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Iran

Musharraf, comme le Shah? – c’est si tentant

C’est à nouveau, c’est toujours le temps des analogies, comme si l’Histoire recommençait sans que nous en ayons rien appris après tout. Aux premières lueurs de la crise pakistanaise entrée dans son paroxysme, nous nous sommes rappelés de l’arc de crise cher à Brzezinski dans les années 1978-1980. Une nouvelle analogie fait florès, de la même époque, subsidiaire à la précédente mais bien plus précise, et bien peu encourageante pour le brav’ général Musharraf et pour la politique occidentale/américaniste: l’analogie du Shah. Deux auteurs choisissent cette analogie, pour commenter la situation pakistanaise et, surtout, pour caractériser l’aveuglement extraordinairement persistant de la politique extérieure US. Le… 

Fallon choisit le Financial Times

Fallon choisit le Financial Times L’amiral Fallon, chef de Central Command, est en passe de devenir une star médiatique. On se demandera bientôt s’il n’est pas en passe de détrôner son commandant en chef, GW, pour ce qui est de l’accès aux médias, et plus encore pour exprimer une opinion qui ne s’accorde guère avec celle de l’administration. La situation extraordinaire d’une telle liberté prise par des officiers généraux dans l’expression de leur opinion est illustrée aujourd’hui par une interview de Fallon au Financial Times. L’amiral y développe ses thèses habituelles, où il dénonce ces gens qui lancent inconsidérément des plans et des scénarios de… 

Retour à l’“arc de crise”, — mais il ne nous a jamais quittés

Qui est assez vénérable pour avoir été actif dans l’attention pour les affaires du monde se souviendra de l’expression favorite de Zbigniew Brzezinski des années 1978-1980: arc de crise. C’est ce croissant des terres bordant l’Océan Indien, de la Somalie à la frontière avec l’Inde, de l’Afrique australe au sous-continent indien. C’était, en Iran en 1978, la révolution khomeyniste (de l’ayatollah Khomeiny, au nom duquel le Shah avait été renversé), que l’amiral Turner, patron de la CIA, n’avait pas vu venir parce que l’ayatollah Khomeiny était un monsieur âgé; l’aggravation incessante de la situation en Afghanistan, avec un régime communiste et une rébellion islamiste en… 

Détente sur le “front iranien”

Jim Lobe signale ce qu’il juge être une détente sur le front des imprécations et menaces contre l’Iran. Voir son texte du 6 novembre, sur son site LobeLog.com Lobe signale plusieurs points allant dans ce sens, qui suivent la débauche de menaces et de discours furieux (Bush, Cheney & compagnie) de la fin octobre. Lobe signale comme particulièrement significatifs l’intervention de Hagel, des 29 sénateurs démocrates, et le cheminement de la lettre de Hagel jusqu’à l’amiral Fallon, avec approbation de Fallon, tout cela passant peut-être, sans doute, par l’approbation de Gates. «Rear Adm. Gregory Smith, director of the Multi-National Force-Iraq’s communications division told reporters that… 

Le poids de la mauvaise réputation du cow-boy nucléaire

La question de l’utilisation de l’arme nucléaire, éventuellement en mode préemptif, pèse lourdement sur la réputation des USA et contribue à dégrader constamment leur statut international. Le même texte cité dans notre précédent Bloc-Notes renvoie lui-même à un texte du Washington Post du 1er novembre rapportant les avatars des USA à une conférence des Nations Unies chargée de contrôler si les différents pays signataires du traité de non-prolifération remplissent leurs obligations. Les USA y ont été mis en accusation avec l’affirmation qu’ils ne réduisent pas leur posture d’alerte pour leurs armes nucléaires: «They also come on the eve of a U.N. General Assembly vote on… 

Une évolution israélienne sur l’Iran?

Un lecteur que nous remercions, J.P. Basquiat, nous signalait en commentaire d’un de nos textes Bloc-Notes, par une intervention en date du 2 novembre, un article de l’expert de l’université hébraïque de Jerusalem, Martin Van Creveld. L’article, sur l’Iran et le nucléaire, a été publié le 2 novembre dans Le Monde. C’est un article curieusement construit. L’essentiel du texte nous montre qu’une attaque contre l’Iran peut se faire sans le moindre problème pour les attaquants (l’hypothèse général désignant évidemment les Américains ou/et les Israéliens comme attaquants), ce qui constituerait un encouragement à effectuer cette attaque. Mais la chute et la conclusion de l’article tendent au… 

On commence à paniquer à Washington: après Hagel, les démocrates avertissent GW à propos d’une attaque contre l’Iran

