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Bloc-Notes

Les obligations de l’OTAN et de l’Europe, selon Robert D. Kaplan (II)

Puisque nous y sommes, poursuivons à propos de l’article de Robert D. Kaplan, décidément très intéressant. Nous nous attachons à deux paragraphes à la fin de ce long article, où Kaplan suggère ce que pourrait être le rôle de l’OTAN dans la perspective générale du changement du centre de gravité des intérêts stratégiques vitaux des USA qu’il évoque, du Moyen-Orient vers le Pacifique. Pour Kaplan, l’Europe n’a de chance (?) de rester à une bonne place dans les préoccupations washingtoniennes que si elle fournit, non pas des bataillons supplétifs, mais des escadres navales supplétives aux ambitions US dans le Pacifique. Donc, l’OTAN, regroupant les Européens… 

Sur ordre de GW, Karzaï est content

La comédie continue selon le livret. Karzaï a vu GW à Washington, tout s’est bien passé, Karzaï a exposé ses problèmes et GW a confirmé que les troupes US en Afghanistan resteraient évidemment sous contrôle US (qui a pu penser le contraire?) et qu’elles y feraient ce qu’elles voudraient parce que ce qu’elles y font est bien. La rencontre, hier 23 mai, telle que rapportée par The Independent, a été un moment d’intense et sinistre ironie, si l’on considère ce que Karzaï nous avait dit du caractère quasiment insupportable pour lui du comportement des forces US en Afghanistan, et de l’exigence qu’il exposerait à Washington… 

“Star Wars” avait pressenti GW

Le dernier épisode de Star Wars a fait grand bruit au Festival de Cannes. Habituel coup médiatique, certes, mais beaucoup de choses derrière. Nous vous recommandons la lecture d’un article sur Antiwar.com de ce jour, Star Wars and the American Empire de Scott Horton. Il donne une bonne appréciation du contenu politique fondamental de l’uvre de Lucas. Le plus intéressant est que ce dernier épisode sorti à Cannes (en fait, le troisième épisode de la série, sorti après tous les autres, Lucas ayant fait les épisodes IV, V et VI avant les I, II et III) constitue une allégorie de l’évolution de l’Empire (le vrai)… 

Rassurez-vous : le “corrupteur” de Galloway vend des armes US à l’Irak

Il ne faut jamais craindre la complication du monde américanisé et ses ironies sans nombre. En voici une, de taille, révélée par The Independent aujourd’hui: l’homme qui, prétendument, selon les sénateurs néo-maccarthystes qui ont entendu Galloway le 16 mai, a corrompu Galloway pour le compte de Saddam, est pour l’instant occupé à des ventes d’armes américaines à l’Irak. (On parle, rassurons-nous, de l’Irak démocratique débarrassé de l’engeance saddamesque.) La société du corrupteur a confirmé la chose. « The Jordanian businessman at the centre of claims that George Galloway secretly bought oil from Saddam Hussein has a major contract to sell US military technology in Iraq,… 

Bon petit soldat, Barroso continue à appliquer la consigne

Imperturbablement, le président Barroso continue à affirmer qu’aucun plan B n’est possible en cas de rejet de la Constitution. Il l’a redit à Londres, devant la London Economics School vendredi : « I believe [a positive vote] is crucial for France but also for Europe … And we do not have a plan B. » Cet argumentaire, envisageable il y a deux mois quand il commença à être développé, est aujourd’hui complètement discrédité et dépassé, notamment après la cacophonie des Frattini, Wallström et autres Delors. La question n’est plus de savoir s’il y a un plan B, selon l’expression favorite de ceux qui n’en font… 

Nous détestons avec rage les Français, — mais que faire sans eux ?

