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Bloc-Notes

Ça bouge sérieux dans les rangs

Si l’on voulait une indication sérieuse du très grave malaise qui est en train de gagner les rangs des militaires américains, on l’a avec cette réaction du président du JSC (le général du Marine Corps Peter Pace) à la suite d’une tribune (le 9 avril) du général Gregory Newbold (récemment retiré) dans Time Magazine. C’est une querelle de famille, et de quelle prestigieuse famille! Pace et Newbold sont tous deux des généraux des Marines. La grande nouveauté apportée par Newbold, c’est qu’il ne recommande rien moins que la révolte : les militaires doivent parler, ils doivent dire ce qu’ils pensent. Pace s’exclame : « We… 

Divine Strake : perplexité partagée

Divine Strake : perplexité partagée Nous avions dit combien nous étions intrigués par le nom de « Divine Strake«  donné à l’expérimentation de 700 tonnes d’explosifs qui va avoir lieu dans le désert de l’Utah. Il s’avère que nous ne sommes pas les seuls. Les Indiens (ou « Natives Americans« ) Shoshones, sur la « réserve » desquels l’expérimentation va avoir lieu, s’étonnent également (outre d’engager une action juridique pour interdire cet essai). Le territoire choisi a pour eux une valeur sacrée qui semble avoir échappé à la bureaucratie américaniste. Les Shoshones se demandent peut-être si le qualificatif de « divin » donné à une telle expérimentation ne dénote pas une étrange… 

L’hypothèse Straw versus Blair

Un article du Financial Times met en évidence la force et la véhémence du ton du secrétaire au Foreign Office Jack Straw pour nier la validité de l’article de Seymour Hersh et pour juger inconcevable l’idée d’une attaque contre l’Iran. Pour le FT, il s’agit d’un signe convaincant de l’opposition entre Straw et Blair, le premier étant de plus en plus adversaire d’une position dure contre l’Iran, à l’inverse du second. « Jack Straw yesterday used his toughest language yet to rule out any military strike against Iran, highlighting the growing divide on the issue between the Foreign Office and Downing Street. The reason why… 

L’énigme Obrador et les intentions de Washington

Le Weekly Standard du 17 avril publie un article sur la prochaine (2 juillet) élection du président du Mexique. Le texte, d’un journaliste mexicain (Angel Jaramillo) résidant aux USA et bien entendu proche des néo-conservateurs (le Weekly Standard est l’organe principal des neocons), expose en quatre paragraphes (les derniers de l’article) ce qui peut apparaître comme le programme recommandé par les extrémistes US, en-dehors et à l’intérieur de l’administration, pour la politique de Washington vis-à-vis de cette élection. Exposant la situation politique, Angel Jaramillo conclut à une possibilité de victoire de Andrés Manuel López Obrador, le candidat de gauche d’une tendance proche de celle du… 

Les Anglais aux nerfs fragiles

Les Anglais sont de plus en plus mal à l’aise dans leurs special relationships avec les USA. Ils sont de plus en plus mal à l’aise avec les ambitions, objectifs et réactions de leurs amis-cousins d’outre-Atlantique. On le voit aujourd’hui (hier) avec la réaction quasi-hystérique de Jack Straw à propos de l’article de Seymour Hersh. Ci-dessous, la version du Times de Londres (lui-même très mal à l’aise avec les Américains) conduisant à la mention de la réaction de Straw. « The flurry of rebuttals and reactions to the reports that America has drawn up secret plans to launch a military strike on Iran’s nuclear facilities… 

Solana sait tout sauf l’essentiel

L’article de Hersh a également soulevé nombre de vagues furieuses au niveau européen, à Luxembourg où se tient aujourd’hui une réunion des ministres des affaires étrangères. Javier Solana, l’homme des affaires étrangères et de la défense de l’UE a été interrogé à ce propos. Il a répondu bravement. Ses interventions ont été tranchantes, selon AFP en anglais. Solana a écarté toute possibilité d’option militaire, dans tous les cas pour l’UE : « Any military action is absolutely out of the table for us. » Tout de même, le passage le plus polémique où Solana a donné son avis sur l’article de Hersh est suivi d’une… 

L’accord nucléaire USA-Inde est-il mort-né ?

