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Bloc-Notes

La défaite du complexe militaro-industriel

L’historien Gabriel Kolko est un spécialiste des questions militaro-politiques et des problèmes de la guerre (Another Century of War?, Anatomy of a War: Vietnam, the United States and the Modern Historical Experience, The Age of War). Il suit attentivement la situation militaire des USA, et, dans le cas que nous présentons, s’arrête à la situation du complexe militaro-industriel (CMI) avec le départ de Donald Rumsfeld. Dans cet article du 26 décembre, sa conclusion est radicale. Le CMI, préoccupé de tout autre chose que de gagner les guerres réelles, est engagé dans une impasse tragique, et il se trouve peut-être dans sa phase terminale. L’analyse de… La défaite du complexe militaro-industriel

Gates et l’Iran : une analyse alarmiste

Une idée en général admise, en même temps que le plan Baker de l’ISG avait fait son apparition sur la scène washingtonienne, était que le nouveau secrétaire à la défense Robert Gates serait un modéré, qui exercerait une influence modératrice sur l’administration GW. Une récente (22 décembre) analyse de RAW Story offre une vision inverse. L’analyse cite un ancien officiel de haut niveau de la CIA, affirmant que Gates a été briefé par l’équipe du vice-président Cheney, et non par le Pentagone, avant son audition au Sénat pour sa confirmation. C’est une indication selon laquelle Gates serait directement contrôlé par l’aile la plus extrémiste de… Gates et l’Iran : une analyse alarmiste

FDR et lui

Nous connaissons William Pfaff. Ce remarquable chroniqueur et éditorialiste américain est également un historien aux qualités rares, sensible aux éléments humains et aux forces qui échappent aux catégories et à la vision mécaniste du monde. Il y a chez lui de la précision, un beau style, une vision critique qui ne repousse pas la fermeté et la sévérité en refusant de tomber dans l’excès, et une belle pudeur du sentiment. Notre sentiment, à nous, est que William Pfaff, qui vit en France, à Paris, souffre de l’évolution de son pays. D’une façon assez intuitive, nous serions portés à penser que son dernier article, «Franklin Delano… FDR et lui

Convergences et ressemblances intimes

Commençons par une citation qui nous paraît judicieuse et qui semble complètement d’actualité : «L’Amérique est l’Amérique, c’est-à-dire sans mesure commune avec le reste des peuples ; les lois qui s’appliquent aux autres ne s’appliquent pas à elle, et les droits qu’elle s’arroge de violer le droit n’appartiennent qu’à elle. C’est ainsi qu’elle peut, sans crime, déchirer ses promesses écrites, trahir ses serments donnés, violer la neutralité des peuples qu’elle a juré de défendre. Mais elle prétend, en retour, trouver dans les peuples qu’elle outrage de chevaleresques adversaires ; et que cela ne soit pas, qu’ils osent se défendre par tous les moyens et les… Convergences et ressemblances intimes

Yamamah? La City n’apprécie pas vraiment

En un sens, le monde financier n’a pas beaucoup de goût pour les arguments de sécurité nationale et autres babioles à-la-Blair. On parle de ce qui a été avancé pour justifier l’abandon de l’enquête du SFO sur la corruption dans le cadre des contrats Yamamah avec l’Arabie. La City rechigne diablement. Le Financial Times signale, dans ses éditions d’aujourd’hui, une deuxième protestation d’un groupe financier fameux après la décision suscitée par le Premier ministre Tony Blair d’abandonner l’enquête du SFO dans l’affaire Yamamah. «Mark Anson, chief executive of Hermes [the UK’s biggest pension fund], which manages the BT Pension Scheme, on Friday wrote to Tony… Yamamah? La City n’apprécie pas vraiment

La stratégie qui rétrécit

Un phénomène tragique qui se déroule sous nos yeux est le rétrécissement constant de la perception et de la psychologie de la direction américaniste. Andrew J. Bacevitch retrace dans un article qu’il publie aujourd’hui dans l’International Herald Tribune le cheminement de ce processus, qui va des ambitions de démocratisation de tout le Moyen-Orient et du reste du monde à partir de la conquête et de la démocratisation de l’Irak au débat actuel sur le nombre de brigades de l’U.S. Army qu’il faudrait envoyer aujourd’hui pour tenter de sécuriser Bagdad. Ce phénomène va de pair avec l’effondrement régulier de la stratégie conceptuelle et de la puissance… La stratégie qui rétrécit