Il est assez juste d’observer que, ces dernières semaines, le débat pré-électoral s’est déplacé de l’Irak vers l’Iran. Citant divers événements de ces mêmes dernières semaines, y compris les spéculations autour de la très, très grosse bombe MOP, Jim Lobe écrivait hier (souligné en gras par nous): «All of these moves, as well as the administration’s issuance last week of new regulations that gave it the authority to impose sweeping financial sanctions against foreign companies and banks doing business with the IRGC, which itself owns a large economic empire in Iran, have propelled Iran to the center of the 2008 presidential race.» Hier encore, nous… 

MOP, ou comment nous apprendrons à aimer la Bombe

MOP, ou comment nous apprendrons à aimer la Bombe 1er novembre 2007 Sait-on ce que signifie MOP? Nous ne parlons pas du groupe de hip hop décrit comme hardcore (puisque nous avons découvert l’existence de Mash-Out Posse lors de nos vaticinations sur Google). MOP, ignorants que nous sommes, est l’espoir enfin concrétisé des partisans d’une attaque contre l’Iran. C’est une bombe conventionnelle monstrueuse de 14 tonnes (à peu près, 30.000 livres), désignée par l’USAF Massive Ordnance Penetrator (MOP) parce que sa fonction première est de pénétrer dans le sol pour y exploser. Le 26 octobre, le chroniqueur du Times Gerard Baker, pro-américaniste, néo-conservateur britannique, pro-guerre… 

Le chef de l’opposition à l’attaque contre l’Iran : le sénateur républicain Hagel

Le chef de l’opposition à l’attaque contre l’Iran : le sénateur républicain Hagel Il est intéressant de rappeler, pour fixer les idées, que des sénateurs républicains comme Hagel, Lugar et Warner ont voté contre la résolution Lieberman-Kyl désignant la Garde Islamiste iranienne (IGRC) comme une organisation terroriste et donnant ainsi, dans l’interprétation de certains, une sorte d’éventuel blanc-seing à une possible attaque contre l’Iran. (Que de précautions de langage nécessaires, traduisant la complexité de la situation washingtonienne.) Cela permet de mieux faire comprendre le rôle du sénateur Hagel, qui s’impose comme le chef de l’opposition à une guerre contre l’Iran aux USA. Aujourd’hui, sur Antiwar.com,… 

Ouf, la “legacy” de Bush est en marche, et cela passe par l’attaque de l’Iran

La presse Murdoch présente le cas le plus révélateur de compromission d’un groupe de presse aux conceptions bellicistes de l’homme d’argent qui le contrôle. Que des journaux comme le Times se soient effectivement transformés à mesure donne une bonne indication de ce qu’il faut penser des antiques vertus de la presse et de sa liberté, surtout dans le modèle anglo-saxon où l’on sait la place que tient cette vertu dans leur bonne réputation. La transformation de la presse anglo-saxonne durant ces dix dernières années la met à un degré en-dessous de la presse communiste, dont l’aspect de propagande volontairement affichée contenait une sorte d’avertissement implicite… 

Et la “legacy” de John Bolton? Drôle d’évolution…

Dans toute cette foire anglo-saxonne et washingtonienne (avec sa composante londonienne), se glissent parfois d’étranges évolutions dont on pourrait croire qu’elles sont autant de couacs . Ainsi, dans le même texte du Times du 28 octobre dont nous rendons compte par ailleurs, deux détails concernant John Bolton, traditionnellement archi-hawk, rendent un son inhabituel. Dans les deux cas, Bolton se montre à la fois pessimiste et sarcastique quant à la détermination et aux capacités washingtoniennes à la fois de bombarder l’Iran et de mettre en place le nouvel ordre moyen-oriental dont le projet nous est révélé. C’est une étrange circonstance, assez inattendue, de voir ces avis… 

Les Américains croient-ils à la menace iranienne? Et les Russes croient-ils que les Américains croient…?

Les points confus, obscurs ou incontrôlables ne manquent pas dans la crise de la BMDE. Un éditorialiste de Novosti en offre un de plus, dans un texte publié le 24 octobre (texte repris par UPI, puis par Spacewar.com). Il s’agit d’une appréciation optimiste de la situation. Pyotr Goncharov estime qu’un arrangement est possible entre Russes et Américains sur la question de la BMDE. Nous ne discutons pas directement ce jugement implicite mais nous le mettons en question par le biais de la méthodologie qu’il utilise. Nous citons plutôt ce passage, où Goncharov parle de la proposition présentée à l’OTAN par le secrétaire d’Etat adjoint aux… 

