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Iran

Enchaînement de circonstances et décisions de crise

Barack Obama a rompu une étrange habitude des présidents US, instituée depuis Bush-père, qui était de ne plus aller saluer épisodiquement, au sens propre et au sens figuré, les soldats morts, de retour des théâtres extérieurs dans leurs cercueils. Ce retour a toujours été l’objet de ce que le Pentagone refuse de nommer une cérémonie, mais qui représente une tradition du salut aux morts au combat. La visite d’Obama avait été tenue secrète et se passa effectivement dans la discrétion. The Independent du 30 octobre 2009 note sobrement: «Saluting stiffly, his coat jacket whipped by a blustery wind, the commander-in-chief watched as the coffin was… 

L’UE et Erdogan, ou le discrédit d’une “politique extérieure”

D’une façon qu’on caractérisera après tout d’encourageante, les pays de l’UE se sont aperçus qu’il se passait quelque chose du côté de la Turquie dans les relations de ce pays avec l’Iran, avec les déclarations d’Erdogan et son voyage en Iran. Lors d’une réunion qui vient d’avoir lieu au début de cette semaine, les délégués des Etats-membres de l’UE se sont intéressés à la chose puisque, finalement, la Turquie est un pays ami de l’Europe, membre de l’OTAN, et un grand pays à l’importance stratégique importante. Pour percer le mystère que constitue pour eux la position de la Turquie dans cette affaire, et ses liens… 

Erdogan jette le gant

Le Premier ministre turc Erdogan effectue cette semaine une visite et Iran, où il va saluer son ami Mahmoud Ahmadinejad, ainsi que le grand ayatollah Khameini. Erdogan donne une interview au Guardian où il ne cache rien de ses pensées sur l’Iran et le conflit qui oppose ce pays à l’Occident. Le Guardian met en ligne deux articles sur cette rencontre que le journaliste Robert Tait a eue à Istanboul avec le Premier ministre turc. L’un d’eux (du 26 octobre 2009, bien sûr) résume la position d’Erdogan sur cette affaire iranienne, en l’opposant à la position de la Turquie dans l’OTAN. «The Turkish prime minister,… 

La Russie, centre structurant

La Russie, centre structurant 22 octobre 2009 A trois mois presque jour pour jour, l’interview de Hey Joe Biden au Wall Street Journal sonne un peu grotesque. Aujourd’hui, dans la masse géographique Europe-Caucase-Moyen-Orient qui devrait naturellement être sous contrôle exclusif et absolu de la grande hégémonie américaniste, s’il est un pays qui est maître du jeu c’est bien la Russie. Qu’on considère les éléments suivants. L’affaire SouthStream, considérée par ailleurs ce même 22 octobre 2009, est en train de prendre des dimensions politiques considérables alors qu’on jugeait au départ qu’elle se plaçait dans un contexte général qui verrait, grâce au gazoduc concurrent Nabucco, la défaite… 

Notes sur une “politique russe”

Notes sur une politique russe La politique étrangère existe-t-elle encore? La question nous vient à l’esprit à la suite de diverses remarques de lecteurs, souvent critiques, parfois polémiques, etc., sur notre façon d’analyser les événements. Souvent, ces critiques font appel à des concepts que nous avons installés nous-mêmes, à notre connaissance, dans tous les cas, mais dans un sens que nous n’approuvons pas toujours, tant s’en faut. Comme nous réclamons une certaine paternité à cet égard d’une part, comme il vaut mieux parler des mêmes choses ayant les mêmes significations pour l’un ou l’autre même mot employé d’autre part, nous commençons cette analyse en parlant… 

Pourquoi pas un “modèle turc”?

Pourquoi pas un modèle turc? 14 octobre 2009 La nouvelle n’est pas d’importance fondamentale. Elle est pourtant significative et suggère une réflexion sur ce qu’on pourrait désigner comme un modèle turc. Il s’agit de l’annonce, répercutée par Defense News le 12 octobre 2009, de l’annulation d’un exercice militaire international organisé par la Turquie, qui comprenait comme principal partenaire Israël. Cette annulation, qui implique un exercice où d’autres pays qu’Israël participaient, est effectivement dirigée contre la participation d’Israël. «A senior military official here confirmed the cancellation of the Anatolian Eagle exercise that was to have been held in Turkey’s Konya province. He did not elaborate on… 

