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Bloc-Notes

Pour une fois qu’un expert nous dit : non non, Bush n’attaquera pas l’Iran…

Quoique avec moins d’enthousiasme et d’excitation ces derniers temps, il faut le dire, les spéculations sur l’attaque de l’Iran par les USA continuent. Sans doute doit-on parler d’une tradition désormais bien établie ? Mais, pour l’heure, le ton est plutôt à la démobilisation. C’est ce que nous dit un expert prestigieux de plus, Andrew Terrill, du Strategic Studies Institute au US Army War College. Terrill est catégorique : mais non, il n’y aura pas d’attaque, les USA ne préparent rien du tout, d’abord pour l’excellente raison qu’ils ne peuvent plus rien préparer. Ils n’ont plus les moyens. L’argument, bien évidemment, sonne juste. Cela se passait… 

La souveraineté, ou “quasi-souveraineté”, des Etats de l’Union (USA) existerait-elle toujours?

On a déjà vu à plusieurs reprises combien la question de la crise climatique, et notamment les mesures à prendre pour la lutte contre les émissions de CO2, pourraient devenir un sujet non négligeable de tension, voire de conflit au sein de la structure US du centre fédéral et des Etats de l’Union, tant intérieurement qu’extérieurement. Cette possibilité s’est concrétisée un peu plus avec le débat de la Cour suprême dans un dossier qui était tranché le 2 avril, opposant l’agence fédérale de l’environnement (EPA) et l’Etat du Massachussets. C’est le chroniqueur conservateur James J. Kilpatrick qui met la chose en évidence dans une chronique… 

L’attaque contre la superbe démocratie irakienne et l’indéfectibilité US

Il est toujours réjouissant d’analyser la logique de l’inculpabilité US, ou de sa branche opérationnelle, l’indéfectibilité (du mot indéfectible : «Qui ne peut défaillir, être pris en défaut»). On en a eu un magnifique échantillon après l’attaque du Parlement irakien de Bagdad, c’est-à-dire l’attaque de la démocratie irakienne, cette démocratie concentrée dans la Zone Verte où règne effectivement, ou devrait régner le paradis démocratique et américaniste sur cette pauvre terre irakienne déchirée par les divers méchants. Alors, s’inquiète-t-on, c’est que l’offensive de sécurisation de Bagdad ne marche pas ? Rien compris Par contre, Olivier Knox, de l’AFP, commence à comprendre, qui écrit le 12 avril… 

Le ministre allemand de la défense découvre les vertus du système antimissiles (US)

Les Allemands, ou, dans tous les cas, les conservateurs (CDU) du gouvernement allemand, font une courbe plutôt rentrante sur la question des antimissiles US. Le ministre de la défense Franz Josef Jung (CDU) est venu hier devant la commission des affaires étrangères du Parlement Européen dire tout le bien qu’il pense désormais du projet. Simplement, il veut lui donner une connotation européenne, par exemple à l’intérieur de l’OTAN. Il s’agit d’une belle performance bien significative des tendances européennes actuelles : la performance est exposée par EUObserver du 13 avril. «Europe as whole could profit from US plans to place anti-missile bases in Poland and the… 

Pelosi ira-t-elle en Iran?

Après son voyage controversé en Syrie, il y a des bruits concernant la possible visite de la Speaker de la Chambre des Représentants en Iran. C’est le député Lantos, qui a accompagné Pelosi en Syrie, qui a évoqué cette possibilité. Les termes et les circonstances de l’annonce sont intéressants, ainsi que la personnalité de Lantos (un juif, survivant de l’Holocauste, comme indique la dépêche AFP reprise par RAW Story). Il s’agissait d’une conférence de presse conjointe Lantos-Pelosi, le premier disant parler pour son propre compte en évoquant la possibilité d’une visite de Pelosi, celle-ci ne démentant pas Certains des échanges de cette conférence de presse… 

A propos du Iskander (SS-26)

Nous signalions l’article du Guardian consacré à l’attitude russe dans la crise euromissiles-II, dans un Bloc-Notes d’hier. Parmi les observations qu’on peut lire figure celle qui concerne les contre-mesures militaires des Russes, face au déploiement US d’antimissiles. Nous rappelons notre commentaire, avec les citations adéquates : «Moscou prépare des mesures militaires pour contrer les plans du Pentagone. Ces mesures sont pour l’instant modérées et n’impliquent rien de fondamentalement dramatique. The Kremlin has not publicly spelt out its plans. But defence experts said its response is likely to include upgrading its nuclear missile arsenal so that it is harder to shoot down, putting more missiles on… 