Les textes fleurissent, qui mettent en cause les Français, leur état mental, leur moralité, leur sens des valeurs, leur libéralisme, leur modernité, leur conformité, leur sérieux, leur piété filiale (vis-à-vis de l’Europe), leur originalité, leur loyauté, peut-être bien leur propreté, leur façon de se curer le nez et ainsi de suite. Relisez par exemple le texte de Jon Hensley, correspondant du Guardian, (dont nous vous avons déjà dit quelques mots dans le même sens), qui vitupère avec talent contre ces types (et leurs jolies femmes) qui se baladent sur la planète Mars (ou plutôt, Venus, pour faire plaisir au neocon Robert Kagan) en croyant se… 

Hors la guerre avec la Chine, rien ne sert de penser

Les débats sur un conflit avec la Chine commencent à s’installer d’une façon régulière à Washington. L’excellent expert en stratégie William S. Lind débat, sur Antiwar.com d’un article de Robert S. Kaplan dans Atlantic Monthly. Début de l’article de Kaplan : « The Middle East is just a blip. The American military contest with China in the Pacific will define the twenty-first century. And China will be a more formidable adversary than Russia ever was. » Lind fustige les partisans d’une guerre chaude avec la Chine (comme Kaplan, d’ailleurs, qui recommande de rechercher autre chose qu’un conflit direct, au plus haut niveau). Il explique que… 

Si la France vote “non”, le désordre sera plus grand au Royaume-Uni qu’en France

« Et si c’est non » titre le Guardian du 19 mai, en français dans le titre, of course. Texte amusant, qui parcourt la presse britannique pour laquelle le référendum français est devenu un des premiers sujets d’intérêt. Événement assez rare qu’une affaire française concerne autant les Britanniques, preuve que le référendum français est un événement européen et que les Britanniques sont plus européens qu’on croit. En fait, l’effet principal du référendum français est d’avoir lancé la campagne que Blair voulait éviter à tout prix : la campagne du référendum britannique, qu’on envisageait paisiblement pour autour de septembre 2006. Avec en prime une extraordinaire confusion… 

L’obsession de GW, ou l’effet “la souris a accouché d’une montagne”

Il faut signaler ici un des meilleurs articles parus à ce jour sur le cheminement d’un fait fondamental de la présidence GW Bush : l’obsession du président à l’encontre de Saddam Hussein. Il s’agit d’un article de Juan Cole, spécialiste indépendant incontesté de l’Irak aux Etats-Unis, publié hier sur le site Salon.com. A partir du mémorandum de juin 2002 récemment (le 1er mai) divulgué par le Times de Londres, qui nous assure que la décision d’attaquer l’Irak était prise à cette époque, Cole réunit des éléments connus et d’autres moins pour tracer une chronologie de cette obsession jusqu’à la guerre. Bien entendu, le pire qui… 

Les Anglais sont très préoccupés par les Français

L’ironie du calendrier rejoint peut-être les réalités cachées. Le pays aujourd’hui le plus inquiet du référendum en France et de la forte position du non est celui qui, de réputation, est le moins européen : le Royaume-Uni. On a déjà eu des échos de cette inquiétude, qui sont confirmés hier par des déclarations du secrétaire au Foreign Office Jack Straw. Une déclaration dont la sobriété dissimule à peine l’inquiétude, et qui intervient alors que les opposants britanniques à la Constitution lancent une campagne dans un référendum britannique dont nul ne sait quand il aura lieu (autour de septembre 2006, date généralement avancée, ce qui promet… 

Rouges de colère because le bras d’honneur orange

Rapidité des temps et des couleurs : l’orange passe au rouge (version US) en, combien? Cinq mois, pas plus? Moins de temps qu’il ne fallut à Lénine pour balayer les mencheviks. On parle de l’Ukraine et de sa révolution orange (décembre 2004). Fureur de Anders Aslund, dans le Washington Post du 18 mai, sous le titre éloquent de : « Betraying a Revolution ». Aslund nous fait un portrait hallucinant d’une Ukraine engagée à fond la caisse dans un populisme socialisant, avec interventionnisme partout, cajolerie du bon peuple, tout cela aux dépens des règles dures et pures du libre marché et du capitalisme américaniste. Détail… 

Bolton déchire à belles dents le parti républicain

L’article de Steven C. Clemonds que publie Le Washington Times du 13 mai est particulièrement intéressant. C’est une incursion de Clemonds dans la grande presse, qui plus est la grande presse de soutien de la politique bushiste. Clemonds est un ennemi acharné de Bolton, et c’est lui qui a déclenché l’affaire Bolton devant la Commission sénatoriale des relations extérieures, grâce à l’activisme de son site The Washington Note Clemonds nous dit plusieurs choses intéressantes: • Pour lui, Bolton n’a pas emporté la partie. Clemonds établit le pointage du Sénat, qui va voter en séance plénière sur la nomination de Bolton à l’ONU, à 50-50. Cette… 

