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Bloc-Notes

L’idée de “défaite” en Afghanistan

Si l’on parle moins de l’Afghanistan que de l’Irak, la situation n’y est pas vraiment meilleure. L’autorité du gouvernement central ne dépasse pas certains quartiers de Kaboul. Tous les travaux d’infrastructure envisagés par les alliés pour lancer une normalisation dans le pays ont été abandonnés. Les contingents occidentaux vivent en Afghanistan sur une complète défensive. L’évaluation des services de la Commission européenne impliqués dans cette question est qu’on se trouve dans une situation où une défaite n’est plus exclue. Qu’est-ce qu’une défaite en Afghanistan? Il est difficile de définir ce mot, car il n’est pas certain qu’il ait un sens militaire. Le SACEUR de l’OTAN,… 

Rumsfeld doit-il partir ?

C’est un sondage opportun et d’une signification intéressante que Army Times a placé sur son site. La question posée concerne Rumsfeld : doit-il démissionner comme l’y invitent les généraux en colère? Le sondage nous a été signalé par un texte mis en ligne ce matin par RAW Story, et qui indiquait : « At the time of this writing, 2985 readers have voted in the latest Army Times poll (link), with 1,889 (63.28%) agreeing that the U.S. war effort is grounds for Secretary Rumsfeld to resign. 996 (33.37%) voted no and 100 (3.35%) had no opinion. » Pour notre compte, à l’heure où nous mettons… 

Les généraux de plus en plus révoltés

La révolte des généraux se poursuit aux Etats-Unis et commence à s’installer dans le paysage politique comme une sorte d’opposition instituée à Donald Rumsfeld. Un article de Salon.com du 25 avril donne des précisions et ajoute quelques noms sur la liste des opposants publics, dont, pour la première fois, celui d’un officier général de la marine, le contre-amiral John D. Hutson, ancien judge advocate general (dirigeant les services juridiques) de l’U.S. Navy. Hutson juge les critiques complètement appropriées : « The captain goes down with the ship. He’s in charge, and he’s held accountable. This is a proper and important military tradition. The lack of… 

Questions pour un dollar

Remarques énigmatiques de Alexeï Koudrine, ministre des finances russe, en marge de la réunion du FMI de Washington du 21 avril: « La Russie ne peut plus considérer le dollar comme une monnaie de réserve de confiance à cause de son instabilité. Cette monnaie a perdu 40% de sa valeur contre l’euro dans les dernières années. » La question est de savoir s’il s’agit d’un simple constat, d’une menace ou d’une préparation à une évolution de la politique de la Russie concernant ses réserves financières, vers une réduction de ses réserves en dollars au profit de l’euro. Actuellement, les réserves russes portent sur l’équivalent de… 

Atmosphère crépusculaire dans le Golfe

Les experts des pays pétroliers modérés du Golfe, les membres du GCC (Golf Cooperation Council), sont particulièrement pessimistes sur l’évolution de la situation dans la crise iranienne. Quelques indications nous sont données par un reportage de Riad Kahwaji, pour Defense News du 24 avril. L’une d’entre elles les résume toutes : « Unless there is a major shift in the Iranian position in regards to their nuclear program, I do not see an escape from a military confrontation with the U.S., said Mustapha Al-Ani, director of security and terrorism studies at the Gulf Research Center. » Le plus intéressant se trouve concentré dans les trois… 

Le War Street Journal: GW, il est temps d’être sérieux…

Le Wall Street Journal (War Street Journal pour les amis) avertit GW Bush, dans son édito du 21 avril, qu’il est désormais temps d’être sérieux. Il veut dire : à propos de l’Iran. L’édito est bien fait, modéré dans la forme, après tout assez sympa. Il ne rejette pas du tout l’option diplomatique. Au contraire, il faut l’examiner, en sachant très bien qu’elle ne réussira pas, et que si elle réussit tout de même, ce sera une tromperie de la part de l’Iran. Le portrait fait par WSJ de l’Iran est modérément apocalyptique, c’est-à-dire sûr d’exploser au bout du compte : un régime minoritaire, l’irrespect… 

Madeleine en est malade

Lors du lancement de l’aventure irakienne, l’ancienne secrétaire d’État Madeleine Albright avait une vue critique de ce projet mais restait modérée dans cette critique. Elle fit son devoir de membre éminent de l’establishment et apporta un soutien du bout des lèvres au moment de l’attaque. Les termes qu’elle emploie désormais pour décrire son sentiment sont d’une singulière violence. Ils rendent compte de l’état d’esprit d’affrontement, de frustration, de férocité qui règne aujourd’hui dans l’establishment américaniste devant le désastre de l’entreprise bushiste. Madeleine Albright a 69 ans. Ses réponses sèches et sans réplique à quelques questions du New York Times, le 23 avril, ajoutent encore à… 

Les Anglais révisent-ils leur copie ?

