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Bloc-Notes

L’opposition à l’éventuelle frappe US contre l’Iran s’organise au niveau “officiel”

De ce point de vue de l’évolution des groupes de pression officiels, la situation US dans la crise iranienne est complètement différente de celle qu’on observait durant la crise irakienne. L’organisation de l’opposition, faite d’anciens officiels, d’experts, de parlementaires, est beaucoup plus forte, tandis que l’organisation en faveur de l’attaque est officiellement inexistante puisqu’il n’est officiellement pas question d’attaque. Le dernier rapport du site Truthout.org sur cet aspect de la crise, mis en ligne le 21 février, est excellent. D’abord, il faut signaler qu’il retranscrit l’audition de Brzezinski au Sénat, le 1er février, dans ses aspects les plus explosifs, élargissant l’écho de cette opération. Ensuite,… 

La crise iranienne : GW renoncera-t-il à la réalité ?

La question de la crise iranienne est certainement, dans la période actuelle, l’une des plus fascinantes quant à son moteur et à ses motifs du point de vue des USA. Un article de H.D.S. Greenway, dans l’International Herald Tribune (The Boston Globe) d’aujourd’hui nous le dit dès son titre : «Renunciation of reality.» Greenway pose cette question qui paraît fondamentale : Bush attaquera-t-il ou non l’Iran? Les hypothèses examinées pour percer ce mystère formidable qui demande des moyens terrifiants et des décisions politiques essentielles, qui devraient nous conduire à des faits géopolitiques essentiels, des faits objectifs aisément mesurables, nous conduisent au contraire à une étrange… 

La crise de la globalisation montrée par l’interrogation à propos de la guerre

La crise de la globalisation se trouve d’abord, dans cette époque absolument conditionnée par la communication de l’information et ses effets sur la psychologie, au niveau de la perception de ce concept. Le concept de globalisation est formidablement soutenu par le conformisme qui conditionne la politique mondiale et l’idéologie qui la soutient. Parmi l’arsenal moralisant (donc impératif) de ce conformisme pour fixer les bornes impératives qui fixent la description de la globalisation, il y a la notion d’exclusion de la guerre. Le conformisme de la définition de la globalisation dit que la globalisation empêche la guerre. C’est avec cela à l’esprit qu’il faut apprécier comme… 

Business as usual : l’ordre dans le désordre, chapitre somalien sous direction US

On n’en finit pas, avec une lassitude fataliste, de comptabiliser les mêmes initiatives, les mêmes emballements, les mêmes certitudes, selon la même façon d’écraser le problème en lieu et place de le résoudre. Et le même résultat. Dernier chapitre en date : la Somalie. Il y a deux mois, les USA s’étaient enfin préoccupés du problème. Ils intervenaient. Ils cognaient. On avait tout compris. Ils amenaient un nouveau gouvernement, manufacturé en Ethiopie, qui allait rétablir un ordre décent, quasi-occidental, après avoir chassé les islamistes absolument impies. Autant en emportent les vents de sable. C’est un cas historique extraordinaire, cette volonté, cet entêtement presque surhumain à… 

Sympa pour les “Tuniques rouges”

Un peu à court d’arguments ces derniers temps, avec un Congrès pas vraiment sympa, des Irakiens récalcitrants et des Iraniens peu coopératifs pour le casus belli, GW a décidé de renouveler sa garde-robe. La guerre contre la terreur, alias Long War, un temps grimée en nouvelle Seconde Guerre mondiale, est l’objet cette fois d’une grande transmutation, en un mot la plus grande transmutation possible. Elle devient l’équivalent de la Guerre d’Indépendance, c’est-à-dire the Revolutionary War. Voici ce qu’on nous en dit, hier sur RAW Story : «On Presidents Day, George W. Bush took the opportunity to compare America’s war for independence to Bush’s war on… 

L’argument du dérangement mental, ou la “thèse Thelma & Louise”