Les fatales faiblesses US

Un excellent article de Patrick Cockburn, dans The Independent du 15 mai, donne une analyse très convaincante des principales faiblesses américaines en Irak, et l’explication d’une situation de plus en plus chaotique. Cockburn introduit un élément très intéressant, déjà signalé (en passant) chez l’analyste William S. Lind : la puissance excessive des Américains. (Lind écrivait le 15 septembre 2004: « We already have vast advantages over our Fourth Generation opponents in both lethality and protection, yet we’re losing. That suggests there is rather more to Fourth Generation war than lethality and protection. Indeed, we have so much of both of those qualities that they may… 

“C’est un salopard mais c’est notre salopard” (citation des années 1950)

Sur le site atimes.com, Pepe Escobar dresse un portrait convaincant du dictateur Karimov et de ses uvres récentes en Ouzbekistan, avec massacres divers dont il a bien fallu se faire l’écho dans la presse libre des démocraties avancées. Les soldats ouzbeks, entraînés par les Special Forces US, ont mis bon ordre dans le désordre qui pointait. Escobar nous raconte assez bien pourquoi Karimov est notre homme (autre expression fameuse): pétrole, position stratégique, réalisme de fer, à-la-Brzezinski avec son Grand Échiquier. Le malheureux Pépé Escobar s’en étrangle de rage. « So you won’t see the White House, or Secretary of State Condoleezza Rice, hammering Karimov. You… 

Hillary Hawk

On pouvait le deviner depuis un certain temps. Hillary Clinton, en fine politique, a compris que le libéralisme (selon les conceptions US, c’est-à-dire le progressisme) ne paie plus aux USA. Elle est en train d’achever une transformation bien dans l’air du temps, en devenant une démocrate faucon (hawk) bon teint. D’où son association en apparence très inattendue avec Newt Gingrich, l’ancien speaker républicain de la Chambre des Représentants, et ennemi juré des Clinton dans les années 1990. (Gingrich avait notamment mené l’attaque contre Hillary en 1993, alors qu’elle tentait de faire passer au Congrès un nouveau système de sécurité sociale progressiste ; il avait mené… 

La Commissaire et la “Com” (suite…)

Revenons à Margot Wallström, Commissaire suédoise chargée de la stratégie de la communication de la Commission. Outre le discours de Telezin caviardé, on trouve sur son site des extraits de sa communication devant un séminaire de dirigeants socialistes européens, le 3 mai 2005 à l’Assemblée nationale française. Il est intéressant d’y faire une incursion pour observer les nuances, voire les contradictions mises en lumière à cette occasion avec les thèmes de la campagne pour le oui, dont Wallström est une chaude partisane. • On sait qu’un des thèmes de cette campagne est qu’en votant non les Français marginaliseront leur pays, l’Europe poursuivant sans la France,… 

La situation de l’Irak

Le désastre irakien, tant dans les caractéristiques de l’engagement américain que dans la situation sur le terrain, ne cesse de s’aggraver. Les évaluations qui tentent d’en donner une image optimiste apparaissent ainsi complètement surréalistes. Voici quelques détails sur ces conditions générales. • Le Congrès vient de voter une rallonge de $81 milliards pour l’Irak, ce qui atteint le niveau de $217 milliards officiels pour la guerre en Irak. Mais d’ores et déjà, des sources du Congrès annoncent (voir Defense Week du 12 mai) qu’un supplément de $50 milliards devrait être demandé en septembre pour boucler l’année, et peut-être même avant, dès le mois d’août, sous… 

La Commissaire, l’Holocauste et la stratégie de la communication

Il y a bien de la confusion autour de la déclaration de la Commissaire (suédoise) Margot Wallström, vice-présidente et assez lourdement chargée de la stratégie de la communication à la Commission européenne. L’affaire suscite la question de savoir de quelle communication il s’agit. Un passage du discours de Wallström, le 8 mai à Terezin, en Tchéquie, avait suscité des réactions mitigées. Le passage revenait à assimiler les adversaires d’une Europe supranationale à des responsables potentiels d’un nouvel holocauste. Le passage incriminé disait (selon la version publiée par le Financial Times): « Yet there are those today who want to scrap the supranational idea. They want… 

A la place du Tribunal international, nous vous offrons le maccarthysme internationaliste

