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Bloc-Notes

L’étonnante propension à la paralysie de notre pouvoir postmoderne : les démissions “30 jours fin de mois”

A-t-on observé la curieuse similitude d’attitude entre Tony Blair et Paul Wolfowitz ? Blair annonce le 9 mai qu’il démissionnera fin juin (le 27 ? Le 28 ? Paris ouverts) de son poste de Premier ministre britannique, Wolfowitz annonce le 17 mai qu’il démissionne et quittera le 30 juin son poste de directeur de la Banque Mondiale. Nommons cela une démission 30 jours fin de mois, comme les factures. Ces démissions viennent évidemment après des semaines ou des mois de crise (crise chronique dans le cas de Blair, depuis le début de la guerre en Irak), c’est-à-dire dans le cadre d’un pouvoir d’ores et déjà… 

Pas d’attaque contre l’Iran pour l’instant

A la bourse des possibilités d’attaque contre l’Iran, les possibilités sont très faibles pour l’instant, nous dit Simon Tisdall, du Guardian, le 16 mai. Tisdall semble donner une interprétation venue de sources modérées washingtoniennes, constatant l’actuelle paralysie du pouvoir, parfois en des termes expéditifs («Although technically George Bush still gives the orders, nobody especially in Baghdad is really listening any more»). Il faut observer que l’épisode de l’U.S. Navy et de l’amiral Fallon donne du crédit à cette interprétation. L’intérêt du texte de Tisdall est le processus implicite qu’il décrit, notamment la descente dans l’impotence complète du pouvoir de GW Bush tandis que des dispositions… 

Quelques mots sur la Kouchner-story du petit Nicolas

D’abord, commençons par autre chose. Le premier mot que prononça Chirac en mai 1995, en pénétrant dans l’Elysée, après avoir salué Mitterrand, fut ceci, après s’être assis lourdement dans un fauteuil : «Putain, je ne sais pas comment je vais faire.» (Selon Henri Guaino, déjà présent à la fondation.) Cela ouvre des perspectives pour le premier mot de Sarkozy. Ce qui ne nous amène pas à notre propos mais y conduit tout de même. (Comprenne qui pourra.) La nomination de Bernard Kouchner aux affaires étrangères avait d’abord un peu surpris ; cette première surprise passée, il n’y a pas de quoi être surpris. Selon Nicolas… 

Dessous de l’opposition de la Navy à l’attaque contre l’Iran

Des précisions très intéressantes sont apportées au comportement de l’U.S. Navy, et spécifiquement de l’amiral Fallon qui a pris son poste de commandant de Central Command à cette époque, durant les mois de février-mars, lorsqu’il était fortement question d’une attaque US contre l’Iran. Un lecteur (voir le Forum du 16 mai) nous signale cet article de Gareth Porter, qu’on trouve également sur Antiwar.com ce même 16 mai. L’article de Porter est très détaillé et montre comment Fallon, évidemment soutenu par sa hiérarchie de l’U.S. Navy, s’est opposé à toute possibilité d’attaque en refusant le déploiement d’un troisième porte-avions (avec menace de démission à la clef).… 

Galileo vaut bien une messe, — et quelle messe !

Parmi les travaux pratiques de l’absurdité de notre époque et du nihilisme conceptuel des institutions européennes avec leur credo libéral et anti-étatiste, le sauvetage de Galileo. Le programme stratégique européen est mortellement menacé par l’irresponsabilité régalienne du secteur privé, qui fut appelé comme le financier évident de l’entreprise. Les querelles internes entre les différents contractants, l’incapacité des autorités européennes de leur faire entendre raison, et pour cause, puisque ce refus d’une telle autorité est la raison d’être du secteur privé face aux autorités représentatives, ou soi-disant représentatives, tout cela a conduit, sans trop de tambour et avec des trompettes discrètes, à ce que EUObserver désigne… 

Désolé, “Comaguer”

Cette fois, nous repoussons fermement et sans compromis, mais avec une grande sympathie et évidemment sans acrimonie, une remarque d’un de nos lecteurs, Comaguer, sur le Forum du texte F&C du 14 mai, remarque en date du 16 mai. («Avec VASTITUDE vous faites dans le néologisme SEGOLENIEN. Nostalgie? Hommage posthume? »On peut s’en passer ! AMPLEUR va trés bien!») Nous tenons à notre vastitude et tenons que le mot est à sa place. Il est parfaitement répertorié comme terme usuel, même si rarement utilisé. (Nous ne reculons pas devant tel ou tel néologisme, mais ce n’est pas nécessaire ici.) Voir le Grand Robert, Tome VI,… 