McChrystal, l’ami de l’Iran

Deux commentateurs US, Spencer Ackerman, le 1er octobre 2009 sur The Washington Independent et Stephen M. Walt, le 6 octobre 2009 sur Foreign Policy.com, se relaient pour noter le même passage de l’intervention de général McChrystal (commandant des forces US et de l’OTAN en Afghanistan), à Londres, lors de son discours à l’IISS le 1er octobre 2009. Ce passage fait de McChrystal une sorte de colombe, de partisan de l’apaisement de l’Iran par la nécessité de s’entendre avec ce pays, pour le bien de la situation en Afghanistan. Walt écrit: «As Spencer Ackerman noted a few days ago, U.S. Afghan commander Stanley McChrystal offered this… 

Robert Fisk et la guerre contre le dollar (et contre les USA)

Robert Fisk, reporteur vedette de The Independent, nous a habitués, depuis des années, certainement depuis le 11 septembre 2001, à des reportages exclusifs sur les multiples conflits, massacres, troubles, etc., au Moyen-Orient. Sa préoccupation tournaient autour de la soi-disant guerre contre la terreur, sur cette politique de guerre conduite par les USA, sur les conséquences humanitaires, etc. Son article exclusif, paru ce 6 octobre 2009 dans le même Independent, qui change totalement de sujet, est un signal symbolique dans la rubrique déjà fournie de signes qui nous annoncent que nous sommes dans une phase nouvelle, certainement depuis le 15 septembre 2008, où la narrative hollywoodienne… 

La vraie surprise de Genève

D’une façon générale, la rencontre de Genève entre, disons la communauté internationale (les trois de l’UE Allemagne, France, UK la Chine, la Russie et les USA) et l’Iran a donné d’excellents résultats. Il y a des résultats techniques tangibles. Il y aura d’autres rencontres en octobre. C’est une surprise mais ce n’est pas la vraie surprise. La première surprise, la moins importante selon nous, est largement commentée. Prenons ce commentaire de Bruno Pellaud, ancien adjoint au directeur général de l’IAEA et président du Swiss Nuclear Front (une organisation favorable à la dénucléarisation), le 2 octobre 2009 sur Huffington.Post. L’appréciation porte sur les résultats techniques, jugés… 

Les mystères de la politique people de la France “contre” l’Iran

Les commentateurs américains commencent à s’apercevoir qu’il se passe quelque chose dans la position française vis-à-vis de l’Iran disons plutôt, contre l’Iran. On relève de plus en plus de textes qui la mentionnent, mettant notamment en évidence combien cette politique (en général liée à celle du Royaume-Uni, voire de l’Allemagne pour l’orientation) est singulièrement plus hawkisch que celle des USA. Il s’agit donc, disons avec précaution, du monde renversé. Sur le contenu de ces remarques, notamment concernant la France, il y a beaucoup à dire parce que nombre des interprétations US nous paraissent fort audacieuses et, pour le moins, très discutables. Nous nous y employons… 

Les aventures de “Des Lumières” dans les pages de Pierre-Augustin

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, auteur fameux parmi nos classiques, fut également un activiste qui, au nom des Lumières, aida grandement les insurgents américains en révolte contre la métropole britannique. Dans son livre La revanche américaine, Gilles Perrault le salue de ce jugement tout de même ambigu: «[L]a justice impose de saluer la révélation d’un homme émergeant des égouts pour se hisser au niveau de l’Histoire.» Le problème de ceux qui s’en réclament, de Beaumarchais, dans tous les cas dans les temps incertains qui sont les nôtres, est de savoir s’ils n’ont pas fait une erreur de manuvre disons, sans y prendre garde, par maladresse et… 

Juan Cole, le général Salami et la “menace” iranienne

Juan Cole est devenu, ces dernières années, un des experts indépendants les plus appréciés sur les questions des crises du Moyen-Orient (Irak, Iran, Afghanistan) et, d’une façon générale, des questions politiques et culturelles de ce qu’on nomme l’arc de crise. Il l’est aussi bien comme professeur qu’à partir de son site Informed Comment, et ses compétences ont même conduit le Congrès à l’entendre en auditions à plusieurs reprises devant des commissions spécialisées. Juan Cole poursuit une bataille pour diffuser une information démarquée de l’habituelle vision virtualiste diffusée généralement par la presse officielle occidentale. Cole publie, sur son site le 29 septembre 2009, repris notamment le… 