Stalingrad sur le Tigre

Le débat sur l’envoi de forces supplémentaires pour tenter de restaurer le contrôle de Bagdad est un aspect essentiel de cette stratégie qui rétrécit que nous signalons dans la note précédente. Il s’agit d’un plan portant sur l’envoi d’un contingent important de forces supplémentaires (autour de 50.000 hommes) dans le secteur même de Bagdad, pour reprendre Bagdad, comme si Bagdad était devenu le centre (center of gravity of this conflict) d’une renaissance miraculeuse de la puissance et de l’influence US, comme l’Irak lui-même était présenté il y a trois ans, mais d’une manière complètement offensive, à la différence d’aujourd’hui. L’Irak était en 2003 le relais… Stalingrad sur le Tigre

Cain et Abel postmodernes, avec le péché originel

En quelques jours s’est déroulée une tragédie qui nous renvoie aux références bibliques. Ainsi en juge James Carroll (dans le Boston Globe du 18 décembre), dont on connaît la profonde religiosité. Il s’agit des jours où, GW Bush, rejetant le rapport Baker de l’ISG, en vint à décider que les USA augmenteraient l’intensité de la guerre. Au lieu de la reconnaissance de ses effets et de l’évitement de ses horribles conséquences, cet acte à renchéri sur le péché originel que les USA ont commis au Moyen-Orient. Selon la formule consacrée, que Dieu nous protège «Instead of the originating sin of parents, the Cain-and-Abel combatants of… Cain et Abel postmodernes, avec le péché originel

Que dirait Gates d’une attaque contre l’Iran ?

Devant les divers développements plutôt belliqueux de GW Bush contre l’offensive plutôt pacificatrice du rapport Baker (ISG), la position du nouveau secrétaire à la défense Robert Gates paraît particulièrement délicate. Gates a participé aux débats de l’ISG, il est proche de la tendance Baker-Bush-père, il est par conséquent bien plus que réservé à l’égard des développements en Irak et, plus encore, de la possibilité d’une attaque contre l’Iran. C’est ce dernier point qui nous intéresse. Prêtons attention à l’avis de l’excellent Tom Engelhardt, éditeur du site TomDispatch.com, interviewé par Mother Jones : Mother Jones: And yet there’s still talkand, one assumes, a live debate within… Que dirait Gates d’une attaque contre l’Iran ?

Yamamah et la suite : il est bien possible qu’on aille devant les tribunaux

A la suite de la décision inspirée par le gouvernement britannique (Tony Blair himself) d’interrompre l’enquête de corruption dans le cadre des contrats Yamamah, il semble que des actions légales vont être entreprises. La principale référence pour ces actions devrait être l’Article 5 de la convention de l’OCDE sur la corruption dans les transactions commerciales, signée en 1998 ( OECD Convention on Combating Bribery of Foreign Public Officials in International Business Transactions). Cet article stipule ceci : «Investigation and prosecution of the bribery of a foreign public official shall be subject to the applicable rules and principles of each Party. They shall not be influenced… Yamamah et la suite : il est bien possible qu’on aille devant les tribunaux

Si Hillary avait su

Finalement, elle n’aurait pas voté pour les pleins pouvoirs qui donnèrent au président Bush le droit d’attaquer l’Irak. D’autres, dit-elle, auraient fait comme elle. Est-ce bien sûr? Aujourd’hui, dans tous les cas, elle le dit, sinon haut et fort du moins à voix audible. Les explications qu’elle donne implicitement font accepter ses déclarations comme crédibles . Son «if we knew then what we know now» apparaît simplement comme une restriction de type si nous avions su que la guerre serait si mal faite et aboutirait à une quasi-défaite. La réserve concerne l’habileté du metteur en scène et nullement le fondement moral et politique de l’acte.… Si Hillary avait su

La “grotesque relationships” GW-Blair débattue comme un cas de lavage régulier du cerveau de la marionnette

Désormais, les relations entre Blair et son ami à la Maison-Blanche sont présentées régulièrement comme une sorte de cas-clinique de lavage régulier du cerveau du Britannique par l’Américain. C’est le cas avec le titre de The Independent de ce matin. Blair y est décrit comme réduit à tenter de prouver qu’il a de l’influence, sans le moindre succès évidemment puisque réduit également à un cerveau revu en permanence par GW Bush, perçu en la circonstance comme une sorte de Faust d’occasion : «Brainwashed’ Blair losing battle to prove his influence». Blair revient évidemment (bis) bredouille de son voyage au Moyen-Orient. Lequel voyage a d’ailleurs été… La “grotesque relationships” GW-Blair débattue comme un cas de lavage régulier du cerveau de la marionnette

