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Bloc-Notes

Bon anniversaire, Budapest

Les célébrations du 50ème anniversaire de l’insurrection de Budapest sont marquées en Hongrie par de nombreux incidents, les pires qu’ait connus ce pays, justement depuis ceux d’octobre 1956. La crise actuelle s’est ouverte il y a un peu plus d’un mois. L’opposition entre la droite et la gauche socialiste (au pouvoir) est très violente en Hongrie, notamment appuyée sur des accusations de recyclage d’anciens communistes. La situation est très particulière dans la mesure où la gauche au pouvoir, avec ses éventuels anciens communistes, applique un programme économique hyper-libéral appuyé par les USA (et la Commission européenne). Ces troubles se développent sur un fond de mise… Bon anniversaire, Budapest

La littérature comme “thérapie”

Le quotidien Die Welt écrit que les mémoires de Gerhardt Schröder, annoncés dans une interview du Spiegel et qui paraissent cette semaine, doivent être appréciés comme «une sorte de thérapie» pour l’ancien chancelier. Démarche classique pour un homme politique de notre temps, effectivement nécessairement affecté de la maladie épouvantabe que constitue l’obligation virtualiste de déguiser son discours et ses actes conformément au conformisme politique. Après d’épuisantes années de mensonges politiques, pouvoir dire tout haut sa vérité est sans aucun doute une façon de se soigner. On ne connaît pour l’instant que quelques avant-goûts des mémoires (titre en anglais : Decisions: My Life in Politics). On… La littérature comme “thérapie”

Pourquoi pas Bill comme vice-président ?

Parmi les diverses hypothèses et spéculations encombrant la chronique politique américaine, et particulièrement autour de la candidature possible/probable de Hillary Clinton à la présidence, celle-ci fait rêver : un ticket Clinton-Clinton Soit, Hillary Clinton candidate à la présidence, avec comme co-listier pour la vice-présidence, son mari Bill Clinton. Est-ce possible ? Politiquement, psychologiquement, etc., c’est ouvert au débat et on verra. Mais juridiquement ? Voilà une matière magique pour les professeurs de droit, spécialistes constitutionnalistes divers et autres. Le Washington Post publie un article là-dessus, le 20 octobre. Quelques extraits pour vous mettre en bouche sur cette référence parfaite de la complication juridique et constitutionnelle… Pourquoi pas Bill comme vice-président ?

Les “neocons” nous la jouent désormais dans le registre sagesse condescendante et scepticisme

Quelle est l’attitude des néo-conservateurs devant le déchaînement de la crise irakienne cette fois à Washington (et à Londres), aussi violente en un sens, quoique d’une autre sorte de violence, que sur le théâtre des opérations ? L’attitude est plus discrète que ce qu’on a connu d’eux et paradoxalement mesurée. Les néo-conservateurs se posent désormais presque en modérés : puissamment sceptiques, certes, mais avec une touche de sagesse désenchantée. L’argument va de soi : puisqu’on ne veut plus de notre stratégie (guerre à outrance), voyons ce qu’on propose à la place ; notre jugement est pour le moins sceptique. Les néo-conservateurs jouent avec une maestria… Les “neocons” nous la jouent désormais dans le registre sagesse condescendante et scepticisme

Le bateau ivre anglo-saxon

Qui commande aux Etats-Unis, GW Bush? Qui commande au Royaume-Uni, Tony Blair? Réponses douteuses dans les deux cas. L’Irak est en train de réduire en lambeaux la stabilité et la maîtrise tant vantées des deux régimes anglo-saxons. The fact of the matter, comme ils disent, est qu’une fièvre de panique s’est emparée des deux establishments. En cause, une seule question : comment se sortir d’Irak, et vite? Aux USA, la recherche d’une stratégie de sortie prend des allures frénétiques. Le plus intéressant, au travers de ces nouvelles, est de découvrir que, de plus en plus, les deux pays fonctionnent avec des structures parallèles qui coopèrent… Le bateau ivre anglo-saxon

Le monde enchanté de Dick Cheney

Il est vrai que Dick Cheney ne cesse de surprendre par l’audace de ses appréciations de la situation en Irak. Il semble qu’il faille désormais considérer que le vice-président des Etats-Unis se trouve dans un univers qui lui est propre, dont lui seul connaît les règles et les enchantements. Claude Salhani, de UPI, qui rapporte la dernière en date des appréciations de Dick Cheney, montre quelque irritation sarcastique. «Replying to a question on a radio talk show Vice President Dick Cheney said he believes the war in Iraq is going remarkably well. The follow up question should have been who is it going well for?’.… Le monde enchanté de Dick Cheney

La guerre de Daniel Ellsberg pour l’“incivisme patriotique”