On a trouvé le “czar wars”, et il n’est pas loin d’être anti-war

L’extraordinaire et rocambolesque aventure de dénicher un général qui accepte la fonction de superviser deux guerres perdues d’avance et caractérisées par un foutoir immensément globalisé s’achève par la désignation d’un général trois étoiles notoirement opposé à la stratégie de surge suivie par GW Bush en Irak. Il s’agit du lieutenant-général Douglas Lute. L’article de Robert Parry, sur ConsortiumNews.com le 17 mai, nous restitue l’essentiel de cette affaire, selon une approche enrichissante. Il est manifeste qu’on trouve là, une fois de plus démontrés, la faiblesse du pouvoir civil à Washington et le désordre régnant par conséquent dans la hiérarchie militaire et dans les élites. «How should… 

L’OCDE, BAE et la colère suisse

Les Britanniques commencent à être préoccupés des retombées diplomatiques de l’affaire BAE, notamment dans le cadre de l’enquête ouverte par l’OCDE. Des sources européennes affirment que la décision suisse de rouvrir l’enquête commanditée par le Serious Fraud Office a été prise pour riposter aux pressions exercées et aux rumeurs répandues par les Britanniques pour discréditer le professeur suisse Pieth, qui mène l’enquête de l’OCDE. «C’est une démarche significative, disent ces sources. Les Suisses sont furieux. Ils ont bien fait comprendre qu’il s’agissait d’un acte de gouvernement significatif pris dans le cadre de l’affaire, qui impliquait une orientation diplomatique spécifique.» A cette lumière, l’affaire suisse est… 

“Regime change” à Washington, vite…

La chose est trop rare pour qu’on la passe sous silence : des voix s’élèvent à Washington pour prendre en exemples les autres démocraties qui changent leur direction politique décrépite ou discréditée, alors que les USA s’obstinent à garder la leur, à la fois décrépite et discréditée. Bref, ce commentaire de Al Hunt, de Bloomberg News rapporté par RAW Story revient in fine à féliciter la France avec son président tout neuf de s’être montrée plus dynamique et plus réformiste que les autres, particulièrement que les USA. Quelques paragraphes sur la grande paralysie US et le besoin de regime change qui s’ensuit. «While the other… 

Par conséquent, un G.I. vaut bien entre 3.333,33 et 5.000 Irakiens, et même bien plus que ça

Washington est engagé dans une mission forcenée : retrouver trois soldats US disparus en Irak. Le New York Times nous donne tous les détails sur les 4.000 soldats US engagés dans des missions de recherche. «About 4,000 American ground troops supported by surveillance aircraft, attack helicopters and spy satellites swept towns and farmland south of Baghdad on Sunday, searching for three American soldiers who disappeared on Saturday after their patrol was ambushed, military officials said. »The Islamic State of Iraq, an umbrella insurgent group that includes Al Qaeda in Mesopotamia, asserted that it had captured the three missing Americans and claimed responsibility for the attack,… 

Encore un “front”: la Suisse part en guerre contre BAE

Encore un autre front pour BAE, décidément bien à l’ouvrage ces derniers temps. Il s’agit de la Suisse, qui vient d’ouvrir sa propre enquête sur les fonds déposés dans des banques suisses, qui seraient de l’argent de la corruption, notamment des marchés Yamamah. Une fois de plus, c’est le Guardian qui donne ces précisions inédites, aujourd’hui. Les Suisses veulent reprendre l’enquête que le Serious Fraud Office a été contraint d’arrêter le 15 décembre dernier, sur ordre du gouvernement Blair. Cerise sur le gâteau, le texte du Guardian nous apprend que les Suisses vont également travailler sur les accusations de corruption (avec dépôt possible dans des… 

Qui n’a pas son million de barils de pétrole irakien ?

