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Bloc-Notes

L’Iran comme test de la solidarité transatlantique

L’argument selon lequel la crise iranienne doit être appréciée du point de vue de la solidarité transatlantique, cela rejoignant la réflexion sur l’implication de l’OTAN dans cette crise, est très présent dans les esprits, dans l’establishment washingtonien, toutes tendances confondues. Le 30 avril, le Washington Times publiait des échos d’une conférence sur la crise iranienne, le 28 avril à Bruxelles. Le journal insiste sur les visions différentes entre Européens et Américains (« U.S., EU split on handling nuke defiance »), sur la façon de réagir à la crise. Il ne relève pas trop nettement le paradoxe de l’habituelle hypocrisie des relations transatlantiques, consistant à se… 

Un général US (en service) avertit : attaquer l’Iran, ce sera vraiment très, très dur

Encore un fait extrêmement rare, sinon inédit pour les conditions que nous connaissons actuellement, au cur de la crise iranienne : une intervention très négative d’un général en fonction, occupant le quatrième poste hiérarchique dans l’état-major du Joint Chief of Staff. Si ce général n’est pas au moins réprimandé par sa hiérarchie civile, alors que son constat va contre la ligne officielle dans la crise, nous aurons un signe de plus de la faiblesse de ce pouvoir civil, pour ce cas face aux militaires. Interrogé par le Daily Telegraph, voici les réactions du général Renuart. Il s’agit de réactions non seulement militaires mais également politiques,… 

A la recherche du paradis (“haven”) sans doute égaré

Au-delà de la logique fermée et de la cruauté psychologie complète du système, il y a la drôlerie de type nonsense, comme disent les Britanniques, dans la dialectique de la bureaucratie pour expliquer la réalité en la maquillant comme il se doit. C’est la bataille, épuisante pour cette même bureaucratie, entre virtualisme et réalité. Nous avons ici un exemple de cette bataille autour des grandes questions qui préoccupent les experts du State department: les US en Irak, est-ce vraiment un succès de la guerre contre la terreur? Ne risque-t-on pas de croire que c’est un échec? Pour le dernier rapport du State department sur le… 

Merkel-Hitler et Poutine-Staline dénoncés par les Polonais

Pour les Polonais, qui ont l’Histoire chevillée à la perception du temps courant, le pipe-line gazier direct qui va être mis en place par la Baltique entre la Russie et l’Allemagne, c’est l’équivalent du pacte de non-agression Hitler-Staline (Ribbentrop-Molotov) du 23 août 1939 dont le premier effet fut de faciliter grandement la liquidation de la Pologne et sa division en deux (une partie sous le contrôle nazi, une partie sous le contrôle bolchevique) en septembre 1939. C’est le ministre de la défense polonais Radek Sikorski qui nous a régalé de l’image lors d’une conférence organisée par les amis qu’on aime bien du Marshall Fund. La… 

La Turquie comme pour l’Irak

La Turquie commence à prendre ses marques pour la prochaine crise dans la région, l’attaque contre l’Iran qui est le sujet des dîners en ville. Cette fois, le gouvernement turc ne semble même pas attendre un vote du Parlement pour prendre la position qu’il prit avant l’attaque US contre l’Irak (refus du transit d’une division américaine pour une attaque complémentaire de l’Irak par le Nord). Un rapport très bref du site israélien ynetnews.com/, relaie une interview du ministre turc des affaires étrangères à un journal émirati. Il y est dit que les Turcs refusent que les Américains utilisent leur territoire pour une attaque contre l’Iran.… 

Le JSF entre dans la guerre des tranchées du Congrès

Le 26 avril, le bureau pour l’aviation tactique de la commission des forces armées de la Chambre des Représentants a donné ses avis sur le budget FY2007 du département de la défense. Deux points concernent notre sujet favori (le JSF). Nous les extrayons du rapport. • La question du second moteur : « $408 million has been added for the alternate engine for the Joint Strike Fighter, F-35 aircraft program. Because of the problems with the F100 engine for the F-15 and F-16 in the late 1970s and early 1980s, and the resulting evolution of the competitive F110 alternative fighter engine, Congress has for the… 