«We are not winning» mais ça ne saurait tarder

Le président des USA a, dans une interview au Washington Post, apporté des éléments sur la stratégie et la situation en Irak que les commentateurs jugent importants. Le Post fait grand cas, aujourd’hui, de la formule utilisée par GW Bush pour caractériser la situation en Irak : «We’re not winning, we’re not losing» «President Bush acknowledged for the first time yesterday that the United States is not winning the war in Iraq and said he plans to expand the overall size of the stressed U.S. armed forces to meet the challenges of a long-term global struggle against terrorists. »As he searches for a new strategy… «We are not winning» mais ça ne saurait tarder

Les projets d’expansion des forces armées de GW Bush

Il semble qu’il nous faille croire que GW Bush est sérieux lorsqu’il annonce que les forces armées US vont être renforcées. On verra. Le Washington Post, dans le même article déjà mentionné, présente la nouvelle dans ce sens. Il s’avance même jusqu’à présenter des chiffres de dépenses supplémentaires. Ce sont évidemment ceux-là qui nous intéressent. «Although the president offered no specifics, other U.S. officials said the administration is preparing plans to bolster the nation’s permanent active-duty military with as many as 70,000 additional troops. »A force structure expansion would accelerate the already-rising costs of war. The administration is drafting a supplemental request for more than… Les projets d’expansion des forces armées de GW Bush

Une culture de corruption qui pervertit le bien public

Il est intéressant de constater que c’est dans les colonnes du Financial Times, quotidien réputé pour être un grand défenseur du monde des affaires, qu’on trouve l’une des critiques les plus tranchantes de l’affaire BAE/Yamamah qu’on ait pu lire. On la trouve sous la plume de l’éditorialiste Wolfgang Munchau et, effectivement, la conclusion est sans appel. Munchau examine en parallèle l’affaire BAE et une récente affaire de corruption chez Siemens, qui a conduit la semaine dernière à l’arrestation d’un ancien membre du conseil d’administration. Il observe qu’il s’agit là, non de cas isolés mais d’une attitude de système, impliquant une culture d’entreprise qui embrasse sans… Une culture de corruption qui pervertit le bien public

L’analyse de la psychologie de GW bat son plein à Washington

Il semble, devant la désespérance d’une situation washingtonienne complètement bloquée face à la descente dans le chaos irakien, que l’analyse de la psychologie du Président des Etats-Unis reste l’occupation centrale des forces politiques de la capitale de l’hyperpuissance. Quel feu habite donc GW ? Comment est-il possible que cet homme, dans la position où il se trouve, conduisant cette désastreuse aventure militaire où les USA peuvent perdre une partie importante de leur puissance et de leur influence, se trouve en si bonne forme et dans un état d’esprit si optimiste, et plus déterminé que jamais pour continuer dans la même voie catastrophique? «Don’t worry, it’s… L’analyse de la psychologie de GW bat son plein à Washington

“On-va-ga-gner”…

Les indices s’accumulent pour nous signaler que le président des Etats-Unis est en pleine forme et qu’il entend bien déterminer une politique et une stratégie de victoire complète en Irak. Des indications se sont répandues ce week-end annonçant le déploiement prochain, au Koweït, d’une brigade (3.500 hommes) de la 82ème division aéroportée. Cette unité formerait un élément d’un renforcement général des forces US en Irak, notamment à Bagdad, pour y rétablir l’ordre et reprendre le contrôle de la capitale. Le Pentagone racle ses fonds de tiroir pour trouver d’autres unités, pour que le renforcement final et victorieux ait tout de même l’air d’un vrai renforcement.… “On-va-ga-gner”…

Si nous ne sommes pas en train de gagner, c’est que nous sommes en train de perdre …

Toujours dans sa manière prudentissime, avec la volonté de dire certaines choses définitives sans définitivement perdre la possibilité de ne pas les dire complètement, Colin Powell vient de nous dire tout de même que les USA sont en train de perdre la guerre en Irak. L’ancien général, l’ancien secrétaire d’Etat de GW Bush, l’ancien procureur et accusateur de l’Irak et de ses armes de destruction massive devant l’ONU rassemblée le 5 février 2003, Colin Powell, donc, vient de confier ses doutes fondamentaux à CBS.News lors de l’émission Face the Nation du 17 décembre. L’audace de Powell se mesure bien à la façon dont il a… Si nous ne sommes pas en train de gagner, c’est que nous sommes en train de perdre …

Confirmation : tout le monde attend le JSF dans son rôle de composition de “bill payer