Daniel Ellsberg est célèbre depuis la publication (en 1971) par le New York Times des Pentagon Papers. Il avait donné au quotidien new-yorkais une masse de documents du Pentagone sur l’engagement au Viet-nâm. (Venu de la Rand Corporation, Ellsberg avait travaillé près de dix ans comme analyste au Pentagone.) Aujourd’hui, Ellsberg estime que le moyen le plus efficace de lutter contre l’administration GW Bush est de renouveler cette sorte d’intervention, de manière massive, voire préventive. Il lance aux fonctionnaires de la sécurité nationale à Washington un appel constant à l’incivisme dans ce cas, ce qui devrait être désigné comme un incivisme patriotique. Dans un article… La guerre de Daniel Ellsberg pour l’“incivisme patriotique”

Suez-1956, Irak-2006? Si l’on veut, mais en respectant l’histoire

Décidément, nous avons bien des hésitations devant ce parallèle entre Suez-1956 et l’Irak-2006. Il nous semble qu’on transpose un peu trop directement nos obsessions et nos combats actuels sur l’époque d’où est sorti le parallèle. L’article du 20 octobre sur le déclin des empires (sur Antiwar.com) de Michael T. Klare, excellent spécialiste des problèmes énergétiques et notable et estimable opposant à la politique bushiste, n’apporte rien à la gloire de l’auteur. Répétons que le parallèle est discutable, ce qui signifie par définition qu’il se discute ; mais le récit que fait Klare de la crise de Suez, par contre, est totalement surréaliste et mérite d’être… Suez-1956, Irak-2006? Si l’on veut, mais en respectant l’histoire

Le découragement fatal les gagne : “Nous avons perdu Bagdad”

Washington tiendra-t-il ? La question aujourd’hui est de savoir comment va évoluer, très rapidement peut-être, la situation à Washington même, bien plus qu’en Irak où les jeux sont faits. La crainte de ces derniers jours est que le public américain se révolte massivement contre la guerre. La possibilité aujourd’hui est que le découragement gagne l’administration elle-même, avant qu’il ne touche le public lui-même (notamment par le biais du résultat des élections du 7 novembre), alors que l’on entend cet aveu fatal : Nous avons perdu Bagdad. Selon le Guardian d’aujourd’hui: «In Baghdad a surge in sectarian killings has forced the Pentagon to review its entire… Le découragement fatal les gagne : “Nous avons perdu Bagdad”

Il y a aujourd’hui un “modèle Chavez” et un “modèle vénézuélien”

C’est surtout la polémique, les invectives, la rhétorique qui caractérisent le personnage de Chavez, autant pour lui-même, pour ses partisans que pour ses adversaires. Il y a aussi le fond de son action. La société d’analyse PINR publie une analyse aujourd’hui sur le bilan qu’on peut dresser pour le Venezuela. Il est particulièrement laudatif. Plusieurs domaines de l’évolution du Venezuela sont mentionnés, qui montrent tous la logique de la rupture avec les USA, la réorientation vers le reste du monde et le succès complet de cette opération. La rupture avec les USA : «The collapse in diplomatic ties has been accompanied by weakening commercial links.… Il y a aujourd’hui un “modèle Chavez” et un “modèle vénézuélien”

GW admet que les choses ne vont pas absolument bien en Irak et que cela a peut-être un impact sur les élections US

GW Bush vient de donner une interview télévisée à George Staphanopoulos, de ABC.News. Des extraits de cette interview sont publiés dans un texte de Ed O-Keefe, sur le site ABC.News, ce 18 octobre. Deux domaines sont notamment abordés : la comparaison de la situation en Irak avec celle du Viet-nâm et la perception que les élections mid-term (7 novembre) sont devenues un référendum sur la guerre. «Stephanopoulos asked whether the president agreed with the opinion of columnist Tom Friedman, who wrote in The New York Times today that the situation in Iraq may be equivalent to the Tet offensive in Vietnam almost 40 years ago.… GW admet que les choses ne vont pas absolument bien en Irak et que cela a peut-être un impact sur les élections US

L’Irak-2006 pire que le Viet-nâm-1968? Et comment!

Dans notre note précédente, nous observions à propos de la situation en Irak par rapport à celle de 1968 : «Au niveau opérationnel, la comparaison est beaucoup moins convaincante. La position militaire des USA au Viet-nâm en 1968 était bien meilleure que celle qu’ils ont aujourd’hui en Irak.» Un lecteur (voir ZedroS, en commentaire du texte cité) relève cette assertion et la conteste vigoureusement. Il cite les 100.000 Vietminh prêts à attaquer les Américains et les attaques efficaces contre les bases US au Viet-nâm, par contraste avec l’absence de telles attaques en Irak. Extraits : «Comment pouvez vous dire que la situation militaire US actuelle… L’Irak-2006 pire que le Viet-nâm-1968? Et comment!