Dans l’article du quotidien londonien Daily Telegraph en date du 19 avril, que nous donnions en référence de notre Bloc Notes du 20 avril, on trouve deux membres de phrase, anodins à la première lecture, situant le cadre dans lequel le rapport dont il est question dans l’article fut réalisé. Voici les deux membres de phrase situés à une certaine distance l’un de l’autre et que nous rapprochons intentionnellement: le Brigadier Général Sharpe « wrote the comments in a paper on Britain’s influence on US foreign relations [His paper was] written during a year-long course with other leading military figures from around the world, run… 

… Et les politiques prennent leurs distances

Le complément de l’hypothèse envisagée ci-dessus sur une réévaluation de l’engagement stratégique britannique pro-américain, c’est la position des dirigeants politiques. D’une façon générale, on ne surprendra personne en observant que Tony Blair reste un partisan passionné de l’engagement inconditionnel derrière les USA. Mais Tony Blair est de plus en plus isolé et son influence est en déclin. Tony Blair doit quitter son poste avant la fin de la législature et il a cru habile de ne pas préciser quand. Au lieu de renforcer son pouvoir en prolongeant sa perspective de Premier ministre, l’idée l’a affaibli en réduisant justement cette perspective. Irrémédiablement lié au désastre irakien,… 

Raptor à la tronçonneuse

Quelques nouvelles étonnantes, distrayantes, préoccupantes, abracadabrantes du F-22A Raptor, l’avion à plus $250 millions l’unité, l’avion au-delà de toutes les descriptions possibles parce que nous sommes à court de superlatif. • D’abord, celle du pilote du Raptor qui n’arrivait plus à sortir de son cockpit. Allez voir sur le site POGO ce qui lui est arrivé, photos à l’appui qui valent le déplacement. On a téléphoné à Lockheed Martin. Cinq heures d’intenses discussions, d’interrogations des ordinateurs, de convocation et de délibération de diverses équipes, d’entretiens et d’encouragement au son de Stars & Stripes Forever avec le pilote, toujours coincé dans son cockpit et pressé de… 

C’est grâce a Mary O. McCarthy, de la CIA, que nous savons que la CIA opérait comme chez elle en Europe, — virée, Mary O. McCarthy !

Voici le pot aux roses. Le New York Times nous apprend, dans son édition d’aujourd’hui, que Mary O. McCarthy est l’officier de la CIA qui donna au Washington Post les informations pour le fameux article du 2 novembre 2005, qui déclencha une fureur de quelques semaines (temps maximum des fureurs européennes lorsqu’il s’agit des USA) concernant les vols, transits et interrogatoires robustes de prisonniers illégaux par la CIA dans l’espace aérien et sur le sol européens. McCarthy a été en conséquence déchargée de ses fonctions. Elle n’était pas n’importe qui. « The C.I.A. would not identify the officer, but several government officials said it was… 

Les républicains abandonnent GW

GW Bush continue à baisser dans les sondages, on dit sombrer pour être mieux accordé à l’événement. Dans le sondage publié hier par Fox News, on trouve seulement 33% d’Américains pour se dire satisfaits de GW. Le signe le plus inquiétant, c’est la défection des républicains qui est, pour la première fois, très significative. Dans la perspective des élections de novembre prochain, sur le renouvellement de l’essentiel du Congrès, la nouvelle est catastrophique et devrait accroître les tensions à Washington entre la Maison-Blanche et sa base parlementaire. « President Bush’s job approval rating slipped this week and stands at a new low of 33 percent… 

