Aller au contenu

Bloc-Notes

Sarkozy, ou l’art de la nuance radicale et culottée

L’habileté politicienne de Sarko étant ce qu’elle est, le président français manuvre joliment pour nuancer des positions politiques dont il mesure qu’elles ont peut-être été trop loin et pour en nuancer d’autres, déjà populaires, en les radicalisant. Somme toute, il a découvert l’art de la nuance radicale. C’est un produit d’époque. Nous nous proposons de parcourir ce qui nous paraît l’essentiel de son interview à l’International Herald Tribune du 23 septembre (the first dans une publication de langue anglaise depuis son élection). Parlons de l’Iran et demandons-nous en lisant Sarko: le sujet de sa critique constante et implicite est-il l’Iran ou Kouchner? Ou bien, éventuellement,… 

L’idée de Giuliani : Israël dans l’OTAN, contre l’Iran

Il y a eu des déclarations notables du candidat (favori) à la désignation républicaine Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York, à Londres devant les conservateurs britanniques. L’extrémisme de ces déclarations, alors que Giuliani se présente en général comme un républicain modéré, laisse à penser que la campagne présidentielle US sera une surenchère permanente dans l’extrémisme de politique extérieure. D’ores et déjà, les positions de Giuliani sont largement plus extrémistes que celles de GW. Giuliani a adopté un ton extrêmement dur contre l’Iran, mettant en avant une position d’ultimatum contre ce pays. Il a affirmé qu’il proposerait, s’il était élu, de faire entrer Israël dans… 

Iran : le coin des sages (optimistes)

Lors d’un récent dîner en ville du gratin de Washington, avec 18 invités (dont l’ancienne Premier ministre pakistanaise Bhutto), on joua au jeu du Attaquera? Attaquera pas? (l’Iran, bien sûr). Zbigniew Brzezinski, l’ancien conseiller de sécurité nationale de Carter, défendit l’argument de l’attaque probable; Brent Scowcroft, ancien conseiller de sécurité nationale de Bush père, plaida l’argument contraire. Puis on vota. Scowcroft eut deux voix, dont la sienne. (Précisons: aucun des participants au dîner n’était favorable à l’attaque; on parle ici de prévision sur cette attaque.) C’est Steve C. Clemons, éditeur du site The Washington Note, qui rapporte cette anecdote dans un article publié le 19… 

Abizaid est-il un traître?

Comme on pouvait le prévoir avec l’aide de la simple logique, le général Abizaid est passé depuis le 17 septembre et son intervention au CSIS sur la liste noire des néo-conservateurs et de leurs associés. Le même 17 septembre, l’un des plus fameux d’entre tous les néo-conservateurs, Michael Ledeen, qui réclamait une attaque contre l’Iran au soir de l’occupation de Bagdad par les troupes US en avril 2003, s’est exprimé à propos de Abizaid, dans une note sur le site de National Review dont il est le collaborateur. Ledeen accuse le général Abizaid, — qui a commandé CentCom de fin 2003 à début 2007, —… 

La Garde Révolutionnaire iranienne veut-elle la guerre et la bombe n’est-elle qu’un appât?

La crise iranienne dépend de nombre de facteurs et présente une situation d’une très grande complexité. Il s’agit d’une observation de bon sens qui doit rester constamment à l’esprit face aux tentations de manichéisme. Parmi les facteurs incertains les plus ignorés de la crise, il y a l’attitude de certains groupes en Iran. William Pfaff nous fournit un élément important, avec, mis en ligne le 20 septembre, un article à partir de sources intérieures à l’Iran qui abordent le cas de la Garde Révolutionnaire (ICRG). Le sérieux du travail de William Pfaff et la qualité habituelle de ses sources nous conduisent à nous intéresser à… 

Vous vous inquiétez du coût de la guerre ($500.000 par minute)?