Les premières indications concernant l’évolution budgétaire du Pentagone dans les circonstances très nouvelles de 2007 un Congrès complètement contrôlé par les démocrates, un nouveau secrétaire à la défense confirment le peu d’estime où l’on tient le JSF. Defense News a publié une analyse sur cette question, sur son site, le 11 décembre. Les grandes lignes de la nouvelle situation concernent évidemment trois grandes lignes : un affaiblissement du pouvoir exécutif central (administration, secrétaire à la défense et, surtout, son adjoint Gordon England chargé de la gestion des acquisitions) ; un renforcement des pouvoirs des intérêts particuliers et des bureaucraties correspondantes, c’est-à-dire, notamment, des trois armes… Confirmation : tout le monde attend le JSF dans son rôle de composition de “bill payer

L’enquête sur Yamamah arrêtée in extremis par Blair tout seul

Il apparaît que la décision d’arrêter l’enquête en Suisse sur le scandale Yamamah a été prise en catastrophe, par Blair lui-même, parce qu’elle était sur le point d’aboutir au cur du problème : l’implication directe de membres de la famille royale saoudienne. (Selon The Times du 15 décembre : The Prime Minister said that he took full responsibility for the decision to drop the Serious Fraud Office inquiry into bribery allegations involving arms manufacturer BAE Systems.») Il s’agit donc du cas exemplaire d’une enquête sur un énorme fait de corruption internationale arrêtée par le pouvoir politique mais plus précisément, on va le voir, par un… L’enquête sur Yamamah arrêtée in extremis par Blair tout seul

Une action légale contre la décision d’arrêter l’enquête sur Yamamah? — En plus de la crainte et de l’“honneur” des Saoudiens

En restera-t-on à la décision abrupte d’abandonner l’enquête du SFO sur le scandale Yamamah? Le Guardian, qui est toujours le relais privilégié de groupes opposés aux ventes d’armes, donne aujourd’hui des indications selon lesquelles des actions juridiques ont été décidées. «The government’s controversial decision to drop a Serious Fraud Office investigation into allegations that Saudi officials were bribed to win a lucrative order for a British arms firm could be challenged in the high court, it emerged last night. »Anti-arms trade campaigners yesterday instructed lawyers to consider a legal action against Lord Goldsmith, the attorney general, after he halted the SFO inquiry into allegations of… Une action légale contre la décision d’arrêter l’enquête sur Yamamah? — En plus de la crainte et de l’“honneur” des Saoudiens

Le sens de la crise

On notera combien l’éditorial du New York Times du 13 décembre, repris ce même jour par l’International Herald Tribune, donne une sensation très forte, à la fois que les USA (Washington) sont en crise, et que cette crise est très pressante. Accessoirement, on a la déploration d’un gouvernement qui temporise, en fait qui manuvre pour écarter les recommandations de la commission Baker (ISG). Mais cette critique, même si elle semble s’adresser à l’administration et à GW, concerne toutes les magouilles et les manoeuvres qui caractérisent comme jamais Washington, où l’on magouille et manuvre, aujourd’hui, comme l’on danse sur un volcan. (Voyez par exemple ce commentaire… Le sens de la crise

A tout prendre, on préférait l’Armée Rouge…

Intéressante appréciation d’un vieux combattant afghan, vétéran de la lutte contre l’Armée Rouge dans les années 1980-1988, qui compare les capacités de combattants des Soviétiques hier et des Américains aujourd’hui. Ce témoignage, qui apparaît dans un article de Syed Saleem Shahzad dans Atimes.com du 13 décembre, est également intéressant par la personnalité du témoin, dont on ne sait, finalement, de quel côté il se situe aujourd’hui, pour ou contre les Américains. (Mais la question est sans doute théorique. On imagine qu’il n’a plus aucune activité de combattant puisqu’il nous est présenté comme amputé d’une jambe et des deux bras depuis ses combats contre les Russes.)… A tout prendre, on préférait l’Armée Rouge…

Portrait de soldat (I) …

Le lieutenant général Peter Chiarelli, U.S. Army, quittait avant-hier son poste de commandant en second du théâtre irakien pour les forces armées US. Il s’agissait de son second séjour en Irak, pour y faire la guerre, et son deuxième retour aux USA. Le général comprend aussi peu ce qui se passe en Irak que ce qui se passe aux USA… Selon une agence américaine, dont un journaliste assista à la conférence de presse ultime du général, avant son départ, «At times, Chiarelli in charge of day-to-day combat operations throughout Iraq sounded exacerbated, almost despairing, over what he said were misperceptions that American forces were fighting… Portrait de soldat (I) …