C’est de plus en plus un argument avancé pour juger que l’attaque contre l’Iran est très probable et pour donner une assise paradoxalement rationnelle à la possibilité de cette attaque, à côté des arguments stratégiques, politiques, etc., pour ou contre qui sont avancés. C’est l’argument du dérangement mental, de l’idée fixe ou de la paranoïa du président des USA. On parle d’assise rationnelle à la possibilité de l’attaque (et non à la cause de l’attaque) parce que c’est bien là la grande question. Il est bien plus difficile de trouver un argument solide pour affirmer que cette attaque aura lieu dans des circonstances aujourd’hui très… 

Sur les traces de Zbig

Près de trois semaines plus tard, qu’est devenue la déclaration tonitruante de Zbigniew Brzezinski au Sénat? On se rappelle nos troubles divers à ce propos. Un autre auteur notamment, Barry Grey sur le site Global research, s’est avisé de l’étrangeté de ces circonstances où de telles déclarations, venues d’une telle personnalité, rencontrent une discrétion si grande. Discrétion, certes, mais pas discrétion complète. Les déclarations de Zbig, sous forme d’un article (cela fait moins solennel et c’est moins compromettant) qui nous semble reprendre mot pour mot une partie de son témoignage, notamment la partie incriminée de l’hypothèse de la provocation, sont reprises par un grand média,… 

Scowcroft dans la lutte contre la crise climatique et la radicalisation de l’opposition des modérés à GW Bush

Le général Brent Scowcroft fut conseiller de sécurité nationale de Bush-père et reste activement engagé dans le camp modéré, contre l’extrémisme de Bush-fils. Steve C. Clemons, sur son site The Washington Note découvre et nous fait découvrir que Scowcroft est également très actif dans la lutte contre la crise climatique, aux côtés de Al Gore. Clemons se félicite qu’un ancien militaire (Scowcroft était général de l’USAF) s’intéresse à cette question d’une façon si appuyée, parce qu’il s’agit d’une matière de sécurité nationale fondamentale : «It’s important to get generals, strategists, national security types in general thinking about climate change in their roster of threats facing… 

L’IED, ou l’apocalypse à portée de toutes les bourses

On sait que l’IED (Improvised Explosive Devices, en gros et notamment, les voitures-piégées, suicides, etc.) est tout en haut sur la liste des menaces pour le Pentagone, largement au-dessus des sous-marins lanceurs d’engins balistiques et des bombardiers furtifs bourrés de bombes thermonucléaires. Cette catégorisation menaçante a pris des proportions étonnantes. L’IED n’est rien moins que l’équivalent de la bombe atomique en 1942-45, en fric sans aucun doute. Pour en savoir encore plus et savourer l’amertume de la sottise technologique et postmoderniste, lisez l’article de Patrick Cockburn dans The Independent du 18 février. Cockburn nous fait un rapide et court rappel historique puis une récente évolution… 

Le grand mystère du MoU UK-USA sur le JSF

Bien entendu, toute notre attention continue à être concentrée sur le destin du JSF. Ainsi avons-nous apprécié ce courrier de notre lecteur P4, en ligne sur notre Forum à la date du 17 février. Il nous procure le lien d’un extrait d’un rapport de la Commission de la défense des Communes sur les problèmes des futurs porte-avions de la Royal Navy. On y trouve un paragraphe consacré au JSF et à son MoU entre les Britanniques et les Américains, que voici : «The Committee welcomes the Memorandum of Understanding signed with the US in December on the Joint Strike Fighter following US assurances that the… 

Il est raisonnable de penser que la bataille de Washington a commencé

Le vote de la Chambre des Représentants hier, par 246 voix contre 182, ressemble effectivement à une ouverture officielle des hostilités entre le Congrès et le Président. La résolution votée est non biding, c’est-à-dire qu’elle ne contient aucune contrainte constitutionnelle. (Elle désapprouve la décision du Président d’envoyer des forces supplémentaires en Irak, tout en réaffirmant son soutien aux forces qui se trouvent en Irak.) Mais sa force symbolique est très grande, en ce sens qu’elle est le premier acte constitutionnel du nouveau Congrès contre le Président sur sa politique en Irak. Comme d’habitude, la différence est très grande entre les spéculations concernant l’acte annoncé mettant… 