Encore une évaluation du coût de la guerre en Irak, à nouveau selon le Prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz et la conférencière de Harvard Linda J. Bilmes (ils avaient déjà donné une évaluation générale de la guerre en janvier 2006). Leur trouvaille est que la guerre coûte $720 millions par jour ($500.000 par minute) somme qui permettrait d’acheter 6.500 maisons, ou d’assurer les soins de santé pour 423.529 enfants, ou d’équiper en électricité 1.27 million de maisons. Tout cela est détaillé dans un article du Washington Post publié ce jour. (Il y a un an et demi, en février 2006, l’évaluation du coût de… 

L’OTAN entre dans sa seconde crise existentielle, — effectivement, c’est tentant pour la France d’y entrer

D’une façon générale et en laissant de côté les langages des communiqués, il est admis que l’OTAN est menacée dans ses fondements par l’Afghanistan. Cette guerre impose d’horribles tensions entre les membres de l’Organisation et met en cause leur solidarité. La position à part des USA accentue la gravité de cette situation, en laissant les Européens face à face les uns les autres. Jeudi, une deuxième crise s’est déclarée officiellement au sein de l’OTAN. Elle touche un deuxième aspect de l’Alliance, celui de ses structures rénovées dont la mise en place devrait (auraid dû?) garantir une relance du fonctionnement de l’Alliance hors des tâches ponctuelles… 

Embrasement des esprits provinciaux de Paris

Nos dirigeants (dito, les dirigeants français) sont-ils des provinciaux? Plus précisément: sont-ils « des provinciaux du monde »? Ou, dit d’une autre façon: être pro-américaniste, avec des petites étoiles dans les yeux qui clignotent au son de la fameuse musique de American Dream, n’est-ce pas entretenir un princialisme de l’esprit qui peut vous jouer des tours? Tout cela a l’air énigmatique et plaisantin, mais non, cela concerne une matière essentielle. Posons la question autrement: pourquoi la direction française s’est-elle embrasée dans le cas de l’Iran, — ou a-t-elle semblé le faire? Après avoir développé les plus récentes prévisins d’attaque US contre l’Iran (renouvellement hebdomadaire garanti), la Lettre… 

BAE, c’est la rentrée!… Nouvelles attaques, enquête (US) obstruée, plainte

Cela va devenir maintenant une tradition. La rentrée pour BAE, c’est plutôt les nouvelles concernant les diverses plaintes et enquêtes que le contrat de 72 Typhoon signé par les Saoudiens il y a une semaine. (Importante mesure prise par les Saoudo-Britanniques : au diable Yamamah le mal-nommé, le contrat géant de £4,2 milliards est nommé Salam, qui signifie paix en bon français. Le mois prochain, Prince Adallah vient à Londres en visite officielle, visiter ses sujets.) Le Guardian, fidèle à sa tradition et à sa spécialisation, fait de nouvelles révélations. Il nous annonce aujourd’hui que le gouvernement travailliste met une réelle mauvaise volonté à aider… 

Les 700.000 morts de ElBaradei

Nous avons ici à offrir des excuses pour une erreur que nous avons commise et quelques réflexions sur cette erreur et cette rectification de l’erreur. Dans notre article du 19 septembre sur la crise iranienne, nous avions primitivement inclus dans le texte, dans le paragraphe Position autonome des institutions internationales, la remarque suivante, entre parenthèses : «Les 70.000 tués civils en Irak cités par ElBaradei dans l’extrait ci-après sont une estimation extrêmement modérée. Pendant qu’il y est, ElBaradei devrait mettre en avant des chiffres plus vraisemblables [voir le décompte de l’institut britannique ORB]. Cela rappellerait les vrais effets de la politique occidentaliste/américaniste.» Un lecteur, Miquet,… 

Gates “ne sait pas” (si la guerre en Irak valait le coup…)

La lassitude générale faisant ses effets, on en surprend de plus en plus qui, par inadvertance, vous disent la vérité. C’est le cas du secrétaire à la défense Robert Gates, dont on peut se demander par ailleurs si sa candeur n’est pas un peu calculée. Quoi qu’il en soit, Gates nous interprète un excellent numéro, tout en retenue, sur le thème classique du si j’aurais su j’aurais pas venu Cela, lors d’une interview pour le New Yorl Times, dont ABC.News nous restitue la substantifique moëlle ce 19 septembre: «Defense Secretary Robert Gates’ stunningly candid answer came in an interview with New York Times columnist David… 

Kouchner se fâche: ami des Américains, soit — mais aligné sur les USA, ça jamais!