L’ami ukrainien de Washington dit non aux antimissiles US

Surprise, pas surprise ? Semi-surprise, disons. Le président ukrainien Ioutchenko, ami de Washington, soutenu par Washington pendant la révolution orange, dit un non catégorique aux antimissiles américanistes sur le territoire de l’Ukraine. La phrase aimable, chaleureuse et si fameuse des années 1950, de Dean Acheson peut-être, ou d’un ambassadeur US en Amérique Latine à propos d’un dirigeant du cru acquis aux intérêts US («It is a son of a bitch but it is our son of a bitch»), cette phrase n’a peut-être plus vraiment cours. Expliquons-nous. Ioutchenko est en grande bagarre avec son premier ministre pro-russe. Il a décrété des élections législatives anticipées. Le Premier… 

La Russie précise sa position sur les antimissiles

Les Russes ne veulent surtout pas laisser enterrer la question des antimissiles tandis que la poussée de bulldozer du Pentagone, continue très bureaucratiquement à faire avancer son initiative. Dans le Guardian d’aujourd’hui, ils développent (par la voix de Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin) la position russe après un premier round d’observation, entre le discours du 10 février de Poutine (à Munich) et la fin mars, avec les offres US de coopération qu’ils ont rejetées. On peut rapidement mentionner trois axes dans la position russe, qui permettent de développer côte à côte une position structurelle (stratégique) très ferme et très dure et une position conjoncturelle très… 

Un Trafalgar postmoderne, avec Nelson vendu pour trente deniers

La Royal Navy, qui n’avait jamais cédé, qui régnait sur les mers, Rule the Waves a dû céder à l’extraordinaire pression populaire qui a enflammé Londres ces dernières quarante-huit heures. La Royal Navy est revenue cette nuit, sur ordre d’un ministre paniqué, sur l’autorisation donnée aux ex-otages devenus prisonniers libérés et témoins privilégiés et bien payés de monnayer leur propre calvaire iranien. Le New Labour est à nouveau mis en cause pour ses pratiques propagandistes, Tony Blair en tête. Le prochain départ du sémillant Premier ministre britannique risque d’être marqué d’une gloire frelatée quoique sans doute bien payée. L’attaque contre les pratiques mercantiles de la… 

N’auriez-vous pas un point de désaccord ?

Nous sortons d’une vision sans véritable surprise, d’un débat sur la chaîne câblée Bloomberg (ce 9 avril, 17H00-18H00), entre les conseillers défense des deux principaux candidats (Lellouche pour Sarkosy, Gauthier pour Royal). Bien sûr, on débattait des programmes défense des candidats. Débat? Quel débat? L’esprit du débat pourrait être résumé par cet échange, évidemment dit sur un ton chargé de l’ironie qu’il faut : Gauthier : Sur ce point aussi, je suis d’accord avec Pierre Lellouche Lellouche : Si vous voulez, je peux devenir conseiller défense de Ségolène Royal. Ce débat a donc été exemplaire de l’absence de débat en France sur les questions de… 

To Be or Not to Be un otage

that is the question. Impossible d’y échapper en observant le comportement des otages, ou prisonniers britanniques libérés par l’Iran. L’enthousiasme de Téhéran, et même au-delà de Téhéran, alors que les prisonniers ne risquaient plus rien Comparé à la lugubre lecture, deux jours plus tard, d’un texte préparé, lors de la conférence de presse de Londres, où toute la vilenie extraordinaire du régime ayatollesque fut déballée devant le monde ébahi. Ces remarques d’un connaisseur, il resta cinq ans dans les geôles de l’ayatollah Khomeini, accusé d’être un espion britannique, sont intéressantes à lire. Il s’agit de Roger Cooper, publiant son commentaire dans The Independent de ce… 

Otage ou prisonnier, — ou comment faire de l’argent, vite fait

Voici comment il faut procéder. Vous contactez un de vos amis, Gardien de la Révolution en Iran. Ça se trouve facilement. Vous lui proposez honnêtement un marché fifty-fifty. Vous vous baladez, en Zodiac et en équipement de Marine britannique, entre Iran et Irak, plutôt vers l’Iran. Il vous capture. Le monde s’émeut. Vous passez à la TV, prisonnier détendu, cigarette au bec, disant que vous aviez franchi la ligne jaune et qu’il était normal qu’on vous arrête. L’U.S . Navy fait des manuvres. GW dit que vous êtes un otage et que c’est une honte. Les Iraniens vous libèrent en grandes pompes, avec un costume… 

