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Bloc-Notes

L’ami ukrainien de Washington dit non aux antimissiles US

Surprise, pas surprise ? Semi-surprise, disons. Le président ukrainien Ioutchenko, ami de Washington, soutenu par Washington pendant la révolution orange, dit un non catégorique aux antimissiles américanistes sur le territoire de l’Ukraine. La phrase aimable, chaleureuse et si fameuse des années 1950, de Dean Acheson peut-être, ou d’un ambassadeur US en Amérique Latine à propos d’un dirigeant du cru acquis aux intérêts US («It is a son of a bitch but it is our son of a bitch»), cette phrase n’a peut-être plus vraiment cours. Expliquons-nous. Ioutchenko est en grande bagarre avec son premier ministre pro-russe. Il a décrété des élections législatives anticipées. Le Premier… 

La Russie précise sa position sur les antimissiles

Les Russes ne veulent surtout pas laisser enterrer la question des antimissiles tandis que la poussée de bulldozer du Pentagone, continue très bureaucratiquement à faire avancer son initiative. Dans le Guardian d’aujourd’hui, ils développent (par la voix de Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin) la position russe après un premier round d’observation, entre le discours du 10 février de Poutine (à Munich) et la fin mars, avec les offres US de coopération qu’ils ont rejetées. On peut rapidement mentionner trois axes dans la position russe, qui permettent de développer côte à côte une position structurelle (stratégique) très ferme et très dure et une position conjoncturelle très… 

Un Trafalgar postmoderne, avec Nelson vendu pour trente deniers

La Royal Navy, qui n’avait jamais cédé, qui régnait sur les mers, Rule the Waves a dû céder à l’extraordinaire pression populaire qui a enflammé Londres ces dernières quarante-huit heures. La Royal Navy est revenue cette nuit, sur ordre d’un ministre paniqué, sur l’autorisation donnée aux ex-otages devenus prisonniers libérés et témoins privilégiés et bien payés de monnayer leur propre calvaire iranien. Le New Labour est à nouveau mis en cause pour ses pratiques propagandistes, Tony Blair en tête. Le prochain départ du sémillant Premier ministre britannique risque d’être marqué d’une gloire frelatée quoique sans doute bien payée. L’attaque contre les pratiques mercantiles de la… 

N’auriez-vous pas un point de désaccord ?

Nous sortons d’une vision sans véritable surprise, d’un débat sur la chaîne câblée Bloomberg (ce 9 avril, 17H00-18H00), entre les conseillers défense des deux principaux candidats (Lellouche pour Sarkosy, Gauthier pour Royal). Bien sûr, on débattait des programmes défense des candidats. Débat? Quel débat? L’esprit du débat pourrait être résumé par cet échange, évidemment dit sur un ton chargé de l’ironie qu’il faut : Gauthier : Sur ce point aussi, je suis d’accord avec Pierre Lellouche Lellouche : Si vous voulez, je peux devenir conseiller défense de Ségolène Royal. Ce débat a donc été exemplaire de l’absence de débat en France sur les questions de… 

To Be or Not to Be un otage

that is the question. Impossible d’y échapper en observant le comportement des otages, ou prisonniers britanniques libérés par l’Iran. L’enthousiasme de Téhéran, et même au-delà de Téhéran, alors que les prisonniers ne risquaient plus rien Comparé à la lugubre lecture, deux jours plus tard, d’un texte préparé, lors de la conférence de presse de Londres, où toute la vilenie extraordinaire du régime ayatollesque fut déballée devant le monde ébahi. Ces remarques d’un connaisseur, il resta cinq ans dans les geôles de l’ayatollah Khomeini, accusé d’être un espion britannique, sont intéressantes à lire. Il s’agit de Roger Cooper, publiant son commentaire dans The Independent de ce… 

Otage ou prisonnier, — ou comment faire de l’argent, vite fait

Voici comment il faut procéder. Vous contactez un de vos amis, Gardien de la Révolution en Iran. Ça se trouve facilement. Vous lui proposez honnêtement un marché fifty-fifty. Vous vous baladez, en Zodiac et en équipement de Marine britannique, entre Iran et Irak, plutôt vers l’Iran. Il vous capture. Le monde s’émeut. Vous passez à la TV, prisonnier détendu, cigarette au bec, disant que vous aviez franchi la ligne jaune et qu’il était normal qu’on vous arrête. L’U.S . Navy fait des manuvres. GW dit que vous êtes un otage et que c’est une honte. Les Iraniens vous libèrent en grandes pompes, avec un costume… 