Le ministre français des affaires étrangères commence à en avoir ras le Stetson. Les interprétations qu’on fait de ses paroles ne lui plaisent pas du tout, et encore moins les soupçons vite transformés en verdict et condamnation pour alignement sur les USA. Kouchner tient farouchement qu’il est un homme de paix, qu’il n’a jamais dit qu’il voulait la guerre, qu’il est ami des USA mais point aligné sur eux, etc. Ainsi Elaine Sciolino nous rapporte-t-elle ce que le ministre a dit à France-Inter, dans un article de ce jour de l’International Herald Tribune : «As criticism of France for its war rhetoric increased, Kouchner set… 

Abizaid et “un Iran nucléaire”

La fonction de commandant de Central Command (qui administre pour les forces armées US notamment la région du Golfe et l’Iran) semble porter conseil. On connaît la position de l’amiral Fallon sur la question. Voici maintenant celle du général John Abizaid, prédécesseur de Fallon jusqu’en février. (Général de l’U.S. Army, Abizaid a pris sa retraite.) Les déclarations faites par Abizaid et rapportées hier sont remarquables et spectaculaires. La plus remarquable est sans aucun doute que le monde pourrait s’arranger d’un Iran équipé d’armes nucléaires. «Every effort should be made to stop Iran from obtaining nuclear weapons, but failing that, the world could live with a… 

La Fed, ou la quête désespérée de la confiance perdue

La décision de la Federal Bank US, la Fed, de réduire ses taux d’intérêt d’un demi point était inattendue et a provoqué une réaction à la hausse considérable de Wall Street. La plupart des analystes sont d’accord pour voir dans cette décision une marque de l’inquiétude grandissante de la Fed, et dans la réaction de Wall Street, au mieux une réaction d’euphorie spasmodique très fragile, au pire un motif d’inquiétude supplémentaire qui n’est paradoxal qu’en apprence. Pour illustrer cette appréciation, on cite deux commentaires d’horizons politiques aussi radicalement opposés que celui de WSWS.org (site de la IVème Internationale trotskiste, évidemment anti-système) et de Gerald Baker… 

Paulson, secrétaire au trésor US, ou la confusion des espérances et des prévisions

Henry Paulson, le secrétaire américain au trésor, se trouvait à Londres hier, le même jour où la Fed prenait sa décision de baisser ses taux d’intérêt. Paulson rencontrait ses équivalents français (la ministre des finances Christine Lagarde) et britannique (le chancelier de l’Echiquier Alistair Darling). Ils parlèrent donc de la crise. Paulson, ancien banquier de Goldman Sachs et acteur très actif de la globalisation financière dans les années 1990, se montre assez confus dans ses prévisions sur la situation économique des USA (et du monde, ceci allant avec cela). Manifestement, il y a chez lui un conflit entre l’optimisme nécessaire au maintien en bon état… 

Le vrai danger de la crise iranienne?

La crise iranienne est entrée dans une phase d’aggravation marquée par un durcissement occidental, particulièrement français. Les Français sont désormais en pointe dans les exigences de sanction contre l’Iran; ils affirment et réaffirment : « l’arme nucléaire iranienne est inacceptable ». Pour autant, les conditions n’ont pas changé et les Iraniens peuvent aisément répondre: « Pourquoi les armes nucléaires israéliennes et pakistanaises sont-elles, elles, acceptables? » Ce qui nous amène au Pakistan. Il y a une école d’analyse, discrète et minoritaire, mais dont l’argument est puissant: le véritable danger de la crise iranienne, c’est le Pakistan. On trouve notamment cette tendance dans l’U.S. Navy, notamment chez l’amiral Fallon, actuel… 

Les Etats du Golfe acceptent des négociations commerciales avec l’Iran

Chacun sa méthode. Les pays du Golfe, regroupés au sein du GCC (Gulf Cooperation Council) ont accepté de lancer des négociations avec l’Iran pour des accords d’échanges commerciaux. Le GCC étudie les statistiques des échanges entre les divers pays concernés avant de commencer les négociations officielles qui pourraient en principe déboucher sur plusieurs accords. Cette attitude contredit la politique occidentale, notamment la politique des USA. Ces mêmes USA ont demandé à leurs alliés du GCC, particulièrementent les EAU et Doubaï, de ne pas négocier avec l’Iran et d’isoler économiquement ce pays; le GCC a répondu qu’il était préférable de réduire la tension au travers d’accords… 

La crise britannique : on n’est plus très loin d’une “nationalisation” de facto de Northern Rock

La crise bancaire britannique, avatar national (pour l’instant) de la crise financière en cours depuis août, met le secteur bancaire britannique, dernier fleuron de la puissance de l’Empire, à fort rude épreuve. Elle met aussi les princpes du libéralisme bien-aimé dans une position bien délicate. Le gouvernement intervient maintenant massivement dans la crise, notamment auprès de Northern Rock. Le gouvernement garantit désormais les dépôts des clients de la banque, pour tenter d’enrayer la ruée des retraits; il n’est pas loin de concrétiser cette garantie sur les divers biens de la banque. On n’est plus très loin par conséquent, comme le notent des analystes de la… 