McCain, sous le soleil exactement

Il faisait chaud, l’autre jour à Bagdad, alors que le sénateur McCain se baladait au marché pour faire ses emplettes, avec son gilet pare-balles de tous les jours comme vous et moi, jubilant au milieu de la centaine de soldats déguisés en badauds déguisés en gardes de son corps précieux, exprimant sa joie de la paix quasiment retrouvée. Revenu à la grisaille washingtonienne, McCain s’est jugé fondé d’apporter quelques rectifications, qui se sont aussitôt révélées aussi confuses que l’aventure elle-même. Cela se passait hier, au cours de l’émission 60 Minutes de CBS. (Selon Reuters, relayé par RAW Story.) D’abord, une déclaration de principe, qui nous… 

L’alternative serait-elle un réseau antimissiles UE-Russie?

C’est un article plein de bonnes vieilles vérités, à commencer par celle-ci, qui montre bien ce qu’il faut penser de la folle politique US, dans son déchaînement aveugle : «If we really wished America ill we would urge it to carry on with its adventurist policies!» La remarque concerne la question des antimissiles US (BMD) en Europe. L’article est du président de la commission des affaires étrangères de la Douma, Konstantin Kosachev, et, bien qu’il soit publié dans l’International Herald Tribune (le 6 avril), on sent bien qu’il s’adresse en priorité aux Européens. La critique de Kosachev reprend toutes les lignes d’un argumentaire désormais connu,… 

Même le FT qui fait patte de colombe

Dans les divers commentaires qui ont accompagné la restitution par les Iraniens des 15 Britanniques, notons celui du Financial Times qui nous est offert ce jour. Comme l’on connaît les tendances (très pro-US, ultra-libéral, anglo-saxonisant) et l’influence du quotidien, sa réaction nous paraît intéressante. Elle l’est d’autant plus qu’elle ne prend pas de gants pour observer l’habileté des Iraniens autant que la maladresse des Anglo-Saxons (des Britanniques). «Britain’s tactics were not, initially, joined up. It was particularly foolish to pretend that the Royal Navy was on the right, Iraqi side of a maritime boundary that does not formally exist, rather than insist it was operating… 

Deux poids, deux mesures à l’image de notre civilisation extraordinairement vertueuse

Imaginez un peu ce qui se passerait, disons au niveau de l’émotion qui saisirait la communauté internationale, les intellectuels germanopratins, l’éditorialiste du Monde et le secrétariat général de l’OTAN, si un commando de l’armée régulière iranienne, après avoir occupé le Canada pour le libérer en le dotant d’un gouvernement indépendant, pénétrait dans un consulat des USA au Canada pour se saisir d’une poignée de diplomates US, ratant de peu le directeur de la CIA censé s’y trouver. C’est ce qu’ont fait vis-à-vis des Iraniens, le 11 janvier, les militaires américanistes à Abril, au Kurdistan irakien. Andrew Cockburn, dans l’Independent du 3 avril, emploie une image… 

Les forces armées US et la crise climatique

Il existe désormais certaines indications précises selon lesquelles les forces armées US, et notamment l’U.S. Army, s’intéressent à la crise climatique d’un point de vue professionnel, c’est-à-dire dans ses conséquences géostratégiques et autres. C’est Le Monde qui s’en fait l’écho, dans ses éditions du 4 avril, dans un rapport sur un séminaire du Triangle Institute for Security Studies (TISS), à Chapel Hill (Caroline du Nord). Un intervenant, John Ackerman, de l’Air Command and Staff College de l’US Air Force, a résumé l’objectif des forces armées. «Nous devrons glisser de la guerre contre le terrorisme vers le nouveau concept de sécurité soutenable» (sustainable security, sans doute… 

Pas si loin de l’ultimatum

Après un petit tour de quelques jours où fut évoquée, au travers de diverses déclarations, la possibilité d’une coopération entre la Russie et les USA dans le système anti-missiles à installer en Europe, et après une réaction finalement très réservée des Russes, les Américains mettent les choses au point. Leur manière est habituelle, tranchée, sans concession, conformément aux plans prévus. Ce n’est pas un ultimatum mais ce n’en est pas si loin ; dans tous les cas, c’est une mise au point qui nous dit qu’il ne semble pas que les Américains abandonneront leurs projets de déploiement. Tout cela par la bouche de Eric Edelman,… 