Notes sur BHO et ses généraux (et ses amiraux)

Notes sur BHO et ses généraux (et ses amiraux) Parmi les nombreux chemins de l’imbroglio général où se débat Barack Obama, il y a celui de l’Afghanistan auquel nous avons très récemment consacré un F&C (le 25 septembre 2009). Cet imbroglio commence à ressembler à un blocage, qui pourrait mener à une confrontation, qui concerne précisément les rapports d’Obama et des militaires, dans la perspective de la poursuite ou non, et avec quelle intensité, du conflit en Afghanistan. Sur ce point central de l’Afghanistan se greffe l’appendice de la montée de la tension avec l’Iran, pour la nième fois certes mais chaque fois on vous… 

Russie et Turquie: les clefs de la crise iranienne?

Sans aucun doute, parmi les Occidentaux, et sans solliciter aucune référence à un leadership US qui n’a guère de raison d’être en l’occurrence, BHO a bien manuvré ces derniers jours dans la crise iranienne. (Les deux autres compères occidentaux à citer, France et UK, n’ont dans cette phase de la crise, la France par volonté délibérée de médiocrité hystérique, la moindre importance.) Mais, comme nous l’ajoutions, cette manuvre d’Obama est contrainte par des obligations inhérentes à son caractère par rapport aux engagements dont les USA se jugent comptables. Obama ô surprise, mais la médiocrité française et UK explique la chose s’est montré le plus modéré… 

L’Ouest face à l’Iran, et BHO en forme

Lorsqu’on sut que l’Iran nous avait dissimulé quelque chose démarche impensable dans les pays civilisés qui ne dissimulent jamais ce fut un tollé absolument général. On en avait eu un avant-goût avec la diplomatie ordonnée de vitupérations de notre-Président. Les exclamations catastrophées, accompagnées de suggestions d’intervention militaire pour garder le cap politique général de nos orientations courantes, ont été nombreuses. Les Israéliens observaient avec une belle sobriété que l’on était proche d’une catastrophe nucléaire, d’un Armageddon cartographique (dito, Israël accompagné de ses fidèles 200 têtes nucléaires, rayé de la carte). Le G20 vit une belle unité des trois pays habituels (France, UK, USA), au son… 

Les sanctions contre l’Iran – la Russie à bord?

La diplomatie occidentale, lorsqu’il s’agit des sanctions contre un Iran nucléaire dont nul ne sait s’il l’est et quand il le sera, et s’il le sera, tourne avec constance au grotesque le plus complet. Tout s’en mêle, les centrifugeuses qui pullulent, Israël et ses 200 armes nucléaires menacé d’être rayé nucléairement de la carte par un pays qui n’a pas d’arme nucléaire, l’Holocauste et sa négation à partir de traductions bidouillées de discours du président iranien, au point qu’on pourrait voir la chose (négationnisme, adaptation d’un bidouillage de traduction) comme un acte d’agression diplomatique, sinon un acte d’agression tout court (méritant une riposte nucléaire massive,… 

Notes sur la mort du BMDE et ses suites

Notes sur la mort du BMDE et ses suites La chose, la décision d’Obama d’abandon du BMDE, date de quelques jours. On peut sans hésitation la qualifier d’événement de grande politique ce qui ne veut pas dire qu’il s’agit d’un événement signalant, dans sa complète réalisation et dans ses effets, une grande politique (celle des USA en l’occurrence). Cela, justement, est une partie fort importante du débat. Techniquement et opérationnellement, l’événement est ouvert aux interprétations. On en dira un mot, essentiellement pour situer l’importance de ce débat spécifique, qui est assez basse. Politiquement, l’événement considéré d’un point de vue objectif est d’une considérable importance. Il… 

…Gardiner, à propos de la mort du BMDE

L’abandon du système BMDE en Europe ayant donné bien du grain à moudre dans les cénacles de la pensée générale et dominante, le New York Times du 18 septembre 2009 convoque un bataillons d’experts à ce propos. Nombre de ces experts, effectivement, que nous qualifierions d’experts officiels, transnationaux, qui tournent autour du soleil washingtonien quand ils n’y logent pas, avec même quelques appendices moscovites. Bref, des experts officiels, c’est-à-dire réservons plutôt les guillemets à cette expressions experts assermentés dans l’esprit de la chose. Chez eux, il est de bon ton de juger les choses d’un il critique, sérieux, dépassionné, professionnel bref, expert si vous voulez,… 