Contrastes, USA…

Il est difficile de trouver coïncidence (?) plus appropriée, qu’entre le discours d’un Cheney quasiment hallucinée, dimanche, et l’interview du président du comité des chefs d’état-major (Joint Chief of Staff), l’amiral Mullen qui vient de prendre ses fonctions. Cheney, qu’on pourrait décrire avec des éclairs dans les yeux, semble effectivement sur le bord de l’apoplexie à l’idée de pouvoir attaquer l’Iran. Mullen, lui, freine comme font tous les gens au Pentagone, du secrétaire à la défense Gates aux divers amiraux et généraux. Jim Lobe rapporte et décrit, aujourd’hui, l’intervention de Cheney, qui représente un sommet de l’offensive rhétorique de l’administration (It’s rhetoric, stupid, selon GW).… 

A la poursuite de l’imbroglio des anti-missiles en Europe (BMDE) augmenté (notamment) de l’Iran et du Kosovo

La question des anti-missiles US en Europe, ABM pour les Russes, désormais BMDE (Ballistic Missile Defense in Europe) pour les USA, devient une étrange charade liée à l’imbroglio du pouvoir à Washington, avec l’aide d’une éventuelle habileté russe et l’enthousiasme éventuellement soulagé des Européens. On a déjà eu des échos d’une première péripétie, où Washington-USA démentait brutalement Bruxelles-USA, en démentant d’une façon indirecte assez brutale les propos du secrétaire d’Etat adjoint aux affaires européennes Freid. Mais l’on constate la présence depuis samedi, sur le site de l’International Herald Tribune, d’un texte de Judy Dempsey datant du 20 octobre (donc, après les démentis), reprenant toute l’affaire… 

De la “politique profonde” et du COG

De la « politique profonde » et du COG La question du secret, de l’illégalité, du clandestin, constitue dans le cas des USA un problème fascinant. Pour tenter de bien apprécier le phénomène et ne pas verser dans des explications fictives sinon fictionnelles qui risquent de discréditer l’ensemble de la démarche, il est absolument nécessaire de se munir d’yeux différents de ceux que nous utilisons pour observer les affaires européennes. Hier, nous parlions de la question du COG (« Continuity Of Government« ), de la « deep politics » selon l’historien Peter Dale Scott. Nous nous référions également à un article de James Mann dans The Atlantic Monthly. Pour plus de… 

Pour mémoire, la chronique des contacts USA-Iran depuis 15 ans

Dans la querelle USA-Iran, il est bon d’avoir à l’esprit, ou disons en mémoire, les relations entre les USA et l’Iran de ces 10-15 dernières années. Depuis la fin de l’administration Bush-père (très partisane d’un dialogue), c’est une suite ininterrompue de rebuffades, d’erreurs, d’inattentions, essentiellement US vis-à-vis des Iraniens. On retrouve dans l’approche favorisée aussi bien par l’administration Clinton que par l’administration Bush-fils, la propension US à ne tenir aucun compte de la souveraineté nationale des autres en décrétant par avance qui, dans une direction étrangère, est digne d’être consulté et qui ne l’est pas. Nous empruntons à une chronique de Steve Clemons, sur son… 

En rhétorique, je vous le dis, ce sera la World War III

Le 6 octobre dernier, Seymour Hersh avait un entretien-conférence avec son rédacteur en chef du New Yorker au cours de festivités organisées par cette fameuse publication new-yorkaise. La discussion roulait sur les questions de sécurité nationale, l’Iran, Bush bien entendu. C’est à propos du président que Hersh fit une remarque intéressante. Pour lui, Bush n’utilise pas les mots selon leurs sens précis et dans toutes leurs implications mais comme un moyen commode (a convenient mean) pour des buts divers, un bon mot ou une plaisanterie, terminer plus rapidement une phrase dont on ignore où elle vous mène, éviter une question à une conférence de presse,… 

Hésitations et contradictions US dans la crise des anti-missiles en Europe qui se mélange à la crise iranienne

Mercredi à Bruxelles, à l’OTAN, le secrétaire d’Etat adjoint US pour les affaires européennes Fried avait laissé entendre que les USA pourraient revoir leur plan de déploiement d’anti-missiles US (ABM) en Europe si l’Iran abandonnait ses projets de nucléaire militaire (ses projets d’enrichissement d’uranium). Hier, démenti: on avait mal compris Fried, semble-t-il Mais démenti complet? Il est possible, mais pas du tout clarifié, que le démenti aille même au-delà, jusqu’à une offre que Gates et Rice (ou Gates sans Rice?) aurait faite à Poutine. Curieuse cacophonie. Mercredi, Fried disait, selon une dépèche AFP du 18 octobre qui nous résume toute l’affaire: «The shield is intended… 