Doha et la globalisation, — en route vers l’échec et les funérailles

Les Européens, par la voix de leur très libre-échangiste Commissaire au Commerce Peter Mandelson, prennent leurs précautions. Ils annoncent que l’échec probable de l’accord de libre-échange dit de Doha (Doha Round) ne pourra leur être imputé, mais bien être imputé aux Américains. Tactique classique pour préparer sa sortie tête haute d’une négociation difficile et aboutissant à un échec. Les funérailles de la globalisation se poursuivent donc selon le plan prévu. C’est le Financial Times d’hier qui nous signale la chose, à partir du texte d’un discours que Mandelson doit prononcer ce jour en Finlande. « In a speech in Finland on Friday, Mr. Mandelson says… 

Même Friedman…

Le gros et pétulant Thomas Friedman, considéré en général comme le commentateur le plus influent en Amérique, est resté fameux pour certaines de ses objurgations sympathiques (« Give war a chance »). Libéral cachant difficilement (il est corpulent) un belliciste patenté, Friedman n’est pas un tendre, pas un de ces Munichois qui devraient avoir honte. Il a soutenu la guerre contre l’Irak, à laquelle il a trouvé bien du charme. Eh bien, c’est tout dire : même Friedman commence à avoir des sueurs froides Dans sa chronique du 19 avril (accès payant), Friedman nous confie toutes les frayeurs considérables que suscitent chez lui l’équipe GW… 

Chavez, Castro et le coup d’avril 2002 : retour sur image(s)

Lisez sur le site MichelCollon.info un extrait du livre d’entretien d’Ignacio Ramonet et de Fidel Castro (à paraître : Biographie à deux voix, éditions Débats). L’épisode abordé est celui du putsch (avril 2002) lancé contre Chavez, qui échoua en deux jours. L’épisode avait attiré de façon décisive l’attention du monde sur Chavez, donnant au leader populiste vénézuélien sa véritable dimension populiste et anti-globalisation. A noter dans cet entretien le rôle essentiel de l’armée, avec des éléments fidèles à Chavez qui jouèrent le rôle décisif pour contrer le putsch ; le rôle également essentiel de l’information pour renverser le cours des événements et faire savoir que… 

La fin de la globalisation (la première et la deuxième) et la cause de la Grande Dépression aux USA

Nombre d’articles et d’analyses s’attachent, aujourd’hui, à une question simple : sommes-nous à la fin du processus de globalisation ? Ce serait historiquement la seconde fois. De façon très caractéristique et somme toute logique, le débat sur la fin de la (seconde) globalisation (version XXIème siècle) se réfère historiquement aux événements qui ont causé la fin de la (première) globalisation, avec l’accent mis sur une loi passée au printemps 1930 aux Etats-Unis, alors que ce pays entrait, ou allait entrer, c’est le fond de ce débat historique, dans la Grande Dépression. On appréciera les différences d’interprétation importantes dans deux articles parus à trois jours d’intervalle… 

Quelques notes complémentaires de Van Creveld

On peut lire sur le site du magazine américain Forward, principal magazine de la communauté juive US, une tribune libre de Martin Van Creveld. Le sujet est la crise iranienne. Van Creveld, professeur à Jérusalem, est un stratège très connu quoique médiatiquement discret. Comme on le lit dans sa biographie, il est le seul auteur non-US dont la lecture est requise dans les manuels destinés aux officiers de l’U.S. Army. Pour compléter son texte de Forward, on trouve ici quelques commentaires de Van Creveld recueillis au début mars par la lettre d’information stratégique EIR (accès payant). « J’ai du mal à comprendre pourquoi Washington est… 

Stallone, John Wayne et l’U.S. Army : mais, finalement, qui imite qui ?