L’abandon du BMDE et la militarisation de la politique US

Le secrétaire à la défense Robert Gates a défendu dans un texte minutieusement calibré la décision du président Obama d’abandonner le projet initial du BMDE, avec ses bases en Pologne et en Tchéquie. Il s’agit d’un article publié dans le New York Times, le 19 septembre 2009. Il y détaille le nouveau plan, dont il confirme les grandes lignes, en cherchant essentiellement à contrer les diverses critiques qui, à Washington, ont immédiatement suivi la décision: La mise en place d’une défense anti-missiles contre des missiles à courte et moyenne portée, qui se fera au niveau des unités navales (croiseur anti-missiles AEGIS, en service depuis les… 

Bye bye, BMDE”: quel effet stratégique?

Les interprétations générales et globales, politiques et stratégiques des circonstances fondamentales et des conséquences de l’abandon du système BMDE par les USA varient. Nous en citerons trois principales, qui ne sont pas la nôtre essentiellement. (Cela doit être lu en gardant à l’esprit qu’une telle décision a toujours plusieurs causes, plusieurs composants, donc plusieurs conséquences. Nous nous intéressons au principal des uns et des autres, considéré objectivement, hors des plans et volontés des acteurs. En quelque sorte: quelle mécanique l’abandon du BMDE va-t-elle principalement susciter ?) Le New York Times du 18 septembre 2009, dans un article de David E. Sanger et William J. Broad,… 

Autopsie du BMDE

Autopsie du BMDE 18 septembre 2009 Singulière affaire, ce Bye bye, BMDE, à l’image du titre de notre texte F&C du 17 septembre 2009. La chose est annoncée à partir d’un article du Wall Street Journal (WSJ), détaillant l’abandon du BMDE en tant que tel, et partout considérée comme une décision quasiment officielle (réaction du secrétaire général de l’OTAN, notamment, réaction du président de la commission des relations internationales de la Douma à Moscou, et confirmations de la validité de l’essentiel de l’article par de nombreux canaux officieux US). L’article du WSJ est suivi des déclarations officielles concernant cette décision d’ores et déjà annoncée, détaillant… 

Bye bye, BMDE

Bye bye, BMDE 17 septembre 2009 L’article du Wall Street Journal, ce 17 septembre 2009, annonçant l’abandon du système BMDE par l’administration Obama semble effectivement signaler une décision officielle sur la fin de ce programme, avec ses bases en Tchéquie et en Pologne. L’article précise qu’une déclaration de l’administration Obama est prévue pour ce jour, et est considéré comme une quasi-confirmation de l’annonce de la décision. Au reste, il y a d’ores et déjà eu des réactions officielles. Le secrétaire général de l’OTAN Rasmussen a accueilli avec satisfaction la nouvelle, qualifiée de «positive step [which] would improve the involvement of all NATO nations». Le désarroi… 

Retour de l’option de l’attaque de l’Iran

La politique extérieure des USA, si on peut nommer cela politique extérieure, est désormais repartie dans la spirale des surenchères maximalistes qui est essentiellement la marque de son désordre. Cette fois, il s’agit d’un rapport du type affectionné à Washington, dit bipartisan, comprenant deux sénateurs, l’un de l’aile démocrate et l’autre de l’aile républicaine du parti unique, plus l’indispensable général à la retraite. La recommandation, c’est: des sanctions dures contre l’Iran et la préparation ostensible d’une attaque si l’Iran ne cède pas. Bloomberg.News présente la nouvelle le 15 septembre 2009 «If biting sanctions do not persuade the Islamic Republic to demonstrate sincerity in negotiations and… 

Une doctrine Stavridis?

Le nouveau commandant en chef suprême allié en Europe (SACEUR), l’amiral James Stavridis, de l’U.S. Navy, a inauguré ses nouvelles fonctions (effectives le 2 juillet) par diverses visites et réunions de courtoisie et de prises de contact. Arrêtons-nous à sa réunion du début du mois d’août avec le Comité Militaire, qui regroupe les chefs d’état-major nationaux des pays de l’Alliance. Elle a montré en effet combien l’arrivée au poste de SACEUR d’un amiral s’accompagne d’un état d’esprit remarquable du titulaire. (Le poste de SACEUR va traditionnellement à un officier général US. C’est la première fois que l’U.S. Navy obtient ce poste, jusqu’ici essentiellement réservé à…