Notre “attak of the week”, — celle du Sunday Telegraph

Effectivement, chaque semaine au moins, en général le week-end, nous nous devons d’avoir notre projet d’attaque contre l’Iran, détaillé, minutieux, bien léché. Effectivement, les plans deviennent de plus en plus détaillé, minutieux, etc., comme on peut le lire dans le Sunday Telegraph du 16 septembre, où l’on apprend, ô surprise mais sans surprise excessive, que «Bush [is] setting America up for war with Iran» Suivent diverses informations, des effets d’atmosphère, des décisions sur le nombre d’objectifs en Iran (2.000), sur le timing de la chose. Le plan est si détaillé qu’il concerne même les Iraniens, puisqu’on annonce leur riposte à une première attaque assez anodine,… 

Hagel pourrait-il faire la différence?

Le sénateur républicain et anti-guerre Chuck Hagel, dont on avait envisagé un temps la candidature à la présidence, a annoncé qu’il ne se représenterait pas au Sénat en 2008 (en même temps qu’il écarte toute possibilité de candidature présidentielle). Cela signifie qu’il abandonne la politique, sans doute avec une certaine amertume, voire une amertume certaine si l’on en croit ce dialogue. Si l’on comprend bien et par simple logique contradictoire et à peine sollicitée, Hagel qualifierait la fonction de président de malhonnête? «Maher asks: Did you decide not to run for President because you just saw that a (sic) anti-war Republican could never get the… 

Débat autour d’un Debat faussaire

Un expert fait beaucoup de bruits à Washington: Alexis Debat, d’origine française. Très actif, très entreprenant depuis quelques années, intervenant toujours dans le sens du vent (c’est-à-dire un vent néo-conservateur), fournisseur, notamment à Politique Internationale, d’interviews de grand style et de personnalités US en vue. Debat travaille (travaillait) pour ABC News, pour le Nixon Center, pour National Interest, etc., dans les filières habituelles sous influence directe ou indirecte du courant néo-conservateur qui continue à tenir le haut du pavé. Vous ne verrez sans doute plus son nom à une place honorable parce qu’il est entré dans le processus important des démissions discrètes à répétition. Il… 

L’Irak-2005 pire que le Rouanda-1994

Une enquête bien documentée, techniquement sans faille et qui présente toutes les apparences de la respectabilité conclut que plus d’un million d’Irakiens (1,2 million) sont morts en Irak depuis 2003, de « morts violentes » pouvant être considérées comme des conséquences de l’invasion US du pays. Le site WSWS.org rapporte cette nouvelle hier, précisant que les résultats de cette enquête atteignent le rythme d’un génocide selon la définition la plus récente puisque le rythme des assassinats dépasse désormais celui du génocide du Rouanda (800.000 assassinats en 1994). Les précisions qui sont données sur l’enquête et sur l’organisation qui l’a réalisée sont pleinement rassurantes quant à la valeur… 

La crise et la spécificité britannique

D’autre part et quoi qu’il en soit, il n’est pas indifférent que l’un des pays les plus frappés par la crise venue de nulle part, c’est-à-dire des USA, soit, conformément aux normes des special relationships, le Royaume-Uni. Depuis vendredi, le royaume vit au rythme effréné du chaos de la banque Northern Rock, «Britain’s fifth biggest mortgage lender and the former darling of the financial markets» (souligné sardoniquement en gras par nous), selon un Will Hutton furieux, dans The Observer d’aujourd’hui. C’est la panique dans les rues, pour aller retirer son argent de cette banque aussi solide que le rocher de Gibraltar, «a full-blown run on… 

Comme en 1929 et après, avec la communication en plus pour soumettre la psychologie à l’épidémie de la crise

Quelques remarques édifiantes, notamment par la référence faite dans cet article, qui concernent les rues des villes du Royaume-Uni, devant les agences de la banque Northern Rock : «Yesterday something happened that I have not seen in my lifetime, a run on a major British bank. There were queues outside Northern Rock branches as depositors tried to get their money out. »This is the sort of event that happened in America after the Great Crash of 1929. For Northern Rock, this is catastrophe. For the rest of us it marks the end of an era of easy money.» Cette description à sensation extraite d’un article…