Un rapport du Government Accountability Office qui doit être publié dans deux semaines, et qui est annoncé dans le New York Times du 12 mai, présente l’étonnante situation de la corruption et du vol dans l’exploitation des pétroles irakiens. Ce sont entre 100.000 et 300.000 barils qui disparaissent chaque jour, sur une production de 2 millions de barils. Si l’on tient compte de l’importance stratégique de la production pétrolière irakienne pour les USA et des moyens énormes de sécurité mis en place pour la contrôler, il s’agit de l’exemple le plus convaincant de l’absence totale de contrôle où se trouve aujourd’hui l’Irak. «Between 100,000 and… 

La croisade de Bayrou et la référence belge

Hier, à l’émission Ripostes de Serge Moatti, sur la cinquième chaîne française, François Bayrou a exposé une nouvelle fois ses conceptions révolutionnaires. Attaché notamment à l’exemple concret des élections municipales, il expliqua que son idée était que les forces politiques locales ne devaient pas s’aligner selon l’orientation nationale de la direction centrale. A Montpellier ou à Lyon, à Bordeaux ou à Lille, des partis de gauche doivent être capables de s’allier à des partis de droite, un parti du centre avec l’un ou l’autre, les Verts avec les uns et les autres, etc. tout cela sans référence nationale, mais selon la seule valeur des personnalités… 

BAE dans le collimateur du Congrès

Il semblait que la puissance même du groupe britannique BAE le mettrait à l’abri de querelles trop vives de la part de l’édifice juridique du système. Au contraire, le plus remarquable dans les suites du scandale Yamamah dont BAE est le principal accusé et la décision d’abandon de l’enquête du Serious Fraud Office (SFO) contre BAE, le 15 décembre 2006, c’est la constance et la pugnacité de l’attaque contre BAE. On croyait que cette affaire serait enterrée par cette décision de décembre 2006 dont l’iniquité semblait garantir l’efficacité. Il n’en est rien. A côté de l’attaque de l’OCDE, il y a désormais un front américain… 

L’esprit du temps

Nous extrayons des interventions de quelques historiens britanniques sur le souvenir historique de Tony Blair un passage de celle de Linda Colley, professeur d’histoire à l’université de Princeton. Il n’a pas à voir directement avec Tony Blair, bien qu’il prétende évidemment en faire indirectement l’apologie, c’est là l’une des missions d’une historienne installée, aujourd’hui, mais plus certainement avec ce que nous désignerions comme l’esprit du temps, mode anglo-saxon cela va de soi. Voici le passage : «Britain is now far more prosperous. No one is saying that there isn’t poverty, but if one goes to visit Paris and walks around there, and then does the… 

Un lapsus bouleversant à force d’être révélateur : Bush démissionne…

Le 10 mai, sur CNN, commençait une émission sur l’annonce de la démission de Tony Blair, sa succession par Gordon Brown et ainsi de suite. Comme d’habitude, des panneaux et des annonces concernant d’autres nouvelles défilaient dans le bas de l’image. Soudain apparut un panneau rouge avec ces mots en majuscules : BUSH RESIGNS. Un lecteur du site RAW Story, Brian, a signalé cet incident, en donnant un lien qui montre l’image, et qui est repris le 11 mai sur RAW Story, avec ce commentaire : «This appeared on screen for 12 seconds. (Two seconds before, President Bush had appeared on screen, but the chyron… 

Le vigoureux jugement de Tariq Ali

Effectivement, l’image de Tony Blair est définitivement colorée par l’aventure irakienne. A côté des jugements des historiens qui renforcent pourtant cette idée, il y a des appréciations plus polémiques. Celle de Tariq Ali, ancien leader étudiant extrémiste des années 1960 et critique constant de la politique expansionniste et belliciste anglo-saxonne, est polémique et vigoureuse. Le fait est qu’elle nous semble également se rapprocher le plus de la réalité. Peut-être est-ce là le drame de Tony Blair. Il voulait, il devait être un personnage consensuel, comme le peignait effectivement son service de communication. (Comme il l’est encore en France, qui est sans doute le dernier pays… 

L’OTAN marque sa différence

Les précisions particulièrement précises données mercredi par le porte-parole de l’OTAN James Appathurai à propos d’un bombardement aérien qui a tué 21 civils en Afghanistan sont terriblement révélatrices de l’état d’esprit régnant aujourd’hui au sein de l’Alliance. Appathurai a insisté d’une façon très claire sur le fait que cette attaque n’était pas le fait de l’OTAN elle-même mais d’une coalition menée par les USA. Devant la presse, Appathurai a donc précisé : «Ce n’était pas une opération de l’OTAN, mais une opération de la coalition dirigée par les Etats-Unis.» Il a également observé que la question des dommages infligés aux civils afghans dans les opérations… 