McCain, sous le soleil exactement

Il faisait chaud, l’autre jour à Bagdad, alors que le sénateur McCain se baladait au marché pour faire ses emplettes, avec son gilet pare-balles de tous les jours comme vous et moi, jubilant au milieu de la centaine de soldats déguisés en badauds déguisés en gardes de son corps précieux, exprimant sa joie de la paix quasiment retrouvée. Revenu à la grisaille washingtonienne, McCain s’est jugé fondé d’apporter quelques rectifications, qui se sont aussitôt révélées aussi confuses que l’aventure elle-même. Cela se passait hier, au cours de l’émission 60 Minutes de CBS. (Selon Reuters, relayé par RAW Story.) D’abord, une déclaration de principe, qui nous… 

L’alternative serait-elle un réseau antimissiles UE-Russie?

C’est un article plein de bonnes vieilles vérités, à commencer par celle-ci, qui montre bien ce qu’il faut penser de la folle politique US, dans son déchaînement aveugle : «If we really wished America ill we would urge it to carry on with its adventurist policies!» La remarque concerne la question des antimissiles US (BMD) en Europe. L’article est du président de la commission des affaires étrangères de la Douma, Konstantin Kosachev, et, bien qu’il soit publié dans l’International Herald Tribune (le 6 avril), on sent bien qu’il s’adresse en priorité aux Européens. La critique de Kosachev reprend toutes les lignes d’un argumentaire désormais connu,… 

Même le FT qui fait patte de colombe

Dans les divers commentaires qui ont accompagné la restitution par les Iraniens des 15 Britanniques, notons celui du Financial Times qui nous est offert ce jour. Comme l’on connaît les tendances (très pro-US, ultra-libéral, anglo-saxonisant) et l’influence du quotidien, sa réaction nous paraît intéressante. Elle l’est d’autant plus qu’elle ne prend pas de gants pour observer l’habileté des Iraniens autant que la maladresse des Anglo-Saxons (des Britanniques). «Britain’s tactics were not, initially, joined up. It was particularly foolish to pretend that the Royal Navy was on the right, Iraqi side of a maritime boundary that does not formally exist, rather than insist it was operating… 

Deux poids, deux mesures à l’image de notre civilisation extraordinairement vertueuse

Imaginez un peu ce qui se passerait, disons au niveau de l’émotion qui saisirait la communauté internationale, les intellectuels germanopratins, l’éditorialiste du Monde et le secrétariat général de l’OTAN, si un commando de l’armée régulière iranienne, après avoir occupé le Canada pour le libérer en le dotant d’un gouvernement indépendant, pénétrait dans un consulat des USA au Canada pour se saisir d’une poignée de diplomates US, ratant de peu le directeur de la CIA censé s’y trouver. C’est ce qu’ont fait vis-à-vis des Iraniens, le 11 janvier, les militaires américanistes à Abril, au Kurdistan irakien. Andrew Cockburn, dans l’Independent du 3 avril, emploie une image… 

Les forces armées US et la crise climatique

Il existe désormais certaines indications précises selon lesquelles les forces armées US, et notamment l’U.S. Army, s’intéressent à la crise climatique d’un point de vue professionnel, c’est-à-dire dans ses conséquences géostratégiques et autres. C’est Le Monde qui s’en fait l’écho, dans ses éditions du 4 avril, dans un rapport sur un séminaire du Triangle Institute for Security Studies (TISS), à Chapel Hill (Caroline du Nord). Un intervenant, John Ackerman, de l’Air Command and Staff College de l’US Air Force, a résumé l’objectif des forces armées. «Nous devrons glisser de la guerre contre le terrorisme vers le nouveau concept de sécurité soutenable» (sustainable security, sans doute… 

Pas si loin de l’ultimatum

Après un petit tour de quelques jours où fut évoquée, au travers de diverses déclarations, la possibilité d’une coopération entre la Russie et les USA dans le système anti-missiles à installer en Europe, et après une réaction finalement très réservée des Russes, les Américains mettent les choses au point. Leur manière est habituelle, tranchée, sans concession, conformément aux plans prévus. Ce n’est pas un ultimatum mais ce n’en est pas si loin ; dans tous les cas, c’est une mise au point qui nous dit qu’il ne semble pas que les Américains abandonneront leurs projets de déploiement. Tout cela par la bouche de Eric Edelman,… 

