poursuit sur d’autres terrains et d’autres champs. Désormais, il y a notamment le front du coût de la guerre. Trois semaines après que le CBO ait annoncé $2.400 milliards pour 2016 pour la guerre… 

Les projets européens si anti-américanistes d’une présidence française si pro-américaniste

A l’occasion de la rencontre Merkel-Sarkozy, le ministre français Hervé Morin donne une interview à la FAZ (Frankfurter Allgemeine Zeitung). EUObserver.com d’aujourd’hui nous en fait un rapport succinct. La chose est dominée par une confirmation: la défense européenne sera un point central, fondamental, voire révolutionnaire de la présidence française de l’UE en juillet-décembre 2008. «In an interview with German newspaper Frankfurter Allgemeine Zeitung, French defence minister Hervé Morin said that Paris will put defence high on the agenda when it takes over the rotating presidency of the EU in the second half of 2008. »Mr Morin described European defence as an absolute priority which is… 

Panique F-15

A la suite de l’accident d’un F-15C de la Missouri Air National Guard le 2 novembre et de l’immobilisation des F-15 en attendant les résultats de l’enquête (voir notre F&C du 11 novembre), l’équipe du vice-président Cheney aurait réagi très vivement. L’ordre d’immobilisation concernant toute la flotte des F-15, touche notamment les F-15 de la défense continentale des USA (NORAD, pour North American Aerospace Defense). Cheney aurait objecté d’une façon très pressante qu’une telle mesure pouvait susciter la tentation d’une attaque terroriste. C’est pour cette raison que, dès le 7 novembre, le commandement CONR qui est chargé des activités régionales de défense aérienne de NORAD,… 

Les experts sortent de plus en plus du bois pour nous dire : la bombe iranienne? Bof…

Il est vrai que, depuis quelques semaines, le sentiment général est que la perspective jusqu’alors cataclysmique d’une arme nucléaire iranienne est en train de s’évader vers une certaine relativité de la chose. On l’a déjà signalé et il est bon d’observer que cette évolution se poursuit. Une analyse en date du 11 novembre de McClatchy Newspapers développe ce thème. «Would I like Iran to have a nuclear bomb? No, said Robert Jervis, a Columbia University professor of international politics who has written widely on nuclear deterrence. But, the fears (voiced) by the administration and a fair number of sensible people as well, just are exaggerated.… 

Fallon choisit le Financial Times

Fallon choisit le Financial Times L’amiral Fallon, chef de Central Command, est en passe de devenir une star médiatique. On se demandera bientôt s’il n’est pas en passe de détrôner son commandant en chef, GW, pour ce qui est de l’accès aux médias, et plus encore pour exprimer une opinion qui ne s’accorde guère avec celle de l’administration. La situation extraordinaire d’une telle liberté prise par des officiers généraux dans l’expression de leur opinion est illustrée aujourd’hui par une interview de Fallon au Financial Times. L’amiral y développe ses thèses habituelles, où il dénonce ces gens qui lancent inconsidérément des plans et des scénarios de…