Mais avons-nous réussi enfin à créer la pire démocratie que le monde ait jamais connue? Peut-être bien

Tout le monde sait combien les progrès de la démocratie sont chers à notre cur et réchauffent constamment notre âme fragile et craintive devant le sort que l’axe du Mal réserve à nos chères libertés publiques. Nous sommes très attentifs au déchaînement actuel de la vertu humaniste. Nous la suivons à la trace, que dire, même à l’odeur Nous ne pouvons donc résister au plaisir et au devoir à la fois de signaler de façon plus appuyée la référence d’un lecteur bienveillant (voir Franck Burgard sur le Forum du 19 octobre) pour un article de l’hebdomadaire Rolling Stone consacré au 109ème Congrès des Etats-Unis (celui… Mais avons-nous réussi enfin à créer la pire démocratie que le monde ait jamais connue? Peut-être bien

Le rapport Baker et l’humiliation britannique

Il est rare de lire un commentaire de l’intensité de celui de Simon Jenkins sur la situation en Irak et sur la position britannique. Mais la rareté est aujourd’hui monnaie courante, aussi l’article de Jenkins ne nous étonne pas même s’il reste particulièrement instructif à lire. Jenkins décrit, aujourd’hui dans le Guardian la situation apocalyptique de l’Irak. Il décrit une Amérique en train de prendre conscience de cette réalité et soudain plongée dans la fièvre d’un débat sur la catastrophe irakienne : «America has finally taken on the grim reality of Iraq The US is radically rethinking its exit strategy» Jenkins ne peut s’empêcher d’une… Le rapport Baker et l’humiliation britannique

L’état du désastre

L’expert militaire Andrew J. Bacevich publie un article où il retrace l’historique des ambitions et de l’échec colossal de la politique et de la stratégie US en Irak. (C’est dans The American Conservative, daté du 23 octobre.) Bacevich donne notamment quelques précisions chiffrées sur l’état actuel des forces armées US (U.S. Army principalement). Ces chiffres sont effrayants. «How long U.S. forces can sustain their current holding action is now emerging as a pressing question. As if to emphasize the growing scarcity of troops, the Pentagon in recent weeks has both extended the tours of units already in Iraq and moved up the deployment dates of… L’état du désastre

Habituez-vous à ce nouveau terme : “netroots”.

Le terme, formé d’une contraction des mots network et roots (racines) actualise l’expression grassroots qui désignait les mouvements spontanés, populaires et populistes, militants, hors de l’appareil de l’establishment aux USA. Il ne s’agit pas seulement de l’utilisation des blogs et autres moyens de communication sur le Net, mais d’un mouvement qui finit par avoir une certaine cohésion, une orientation certaine, puis un but politique affirmé et concret. Il est certain que le mouvement par Internet qui aboutit à renforcer notablement le camp du non au référendum français en avril-mai 2005 sur la Constitution européenne, a très vite acquis toutes les caractéristiques d’un netroots, et il… Habituez-vous à ce nouveau terme : “netroots”.

De 10% à 90% de chances (!) que l’attaque se fera, selon la période

Le distingué professeur William R. Polk donne son analyse des possibilités d’attaque de l’Iran par les USA. L’avis de Polk est intéressant parce qu’il s’agit d’une autorité prestigieuse de ce domaine aux USA. (Une carrière de planificateur au département d’Etat [1961-65], de professeur d’histoire, de direction académique [du Center for Middle Eastern Studies de l’université de Chicago puis de l’Adlai Stevenson Institute of International Affairs], d’auteur prolifique, notamment sur le Moyen-Orient et l’Iran.) L’auteur fait une prédiction qu’il explicitera et dont il détaillera les conséquences dans des articles à suivre (celui-ci est publié sur le site Information Clearing House le 16 octobre). Après avoir annoncé… De 10% à 90% de chances (!) que l’attaque se fera, selon la période

Comment le Hezbollah a gagné bien plus que la guerre

Nous vous recommandons trois articles successivement parus sur atimes.com, qui forment en fait les trois parties d’une étude générale sur le conflit entre Israël et le Hezbollah en juillet-août, sur le thème de «How Hezbollah defeated Israel». Successivement : La guerre du renseignement, le 12 octobre ; La guerre terrestre, le 13 octobre ; La guerre politique, le 14 octobre. Il s’agit de l’ensemble d’analyses et d’exposés de faits et situations le plus riche et le plus complet publié jusqu’à ce jour sur le conflit. Les deux auteurs sont honorablement connus et connus comme des spécialistes confirmés et indépendants, avec de nombreuses connexions et réseaux… Comment le Hezbollah a gagné bien plus que la guerre