L’excellent article de Praful Bidwai, aujourd’hui sur le site Antiwar.com, met en évidence les difficultés nouvelles auxquelles se heurte l’accord nucléaire USA-Inde. La ratification par le Congrès (le Sénat) est en cause. Si cette ratification n’a pas lieu, l’abandon du traité, à cause de l’importance considérable qu’il tient dans les nouvelles relations stratégiques USA-Inde, étouffera dans l’oeuf toutes les perspectives de ces nouvelles relations. « In the US, opposition to the agreement, which permits India to keep and further build its nuclear weapons arsenal, and allows civilian nuclear trade with it to be resumed, is becoming increasingly vocal. Highly placed Indian diplomatic sources have been… 

Rumsfeld-Rice, scandale dans la famille

En déroulant les nouvelles hier, sur la divergence de vues entre Rumsfeld et Rice, nous agissions d’un cur léger. Nous ne pensions pas qu’il fallût prendre tout cela trop au sérieux. Julian Borger, du Guardian, s’en charge aujourd’hui. Voici le rapport que Borger fait de cette tempête dans un verre d’eau (en omettant d’ailleurs l’intervention de Rumsfeld pour apaiser les choses, lors d’une conférence de presse, mercredi) : « The US secretary of state, Condoleezza Rice, was attempting to defuse a spat with the defence secretary, Donald Rumsfeld, yesterday over the number of mistakes made by the US so far in Iraq. Ms Rice said… 

Les USA mènent avec efficacité la guerre des visas

Une petite histoire avec quelques paroles, rapportée par Vicki Woods, dans le Daily Telegraph (le 1er avril). Ou comment les USA mènent avec sagacité et alacrité la guerre des visas. Les USA se passeront du Hallé Orchestra de Manchester, et le reste du monde des USA. « In a tale of our terrorised times, the Hallé Orchestra has regretfully had to cancel its planned American mini-tour next year because it can’t afford the visas. It was going to play two concerts in 2007, one of them in New York at the Lincoln Centre, but the fees aren’t worth the visa expenses. » The 80 members… 

Condi ? Je ne sais vraiment pas de quoi elle parle…

Certains ont eu le cur réchauffé par les déclarations de Condoleeza Rice, le 31 mars en Angleterre. Elle avait admis qu’il y avait eu des « milliers d’erreurs tactiques en Irak ». Manifestement, elle parlait de la guerre et des opérations militaires. Il était judicieux de se tourner vers l’homme qui connaît le mieux les opérations militaires pour avoir quelques précisions là-dessus. Il s’agit de Donald Rumsfeld. Stupéfaction sans bornes du secrétaire à la défense. De quoi parle donc Condi? Rapide résumé des réactions typiquement rumsfeldiennes, d’après le Daily Digest de l’Air Force Association de ce jour : « The Great Divide. Defense Secretary Donald… 

Et GW? De quoi il parle, celui-là?

Entre-temps, il y a du nouveau dans le jeu des milliers d’erreurs en Irak. GW lui-même s’est aperçu que les militaires américains avaient fait des erreurs en Irak. Des erreurs ? Les militaires ? I don’t know what [he is] talking about? Voici quelques mots de Reuters à propos de cet étrange aveu de GW, sans consultation préalable de Rumsfeld : « President George W. Bush admitted on Thursday the U.S. military made mistakes in Iraq but defended his domestic eavesdropping program, insisting to a hostile questioner he had no reason to apologize for it. Beset by low approval ratings dragged down by pessimism over… 

Finalement… Condi savait de quoi elle parlait, mais “figurativement”

Voici le fin mot de l’histoire sur les milliers d’erreurs identifiées par Condi, qui ont tant étonné Rumsfeld, lors d’une conférence de presse du même Rumsfeld, le 5 avril en fin d’après-midi. De Reuters, dans le New York Times du 7 avril : « Rumsfeld also said he spoke to Rice about her comment last week that the United States had made thousands of tactical errors’ in the Iraq war. I talked to Condi about that, and she pointed out the transcript, where she said she was speaking figuratively, not literally, Rumsfeld said. (In a radio interview on Tuesday, Rumsfeld said labeling as errors changes… 