Tous en scène, — au marché, à Bagdad

Ce fut une étonnante comédie, une mise en scène pathétique et hollywoodienne. John McCain et quelques acolytes républicains du Sénat et de la Chambre, se baladant dans un marché de Bagdad, puis proclamant à la conférence de presse rituelle que tout ne va pas si mal à Bagdad et en Irak. Les conditions de cette visite sont absurdement rocambolesques, avec un montage auprès duquel les villages Potemkine de la Grande Catherine confinent au grand art et à la vertu de quasi-réalité. Cette visite était faite pour donner un coup de pouce à la réalité Made-in-GW et au parti républicain, ainsi qu’aux ambitions républicaines et présidentielles… 

La crise des marins britanniques capturés par l’Iran : l’aspect économique

Il y a un aspect économique important dans la crise des 15 marins et Marines britanniques détenus par les Iraniens. La tension qui a aussitôt grimpé, notamment alimentée par des rumeurs d’attaque de l’Iran, a entraîné une hausse du prix du pétrole qui a eu ou qui fait envisager des répercussions importantes. Ces éléments peuvent évidemment alimenter des rumeurs de manoeuvres des uns et des autres. Les rumeurs d’attaque venues de Russie et alimentant la tension avaient-elles un but économique? Un article de Nezavissimaïa Gazeta, relayé par Novosti le 29 mars, exposait les avantages économiques pour la Russie de la tension avec l’Iran depuis le… 

Une (autre) épine dans les relations Pologne-USA : les F-16

Alors que les relations entre les USA et la Pologne paraissent acquises, notamment, par exemple, mais bon exemple, sans aucun doute, pour le déploiement des anti-missiles, il semble que la réalité doive de plus en plus être considérée comme plus complexe. Les diverses réserves émises par l’ancien ministre de la défense Sikorski, dans son article du 21 mars dans le Washington Post, doivent être confirmées et tenues pour l’expression de graves réserves et de critiques qui sont générales, bien plus que le cas d’un isolé. Comme Sikorski l’explique dans son article, les méthodes US dans l’affaire des anti-missiles ont constitué un motif d’exaspération pour de… 

“Rule the Waves, Britannia” ? Bof…

Il est toujours possible que la thèse des complotistes soit fondée et que la capture des 15 Britanniques ne soit que la préparation d’un casus belli pour attaquer l’Iran. En attendant, les signes qui nous sont disponibles, à nous pauvres pêcheurs en eaux territoriales, ne sont pas exaltants. Il s’agirait plutôt du Royaume-Uni pris au piège d’une situation particulièrement délicate. Le Sunday Telegraph rend compte, sur un ton professionnel qui doit cacher une fureur considérable, d’une situation d’impasse pour Londres, et de la recherche désespérée d’un accord avec les Iraniens. Le quotidien, qui a de bonnes sources dans la bureaucratie militaire, signale une proposition qu’envisageraient… 

Pauvres vaguelettes, poor Ferguson

Autre signe que les Britanniques ne sont pas vraiment partants pour la thèse de la provocation et du casus belli dans l’affaire des 15 prisonniers pris par les Iraniens, cette chronique de l’historien fameux et néo-impérialiste Niall Ferguson, dans le Sunday Telegraph du même jour. On connaît Ferguson, ses prises de position extrêmement vigoureuses, virulentes, en faveur d’une politique néo-impérialiste anglo-saxonne (l’ anglosphère’). Fiévreusement favorable à la guerre contre l’Irak, Ferguson a rapidement connu une grande déception devant les déboires américanistes en Irak. Il en a tiré la conclusion que les USA n’étaient pas faits pour devenir un empire, celui que Ferguson appelait de ses… 

L’Histoire existe toujours, même en Europe

La division apparue dimanche au sein de l’UE, sur la question du Kosovo, est une indication intéressante sur l’évolution européenne. On attend de cette Union qu’elle conduise à l’abolition des frontières et à la réduction des identités et des perceptions nationales et historiques. Dans le cas du Kosovo, dont on attendait une unanimité à l’UE aux côtés des USA, en faveur du plan Ahtisaari, il s’agit d’une rupture classique (de 3 ou 5 pays), typiquement en référence à des notions historiques que les conceptions officielles des institutions européennes jugent absolument dépassées. La valeur du plan Ahtisaari n’est même pas mise en cause, alors que beaucoup… 