La “menace” iranienne n’impressionne pas le citoyen de base aux USA

Le problème de GW est qu’il ne parvient pas à faire prendre ses propres lubies pour du comptant. L’échec à l’égard de l’Iran est patent. Depuis un an que Washington et son habituelle machine de communication sont en marche pour peindre l’Iran en diable de première classe, la perception des citoyens US n’a pas varié, elle a même reculé de 2% par rapport à 2006 (27% des personnes interrogées considérant l’Iran comme the greatest danger pour les USA en février 2006, contre 25% en février 2007). Selon le site MyDD.com du 15 février : «President Bush and his administration have expended a great deal of… 

Une constante étrange des craintes des Américains depuis 9/11 : l’Amérique est plus dangereuse pour l’Amérique que la Russie

Découverte en passant des résultats des sondages du PEW Research Center, cette fois concernant un point particulier des craintes des citoyens US : en 2005-2007, les USA eux-mêmes sont perçus par les Américains comme plus dangereux pour les USA que la Russie. La question est ainsi libellée : Le pays représentant le plus grand danger pour les USA. L’évolution comprend des résultats en mars 1990, février 1992, septembre 1993, août 2001, octobre 2005, février 2006, février 2007. Les USA eux-mêmes sont mentionnés comme ce pays représentant le plus grand danger pour les USA à hauteur respectivement de 4%, 3%, 0%, 2%, 7%, 5%, 5%. Il… 

GW, de la réalité perdue au virtualisme

Interrogé lors de sa conférence de presse du 14 février par un journaliste de ABC sur la question de savoir s’il y avait ou non la guerre civile en Irak, GW a enchaîné avec ce commentaire (rapporté par RAW Story) pour expliquer pourquoi il ne pensait pas qu’il y avait vraiment la guerre civile en Irak: «It’s hard for me living in this beautiful White House to give you an assessment, a first hand assessment. I haven’t been there. You have, I haven’t. But I do talk to people who are and people whose judgment I trust and they would not qualify it as that.… 

Mais l’Iran n’est pas l’Irak, et 2007 est bien différent de 2002

A propos de la conférence de presse du 14 février à la Maison-Blanche, au cours de laquelle GW nous donnait ses considérations sur sa solitude, Robert Dreyfuss tire une réflexion sur TomPaine.com, le 15 février, où il constate les difficultés considérables du Président dans la tâche qu’il semble s’être confiée de réduire à merci, d’une façon ou l’autre, les Iraniens. (On comprend combien la faiblesse de l’argument de Bush est en rapport direct avec ses considérations sur sa solitude, sur sa difficulté d’évaluer la situation sur le terrain, en Irak.) Dreyfuss met en évidence que le Président est isolé ; que les puissantes structures d’influence… 

Ivanov, le poids lourd qui monte, échange son ministère contre une place de choix pour préparer les élections russes

Le ministre russe de la défense, Sergeï Ivanov, vient d’échanger son poste de ministre de la défense contre celui de premier vice-Premier ministre. Sa position au sein du gouvernement russe est renforcée, et aussi sa position comme dauphin et successeur de Poutine en 2008. Il devrait gagner un peu en popularité, sa position politique à cet égard étant jusqu’ici handicapée par son incapacité à réduire les scandales et abus au sein de l’armée. (Un aspect positif, du point de vue des militaires mais beaucoup moins du point de vue du public, est qu’Ivanov a fait quadrupler le montant du budget de la défense russe pendant… 

La presse américaniste “de référence” retrouve sa vertu de conformisme

Il est vrai que depuis qu’il est question de preuves des vilenies iraniennes en Irak, donc qu’il est question de nous refaire le coup de l’Irak, la presse US de référence change de ton. Elle semble abandonner bien vite ces attitudes critiques qu’il lui sembla devoir adopter après le 7 novembre 2006 et l’expression de la colère populaire, pour se réfugier dans l’habituel suivisme conformiste des bonnes nouvelles données par l’autorité suprême. (Quelle meilleure bonne nouvelle que d’apprendre que les Iraniens sont bien ces crapules qui méritent qu’on les attaque?) Greg Mitchell, de Editor & Publisher, nous le signale dès le 11 février, à propos… 