Le JSF britannique ? « We’re just about fed up »

La polémique UK-USA sur le JSF ayant atteint la grande presse, Time Magazine nous en donne quelques nouvelles dans son édition du 3 avril. Elles sont loin d’être excellentes. Quelques extraits du texte, composé à l’occasion du passage de Condi Rice dans une usine britannique qui sous-traite des éléments du JSF, nous en donnent le climat. Pas du tout optimiste. « A dispute over a jet fighter is threatening to drive a rare wedge between London and Washington, straining the alliance at a time when Britain and the U.S. would seem to need each other more than ever. (…) » A U.S. official says the… 

Le colonel de l’USAF fait la leçon au Juge de la Cour Suprême

Excellente analyse de WSWS.org aujourd’hui, à propos de ce colonel (Morris Davis) de l’USAF, qui convoque mardi une conférence de presse pour mettre les choses au point à propos des observations d’un Juge de la Cour Suprême. (Intervention du Justice Breyer lors d’une audition de la Cour la semaine dernière, dans le cas de Salim Ahmed Hamdan qui met en cause les conditions de détention à Guantanamo.) Davis est en poste à Guantanamo, et un spécialiste de la définition rumsfeldienne de la torture. L’intervention de Davis devant la presse, à partir d’un texte écrit qui implique une démarche mesurée et préparée, est ainsi rapportée :… 

Les Hollandais pas tranquilles : comme les Français ?

Des sources européennes à Bruxelles signalent que les dirigeants hollandais sont inquiets des effets possibles de la crise française, notamment pour ce qui est des troubles publics (manifestations autour du CPE). La crainte porte sur un effet d’entraînement et d’imitation. Ces sources constatent que le climat est, en Hollande, détestable, tant vis-à-vis des dirigeants que vis-à-vis de l’Europe. Il n’a fait que se détériorer depuis le vote négatif du 1er juin 2005, qui marquait pourtant une détérioration très forte à ce point. Il s’agit d’une mise en cause radicale du modèle hollandais, en plus avec des tendances nihilistes puisque aucune alternative n’est présentée. « Les… 

Rice-Straw en Irak : “Blowback

Blowback est un terme utilisé par la CIA et popularisé par l’historien Chalmer Johnson, dans le livre au titre éponyme. Il décrit les conséquences négatives imprévues d’actions extérieures US, souvent malhabiles et brutales. En général, ces conséquences contraires se font jour un certain temps après l’action qui les provoque. Aujourd’hui, c’est presque instantané, au point où l’on peut croire qu’en fait de conséquences d’une visite destinée à mettre de l’ordre, il n’y a eu que du Blowback, c’est-à-dire un peu plus de désordre et encore moins d’influence anglo-saxonne. C’est ce que montrent les commentaires irakiens après la visite-surprise Rice-Straw en Irak pour signifier que la… 

Selon l’expression consacrée, ce serait grotesque si ce n’était tragique

La situation en Irak est en train d’atteindre des domaines inexplorés jusqu’ici, dans le grotesque et le bouffon, en même temps que se poursuit la tragédie quotidienne dans les rues et les campagnes. L’épisode actuel suit la visite non moins grotesque, et dérisoire pour le compte, du couple Condi-Straw représentant le monde anglo-saxon venu à Bagdad faire rentrer ses ouailles dans le rang. Les ouailles rechignent. Le premier ministre Jaafari, nommé évidemment par les Anglo-Saxons pour établir la transition conforme aux vux de la Maison-Blanche, acclamé in illo tempre (assez proches) comme un collaborateur modèle de la démocratie, refuse de s’en aller comme lui enjoignent… 

Dans la série “heurs et malheurs” : la popularité de l’idéologie du marché libre en France

Dans l’article, publié ce jour sur notre site, sur les réactions de la presse US aux manifestations françaises, se glisse un détail très révélateur que nous signalons à l’attention de nos lecteurs. Voici le passage en question : « The Post reporter disparagingly notes the results of a recent poll by the University of Maryland on international policy attitudes showing that only 36 percent of French respondents felt that the free enterprise system and free market economy is the best system. This was the lowest percentage of any of the 22 countries polled and compared with 59 percent in Italy, 65 percent in Germany, 66… 