Le très sérieux et britannique brigadier général Alan Sharpe, 46 ans, porteur de médailles telles que la OBE évidemment britannique et la Bronze Star américaine, a écrit un rapport critique étonnant sur ses frères d’armes, les généraux américains. Sharpe s’est battu à leurs côtés, en Irak. Il qualifie le régime mis en place par les Américains en Irak d’ autocratique et de dictature transitoire. Le document trace un éblouissant et extraterrestre portrait psychologique indirect du général américain standard, sorte de fils naturel de John Wayne et Sylvester Stallone, sans préciser lequel des deux est le géniteur mâle. Le plus étonnant dans la façon dont ce… 

Straw-Blair, un duo jamais vu

La situation est étrange. Nous voulons parler de la situation éventuelle de mésentente entre Blair et Straw sur la question de la crise iranienne. Si l’on en croit The Independent d’aujourd’hui, le secrétaire au Foreign Office Jack Straw peut se prévaloir du soutien européen dans ce qui apparaît, selon le quotidien, comme un affrontement avec Tony Blair sur la question du soutien de la position US (toutes les options sont sur la table, y compris une attaque militaire). C’est ainsi qu’on pourrait interpréter ce commentaire de The Independent, notant, à propos de la position de Straw (c’est nous qui soulignons en gras le passage qui… 

Humala complète le tournant sud-américain

Dans son analyse du jour sur le site PINR, Michael A. Weinstein situe le candidat populiste en tête au Pérou, Ollanta Humala, dans le contexte d’un monde latino-américain en ébullition. Parti il y a quelques mois d’une base très réduite (11% des intentions de vote), Humala est en tête depuis le premier tour de l’élection présidentielle et a de fortes chances d’être élu. Se présentant comme populiste, Humala est plus un nationaliste qu’un socialiste. Weinstein définit le personnage politique, notant par conséquent les différences par rapport à la référence (Chavez) de l’actuelle dynamique du continent latino-américain : « Although Humala has sometimes expressed support for… 

Prépare-t-on le remplacement de Rumsfeld ?

William Matthews, de Defense News, accorde un certain crédit à la théorie selon laquelle on préparerait le remplacement de Donald Rumsfeld par son adjoint, n°2 au Pentagone, Gordon England. La nomination de England était bloquée depuis huit mois. En décembre, Bush l’avait nommé unilatéralement (pour un an) selon la procédure de recess appointment. Le 6 avril, sans bavure ni trompette, England était confirmé par la commission des forces armées du Sénat de John Warner. Le même Warner avait fait un intense lobbying auprès des adversaires de la confirmation, en promettant les habituelles compensations (contrats du Pentagone pour leurs États, pure pork-barrel politics). « Is it… 

Remplacer Rumsfeld, vous êtes sûrs ?

Il semble que le jeu de qui va remplacer Rumsfeld ? commence à faire fureur à Washington. Dans sa chronique du jour, Jim Lobe met en évidence le sérieux extrême de l’affaire des généraux révoltés, et la façon dont cette affaire semble avoir acquis son propre rythme. En passant, il sacrifie donc au jeu. Dans ses hypothèses, on ne retrouve pas le nom de Gordon England, mais de quelques autres qu’il est donc intéressant d’avoir en mémoire. Quelques extraits des remarques de Jim Lobe : « Given Bush’s record low approval ratings as well as the dissent Rumsfeld’s performance has stirred up among the military… 

Le soutien bien structuré du général Myers

Parmi les généraux qui ont tenu à prendre la défense de Donald Rumsfeld, il y a le général Myers, qui était président du Comité des Chefs d’état-major jusqu’à l’automne dernier. Cette prise de position est caractéristique de la campagne déclenchée par les amis de Rumsfeld, essentiellement par la description de certains détails accompagnant la fin de carrière de Myers. Ces détails sont rapportés par Wayne Madsen, pour renforcer son idée déjà citée dans un F&C du 16 avril. Il y a d’abord l’idée déjà vue que Myers appartient à un service (l’USAF) beaucoup moins concerné que l’U.S. Army (et le Marine Corps) par la catastrophe… 

Joyeuses Pâques: le JSF à $115 millions

L’évaluation officielle du prix du programme JSF a augmenté de 7,7% en 2005, selon le Selected Acquisition Report (SAR) qui est le rapport trimestriel d’actualisation des évaluations de coût des programmes du Pentagone. Le coût total du programme, pour 2.400 exemplaires produits est de $276,5 milliards pour les trois versions du JSF (F-35A pour l’USAF, F-35B pour le Marine Corps, F-35C pour l’U.S. Navy). La précédente évaluation (pour 2004) était de $256 milliards. Cela donne un coût-programme du JSF de $115 millions. Cette nouvelle nous parvient du quotidien Star Telegram de Fort Worth (où se trouvent les usines Lockheed Martin produisant le F-16 et promises…