L’énigme de l’“esprit fermé” de GW

Les Américains, même dans les Main Stream Medias (MSM) commencent à s’interroger sérieusement sur la psychologie de leur président. Exemplaire à cet égard est cette analyse de Ximena Ortiz, analyse pour UPI ce 13 octobre. (Ximena Ortiz est éditeur de National Interest online.) L’article est titré «Understanding W The Man» et nous conduit à des conclusions particulièrement effrayantes sur la psychologie du président, sur son closed mind, sur sa vie intellectuelle toute entière gouvernée par des non-réalités, par des images naïves, par des raisonnements absolument spécieux ou sophistiques. Tout cela se fait dans la plus complète franchise, dans une candeur sans faille. C’est une situation… L’énigme de l’“esprit fermé” de GW

Les élections comme l’Irak

La psychologie de GW et de son administration, voire de sa génération américaniste, est marquée par l’extrême de l’inculpabilité : comme il ne peut y avoir de culpabilité américaniste, il ne peut y avoir de défaite américaniste. La chose fonctionne également pour la situation électorale: comme il ne peut y avoir de défaite américaniste, il ne peut y avoir de défaite républicaine aux élections. Ainsi les élections mid-term (7 novembre) sont-elles envisagées exactement comme pour l’Irak. Le président et son équipe n’ont pas de stratégie pour après les élections (relations avec le Congrès) et, par conséquent, ils n’ont pas de stratégie en cas de défaite.… Les élections comme l’Irak

Ah, au fait, vous saviez pourquoi on a attaqué l’Irak?

Vous avez un voisin beaucoup moins fort que vous. Vous allez un jour chez lui et vous lui flanquez une raclée qui l’envoie à l’hôpital, peut-être au cimetière. La famille est terrorisée dans un coin de la maison. Vous laissez toutes les portes ouvertes. On vient voler, piller, menacer. Des squats élisent domicile. Des sans-papiers s’installent dans le jardin. Vous proclamez alors : Il importe que je reste là pour défendre cette famille terrorisée et protéger tous ses biens face au désordre qui s’installe. D’ailleurs, c’est tout le quartier que je dois protéger contre ce centre de désordre, contre le Mal qui s’est installé en… Ah, au fait, vous saviez pourquoi on a attaqué l’Irak?

La mort de Gillo Pontecorvo et La bataille d’Alger à l’ombre du Pentagone

Le cinéaste italien Gillo Pontecorvo est mort jeudi dernier à Rome, âgé de 86 ans. Sa célébrité touche autant au cinéma qu’à la politique puisqu’elle concerne principalement son film de 1965 La bataille d’Alger. Le film restitue la période 1956-58 à Alger, où la 10ème Division Parachutiste du général Massu affronta les réseaux terroristes du FLN dans ce qu’on désigna comme la bataille d’Alger. Le film de Pontecorvo retrouva une célébrité inattendue à l’été 2003, lorsqu’on apprit que le Pentagone s’y intéressait comme modèle d’explication tactique d’une bataille entre une armée régulière et des réseaux terroristes. Depuis, on revient régulièrement sur le sujet. En 2004,… La mort de Gillo Pontecorvo et La bataille d’Alger à l’ombre du Pentagone

Comment Dannatt a monté son coup… Circonstances et conséquences

On commence à relever les morts et les blessés du champ de bataille de cette fin de semaine, à Londres, avec l’interview explosive du chef d’état-major des forces armées britanniques, le général Sir Richard Dannatt. Le récit complet que fait The Observer de l’affaire révèle qu’il s’agit d’un traquenard que le CEM britannique a lui-même monté puisque, autorisé par son ministre à intervenir publiquement comme il l’a fait, il a interprété à sa façon les limites de l’autorisation qui lui avait été donnée. The Observer décrit les conditions techniques de l’interview. Il apparaît que, loin d’avoir été piégé par la journaliste (Sarah Sands, du Daily… Comment Dannatt a monté son coup… Circonstances et conséquences

655.000 morts ? Comment ont-ils calculé cela ?

L’étude d’un groupe de statisticiens de la John Hopkins University sur les pertes en Irak depuis mars 2003 (655.000 morts) est l’objet d’une intense polémique. Elle ajoute un élément intensément tragique au discrédit qui caractérise aujourd’hui la guerre en Irak. Amy Goodman, de la station de radio Democracy Now !, a reçu hier l’un des auteurs de cette étude, Les Roberts. Parmi les questions posées, celles qui concernent la méthodologie employée (avec l’intervention d’un autre intervieweur, Juan Gonzales). AMY GOODMAN : It’s good to have you with us. Why don’t you lay out exactly what you found? LES ROBERTS: Sure, we, as you said, went… 655.000 morts ? Comment ont-ils calculé cela ?