Terreur at home

L’actrice américaine Susan Sarandon (Thelma & Louise), épouse du réalisateur Tim Robbins, est une des opposantes les plus résolues à la guerre en Irak. Elle vient de se confier à la chaîne de télévision britannique ITV1 (l’émission doit être programmée ce soir) sur ses conditions de vie aux États-Unis. Elle-même et sa famille vivent dans un climat psychologiquement terrifiant de menaces de mort et d’attaques verbales, y compris dans les médias. Dans ses éditions d’aujourd’hui, le quotidien >The Independent rapporte brièvement certaines de ses confidences. « I don’t think that I ever thought someone would ever really kill me, although there were some people who… 

Quelle est la cible de  “la révolte des généraux”?

Quelle est la cible de « la révolte des généraux »? Diverses indications avancent l’idée que « la révolte des généraux » est loin d’être cantonnée à la situation irakienne et à l’éventuel destin de Rumsfeld. Il est aussi question de l’Iran et des projets futuristes de l’administration GW. C’est ce que nous dit Andrew Greely, du Chicago Sun Times, dans les éditions du 28 avril. Voici la conclusion de l’article : « The hubris and devotion to high technology and total ignorance of the enemy are not the problems of the officer corps or the troops. They are problems at the very top level of the country, from… 

Le titre de la pièce est : “No Exit

Comme à l’habitude, William S. Lind nous donne (aujourd’hui, sur Antiwar.com) une excellente analyse, cette fois sur la révolte des généraux. Certes, les généraux ont raison. Mais les défenseurs de Rumsfeld qui disent que les généraux se révoltent parce que le secrétaire à la défense leur impose une réforme révolutionnaire n’ont pas tort, et Dieu sait si le Pentagone a besoin d’être réformé, et d’une façon révolutionnaire. Mais l’on doit aussi savoir que la réforme révolutionnaire que veut imposer Rumsfeld va dans la plus parfaite mauvaise direction qui soit: « Instead of attempting to move from the Second Generation to the Third (much less the… 

Les modèles de la démocratie anglo-saxonne en lambeaux

Ces deux sondages (surtout l’américain) auraient dû susciter bien des exclamations inquiètes chez les zélateurs des vertus anglo-saxonnes. Voyez dans quel état sont les deux principales démocraties anglo-saxonnes, celles qui s’affirment comme les phares de l’humanité et font la leçon à tous les autres. L’exercice est d’autant plus intéressant que ces deux démocraties sont très différentes et qu’on ne peut parler de grippage d’un mécanisme spécifique. Ce sont la pratique et l’esprit qui sont en cause, ce qui indique que ces démocraties suscitent, à l’usage, chez ceux qui la conduisent, le contraire de la vertu civique capable de séduire l’électorat. • Le sondage effectué par… 

L’idée de “défaite” en Afghanistan

Si l’on parle moins de l’Afghanistan que de l’Irak, la situation n’y est pas vraiment meilleure. L’autorité du gouvernement central ne dépasse pas certains quartiers de Kaboul. Tous les travaux d’infrastructure envisagés par les alliés pour lancer une normalisation dans le pays ont été abandonnés. Les contingents occidentaux vivent en Afghanistan sur une complète défensive. L’évaluation des services de la Commission européenne impliqués dans cette question est qu’on se trouve dans une situation où une défaite n’est plus exclue. Qu’est-ce qu’une défaite en Afghanistan? Il est difficile de définir ce mot, car il n’est pas certain qu’il ait un sens militaire. Le SACEUR de l’OTAN,… 

Rumsfeld doit-il partir ?