Instantanés de la vie courante à la Maison-Blanche

GW donne une conférence de presse à la Maison-Blanche. Cela se passe avant-hier. On parle du procès Libby, le chef de cabinet du vice-président Cheney, procès au cours duquel il a été question d’appeler Cheney pour témoigner, avant qu’on ne se ravise semble-t-il. Extrait de la conférence de presse. Question Sir, we’ve now learned through sworn testimony that at least three members of your administration other than Scooter Libby leaked Valerie Plame’s identity to the media. None of these three is known to be under investigation. Without commenting on the Libby trial, then, can you tell us whether you authorized any of these three to… 

GW et Kim, même triste combat

GW et Kim, même triste combat Après avoir, selon les meilleures sources, frôlé l’apocalypse à plusieurs reprises l’année dernière, la crise nord-coréenne se dégonfle piteusement ou heureusement c’est selon. Les commentateurs MSM se trouvent obligés de mettre GW Bush, président des USA, et Kim Jong Il, dictateur notoire, crasseux et décoiffé, dans la même galère, — celle des batailles ratées et des retraites honteuses. Ainsi l’accord USA-Corée du Nord termine-t-il, temporairement ou pas c’est selon, d’une manière piteuse une crise à répétition, et autant de fois gonflée artificiellement. L’entame de l’article de David E. Sanger sur le sujet, aujourd’hui dans l’International Herald Tribune, donne la… 

La stratégie de l’enchaînement automatique de l’attaque

La crise iranienne et la possibilité d’une attaque contre l’Iran sont désormais le pot commun et la rengaine de notre actualité. Le 13 février, Ken Silverstein, de Harper’s Magazine, a mis en ligne les avis de trois experts indépendants. Nous retenons celui de A. Richard Norton, professeur de relations internationales à l’université de Boston. Il a été un des conseillers de l’Iraq Study Group. Il doit publier prochainement Hezbollah: A Short History (Princeton University). Norton présente la thèse de l’automatisme de la crise et de l’attaque. Pour lui, à partir du moment où des forces US sont rassemblées dans une position stratégique d’attaque face à… 

Sacré outsider

Comme chacun sait, le parti démocrate mène la course des présidentielles US pour 2008. Comme chacun sait, les deux principaux candidats pour la désignation du parti sont respectivement Hillary Clinton et Barack Obama qui ont comme vertus fondamentales respectives d’être femme et d’être à demi Noir (c’est-à-dire, semble-t-il, à demi-African-American). Le troisième candidat à la désignation est le sénateur Edwards, qui n’a rien de particulier à cet égard. Mais voilà que surgit un outsider. Le dernier sondage (Gallup, dans le Wall Street Journal du 14 février) donne effectivement Clinton, Obama et Edwards, avec 45%, 37% et 28% chez les électeurs démocrates, effectivement pour la désignation… 

«A state within a state in the United Kingdom»

On a déjà développé diverses remarques sur l’importance de BAE dans la vie politique britannique. On peut notamment consulter notre Analyse du 19 janvier sur la Saga Yamamah, où l’on retrouve cette phrase du Guardian (la meilleure source d’information sur l’aspect politique de l’activisme de BAE) du 16 décembre : «The sway BAE Systems holds over the top of the British establishment is extraordinary.» George Monbiot, cet excellent chroniqueur du même Guardian, ajoute une pièce puissante au dossier, avec sa chronique du jour. Le sujet concerne le fait que BAE est un Etat dans l’Etat, que son influence se double d’une organisation qu’on pourrait définir… 

Rien ne va dans les budgets, l’avion ne marche pas, — achetons plus de F-22 conclut l’USAF

Essayons de traiter ce sujet rébarbatif sous une forme plaisante, comme on peut, à notre façon un peu poussive. Faisons cela sous forme de charade. Mon premier est que l’USAF ne va pas bien du tout, qu’il lui manque au moins $20 milliards par an pendant vingt ans. (Pas temps de faire des dépenses inutiles.) Mon second est que le F-22 Raptor nous fait des drôles de surprises. Il ne marche pas dans les guerres actuelles. (Citation immortelle, à relire : «The stealthy Raptor fighter and intelligence-gathering aircraft is ready for war, but probably not the war we’ve got, says Air Combat Command’s chief, Gen.… 

Poutine à la une

C’est un fait assez rare pour être signalé, et pour être tenu pour politiquement significatif. Le discours de Vladimir Poutine, dont nous avons parlé