Tony Blair pense qu’il a des occupations à Downing Street pour au moins jusqu’en 2008

Tony Blair a beaucoup à faire et, par conséquent, aucune raison de partir avant au moins 2008. Cela ne fait pas l’affaire de Gordon Brown, qui espère devenir Premier ministre à la Noël. L’impopularité actuelle de Blair? Le Premier ministre s’en arrange : « While he acknowledged his present unpopularity with the public, admitting that he could not even please some of the people some of the time, he said he had so much still to do as Prime Minister. In a series of hastily arranged television interviews, he tried to reassert his authority after renewed infighting between his supporters and those of the Chancellor.… 

Voici “the New McCarthysm

Excellente enquête dans Guardian d’aujourd’hui sur ce qui nous est présenté comme the new McCarthysm. Objectif avéré et parfaitement identifié : l’université et le monde de l’éducation, bastion supposé de ce qui reste de pensée libérale (au sens américain et intellectuel du terme) aux USA. Processus connu, basé sur l’extraordinaire conformisme du comportement américain quand il devient américaniste. Tout se déroule selon un schéma connu. The new McCarthysm a ses McCarthys postmodernes et au petit pied, dont l’un des plus actifs est David Horowitz, ancien trotskiste élevé dans une famille de militants marxistes, et qui a suivi le parcours de ses amis néo-conservateurs. L’article est… 

Washington s’aperçoit qu’il se passe quelque chose du côté de la Guerre froide

Finalement, il semble bien que l’idée d’une nouvelle Guerre froide commence à faire son chemin. Washington s’est aperçu, par la voix majestueuse du Washington Post ce matin, que le retour du Dr.Strangelove ne fait pas que des heureux. « In this city, it’s beginning to feel like a new Cold War, driven by what many people here see as an old American impulse: to encircle, weaken or even destroy Russia, just as the country is emerging from post-Soviet ruins as a cohesive, self-confident and global power. » The specter of a U.S. nuclear first strike even resurfaced this month. An article in Foreign Affairs magazine,… 

Kevin Phillips décrit la coalition de la Fin des Temps au pouvoir à Washington

Nous revenons sur l’article de Kevin Phillips, déjà mentionné dans Nos choix, article publié hier dans le Washington Post. Phillips est un formidable politologue américain, avec une expérience pratique (il fut le conseiller politique de la campagne Nixon en 1968) et une orientation politique nettement conservatrice. C’est lui qui identifia la nouvelle majorité conservatrice américaine qui élut Nixon et qui, plus tard, élut Reagan, majorité regroupant les républicains et une partie des démocrates du Sud. Cette majorité s’est transformée. Phillips pose son regard de politologue sur ce nouveau phénomène, c’est-à-dire un regard rationnel, presque scientifique, sur un phénomène qu’on juge en général trop irrationnel pour… 

Juncker se paye la Commission

La France a un allié de petit poids mais de grand prestige et d’une influence certaine, avec l’un des dirigeants européens les plus écoutés prenant parti en sa faveur dans la querelle qui l’oppose à la Commission. Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker fait une critique précise et aiguë de la position de la Commission européenne. (Dans une interview à Financial Times Deutschland, citée par EUObserver aujourd’hui.) « Mr Juncker said I criticise the communication strategy of the commissionIt gives the impression that everyone who puts questions to planned or ongoing mergers should automatically be a protectionist. That is a very a-political approach. » While… 

Inquiétudes britanniques

Voilà deux articles britanniques sur les relations USA-UK qui nous ont paru intéressants, autant par leur simultanéité de parution que par leur complémentarité de contenu. Ils viennent d’horizons différents, l’un dans The Observer, l’autre dans The Sunday Times de ce jour. D’une façon générale et quelle que soit l’approche choisie, ils témoignent de la très forte inquiétude britannique actuelle pour les relations privilégiées avec les USA. • L’éditorial de The Observer (centre-gauche) fait un panégyrique à couper le souffle des relations USA-UK à l’occasion du passage de la visite de Condi Rice au Royaume Uni (visite décrite comme ceci par Michael Portillo [voir ci-dessous] :…