C’est un sondage opportun et d’une signification intéressante que Army Times a placé sur son site. La question posée concerne Rumsfeld : doit-il démissionner comme l’y invitent les généraux en colère? Le sondage nous a été signalé par un texte mis en ligne ce matin par RAW Story, et qui indiquait : « At the time of this writing, 2985 readers have voted in the latest Army Times poll (link), with 1,889 (63.28%) agreeing that the U.S. war effort is grounds for Secretary Rumsfeld to resign. 996 (33.37%) voted no and 100 (3.35%) had no opinion. » Pour notre compte, à l’heure où nous mettons… 

Les généraux de plus en plus révoltés

La révolte des généraux se poursuit aux Etats-Unis et commence à s’installer dans le paysage politique comme une sorte d’opposition instituée à Donald Rumsfeld. Un article de Salon.com du 25 avril donne des précisions et ajoute quelques noms sur la liste des opposants publics, dont, pour la première fois, celui d’un officier général de la marine, le contre-amiral John D. Hutson, ancien judge advocate general (dirigeant les services juridiques) de l’U.S. Navy. Hutson juge les critiques complètement appropriées : « The captain goes down with the ship. He’s in charge, and he’s held accountable. This is a proper and important military tradition. The lack of… 

Questions pour un dollar

Remarques énigmatiques de Alexeï Koudrine, ministre des finances russe, en marge de la réunion du FMI de Washington du 21 avril: « La Russie ne peut plus considérer le dollar comme une monnaie de réserve de confiance à cause de son instabilité. Cette monnaie a perdu 40% de sa valeur contre l’euro dans les dernières années. » La question est de savoir s’il s’agit d’un simple constat, d’une menace ou d’une préparation à une évolution de la politique de la Russie concernant ses réserves financières, vers une réduction de ses réserves en dollars au profit de l’euro. Actuellement, les réserves russes portent sur l’équivalent de… 

Atmosphère crépusculaire dans le Golfe

Les experts des pays pétroliers modérés du Golfe, les membres du GCC (Golf Cooperation Council), sont particulièrement pessimistes sur l’évolution de la situation dans la crise iranienne. Quelques indications nous sont données par un reportage de Riad Kahwaji, pour Defense News du 24 avril. L’une d’entre elles les résume toutes : « Unless there is a major shift in the Iranian position in regards to their nuclear program, I do not see an escape from a military confrontation with the U.S., said Mustapha Al-Ani, director of security and terrorism studies at the Gulf Research Center. » Le plus intéressant se trouve concentré dans les trois… 

Le War Street Journal: GW, il est temps d’être sérieux…

Le Wall Street Journal (War Street Journal pour les amis) avertit GW Bush, dans son édito du 21 avril, qu’il est désormais temps d’être sérieux. Il veut dire : à propos de l’Iran. L’édito est bien fait, modéré dans la forme, après tout assez sympa. Il ne rejette pas du tout l’option diplomatique. Au contraire, il faut l’examiner, en sachant très bien qu’elle ne réussira pas, et que si elle réussit tout de même, ce sera une tromperie de la part de l’Iran. Le portrait fait par WSJ de l’Iran est modérément apocalyptique, c’est-à-dire sûr d’exploser au bout du compte : un régime minoritaire, l’irrespect… 

Madeleine en est malade

Lors du lancement de l’aventure irakienne, l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright avait une vue critique de ce projet mais restait modérée dans cette critique. Elle fit son devoir de membre éminent de l’establishment et apporta un soutien du bout des lèvres au moment de l’attaque. Les termes qu’elle emploie désormais pour décrire son sentiment sont d’une singulière violence. Ils rendent compte de l’état d’esprit d’affrontement, de frustration, de férocité qui règne aujourd’hui dans l’establishment américaniste devant le désastre de l’entreprise bushiste. Madeleine Albright a 69 ans. Ses réponses sèches et sans réplique à quelques questions du New York Times, le 23 avril, ajoutent encore à… 

Les Anglais révisent-ils leur copie ?

Dans l’article du quotidien londonien Daily Telegraph en date du 19 avril, que nous donnions en référence de notre Bloc Notes du 20 avril, on trouve deux membres de phrase, anodins à la première lecture, situant le cadre dans lequel le rapport dont il est question dans l’article fut réalisé. Voici les deux membres de phrase situés à une certaine distance l’un de l’autre et que nous rapprochons intentionnellement: le Brigadier Général Sharpe « wrote the comments in a paper on Britain’s influence on US foreign relations [His paper was] written during a year-long course with other leading military figures from around the world, run… 