Ils commencent à mesurer l’ampleur de la catastrophe, — l’exemple de Holbrooke

Une communication de Richard Holbrooke, le 10 mai lors d’un séminaire américano-turc, est remarquable par la tonalité alarmiste qu’elle montre, et indique que l’establishment washingtonien prend de plus en plus la mesure de l’ampleur de la catastrophe irakienne. (Holbrooke, diplomate d’expérience après plusieurs postes de haut niveau dans l’administration Clinton [Bill], est donné favori comme secrétaire d’Etat d’une autre administration Clinton [Hillary], si Hillary est élue en 2008.) Holbrooke estime que la situation en Irak est pire qu’elle n’était au Vietnam (il y fut en poste comme jeune fonctionnaire). D’ores et déjà, il s’agit d’une guerre civile hors de contrôle («a civil war raging out… 

La politique extérieure de Sarko selon Pfaff

L’analyse de l’historien américain William Pfaff est toujours une référence importante. Son analyse de ce qu’il juge que sera la politique extérieure du nouveau président français est, par conséquent évidemment, une indication très importante. Il la donne dans un texte du 8 mai sur son site personnel. Elle est conforme, à notre sens, à la lucidité et à la mesure de l’historien, grand connaisseur des nécessités de toute politique extérieure, et particulièrement celle de la France. Elle expose un scepticisme fondé pour l’hypothèse de changements importants dans cette politique, parce que les intérêts de la France restent ce qu’ils sont. (Bien entendu, et fort justement,… 

Que restera-t-il de Blair ?

TB nous a donc annoncé son départ. Dans sept semaines, il donnera sa démission. (Dernier cadeau : ce curieux intermède de sept semaines, avec un Premier ministre sans aucune autorité. Mais Tony Blair tenait à être le PM britannique au sommet du G8 et au sommet européen de juin.) En attendant, on commence à faire les comptes. Le Guardian a interrogé quelques historiens. Le jugement est beaucoup, beaucoup plus nuancé que l’enthousiasme habituellement déchaîné à l’évocation du Premier ministre. La plupart de ces historiens ont une attitude assez proche : tout serait acceptable s’il n’y avait l’Irak. L’aventure irakienne a complètement perverti le destin historique… 

Dans l’affaire des anti-missiles, les Russes profitent aisément des lourdeurs US

Les Russes profitent évidemment des faiblesses et des lourdeurs du Pentagone et de Washington dans l’affaire des anti-missiles. Il y sont aidés, tout aussi évidemment, par l’agacement montant chez les Européens. Les deux notes ci-dessous, de nos sources internes, illustrent cette évolution. D’une part, les Russes (en la personne du ministre des affaires étrangères Lavrov), soudain très faciles, très ouverts, très arrangeants, essentiellement parce qu’ils s’adressent aux Européens. Ils savent que les Américains s’embourbent de plus en plus dans leurs contradictions internes, dont celle de l’intervention du Congrès n’est pas la moindre. Pour eux, la tactique est évidente : on parle amicalement aux Européens sans… 

Retour d’escapade, vite fait (le petit Nicolas, suite)

Dans l’émission C dans l’air (sur la Cinq), aujourd’hui à 17H50, on a parlé du retour précipité de Nicolas Sarkozy de son escapade maltaise, à bord d’un luxueux yacht. Qu’on s’en afflige ou qu’on s’en réjouisse, le séjour a été commenté d’une façon extrêmement critique. Dans un premier contact avec des journalistes opportunément placés sur un parcours de jogging, Sarko avait bien laissé entendre qu’il ne regrettait rien, qu’il n’avait pas à s’excuser, qu’il était vraiment un grand maintenant, etc. Mais le fait est là : le séjour prévu pour dix jours s’est trouvé réduit à deux. Remarque de Raphaëlle Bacqué, du Monde, qui participait… 

Une vue prudente (et britannique) de Sarko le réformateur

Bronwen Maddox, spécialiste des affaires internationales au Times, donne aujourd’hui une vision prudente de Sarko le réformateur, cette fois dans le domaine strictement intérieur et par rapport aux évaluations selon lesquelles le nouveau président voudrait changer la France de fond en comble. Vue britannique et prudente sur Sarkozy, une fois n’est pas coutume, mais ce n’est pas inintéressant. Maddox remet les pendules à l’heure. Elle détaille aussi bien les contraintes que les véritables projets de Sarkozy et conclut que nous serons loin, très loin de Margaret Thatcher au bout du compte, lorsqu’il aura achevé son programme, s’il l’achève. Bref, la fête est finie, les lampions…