Gates et sa forte différence

Plus que jamais, le secrétaire à la défense Robert Gates apparaît comme la force principale de modération au sein de l’administration GW. Jim Lobe rapporte et commente, le 17 octobre, la performance de Robert Gates devant le JINSA (Jewish Institute for National Security Affairs), l’organisation juive US la plus proche des néo-conservateurs, qualifiée justement par Lobe de ultra-hawkish. Gates était invité par le JINSA et a parlé de la situation au Moyen-Orient, particulièrement de l’Iran. Lobe analyse le discours en fonction de l’audience et trouve toutes les raisons de confirmer l’approche modérée de Gates sur ces questions. L’analyse est précise, assez fine, répondant à une… 

Poutine à Téhéran: la Russie maître du jeu

La visite de Poutine à Téhéran, pour une réunion des pays de la Caspienne, a montré combien la Russie domine aujourd’hui la crise iranienne (voir notre F&C du 19 septembre). Poutine maîtrise parfaitement le jeu de la Russie. Cette expression est employée ici comme une analogie de l’expression le jeu de la France employée par Philippe de Saint-Robert pour décrire la diplomatie gaulliste; elle montre combien c’est la Russie qui a aujourd’hui une diplomatie gaullienne, pas la France qui préfère l’inspiration nourrie aux cocktails de Saint-Germain-des-Près de son ministre des affaires étrangères. Poutine a déclaré nettement qu’une opération militaire contre l’Iran était inacceptable. L’avertissement s’adresse… 

Suite des contradictions allemandes avec, en ligne de mire, la perspective du Kosovo

Il s’agit un peu d’une saison allemande, d’un inventaire de politique extérieure, qui nous vaut de poursuivre le tableau des contradictions paralysantes de la politique extérieure de l’Allemagne. En plus de l’Afghanistan et de la paralysie de sa politique russe, l’Allemagne dispose d’autres domaines marqués des mêmes caractères consternants. La question des anti-missiles abordée par les USA et la Russie il y a trois jours ne cesse d’embarrasser les Allemands. Alors qu’ils voient leur politique russe bloquée, et la solidarité occidentale basée sur la moralisation du type droits de l’homme les obliger à suivre en général les vagues consignes washingtoniennes, ils se trouvent en désaccord… 

La crise des anti-missiles se révèle-t-elle?

La crise des anti-missiles se révèle-t-elle? 14 octobre 2007 On devrait qualifier d’échec révélateur, c’est-à-dire échec significatif en lui-même sans aucun doute mais en plus chargé d’autres significations diverses, la rencontre à Moscou entre Russes et Américains (la secrétaire d’Etat Rice et le secrétaire à la défense Gates) sur les anti-missiles US en Europe (des ABM, selon le choix terminologique russe). Le caractère instructif de la rencontre est qu’elle a permis de constater que cette affaire, jusqu’ici plus ou moins contenue dans les limites de son seul sujet technique, pourrait éventuellement être en train de s’élargir dans sa forme à tout le contentieux Russie-USA. Ce… 

Gates, confirmé chef de l’opposition

Le rôle de Robert Gates au sein de l’administration GW Bush semble se confirmer, à la fois comme discret et important. Un article du Sunday Telegraph d’hier le présente effectivement comme l’homme qui dirige et coordonne l’opposition à la guerre contre l’Iran au sein de l’administration, et l’homme qui se trouve derrière la résistance des militaires. Cette position de Gates a plusieurs fois été décrite de la sorte. Elle est confirmée ici, alors qu’on se trouve dans une phase délicate, par un article qui paraît sans aucun doute comme devant transmettre quelques appréciations importates de milieux de l’establishment de sécurité natoinale. «Pentagon sources say Mr… 

Brown soutiendrait une attaque US contre l’Iran, — mais quelle attaque?

Deux articles successifs du Telegraph (Daily et Sunday) présentent une position secrète de Gordon Brown vis-à-vis d’une possible attaque de l’Iran par les USA. Les articles sont d’hier et d’aujourd’hui. Quoiqu’ils soient présentés tous deux, par leurs titres, comme un soutien actif de Brown à la politique de GW Bush, ils apparaissent surtout comme une mise au point tendant à relativiser ce soutien à et à le lier à des conditions très strictes. Plusieurs points peuvent être mis en évidence. D’une façon générale, l’attaque qui est ici utilisée comme hypothèse confirme totalement l’interprétation de Seymour Hersh selon laquelle on est passé d’une riposte massive, de…