… Et les politiques prennent leurs distances

Le complément de l’hypothèse envisagée ci-dessus sur une réévaluation de l’engagement stratégique britannique pro-américain, c’est la position des dirigeants politiques. D’une façon générale, on ne surprendra personne en observant que Tony Blair reste un partisan passionné de l’engagement inconditionnel derrière les USA. Mais Tony Blair est de plus en plus isolé et son influence est en déclin. Tony Blair doit quitter son poste avant la fin de la législature et il a cru habile de ne pas préciser quand. Au lieu de renforcer son pouvoir en prolongeant sa perspective de Premier ministre, l’idée l’a affaibli en réduisant justement cette perspective. Irrémédiablement lié au désastre irakien,… 

Raptor à la tronçonneuse

Quelques nouvelles étonnantes, distrayantes, préoccupantes, abracadabrantes du F-22A Raptor, l’avion à plus $250 millions l’unité, l’avion au-delà de toutes les descriptions possibles parce que nous sommes à court de superlatif. • D’abord, celle du pilote du Raptor qui n’arrivait plus à sortir de son cockpit. Allez voir sur le site POGO ce qui lui est arrivé, photos à l’appui qui valent le déplacement. On a téléphoné à Lockheed Martin. Cinq heures d’intenses discussions, d’interrogations des ordinateurs, de convocation et de délibération de diverses équipes, d’entretiens et d’encouragement au son de Stars & Stripes Forever avec le pilote, toujours coincé dans son cockpit et pressé de… 

C’est grâce a Mary O. McCarthy, de la CIA, que nous savons que la CIA opérait comme chez elle en Europe, — virée, Mary O. McCarthy !

Voici le pot aux roses. Le New York Times nous apprend, dans son édition d’aujourd’hui, que Mary O. McCarthy est l’officier de la CIA qui donna au Washington Post les informations pour le fameux article du 2 novembre 2005, qui déclencha une fureur de quelques semaines (temps maximum des fureurs européennes lorsqu’il s’agit des USA) concernant les vols, transits et interrogatoires robustes de prisonniers illégaux par la CIA dans l’espace aérien et sur le sol européens. McCarthy a été en conséquence déchargée de ses fonctions. Elle n’était pas n’importe qui. « The C.I.A. would not identify the officer, but several government officials said it was… 

Les républicains abandonnent GW

GW Bush continue à baisser dans les sondages, on dit sombrer pour être mieux accordé à l’événement. Dans le sondage publié hier par Fox News, on trouve seulement 33% d’Américains pour se dire satisfaits de GW. Le signe le plus inquiétant, c’est la défection des républicains qui est, pour la première fois, très significative. Dans la perspective des élections de novembre prochain, sur le renouvellement de l’essentiel du Congrès, la nouvelle est catastrophique et devrait accroître les tensions à Washington entre la Maison-Blanche et sa base parlementaire. « President Bush’s job approval rating slipped this week and stands at a new low of 33 percent… 

Doha et la globalisation, — en route vers l’échec et les funérailles

Les Européens, par la voix de leur très libre-échangiste Commissaire au Commerce Peter Mandelson, prennent leurs précautions. Ils annoncent que l’échec probable de l’accord de libre-échange dit de Doha (Doha Round) ne pourra leur être imputé, mais bien être imputé aux Américains. Tactique classique pour préparer sa sortie tête haute d’une négociation difficile et aboutissant à un échec. Les funérailles de la globalisation se poursuivent donc selon le plan prévu. C’est le Financial Times d’hier qui nous signale la chose, à partir du texte d’un discours que Mandelson doit prononcer ce jour en Finlande. « In a speech in Finland on Friday, Mr. Mandelson says… 

Même Friedman…

Le gros et pétulant Thomas Friedman, considéré en général comme le commentateur le plus influent en Amérique, est resté fameux pour certaines de ses objurgations sympathiques (« Give war a chance »). Libéral cachant difficilement (il est corpulent) un belliciste patenté, Friedman n’est pas un tendre, pas un de ces Munichois qui devraient avoir honte. Il a soutenu la guerre contre l’Irak, à laquelle il a trouvé bien du charme. Eh bien, c’est tout dire : même Friedman commence à avoir des sueurs froides Dans sa chronique du 19 avril (accès payant), Friedman nous confie toutes les frayeurs considérables que suscitent chez lui l’équipe GW…