Une des stars du parti républicain est le sénateur Norm Coleman, qui conduit des enquêtes polémiques à la tête de la sous-commission du Sénat chargée en permanence d’un travail d’enquête. Cette sous-commission, qui a un mandat très large et des pouvoirs d’investigation étendus, ressemble aux anciennes commissions d’enquête sur les activités anti-américaines (en fait : un-american) établies en 1932, dont celle du Sénat qui fut prise en main par Joseph McCarthy de 1951 à 1954. On a vertueusement gommé le terme un-american qui fait désordre, et en avant. C’est effectivement au maccarthysme que pense le député britannique anti-guerre George Galloway, cité dans un rapport de… 

Qui croit encore en Tony Blair?

L’article de Sidney Blumenthal, le 12 mai dans The Guardian, est particulièrement dévastateur, en même temps qu’il constitue un signal venu d’outre-Atlantique. Blumenthal, aujourd’hui éditorialiste et auteur (The Clinton Wars), anciennement conseiller du président Clinton, conserve de puissants contacts au sein du monde politique washingtonien. Cet article, avec son titre « The veneer of fraternity » (le vernis de la fraternité), assorti du sous-titre « Tony Blair is not the first British prime minister to embrace a US president’s mendacity, but he could well be the last », nous dit deux choses: • Plus personne à Washington ne croit sérieusement au destin politique de Tony… 

La réécriture de la Deuxième Guerre mondiale, — style GW

La politique américaine est aujourd’hui si complètement fondée sur une appréciation virtualiste de la réalité, que cette réalité soit actuelle autant qu’historique, qu’on en vient à constater que même des analyses fortement marquées par un engagement idéologique donnent une critique qui apparaît comme un modèle d’objectivité et une leçon d’histoire. On fait cette remarque en se référant au texte d’analyse du site trotskiste WSWS.org de ce jour, sur la dénonciation du traité de Yalta par GW Bush (son discours du 8 mai). Cette dénonciation, parce qu’elle est faite par le gouvernement américain et non d’un historien indépendant comme on l’a déjà vu faire, représente un… 

Oui, faites entrer Cap Vert dans l’OTAN ! (Et “dedefensa.org” dans l’OTAN, non ? Et pourquoi pas ?)

Le Premier ministre de Cap Vert, Jose Maria Neves a donné un entretien au quotidien portugais Publico, diffusé mardi 10 mai. Voici la teneur principale de cet entretien, pour ce qui nous importe : « Actuellement nous cherchons à nous rapprocher davantage de l’Otan, indique M. Neves, qui vient d’effectuer une visite officielle au Portugal. La localisation du Cap Vert est fondamentale dans cette région, dont les importantes ressources pétrolières devraient être prises en compte, ajoute-t-il. Interrogé sur une adhésion à terme à l’Otan, le chef du gouvernement capverdien indique que ce processus de rapprochement pourrait nous y conduire. [] Mais pour le moment nous… 

La grande peur des newspapers bien-pensants

Un article du 10 mai 2005, dans le New York Times (et dans The International Herald Tribune du même jour), montre que la grande presse américaine n’a pas manqué de noter les perspectives de concurrence du journalisme en ligne. Il est signé d’Adam Cohen, un membre du conseil éditorial du quotidien new yorkais, et constitue une sorte de prise de position officieuse de la rédaction (en fait de la direction de la rédaction) du quotidien. On y lit en long, en large et travers, une longue leçon de morale bien dans la manière du journalisme libéral de la côte Est, et du NYT en particulier.… 

Ouf, nous savons enfin pourquoi… (Dans la rubrique : “On vous l’avait bien dit”)

Ça y est, nous avons enfin compris, c’est-à-dire : pourquoi la guerre en Irak et pourquoi les choses là-bas vont de mieux en mieux. La dernière explication en date est en effet complètement bouleversante. Elle est du Washington Times, un ami de la famille (le révérend Moon, propriétaire, intéressé par la dimension humanitaire de la politique bushiste, etc.) Elle se résume à un renversement complet de la perspective. En Irak, tout semble-t-il montrer que les Américains se sont aventurés dans un bourbier, se précipitant dans le piège d’un chaos favorable à la prolifération de la guérilla et du terrorisme? Perspective fausse, complètement fausse. En réalité,…