L’analyse tendancieuse mais avisée de The Economist sur les antimissiles

Il est toujours du plus grand intérêt de considérer les aspects instructifs d’une forme de pensée qu’on ne partage pas. Un de nos lecteurs (ZedroS sur notre Forum le 30 mars 2007) nous signale une analyse de The Economist de l’édition imprimée de lhebdomadaire, en date du 29 mars, sur la crise des antimissiles en Europe, dite euromissiles-II. C’est en effet, pour qui nous connaît, dire l’évidence que dire que nous ne partageons pas le sens et le ton de l’analyse, et notamment son refus catégorique de considérer d’une manière un tant soit peu critique la démarche américaniste. Par contre, l’analyse est assez éclairée et… 

TB et son “splendide isolement”

Les Britanniques ne cessent de mesurer l’isolement où les met la politique de complet alignement sur les USA qu’ils suivent depuis six ans. La capture des quinze marins et Marines britanniques est un exercice convaincant à cet égard. Nombre de commentateurs britanniques continuent à souligner l’isolement britannique, essentiellement vis-à-vis de l’Europe, l’alliance US étant dans ce cas de la plus stricte inutilité sinon pour alimenter les bruits d’une attaque très prochaine contre l’Iran. S’y ajoute le sentiment d’une autorité perdue, disons d’une autorité morale, à cause des mauvaises fréquentations. Max Hastings développe l’argument selon lequel l’incident fait dans tous les cas le jeu des extrémistes… 

Plus que jamais les spéculations sur le thème désormais classique de l’attaque de l’Iran

Depuis quelques jours, les rumeurs d’attaque contre l’Iran ont redoublé, après une période de calme dans les nouvelles depuis janvier–février. Les hypothèses d’attaque venaient ces derniers jours surtout du côté russe, mais on trouve désormais des spéculations du côté US. Le site Consortium.News publie une analyse d’un groupe de vétérans de la CIA qui examine cette thèse à la lumière de l’incident entre les Britanniques et les Iraniens (capture des quinze marins et Marines britanniques). La thèse fait grand cas du rôle de Tony Blair dans cette affaire, présenté, peut-être à juste raison, comme jouant un rôle assez machiavélique et mystérieux dans cette affaire, comme… 

…Et pendant ce temps-là, madame la Speaker va se balader en Syrie

Alors que la fièvre des nouvelles et des spéculations diverses sur une attaque US contre l’Iran s’amplifie, vient cette annonce, curieuse dans ce contexte, d’une visite de Nancy Pelosi, la démocrate, Speaker de la Chambre des Représentants, notamment en Syrie. Ce voyage aura lieu la semaine prochaine : Israël, le Liban, la Syrie, l’Arabie Saoudite. Il y a un curieux parallèle entre les deux événements, tout comme une curieuse occurrence entre une visite commençant en Israël et se poursuivant notamment en Syrie. (Sauf si l’on admet l’hypothèse que les Israéliens recherchent un accord avec la Syrie, qu’ils en ont été empêchés par l’administration Bush, qu’ils… 

L’inégalité des richesses aux USA : la pire situation depuis 1928 et la Grande Dépression

Il faut être attentif aux symboles, et les USA eux-mêmes y sont particulièrement sensibles. Rien ne résonne plus comme un symbole de calamité dans ce pays que le terme Grande Dépression (détonateur du crash boursier d’octobre 1929, détérioration économique dramatique à partir de l’automne 1930, jusqu’aux abysses de l’hiver 1932-33, une tragédie nationale et la pire crise de l’histoire du pays). Pour cette raison de la force du symbole, les chiffres publiés sur l’état des richesses, qui signalent la plus grande inégalité depuis 1928 (la dernière année de prospérité des Roaring Twenties) résonnent d’une façon sinistre. Le site WSWS.org en fait aujourd’hui un commentaire. «The… 

Le “political and moral compass” de TGA

Timothy Garton-Ash (TGA) est un de ces intellectuels occidentaux, européens, britanniques, libéraux, presque de gauche et transatlantiques, dont les chroniques, les observations, les conférences et l’enseignement nous sont sans prix. De la Colonne Nelson à Harvard, de Davos à Saint-Germain des Prés, de Berlin à la Colonne Nelson, TGA est un homme de notre civilisation et un homme qui parle à notre civilisation. Entre deux publications, il parle aux autres civilisations. C’est une voix universaliste, britannique et special relationships parce qu’on ne peut pas faire autrement. Cette fois, il parle à l’Europe, plus spécialement aux Allemands qui président l’UE, parce qu’il l’a mauvaise, TGA. Simplement…