Tous en scène, — au marché, à Bagdad

Ce fut une étonnante comédie, une mise en scène pathétique et hollywoodienne. John McCain et quelques acolytes républicains du Sénat et de la Chambre, se baladant dans un marché de Bagdad, puis proclamant à la conférence de presse rituelle que tout ne va pas si mal à Bagdad et en Irak. Les conditions de cette visite sont absurdement rocambolesques, avec un montage auprès duquel les villages Potemkine de la Grande Catherine confinent au grand art et à la vertu de quasi-réalité. Cette visite était faite pour donner un coup de pouce à la réalité Made-in-GW et au parti républicain, ainsi qu’aux ambitions républicaines et présidentielles… 

La crise des marins britanniques capturés par l’Iran : l’aspect économique

Il y a un aspect économique important dans la crise des 15 marins et Marines britanniques détenus par les Iraniens. La tension qui a aussitôt grimpé, notamment alimentée par des rumeurs d’attaque de l’Iran, a entraîné une hausse du prix du pétrole qui a eu ou qui fait envisager des répercussions importantes. Ces éléments peuvent évidemment alimenter des rumeurs de manoeuvres des uns et des autres. Les rumeurs d’attaque venues de Russie et alimentant la tension avaient-elles un but économique? Un article de Nezavissimaïa Gazeta, relayé par Novosti le 29 mars, exposait les avantages économiques pour la Russie de la tension avec l’Iran depuis le… 

Une (autre) épine dans les relations Pologne-USA : les F-16

Alors que les relations entre les USA et la Pologne paraissent acquises, notamment, par exemple, mais bon exemple, sans aucun doute, pour le déploiement des anti-missiles, il semble que la réalité doive de plus en plus être considérée comme plus complexe. Les diverses réserves émises par l’ancien ministre de la défense Sikorski, dans son article du 21 mars dans le Washington Post, doivent être confirmées et tenues pour l’expression de graves réserves et de critiques qui sont générales, bien plus que le cas d’un isolé. Comme Sikorski l’explique dans son article, les méthodes US dans l’affaire des anti-missiles ont constitué un motif d’exaspération pour de… 

Rule the Waves, Britannia” ? Bof…

Il est toujours possible que la thèse des complotistes soit fondée et que la capture des 15 Britanniques ne soit que la préparation d’un casus belli pour attaquer l’Iran. En attendant, les signes qui nous sont disponibles, à nous pauvres pêcheurs en eaux territoriales, ne sont pas exaltants. Il s’agirait plutôt du Royaume-Uni pris au piège d’une situation particulièrement délicate. Le Sunday Telegraph rend compte, sur un ton professionnel qui doit cacher une fureur considérable, d’une situation d’impasse pour Londres, et de la recherche désespérée d’un accord avec les Iraniens. Le quotidien, qui a de bonnes sources dans la bureaucratie militaire, signale une proposition qu’envisageraient… 

Pauvres vaguelettes, poor Ferguson

Autre signe que les Britanniques ne sont pas vraiment partants pour la thèse de la provocation et du casus belli dans l’affaire des 15 prisonniers pris par les Iraniens, cette chronique de l’historien fameux et néo-impérialiste Niall Ferguson, dans le Sunday Telegraph du même jour. On connaît Ferguson, ses prises de position extrêmement vigoureuses, virulentes, en faveur d’une politique néo-impérialiste anglo-saxonne (l’ anglosphère’). Fiévreusement favorable à la guerre contre l’Irak, Ferguson a rapidement connu une grande déception devant les déboires américanistes en Irak. Il en a tiré la conclusion que les USA n’étaient pas faits pour devenir un empire, celui que Ferguson appelait de ses… 

L’Histoire existe toujours, même en Europe

La division apparue dimanche au sein de l’UE, sur la question du Kosovo, est une indication intéressante sur l’évolution européenne. On attend de cette Union qu’elle conduise à l’abolition des frontières et à la réduction des identités et des perceptions nationales et historiques. Dans le cas du Kosovo, dont on attendait une unanimité à l’UE aux côtés des USA, en faveur du plan Ahtisaari, il s’agit d’une rupture classique (de 3 ou 5 pays), typiquement en référence à des notions historiques que les conceptions officielles des institutions européennes jugent absolument dépassées. La valeur du plan Ahtisaari n’est même pas mise en cause, alors que beaucoup…